<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel>
	<title>IntLex.org</title>
	<link>http://www.intlex.org/</link>
	<description>Actualit&#233; juridiques, discussions et opinions autour du Droit fran&#231;ais, communautaire et international et des Droits &#233;trangers. Forum-Conveniens est l'endroit qui convient pour &#233;changer des opinions sur les mati&#232;res juridiques !</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>





	<item>
		<title>Un &#233;diteur b&#233;n&#233;ficiant du r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; des h&#233;bergeurs : l'arr&#234;t de la Cour d'appel de Paris dans l'affaire Fuzz</title>
		<link>http://www.intlex.org/Un-editeur-beneficiant-du-regime-d.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/Un-editeur-beneficiant-du-regime-d.html</guid>
		<dc:date>2008-11-27T09:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Informatique-.html">Droit de l'Informatique</category>

		<dc:subject>DADVSI/LCEN</dc:subject>

		<description>La Cour d'appel de Paris a rendu sa d&#233;cision dans l'affaire &#171; Fuzz &#187; qui avait d&#233;fray&#233; la chronique lorsque le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s du TGI de Paris avait condamn&#233; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net, &#233;ditrice du site fuzz.fr, pour avoir diffus&#233; sur le Web un lien hypertexte vers un article violant l'intimit&#233; de la vie priv&#233;e d'une personnalit&#233; people. La Cour a infirm&#233; l'ordonnance de r&#233;f&#233;r&#233; et appliqu&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net le r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; des h&#233;bergeurs de l'article 6 de la Loi du 21 juin (&amp;hellip;)

-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Informatique-.html" rel="directory"&gt;Droit de l'Informatique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-DADVSI-+.html" rel="tag"&gt;DADVSI/LCEN&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour d'appel de Paris a rendu sa d&#233;cision dans l'affaire &#171; Fuzz &#187; qui avait d&#233;fray&#233; la chronique lorsque le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s du TGI de Paris [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] TGI Paris (ref.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox Net, Eric (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] avait condamn&#233; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net, &#233;ditrice du site fuzz.fr, pour avoir diffus&#233; sur le Web un lien hypertexte vers un article violant l'intimit&#233; de la vie priv&#233;e d'une personnalit&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;people&lt;/i&gt;. La Cour a infirm&#233; l'ordonnance de r&#233;f&#233;r&#233; et appliqu&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net le r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; des h&#233;bergeurs de l'article 6 de la Loi du 21 juin 2004 pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (LCEN). La soci&#233;t&#233; Bloobox Net ne peut donc voir sa responsabilit&#233; engag&#233;e par la diffusion d'un contenu illicite que si, ayant connaissance de l'illic&#233;it&#233; de ce contenu, elle n'a rien fait pour en faire cesser la diffusion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;cision nous semble m&#233;riter d'&#234;tre comment&#233;e, non pour la finesse du raisonnement ou le bien fond&#233; des motifs, mais parce qu'elle est la parfaite illustration des erreurs actuelles de la jurisprudence en mati&#232;re de responsabilit&#233; des interm&#233;diaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour d&#233;bute son raisonnement par une analyse de l'activit&#233; de la soci&#233;t&#233; Bloobox Net, d&#233;fenderesse devant le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s et demanderesse en appel. La soci&#233;t&#233; &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a pour objet social la conception web et multim&#233;dia&lt;/i&gt; &#187;, elle &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;dite sur internet un site&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;diffuse sur ce site des informations&lt;/i&gt; &#187;. Elle &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;publie&lt;/i&gt; &#187; sur son site des br&#232;ves dont le titre est un lien hypertexte vers l'article complet, situ&#233; sur un autre site Web. La Cour pr&#233;cise qu'il &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;n'est pas contest&#233; que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net est &#233;ditrice du site fuzz.fr&lt;/i&gt; &#187;. Celle-ci a pour objet social la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;conception Web et multim&#233;dia&lt;/i&gt; &#187; -et non l'interm&#233;diation technique- ; elle &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;structure et classifie les informations mises &#224; disposition du public selon un classement choisi par elle permettant de faciliter l'usage de son service&lt;/i&gt; &#187;. Malgr&#233; cela, la Cour applique &#224; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net le r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; des h&#233;bergeurs. Son raisonnement est d&#233;fectueux sur plusieurs points.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) La Cour r&#233;alise une fausse interpr&#233;tation de l'article 6 LCEN, qui ne qualifie d'h&#233;bergeur que les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;prestataires techniques&lt;/i&gt; &#187; -comme le rel&#232;ve la Cour elle-m&#234;me-. La soci&#233;t&#233; Bloobox cr&#233;e des fichiers, r&#233;dig&#233;s dans un langage de programmation qui permet d'afficher la pr&#233;sentation et le contenu d&#233;sir&#233;s &#224; l'&#233;cran. Elle loue ensuite des serveurs (ou un espace sur des serveurs mutualis&#233;s) aupr&#232;s d'un op&#233;rateur, afin de disposer d'un espace pour stocker ces fichiers qui seront mis en ligne sur le Web. Cet op&#233;rateur est le v&#233;ritable interm&#233;diaire technique, qui met &#224; disposition des disques durs stockant les fichiers sans contr&#244;ler le contenu de ces fichiers. C'est donc lui l'h&#233;bergeur du site Fuzz.fr. La soci&#233;t&#233; Bloobox est propri&#233;taire des fichiers stock&#233;s sur les disques durs de l'h&#233;bergeur, mais non des disques durs ; elle est par cons&#233;quent la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;destinataire des services d'h&#233;bergement&lt;/i&gt; de cet op&#233;rateur. A l'inverse, l'h&#233;bergeur est propri&#233;taire des supports de stockage mais pas des donn&#233;es stock&#233;es : c'est pour cette raison que, juridiquement, il n'a aucun contr&#244;le sur ces donn&#233;es qui sont prot&#233;g&#233;es par le droit de la propri&#233;t&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Certains r&#233;pondront &#224; l'argument pr&#233;c&#233;dent qu'il n'est pas g&#234;nant qu'une soci&#233;t&#233; soit qualifi&#233;e simultan&#233;ment d'h&#233;bergeur et d'&#233;diteur. En th&#233;orie, en effet, cela pourrait se concevoir, la loi ne l'excluant pas. Toutefois, cette fiction juridique s'accommode mal avec la r&#233;alit&#233; technique. En effet, le r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; s'applique &#224; l'h&#233;bergeur pour les sites de ses clients, et non pour son propre site. Un op&#233;rateur peut donc &#234;tre &#224; la fois h&#233;bergeur et &#233;diteur de son site, mais, dans ce cas, la qualification d'&#233;diteur doit l'emporter sur celle d'h&#233;bergeur. Dans le cas contraire, une distortion malheureuse et injuste se cr&#233;erait entre l'&#233;diteur ayant recours &#224; un professionnel de l'h&#233;bergement, qui serait responsable des d&#233;lits de presse en ligne et l'&#233;diteur h&#233;bergeant personnellement son site, qui b&#233;n&#233;ficierait du r&#233;gime d'irresponsabilit&#233;. De surcro&#238;t, la fraude serait favoris&#233;e, puisqu'il serait permis &#224; une personne d'&#233;luder le r&#233;gime de responsabilit&#233; qui lui est normalement applicable en h&#233;bergeant elle-m&#234;me son site. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce &#224; quoi conduit la solution retenue par la Cour d'appel, qui qualifie la soci&#233;t&#233; Bloobox Net d'&#233;diteur du site Fuzz.fr tout en acceptant qu'elle b&#233;n&#233;ficie du r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; des h&#233;bergeurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) La Cour m&#233;conna&#238;t les r&#232;gles d&#233;signant les responsables des d&#233;lits de presse en ligne. Les responsables des d&#233;lits de presse en ligne sont clairement identifi&#233;s : le directeur de la publication, l'auteur du message incrimin&#233;, et le producteur. Si le directeur de la publication et le producteur sont des personnes physiques d&#233;sign&#233;es par la soci&#233;t&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;ditrice&lt;/i&gt; et que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net b&#233;n&#233;ficie du r&#233;gime des h&#233;bergeurs, il ne reste plus que l'auteur comme responsable du d&#233;lit de presse. La Cour neutralise donc la responsabilit&#233; de deux des trois personnes d&#233;sign&#233;es par le r&#233;gime de responsabilit&#233; en cascade.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4) La Cour retient la responsabilit&#233; exclusive de l'auteur du message incrimin&#233;, en l'esp&#232;ce l'internaute &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;diteur du lien et du titre&lt;/i&gt; &#187; (n'est-il pas plut&#244;t &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;auteur&lt;/i&gt; du titre du lien ?), r&#233;duisant de ce fait les chances de succ&#232;s de l'action en responsabilit&#233;. En effet, la plupart des sites ne conservent pas de journal (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;log&lt;/i&gt;) des pages visit&#233;es et des actions effectu&#233;es par les internautes, ceux-ci sont donc difficilement identifiables. Reste la solution de poursuivre la logique jusqu'au bout, en imposant &#224; tous les sites du Web (car vu la structure du Web 2.0, le moindre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;blog&lt;/i&gt; sera qualifi&#233; d'h&#233;bergeur) les obligations de conservation des donn&#233;es personnelles qui incombent aux h&#233;bergeurs [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] En ce sens, d&#233;j&#224;, TGI Paris, 14 novembre 2008, Lafesse c. YouTube, (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]&amp;hellip; Il est certain que l'esprit de la loi est d'imposer de telles obligations aux h&#233;bergeurs professionnels, qui ont les connaissances techniques et les moyens financiers et mat&#233;riels n&#233;cessaires &#224; leur satisfaction, et non aux particuliers simples &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;blogueurs&lt;/i&gt; &#187;. Ceux qui se f&#233;licitent de la d&#233;cision de la Cour d'appel n'en ont pas encore &#233;prouv&#233; les effets pervers, et n'ont certainement pas r&#233;alis&#233; qu'elle leur impose de nouvelles obligations (conservation des donn&#233;es d'identification des visiteurs) et de nouvelles charges (principalement, le risque d'&#234;tre assign&#233; en r&#233;f&#233;r&#233; pour le retrait d'un contenu illicite).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5) La Cour op&#232;re une certaine confusion en citant l'intitul&#233; du lien publi&#233; sur Fuzz.fr ainsi qu'un extrait de l'article vers lequel ce lien renvoie. Il semble ainsi -bien que ce ne puisse &#234;tre le cas- que cet article est attribu&#233; &#224; l'internaute qui a ins&#233;r&#233; le lien sur Fuzz.fr. Or, l'article illicite est diff&#233;rent du lien vers cet article ; il est, et surtout il &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;demeure&lt;/i&gt;, sur un autre site que Fuzz.fr. En publiant un lien vers l'article illicite, l'internaute ne r&#233;alise en aucun cas une nouvelle publication de ce message (et si c'&#233;tait le cas, il s'agirait d'une contrefa&#231;on). Par cons&#233;quent, l'internaute est l'auteur du titre d'un lien hypertexte et non de l'information incrimin&#233;e elle-m&#234;me. A moins que l'intitul&#233; du lien soit jug&#233; illicite en soi, la responsabilit&#233; de l'internaute ne peut &#234;tre engag&#233;e que pour le fait d'avoir relay&#233; un contenu illicite, et non pour &#234;tre &#224; l'origine de ce contenu. C'est donc uniquement de l'illic&#233;it&#233; du titre du lien dont il doit &#234;tre question, et l'on voit mal pourquoi la Cour cite un passage entier de l'article illicite original.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6) La Cour ne suit pas le premier juge qui avait d&#233;cid&#233; que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net &#233;tait un &#233;diteur, apr&#232;s avoir relev&#233; qu'elle op&#232;re des choix, qualifi&#233;s d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;ditoriaux&lt;/i&gt; dans l'ordonnance de r&#233;f&#233;r&#233;, visant &#224; mettre en valeur certains liens soumis par les internautes. Pour justifier le rejet de cet argument, la Cour ne nie pas que la soci&#233;t&#233; &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;structure et classifie les informations&lt;/i&gt; &#187; ; elle choisit au contraire de se fonder sur le fait que celle-ci &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;n'est pas l'auteur des titres et des liens hypertexte et qu'elle ne d&#233;termine pas le contenu du site&lt;/i&gt; &#187;. L&#224; encore, le raisonnement est erron&#233; : le fait de ne pas &#234;tre l'auteur d'une information n'exclut pas le fait d'en &#234;tre l'&#233;diteur, d&#232;s lors que l'auteur et l'&#233;diteur sont deux personnes diff&#233;rentes en droit de la presse. En outre, la soci&#233;t&#233; Bloobox Net d&#233;termine le contenu de son site, bien qu'elle ne soit pas l'auteur de ce contenu et quoi qu'en dise la Cour, d&#232;s lors qu'elle a la possibilit&#233;, &#224; son gr&#233;, d'afficher une page blanche vide, une page remplie de texte que les internautes ne peuvent modifier, ou une page constitu&#233;e de liens ins&#233;r&#233;s par les internautes. Rien n'oblige en effet la soci&#233;t&#233; Bloobox Net &#224; donner la possibilit&#233; aux internautes d'apporter librement un contenu potentiellement illicite, puisqu'elle est propri&#233;taire, au regard des r&#232;gles du droit de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, de ce qui est, comme le dit la Cour, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;son&lt;/i&gt; site &#187;. Le v&#233;ritable h&#233;bergeur, au contraire, n'a aucun droit d'auteur sur les sites h&#233;berg&#233;s qui restent la propri&#233;t&#233; de ses clients. En d&#233;cidant de laisser aux internautes la possibilit&#233; d'apporter du contenu, la soci&#233;t&#233; Bloobox Net op&#232;re un v&#233;ritable choix &#233;ditorial au m&#234;me titre qu'un quotidien papier choisit de publier dans ses colonnes tel ou tel auteur. Elle pourrait d'ailleurs tout aussi bien &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mod&#233;rer&lt;/i&gt; les informations soumises &#224; l'aide d'un comit&#233; &#233;ditorial qui en contr&#244;lerait le s&#233;rieux et la v&#233;racit&#233;. Mais il est vrai qu'il s'agit l&#224; d'une pratique habituelle pour les vrais journalistes mais totalement &#233;trang&#232;re aux m&#233;dias &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;people&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le raisonnement de la Cour est, comme nous venons de le voir, sujet &#224; de nombreuses critiques. Pourtant, la d&#233;cision para&#238;t &#233;quitable car condamner un op&#233;rateur pour avoir relay&#233; au moyen d'un lien hypertexte une information qui n'est pas manifestement illicite serait, sans conteste, une atteinte intol&#233;rable &#224; la libert&#233; d'expression. Pour autant, la Cour aurait pu suivre un autre chemin et, tout en appliquant &#224; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net le r&#233;gime de responsabilit&#233; qui correspond &#224; sa qualification d'&#233;diteur du site Fuzz.fr, d&#233;cider qu'une r&#233;f&#233;rence ou un lien vers un contenu illicite n'est pas, en soi, illicite. Elle aurait pu ensuite appr&#233;cier si, en l'esp&#232;ce, le titre du lien publi&#233; sur Fuzz.fr &#233;tait, &#224; lui seul, constitutif d'une violation de l'intimit&#233; de la vie priv&#233;e du demandeur.&lt;/p&gt; &lt;hr /&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cour d'appel de Paris, 21 novembre 2008
Bloobox Net (Eric Dupin / Fuzz.fr) contre Olivier Martinez&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;FAITS ET PROCEDURE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu l'appel form&#233; par la soci&#233;t&#233; Bloobox Net de l'ordonnance de r&#233;f&#233;r&#233; rendue le 26 mars 2008 par le pr&#233;sident du tribunal de grande instance de Paris qui a : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamn&#233; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net &#224; payer &#224; M. Olivier M. la somme de 1000&#8364;&#224; titre de provision et celle de 1500 &#8364; sur le fondement de l'article 700 du code de proc&#233;dure civile ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; rejet&#233; le surplus de la demande de M. Olivier M. ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; rejet&#233; les demandes reconventionnelles de la soci&#233;t&#233; Bloobox Net ; - condamn&#233; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net aux d&#233;pens ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu les conclusions en date du 18 septembre 2008 par lesquelles la soci&#233;t&#233; Bloobox Net demande &#224; la cour, par voie d'infirmation, de : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire abusive l'action en justice intent&#233;e par M Olivier M. ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;en cons&#233;quence, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamner M. Olivier M. &#224; une amende civile qu'il plaira &#224; la cour de fixer et &#224; lui payer la somme de 30 000 &#8364; &#224; titre de provision sur dommages et int&#233;r&#234;ts ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; ordonner &#224; M. Olivier M. de notifier &#224; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net chaque contenu pr&#233;sent sur le site www.fuzz.fr qu'il consid&#233;rera comme illicite &#224; l'avenir, par courrier &#233;lectronique puis par lettre recommand&#233;e avant toute assignation ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net n'est pas &#233;diteur du lien hypertexte et du titre litigieux ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net en tant que fournisseur du lien hypertexte doit &#234;tre qualifi&#233;e d'h&#233;bergeur de celui-ci au sens de l'article 6-I-2 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net est h&#233;bergeur du titre litigieux au sens de l'article 6-I-2 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net a retir&#233; promptement les contenus litigieux d&#232;s qu'elle en a eu connaissance ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;en cons&#233;quence, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net n'a commis aucune faute du fait de la diffusion du lien hypertexte et du titre litigieux sur son site internet www.fuzz.fr ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#224; titre subsidiaire, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire qu'il existe une contestation s&#233;rieuse quant &#224; la qualification d'&#233;diteur de la soci&#233;t&#233; Bloobox Net au titre du lien hypertexte et du titre en litige et qu'il n'y avait d&#232;s lors pas lieu &#224; r&#233;f&#233;r&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que M. Olivier M. n'a subi aucun pr&#233;judice du fait de la diffusion du lien hypertexte et du titre litigieux sur son site internet www.fuzz.fr ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; confirmer l'ordonnance en ce qu'elle a jug&#233; que la d&#233;cision &#224; intervenir n'avait pas &#224; faire l'objet d'une mesure de publication ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamner M. Olivier M. outre aux d&#233;pens, au payement de la somme de 6000 &#8364; sur le fondement de l'article 700 du code de proc&#233;dure civile ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu les conclusions en date du 25 septembre 2008 par lesquelles M. Olivier M. demande &#224; la cour, au visa des articles 4, 9 et 1382 du code civil et 809 du code de proc&#233;dure civile et sous divers constats, de : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; confirmer l'ordonnance entreprise sauf sur le montant de l'indemnisation provisionnelle qui lui a &#233;t&#233; allou&#233;e ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A titre reconventionnel, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamner la soci&#233;t&#233; Bloobox Net &#224; lui payer la somme de 29 000 &#8364; en r&#233;paration de son pr&#233;judice moral ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;en tout &#233;tat de cause &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamner la soci&#233;t&#233; Bloobox Net, outre aux d&#233;pens, au payement de la somme de 4500 &#8364; sur le fondement de l'article 700 du code de proc&#233;dure civile ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DISCUSSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net, qui a pour objet social la conception web et multim&#233;dia, &#233;dite sur internet un site accessible &#224; l'adresse www.fuzz.fr ; qu'elle diffuse sur ce site des informations, dont certaines dans une rubrique &#8220;people&#8221; ont trait &#224; l'actualit&#233; et &#224; la vie priv&#233;e d'artistes et de personnalit&#233;s du spectacle ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que le 31 janvier 2008, ce site a publi&#233; une &#8220;br&#232;ve&#8221; r&#233;dig&#233;e en ces termes : Kylie Minogue et Olivier M. r&#233;unis et peut-&#234;tre bient&#244;t de nouveau amants&#8221; accompagn&#233;e d'un titre &#8220;Kylie Minogue et Olivier M. toujours amoureux, ensemble &#224; Paris&#8221; lui-m&#234;me assorti d'un lien renvoyant &#224; un article publi&#233; le 30 janvier 2008 sur le site www.c&#233;l&#233;brit&#233;s-stars.blogspot.com&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;La chanteuse Kylie Minogue qui a fait une apparition aux NJR Music Awards a ensuite &#233;t&#233; vue avec son ancien compagnon l'acteur fran&#231;ais, Olivier M. La star a &#233;t&#233; vue &#224; Paris promenant son chien &amp;hellip;. et alors qu'elle allait avec son ancien fianc&#233; chez Yves &amp; Laurent puis au caf&#233; de Flore o&#249; elle aimait d&#233;j&#224; se rendre lorsqu'elle habitait Paris afin de recevoir le traitement pour soigner son cancer ; L&#8216;actrice &#226;g&#233;e de 39 ans a cr&#233;&#233; bien malgr&#233; elle une petite &#233;meute&amp;hellip; alors qu'elle promenait son chien avec Olivier M. dans le rues de Paris. Rappelons que les deux c&#233;l&#233;brit&#233;s se sont s&#233;par&#233;es au mois de f&#233;vrier 2007 lorsque l'acteur a &#233;t&#233; surpris en charmante compagnie et alors que Kylie Minogue suivait un lourd traitement contre le cancer. La star australienne est ensuite all&#233;e &#224; la gare pour prendre un train Eurostar en direction de Londres mais elle pourrait d'apr&#232;s ses proches bient&#244;t revoir Olivier M. r&#233;guli&#232;rement&#8221; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'invoquant une intrusion intol&#233;rable dans la sph&#232;re de son intimit&#233;, M. Olivier M. a saisi le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s aux fins de voir constater cette atteinte &#224; la vie priv&#233;e et obtenir r&#233;paration de son pr&#233;judice moral, notamment voir ordonner le retrait imm&#233;diat de l'article sous astreinte, condamner la soci&#233;t&#233; Bloobox Net au payement d'une provision de 30 000 &#8364; en r&#233;paration du pr&#233;judice moral et ordonner la publication de l'ordonnance sur la page du site internet sous astreinte ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que c'est dans ces conditions que l'ordonnance entreprise a &#233;t&#233; rendue ; que le premier juge a dit qu'en renvoyant au site www.c&#233;l&#233;brit&#233;s-stars.blogspot.com, en agen&#231;ant diff&#233;rentes rubriques telles que celle intitul&#233;e &#8220;people&#8221; et en titrant en gros caract&#232;res &#8220;Kylie Minogue et Olivier M. toujours amoureux, ensemble &#224; Paris&#8221;, la soci&#233;t&#233; Bloobox Net a op&#233;r&#233; un choix &#233;ditorial ; qu'il l'a consid&#233;r&#233;e comme un &#233;diteur de service de communication en ligne au sens de l'article 6 III 1 c de la loi susvis&#233;e renvoyant &#224; l'article 93-2 de la loi du 21 juillet 1982 et par suite, responsable de la diffusion de propos portant atteinte &#224; la vie priv&#233;e de M. M. ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'en cause d'appel, la soci&#233;t&#233; Bloobox Net revendique le statut d'h&#233;bergeur au sens de l'article 6-I-2 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique pour rejeter toute responsabilit&#233; tandis que M. M. lui attribue le r&#244;le d'un &#233;diteur ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'aux termes de l'article 1er de la loi n&#176;86-1067 du 30 septembre 1986 rappel&#233; &#224; l'article 1er de la loi n&#176;2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique, le respect de la vie priv&#233;e constitue une limite &#224; la communication au public par voie &#233;lectronique ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que l'article 6 de la loi du 21 juin 2004 distingue les diff&#233;rents prestataires de cette communication en ligne ; que l'&#233;diteur est, selon l'article 6-I-1, d&#233;fini comme la personne ou la soci&#233;t&#233; qui &#8220;&#233;dite un service de communication en ligne&#8221; &#224; titre professionnel ou non c'est &#224; dire qui d&#233;termine les contenus mis &#224; la disposition du public sur le service qu'elle a cr&#233;&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'en revanche, aux termes de l'article 6-I-2, l'h&#233;bergeur est la personne ou la soci&#233;t&#233; qui assure &#8220;m&#234;me &#224; titre gratuit pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sans ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services&#8221; ; que l'article 6-I-7&#176; de la m&#234;me loi pr&#233;cise que les h&#233;bergeurs ne sont pas soumis une obligation g&#233;n&#233;rale de surveillance des informations qu'ils stockent, ni &#224; une obligation g&#233;n&#233;rale de rechercher des faits ou des circonstances r&#233;v&#233;lant des activit&#233;s illicites &#8220; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'au vu de ce qui pr&#233;c&#232;de, le &#8220;prestataire technique&#8221; au sens de l'article 6 de la loi susvis&#233;e assure, en vue de leur communication au public en ligne, le stockage de donn&#233;es fournies par des tiers, et n'est pas, contrairement &#224; l'&#233;diteur, personnellement &#224; l'origine des contenus diffus&#233;s ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il convient d'appr&#233;cier si, au regard des dispositions de la loi du 21 juin 2004, la soci&#233;t&#233; Bloobox Net d&#233;termine les contenus qui sont mis en ligue et si elle a la ma&#238;trise du contenu &#233;ditorial des informations propos&#233;es sur son site et des titres r&#233;sumant les informations ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il n'est pas contest&#233; que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net est &#233;ditrice du site www.fuzz.fr ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que ce site interactif offre aux internautes d'une part la possibilit&#233; de mettre en ligne des liens hypertextes en les assortissant de titres r&#233;sumant le contenu des informations et d'autre part le choix d'une rubrique telle que &#8221;&#233;conomie&#8221;, &quot;m&#233;dia&#8221;, &#8220;sport&#8221; ou &#8220;people&#8221; etc. dans laquelle ils souhaitent classer l'information ; qu'ainsi, le 31 janvier 2008, un internaute a r&#233;dig&#233; et d&#233;pos&#233; sur la rubrique &#8220;people&#8221; du site www.fuzz.fr un lien hypertexte renvoyant vers le site www.c&#233;l&#233;brit&#233;s-stars.blogspot.com en ces termes : &#8220;Kylie Minogue et Olivier M. r&#233;unis et peut-&#234;tre bient&#244;t de nouveau amant ?&quot; et l'a assorti du titre suivant : &#8220; Kylie Minogue et Olivier M. toujours amoureux ensemble &#224; Paris&#8221; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que c'est l'internaute qui utilisant les fonctionnalit&#233;s du site, est all&#233; sur le site source de l'information, www.c&#233;l&#233;brit&#233;s-stars.blogspot.com, a cliqu&#233; sur le lien, l'a recopi&#233; sur la page du site de la soci&#233;t&#233; Bloobox Net avant d'en valider la saisie pour le mettre effectivement en ligne sur le site www.fuzz.fr et a r&#233;dig&#233; le titre ; qu'ainsi, l'internaute est l'&#233;diteur du lien hypertexte et du titre ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que le fait pour la soci&#233;t&#233; Bloobox Net cr&#233;atrice du site www.fuzz.fr de structurer et de classifier les informations mises &#224; la disposition du public selon un classement choisi par elle permettant de faciliter l'usage de son service entre dans la mission du prestataire de stockage et ne lui donne pas la qualit&#233; d'&#233;diteur d&#232;s lors qu'elle n'est pas l'auteur des titres et des liens hypertexte et qu'elle ne d&#233;termine pas les contenus du site, source de l'infirmation, www.c&#233;l&#233;brit&#233;s-stars.blogspot.com que cible le lien hypertexte qu'elle ne s&#233;lectionne pas plus ; qu'elle n'a enfin aucun moyen de v&#233;rifier le contenu des sites vers lesquels pointent les liens mis en ligne par les seuls internautes ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'au vu de ce qui pr&#233;c&#232;de, il r&#233;sulte que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#233;diteur au sens de la loi pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique, sa responsabilit&#233; relevant du seul r&#233;gime applicable aux h&#233;bergeurs ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'&#224; l'exception de certaines diffusions express&#233;ment vis&#233;es par la loi relatives &#224; la pornographie enfantine, &#224; l'apologie des crimes contre l'humanit&#233; et &#224; l'incitation &#224; la haine raciale que l'h&#233;bergeur doit, sans attendre une d&#233;cision de justice, supprimer sa responsabilit&#233; civile ne peut &#234;tre engag&#233;e du fait des informations stock&#233;es s'il n'a pas effectivement eu connaissance de leur caract&#232;re illicite ou si, d&#232;s le moment o&#249; il en a eu connaissance, il a agi promptement pour retirer les donn&#233;es ou en rendre l'acc&#232;s impossible ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'il appartient &#224; celui qui se plaint d'une atteinte &#224; ses droits d'en informer l'h&#233;bergeur dans les conditions de l'article 6-l-5&#176; de la loi n&#176;2004-575 du 21 juin 2004 ; que d&#232;s cette connaissance prise, l'article 6-I-2 de la loi impose &#224; l'h&#233;bergeur d'agir promptement&#8221; ; qu'en l'esp&#232;ce, M. Olivier M. n'a adress&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; Bloobox Net aucune mise en demeure en ce sens avant de l'assigner ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que dans ces conditions, les demandes de M. Olivier M. doivent &#234;tre rejet&#233;es et l'ordonnance infirm&#233;e ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net n'est pas recevable &#224; solliciter la condamnation de M. M. au paiement d'une amende civile, cette d&#233;cision relevant du seul office du juge ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la soci&#233;t&#233; Bloobox Net ne justifie pas des circonstances ayant fait d&#233;g&#233;n&#233;rer en abus le droit pour M. M. d'agir en justice ; que la demande en payement de dommages et int&#233;r&#234;ts pour proc&#233;dure abusive doit &#234;tre &#233;cart&#233;e ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que l'&#233;quit&#233; commande de ne pas prononcer de condamnation sur le fondement de l'article 700 du code de proc&#233;dure civile ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que M. M. qui succombe en ses pr&#233;tentions doit supporter les d&#233;pens de premi&#232;re instance et d'appel ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DECISION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ces motifs :
. Infirme l'ordonnance entreprise ;
. D&#233;clare irrecevable la demande de la soci&#233;t&#233; Bloobox Net en payement d'une amende civile ;
. D&#233;boute la soci&#233;t&#233; Bloobox Net de sa demande en payement de dommages et int&#233;r&#234;ts ;
. Dit n'y avoir lieu &#224; condamnation sur le fondement de l'article 700 du code de proc&#233;dure civile ;
. Condamne M. Olivier M. aux d&#233;pens de premi&#232;re instance et d'appel qui seront recouvr&#233;s conform&#233;ment aux dispositions de l'article 699 du m&#234;me code.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] TGI Paris (ref.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox Net, Eric Dupin (affaire Fuzz) ; V. sur ce site : Guillaume Florimond, Qualification juridique de l'acte de publication d'un flux de liens sur Internet., &lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/Qualification-juridique-de-l-acte.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;IntLex.org (2008)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] En ce sens, d&#233;j&#224;, TGI Paris, 14 novembre 2008, Lafesse c. YouTube, &lt;a href=&quot;http://legalis.net/jurisprudence-imprimer.php3?id_article=2484&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Legalis&lt;/a&gt; 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Quelques pr&#233;cisions sur la responsabilit&#233; des interm&#233;diaires dans la LCEN</title>
		<link>http://www.intlex.org/Brefs-propos-sur-la-responsabilite.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/Brefs-propos-sur-la-responsabilite.html</guid>
		<dc:date>2008-10-18T22:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Informatique-.html">Droit de l'Informatique</category>

		<dc:subject>DADVSI/LCEN</dc:subject>

		<description>I.	Introduction - La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires &lt;br /&gt;1) En droit fran&#231;ais, le r&#233;gime de responsabilit&#233; des interm&#233;diaires techniques d'Internet est un r&#233;gime sp&#233;cial, qui d&#233;roge au droit commun. Il est d&#233;fini par la Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (Loi n&#176; 2004-575 du 21 juin 2004 ; sp&#233;c. l'article 6-I). &lt;br /&gt;L'article 6-I-1 LCEN impose certaines obligations particuli&#232;res aux fournisseurs d'acc&#232;s. D'autres obligations sont communes aux fournisseurs d'acc&#232;s et (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Informatique-.html" rel="directory"&gt;Droit de l'Informatique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-DADVSI-+.html" rel="tag"&gt;DADVSI/LCEN&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;I.	Introduction - La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) En droit fran&#231;ais, le r&#233;gime de responsabilit&#233; des interm&#233;diaires techniques d'Internet est un r&#233;gime sp&#233;cial, qui d&#233;roge au droit commun. Il est d&#233;fini par la Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (Loi n&#176; 2004-575 du 21 juin 2004 ; sp&#233;c. l'article 6-I).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 6-I-1 LCEN impose certaines obligations particuli&#232;res aux fournisseurs d'acc&#232;s. D'autres obligations sont communes aux fournisseurs d'acc&#232;s et d'h&#233;bergement (article 6-II LCEN) : il s'agit de l'obligation &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'identification&lt;/i&gt; des acteurs du r&#233;seau et de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;conservation&lt;/i&gt; des donn&#233;es susceptibles d'avoir une valeur probatoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 6-I-2 et -3 LCEN d&#233;finit le r&#233;gime de responsabilit&#233; &#8211;ou plut&#244;t d'irresponsabilit&#233;&#8211; des h&#233;bergeurs et des fournisseurs d'acc&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) La question la plus importante &#224; l'heure actuelle est certainement celle de la qualification d'h&#233;bergeur ou d'&#233;diteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait faire un parall&#232;le t&#233;l&#233;ologique entre l'irresponsabilit&#233; moderne des interm&#233;diaires techniques et la responsabilit&#233; limit&#233;e des imprimeurs r&#233;sultant de l'article 43 de la loi de 1881.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux courants jurisprudentiels s'affrontent : la soci&#233;t&#233; qui met en ligne un site permettant aux internautes d'apporter leur contenu est qualifi&#233;e parfois d'h&#233;bergeur et parfois d'&#233;diteur. La jurisprudence est incertaine et de nombreuses d&#233;cisions sont rendues en &#233;quit&#233;, eu &#233;gard aux b&#233;n&#233;fices tir&#233;s de l'exploitation du site par la soci&#233;t&#233; d&#233;fenderesse ou &#224; son comportement actif de mise en valeur de certains contenus fournis par les internautes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;alternative&lt;/i&gt; et non subsidiaire : le demandeur peut se diriger contre les fournisseurs d'acc&#232;s sans avoir engag&#233;, au pr&#233;alable, d'action au fond contre l'h&#233;bergeur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;II.	Notions&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A.	Destinataires des services d'h&#233;bergement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une nouvelle cat&#233;gorie d'acteurs a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par la LCEN, parall&#232;lement et par opposition &#224; celle des h&#233;bergeurs : la cat&#233;gorie des destinataires des services d'h&#233;bergement. Il s'agit des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;diteurs&lt;/i&gt;, des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;directeurs de la publication&lt;/i&gt; et des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;auteurs de contenu&lt;/i&gt;, au sens de la loi de 1881.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces cat&#233;gories, &#224; l'exception de celle de directeur de la publication, ne correspondent pas aux personnes vis&#233;es par la responsabilit&#233; en cascade de l'article 93-3 de la loi du 29 juillet 1982 (directeur de la publication, auteur, producteur).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;diteurs, destinataires des services d'h&#233;bergement, sont les responsables des d&#233;lits de presse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;B.	Types de prestataires techniques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La notion de prestataire technique est complexe dans la directive commerce &#233;lectronique [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Directive 2000/31/CE relative &#224; certains aspects juridiques des (...)' &gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trois types de prestataires sont identifi&#233;s, qui correspondent &#224; trois grands r&#244;les dans le commerce &#233;lectronique :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	Les prestataires qui sont en charge du transport de l'information : il s'agit des fournisseurs de l'infrastructure technique, aussi appel&#233;s fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet ou FAI (p. ex. France T&#233;l&#233;com) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	Les prestataires de stockage temporaire (&#171; caching &#187; ; p. ex. Google qui conserve le contenu de certains sites sur ses propres serveurs) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	Les prestataires d'h&#233;bergement (p. ex. ovh.net, celeonet.fr, 1et1.fr, etc.)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut ajouter &#224; ces acteurs ceux d&#233;sign&#233;s par l'article 93-2 de la loi de 1982 sur la communication audiovisuelle. La LCEN ne reprend pas toutes ces distinctions ; on se centrera donc, par la suite, sur la distinction entre les h&#233;bergeurs et les &#233;diteurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;III.	Responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A.	Evolution historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La doctrine majoritaire s'est longtemps prononc&#233;e pour l'&#233;tablissement d'un r&#233;gime de responsabilit&#233; all&#233;g&#233;e : il ne s'agissait pas d'une irresponsabilit&#233; totale, mais d'une responsabilit&#233; pour faute grave. Ainsi, dans le cadre de la loi de 1881, l'h&#233;bergeur ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme directeur de la publication ou producteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs a &#233;volu&#233; en plusieurs temps :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	L'ancienne jurisprudence consid&#233;rait que les h&#233;bergeurs &#233;taient tenus &#224; une obligation de vigilance [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-2&quot; name=&quot;nh1-2&quot; id=&quot;nh1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Exemple topique, la c&#233;l&#232;bre affaire &#171; Altern.org &#187; : TGI Paris (r&#233;f.), (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	La loi du 1er ao&#251;t 2000, censur&#233;e par le Conseil Constitutionnel, pr&#233;voyait un r&#233;gime de responsabilit&#233; all&#233;g&#233;e [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-3&quot; name=&quot;nh1-3&quot; id=&quot;nh1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] ibid. &#167;19' &gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	L'article 6-I LCEN organise aujourd'hui l'irresponsabilit&#233; civile (art. 6-I-2) et p&#233;nale (art. 6-I-3, m&#234;me formule), sous certaines conditions, des h&#233;bergeurs [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-4&quot; name=&quot;nh1-4&quot; id=&quot;nh1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] ibid. &#167;19-21' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;B.	Le r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; &#233;tabli par la LCEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux termes de l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;article 6-I-2 LCEN&lt;/strong&gt;, les personnes assurant la fourniture d'h&#233;bergement &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ne peuvent voir leur responsabilit&#233; civile engag&#233;e du fait des activit&#233;s ou des informations stock&#233;es &#224; la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de leur caract&#232;re illicite ou des faits de circonstances faisant appara&#238;tre ce caract&#232;re ou si, d&#232;s le moment o&#249; elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces donn&#233;es ou en rendre l'acc&#232;s impossible&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Conseil Constitutionnel a pr&#233;cis&#233; que le caract&#232;re illicite de l'information devait &#234;tre &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;manifeste&lt;/strong&gt;, ou que le retrait de cette information devait avoir &#233;t&#233; ordonn&#233; par un juge, pour que la responsabilit&#233; des interm&#233;diaires puisse &#234;tre engag&#233;e [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-5&quot; name=&quot;nh1-5&quot; id=&quot;nh1-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] DCC n&#176; 2004-496, 10 juin 2004' &gt;5&lt;/a&gt;] :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Consid&#233;rant que les 2 et 3 du I de l'article 6 de la loi d&#233;f&#233;r&#233;e ont pour seule port&#233;e d'&#233;carter la responsabilit&#233; civile et p&#233;nale des h&#233;bergeurs dans les deux hypoth&#232;ses qu'ils envisagent ; que ces dispositions ne sauraient avoir pour effet d'engager la responsabilit&#233; d'un h&#233;bergeur qui n'a pas retir&#233; une information d&#233;nonc&#233;e comme illicite par un tiers si celle-ci ne pr&#233;sente pas manifestement un tel caract&#232;re ou si son retrait n'a pas &#233;t&#233; ordonn&#233; par un juge&amp;hellip; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe en outre une &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;proc&#233;dure de notification&lt;/strong&gt;, d&#233;finie &#224; l'article 6-I-5, qui doit &#234;tre suivie par toute personne demandant &#224; un interm&#233;diaire technique le retrait d'une information en ligne qu'il participe &#224; diffuser. Lorsque l'interm&#233;diaire technique re&#231;oit une telle notification, il doit agir &#171; promptement &#187; pour appr&#233;cier la lic&#233;it&#233; du contenu litigieux et, &#233;ventuellement, le retirer. Il a &#233;t&#233; jug&#233; qu'un h&#233;bergeur n'avait pas agi promptement, faute d'avoir donn&#233; suite &#224; la notification le jour m&#234;me de sa r&#233;ception [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-6&quot; name=&quot;nh1-6&quot; id=&quot;nh1-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] TGI Toulouse (r&#233;f.), 13 mars 2008, Krim. K. c. Amen' &gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien entendu, les interm&#233;diaires techniques restent responsables lorsqu'ils diffusent les informations incrimin&#233;es pour leur compte. C'est le cas pour leur propre site Web.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;C.	L'application du r&#233;gime de responsabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.	L'h&#233;bergeur, et non le juge du fond, appr&#233;cie la lic&#233;it&#233; du contenu litigieux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsqu'il est saisi d'une demande de mise hors ligne (article 6-I-5), c'est &#224; l'h&#233;bergeur d'appr&#233;cier si le contenu est, &#224; son sens, manifestement illicite [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-7&quot; name=&quot;nh1-7&quot; id=&quot;nh1-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] CA Paris, 12 d&#233;cembre 2007, Benetton c. Google' &gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'h&#233;bergeur ne doit pas attendre la d&#233;cision du juge du fond sur ce point. La n&#233;cessit&#233; de rapidit&#233; prime sur le reste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, si l'h&#233;bergeur devait attendre la d&#233;cision du juge du fond sur la lic&#233;it&#233; du contenu, l'exception au r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; serait vid&#233;e de sa substance, puisque l'h&#233;bergeur engage sa responsabilit&#233; d&#232;s lors qu'il n'a pas retir&#233; une information manifestement illicite qui avait &#233;t&#233; port&#233;e &#224; sa connaissance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En d'autres termes, si l'information litigieuse est manifestement illicite, l'h&#233;bergeur doit pouvoir relever cette illic&#233;it&#233; sans recours pr&#233;alable au juge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Suivant ce m&#234;me raisonnement, il a &#233;t&#233; jug&#233; qu'un demandeur ne pouvait pas rechercher la responsabilit&#233; de l'h&#233;bergeur d'un site sur le fondement de l'article 6 LCEN d&#232;s lors qu'il a saisi le juge du fond et non le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s, une telle saisine caract&#233;risant l'absence de caract&#232;re manifeste de l'illic&#233;it&#233; du message diffus&#233; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-8&quot; name=&quot;nh1-8&quot; id=&quot;nh1-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] CA Paris, 8 novembre 2006, Comit&#233; de d&#233;fense de la cause arm&#233;nienne (...)' &gt;8&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.	Le retrait d'un message licite constitue une faute contractuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 6 LCEN sanctionne sp&#233;cifiquement le fait de signaler comme illicite des informations qui ne le sont pas, afin d'en obtenir le retrait du r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant &#224; l'h&#233;bergeur, il n'est pas responsable de la diffusion du contenu illicite, sous certaines conditions, mais il demeure responsable du dommage qu'il cause par une mise hors ligne fautive du site d'un de ses clients (inex&#233;cution contractuelle) !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3.	L'action alternative contre le FAI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 6-I-8 LCEN a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; par la Cour de cassation comme permettant au juge des r&#233;f&#233;r&#233;s d'ordonner aux fournisseurs d'acc&#232;s fran&#231;ais de mettre en place des mesures techniques de blocage d'un site illicite, alors m&#234;me qu'aucune action au fond n'avait &#233;t&#233; engag&#233;e contre l'h&#233;bergeur de ce site [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-9&quot; name=&quot;nh1-9&quot; id=&quot;nh1-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Affaire Aaargh : TGI Paris (r&#233;f.), 13 juin 2005, UEJF et al. c. Free, (...)' &gt;9&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette action alternative est la seule dot&#233;e d'une efficacit&#233; juridique lorsque l'h&#233;bergeur est domicili&#233; &#224; l'&#233;tranger dans un pays protecteur de la libert&#233; d'expression (p. ex. les Etats-Unis), qui refusera syst&#233;matiquement l'exequatur d'un jugement fran&#231;ais condamnant un op&#233;rateur pour la diffusion d'un message sur le r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, cette action n'a pratiquement aucune efficacit&#233; mat&#233;rielle : les mesures techniques que les FAI sont susceptibles de prendre pour bloquer le contenu litigieux peuvent &#234;tre contourn&#233;es tr&#232;s facilement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour accro&#238;tre tout de m&#234;me cette efficacit&#233;, il est n&#233;cessaire d'assigner simultan&#233;ment (dans la m&#234;me instance) &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;tous les FAI fran&#231;ais&lt;/strong&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-10&quot; name=&quot;nh1-10&quot; id=&quot;nh1-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Chaque FAI ne pouvant mettre en &#339;uvre les mesures techniques de (...)' &gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;IV.	Qualification h&#233;bergeur/&#233;diteur&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A.	Les enjeux de la qualification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un auteur note que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; la question de la responsabilit&#233; des diff&#233;rents acteurs de l'internet a mis &#224; jour ou &#233;t&#233; la cause de toute une s&#233;rie d'interrogations, d'h&#233;sitations, de contradictions ou d'insuffisances l&#233;gislatives, jurisprudentielles et doctrinales&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-11&quot; name=&quot;nh1-11&quot; id=&quot;nh1-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] E. DERIEUX, Communication au public en ligne, Jurisclasseur (...)' &gt;11&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question majeure qui se pose aujourd'hui n'est plus, comme il fut un temps, celle de savoir dans quelle mesure les interm&#233;diaires techniques engagent leur responsabilit&#233; civile ou p&#233;nale du fait des informations qu'ils participent &#224; diffuser sur le r&#233;seau. Cette question est r&#233;gl&#233;e : les interm&#233;diaires techniques ne sont pas responsables, sauf les exceptions pr&#233;vues par la loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nouvelle question qui se pose est celle de savoir comment d&#233;finir un fournisseur d'h&#233;bergement, soumis au r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; de l'article 6 LCEN et, corr&#233;lativement, comment d&#233;finir un &#233;diteur qui reste soumis au droit commun de la presse (lois de 1881 et de 1982).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En d&#233;finitive, si la qualification d'h&#233;bergeur (&#171; fournisseur de services d'h&#233;bergement &#187;) ou d'&#233;diteur (&#171; destinataire des services d'h&#233;bergement &#187;) est aussi importante, c'est qu'elle d&#233;termine le r&#233;gime de responsabilit&#233;. Si elle est aussi &#233;pineuse, c'est que la loi ne d&#233;finit pas pr&#233;cis&#233;ment les contours de la qualit&#233; d'h&#233;bergeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;B.	La qualification dans la LCEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La qualification d'h&#233;bergeur r&#233;sulte de l'article 6 LCEN. La qualification d'&#233;diteur correspond &#224; une cat&#233;gorie r&#233;siduelle : est &#233;diteur qui participe &#224; la diffusion d'une information sur le r&#233;seau sans &#234;tre un h&#233;bergeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notera cependant deux &#233;l&#233;ments importants, r&#233;sultant de la d&#233;finition de la qualit&#233; d'h&#233;bergeur &#224; l'article 6 LCEN : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Les personnes physiques ou morales qui assurent, m&#234;me &#224; titre gratuit, pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services (&#8230;)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) L'activit&#233; d'h&#233;bergement est une activit&#233; de stockage et non de traitement ou d'exploitation des donn&#233;es. Autrement dit, l'h&#233;bergeur se borne &#224; offrir un support pour la conservation des donn&#233;es ; il ne les manipule pas lui-m&#234;me et il ne les diffuse pas pour son compte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Un h&#233;bergeur stocke les donn&#233;es fournies par le destinataire de l'h&#233;bergement. Cette disposition vise clairement les prestataires techniques qui mettent &#224; disposition un espace de stockage en ligne pour que leurs clients h&#233;bergent les fichiers de leurs sites. L'hypoth&#232;se est claire : le client construit son site depuis son ordinateur, puis met les fichiers en ligne sur les serveurs de l'h&#233;bergeur qui se charge de les diffuser sur le r&#233;seau. Les fichiers, et les informations qu'ils contiennent, sont fournis par le client ; l'h&#233;bergeur n'intervient pas dans leur &#233;laboration, il n'en contr&#244;le pas le contenu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le rel&#232;ve un auteur, le mot &#171; destinataires &#187; (des services d'h&#233;bergement) est mal employ&#233; par la loi : il s'agit en r&#233;alit&#233; des utilisateurs des services et non des destinataires des messages diffus&#233;s sur le r&#233;seau [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-12&quot; name=&quot;nh1-12&quot; id=&quot;nh1-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] ibid.' &gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A cette d&#233;finition de l'h&#233;bergeur s'oppose celle d'&#233;diteur : l'&#233;diteur est celui qui n'est pas h&#233;bergeur ; c'est le destinataire (comprendre l'utilisateur) du service d'h&#233;bergement. En d'autres termes, l'&#233;diteur est le client de l'h&#233;bergeur. Dans un contrat d'h&#233;bergement, l'h&#233;bergeur fournit la prestation d'h&#233;bergement tandis que l'&#233;diteur paye le prix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;C.	Illustrations jurisprudentielles de la qualification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.	La qualification d'&#233;diteur ind&#233;pendante de la technologie mise en &#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) Le tribunal de commerce de Paris a ainsi pu condamner eBay &#224; une amende record de pr&#232;s de 40 millions d'euro, en d&#233;cidant que la soci&#233;t&#233; r&#233;alisait une activit&#233; de courtage, et non d'h&#233;bergement, et qu'elle engageait ainsi sa responsabilit&#233; en permettant la vente de produits contrefaits [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-13&quot; name=&quot;nh1-13&quot; id=&quot;nh1-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] T. Com. Paris, 30 juin 2008 ; 3 esp&#232;ces, LVMH c. eBay et Dior c. (...)' &gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Les tribunaux ont &#233;galement pu condamner des sites agr&#233;geant des flux RSS en d&#233;cidant que ces sites d&#233;finissaient une ligne &#233;ditoriale en mettant en valeur certains flux plut&#244;t que d'autres [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-14&quot; name=&quot;nh1-14&quot; id=&quot;nh1-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] TGI Paris (r&#233;f.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox.net (...)' &gt;14&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, la simple possession d'un nom de domaine ne suffit pas &#224; qualifier une soci&#233;t&#233; d'&#233;diteur du site h&#233;berg&#233; sous ce nom [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-15&quot; name=&quot;nh1-15&quot; id=&quot;nh1-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] TGI Nanterre (r&#233;f.), 7 mars 2008, Olivier Dahan c. Planete Soft (...)' &gt;15&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) En ce qui concerne les forums de discussion, il avait &#233;t&#233; jug&#233;, dans des affaires ant&#233;rieures &#224; l'entr&#233;e en vigueur de la LCEN, que l'op&#233;rateur qui met en place un forum est responsable des propos tenus par les participants &#224; ce forum, et qu'il ne peut s'exon&#233;rer de responsabilit&#233; en all&#233;guant un d&#233;faut de surveillance du site qu'il a cr&#233;&#233; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-16&quot; name=&quot;nh1-16&quot; id=&quot;nh1-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] TGI Lyon, 28 mai 2002, P&#232;re-Noel.fr ; TGI Toulouse (r&#233;f.), 5 juin (...)' &gt;16&lt;/a&gt;]. Depuis l'entr&#233;e en vigueur de la LCEN, le responsable d'un forum a cependant pu &#234;tre qualifi&#233;, de mani&#232;re tr&#232;s contestable, d'h&#233;bergeur [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-17&quot; name=&quot;nh1-17&quot; id=&quot;nh1-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] TGI Lyon, 21 juin 2005, Groupe Mace c. Gilbert D.' &gt;17&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4) D'une mani&#232;re assez paradoxale, un jugement a qualifi&#233; Google Video d'h&#233;bergeur, en retenant que la soci&#233;t&#233; ne contr&#244;lait pas le contenu qu'elle diffusait, tout en lui interdisant de diffuser une &#339;uvre contrefaite, ce qui suppose que la soci&#233;t&#233; op&#232;re une s&#233;lection du contenu diffus&#233; sur son site, et agit de ce fait comme un &#233;diteur [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-18&quot; name=&quot;nh1-18&quot; id=&quot;nh1-18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[18] T. Com. Paris, 20 f&#233;vrier 2008, Flach Film et al. c. Google' &gt;18&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.	Les fausses interpr&#233;tations de l'article 6 LCEN menant &#224; des erreurs de qualification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs d&#233;cisions du TGI Paris font une fausse application de l'article 6 LCEN, et commettent une erreur de droit manifeste [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-19&quot; name=&quot;nh1-19&quot; id=&quot;nh1-19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[19] TGI Paris (r&#233;f.), 15 avril 2008, Lafesse c. Dailymotion ; TGI Paris (...)' &gt;19&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge &#233;crit ceci :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 6-1-2&#176; d&#233;finit les h&#233;bergeurs comme &#233;tant des personnes qui &quot;mettent &#224; la disposition du public par les services de communication au public en ligne, le stockage de signaux d'&#233;crits, d'images, de son ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services&quot;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors que l'article 6 LCEN dispose :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les personnes physiques ou morales qui assurent, m&#234;me &#224; titre gratuit, pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi est tr&#232;s claire : les h&#233;bergeurs stockent des fichiers sur demande de leurs clients, qui sont les destinataires des services d'h&#233;bergement, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;pour que&lt;/strong&gt; ceux-ci puissent les mettre &#224; disposition du public. Le juge comprend exactement l'inverse : les h&#233;bergeurs sont les personnes qui mettent &#224; disposition du public les fichiers qu'ils stockent pour leurs clients.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le premier cas (la loi) ce sont les destinataires des services d'h&#233;bergement, les clients de l'h&#233;bergeur, qui mettent l'information &#224; disposition du public. Dans le second cas, (le juge), c'est l'h&#233;bergeur qui assure &#224; la fois le stockage et la mise &#224; disposition du public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en effet ce qui se passe en pratique, d'un point de vue technique. Mais d'un point de vue juridique, c'est pr&#233;cis&#233;ment cette diff&#233;rence de situation qui justifie la diff&#233;rence de traitement entre les &#233;diteurs, pleinement responsables, et les h&#233;bergeurs, irresponsables : les h&#233;bergeurs sont de simples interm&#233;diaires techniques, qui se contentent de fournir &#224; leurs clients des moyens techniques. Les h&#233;bergeurs ne choisissent pas de diffuser tel ou tel message : qu'un site qu'ils h&#233;bergent soit rempli d'informations ou qu'il soit une simple page blanche, c'est pour eux du pareil au m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge retient la d&#233;finition suivante de l'&#233;diteur : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la personne qui d&#233;termine les contenus qui doivent &#234;tre mis &#224; la disposition du public sur le service qu'elle a cr&#233;&#233; ou dont elle a la charge&lt;/i&gt; &#187;. Il est bien &#233;vident qu'avec une telle d&#233;finition, des sites comme eBay, YouTube ou Dailymotion ne sont pas des &#233;diteurs puisque les soci&#233;t&#233;s qui les g&#232;rent n'en contr&#244;lent pas directement le contenu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge cr&#233;e donc une troisi&#232;me cat&#233;gorie de personnes, qui n'&#233;tait pas pr&#233;vue &#224; l'origine par la loi :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	L'h&#233;bergeur est l'interm&#233;diaire technique, selon la d&#233;finition de l'article 6 LCEN.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	La personne qui est un destinataire des services d'h&#233;bergement mais qui ne contr&#244;le pas le contenu de son site doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un h&#233;bergeur (il s'agit de la nouvelle cat&#233;gorie)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt;	Les destinataires des services d'h&#233;bergement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cette nouvelle cat&#233;gorie est-elle justifi&#233;e ?&lt;/i&gt; La r&#233;ponse doit &#234;tre nuanc&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1) Application de la loi stricto sensu.&lt;/i&gt; La loi ne donne pas de d&#233;finition d'&#233;diteur. Ce n'est pas l'&#233;diteur, par opposition &#224; l'h&#233;bergeur, qui est responsable du contenu du site. Il s'agit du &#171; destinataire du service d'h&#233;bergement &#187;. Par cons&#233;quent, la qualification d'&#233;diteur est indiff&#233;rente dans le cadre de l'application du r&#233;gime de responsabilit&#233; ; seule la qualification d'offrant ou de destinataire de l'h&#233;bergement est pertinente (v. supra sur l'emploi erron&#233; du mot &#171; destinataire &#187;). Selon cette interpr&#233;tation, la nouvelle cat&#233;gorie est contraire &#224; la loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2) N&#233;cessit&#233; sociale.&lt;/i&gt; Il est &#233;vident que de plus en plus de sites se d&#233;veloppent sur Internet sans contr&#244;ler le contenu qu'ils diffusent, celui-ci &#233;tant ajout&#233; par des internautes sans contr&#244;le a priori. Ces sites ne peuvent pas &#234;tre responsables au m&#234;me titre que les sites qui contr&#244;lent directement leur contenu (qu'ils en soient l'auteur ou non). On peut, par cons&#233;quent, soit cr&#233;er un troisi&#232;me r&#233;gime de responsabilit&#233;, qui poserait le principe d'une responsabilit&#233; partielle, soit retenir une nouvelle qualification, comme l'a fait le juge dans les affaires Dailymotion , qui permet de les exon&#233;rer de responsabilit&#233; lorsqu'il est &#233;vident qu'ils n'avaient pas valid&#233; d'une quelconque mani&#232;re le contenu illicite. On serait tent&#233; de dire que cette solution est &#233;quitable, mais ce serait oublier que les sites tels que Dailymotion sont g&#233;r&#233;s par des soci&#233;t&#233;s commerciales qui tirent des b&#233;n&#233;fices de la diffusion des messages des internautes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D.	Le pouvoir de qualification du juge des r&#233;f&#233;r&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s n'a pas pour r&#244;le de qualifier la situation en se reposant sur des textes sp&#233;ciaux tels que la LCEN. En effet, pour r&#233;aliser une telle qualification, il faudrait qu'il rentre dans le fond du droit, qu'il m&#232;ne une analyse approfondie, ce qui incombe en principe au juge du fond. Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s devrait donc, en principe, qualifier l'illicite par son propre pouvoir d'appr&#233;ciation, en se d&#233;tachant des textes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut ainsi dire que le r&#244;le du juge des r&#233;f&#233;r&#233;s, dans le contentieux d'Internet, n'est pas de qualifier les intervenants d'h&#233;bergeur ou d'&#233;diteur et d'en d&#233;duire le r&#233;gime de responsabilit&#233; qui leur est applicable mais, au contraire, de faire en sorte que le pr&#233;judice cesse ou ne survienne pas, par tous moyens, ind&#233;pendamment des qualifications retenues sur le fondement du droit commun ou d'un texte sp&#233;cial. Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s doit donc exercer sa libert&#233; d'appr&#233;ciation dans la qualification.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Comment le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s doit-il proc&#233;der dans le cadre d'un contentieux opposant un site &#224; la victime d'un d&#233;lit informationnel ?&lt;/i&gt; Si le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s respecte le principe de la qualification superficielle, il devra faire cesser le pr&#233;judice, en ordonnant les mesures techniques idoines &#224; la partie qui est en mesure de faire cesser le pr&#233;judice ou d'en pr&#233;venir la survenance, sans tenir compte de sa qualit&#233;. Autrement dit, la qualification d'h&#233;bergeur ou d'&#233;diteur ne change rien dans les pouvoirs du juge des r&#233;f&#233;r&#233;s d'ordonner des mesures techniques. Elle ne change pas non plus les obligations de la personne &#224; qui le juge ordonne d'accomplir ces mesures. En effet, si les interm&#233;diaires techniques n'engagent pas leur responsabilit&#233;, ils sont tout de m&#234;me tenus de faire cesser ou de pr&#233;venir l'illicite lorsqu'ils le peuvent. Pour preuve, leur inaction lorsque l'illicite a &#233;t&#233; constat&#233; par une d&#233;cision de justice a pour cons&#233;quence d'ouvrir l'action en responsabilit&#233; &#224; leur encontre. On peut en effet admettre que l'information diffus&#233;e sur le r&#233;seau est manifestement illicite lorsque le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s intervient &#224; son encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Directive 2000/31/CE relative &#224; certains aspects juridiques des services de la soci&#233;t&#233; de l'information, et notamment du commerce &#233;lectronique, dans le march&#233; int&#233;rieur (&#171; directive sur le commerce &#233;lectronique &#187;), du 8 juin 2000 (JOCE 178/1/2000 du 17 juillet 2000).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-2&quot; name=&quot;nb1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Exemple topique, la c&#233;l&#232;bre affaire &#171; Altern.org &#187; : TGI Paris (r&#233;f.), 8 juin 1998, Estelle Hallyday c. Altern.org : JCP E 1998.953, note Vivant et Le Stanc ; V. aussi : P. AUVRET, Application de la loi de 1881 &#224; la communication en ligne - Responsables des d&#233;lits de presse, JCL Communication du 15 mars 2006, Fasc. 4865, &#167;18&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-3&quot; name=&quot;nb1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ibid&lt;/i&gt;. &#167;19&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-4&quot; name=&quot;nb1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ibid&lt;/i&gt;. &#167;19-21&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-5&quot; name=&quot;nb1-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] DCC n&#176; 2004-496, 10 juin 2004&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-6&quot; name=&quot;nb1-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] TGI Toulouse (r&#233;f.), 13 mars 2008, Krim. K. c. Amen&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-7&quot; name=&quot;nb1-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] CA Paris, 12 d&#233;cembre 2007, Benetton c. Google&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-8&quot; name=&quot;nb1-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] CA Paris, 8 novembre 2006, Comit&#233; de d&#233;fense de la cause arm&#233;nienne (CDCA) c. M. Aydin S. et SA France T&#233;l&#233;com : la Cour a d&#233;cid&#233; que la mise en demeure de l'h&#233;bergeur par le CDCA n'avait pas pu le &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;conduire (&amp;hellip;) &#224; consid&#233;rer les donn&#233;es litigieuses comme manifestement illicites, &#233;tant observ&#233; que le CDCA lui-m&#234;me n'a pas choisi de saisir le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s comp&#233;tent pour faire cesser un trouble manifestement illicite, mais le juge du fond&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-9&quot; name=&quot;nb1-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Affaire Aaargh : TGI Paris (r&#233;f.), 13 juin 2005, UEJF et al. c. Free, AOL et al. ; CA Paris, 24 novembre 2006 ; Cass. Civ. 1., 19 juin 2008, pourvoi n&#176;07-12244.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-10&quot; name=&quot;nb1-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Chaque FAI ne pouvant mettre en &#339;uvre les mesures techniques de blocage du site litigieux que pour son propre r&#233;seau, ne pas assigner un FAI revient &#224; ne pas bloquer l'acc&#232;s pour ses abonn&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-11&quot; name=&quot;nb1-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] E. DERIEUX, Communication au public en ligne, Jurisclasseur Communication du 28 septembre 2006, Fasc. 1300, &#167;22&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-12&quot; name=&quot;nb1-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-13&quot; name=&quot;nb1-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] T. Com. Paris, 30 juin 2008 ; 3 esp&#232;ces, LVMH c. eBay et Dior c. eBay.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-14&quot; name=&quot;nb1-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] TGI Paris (r&#233;f.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox.net (Affaire Fuzz.fr) ; TGI Nanterre (r&#233;f.), 28 f&#233;vrier 2008, Olivier Dahan c. Eric Dupin (Affaire Lespipoles.net) ; V. Guillaume Florimond, Qualification juridique de l'acte de publication d'un flux de liens sur Internet., IntLex.org (2008).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-15&quot; name=&quot;nb1-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] TGI Nanterre (r&#233;f.), 7 mars 2008, Olivier Dahan c. Planete Soft (Affaire Lespipoles.net).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-16&quot; name=&quot;nb1-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] TGI Lyon, 28 mai 2002, P&#232;re-Noel.fr ; TGI Toulouse (r&#233;f.), 5 juin 2002, Domexpo.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-17&quot; name=&quot;nb1-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] TGI Lyon, 21 juin 2005, Groupe Mace c. Gilbert D.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-18&quot; name=&quot;nb1-18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;] T. Com. Paris, 20 f&#233;vrier 2008, Flach Film et al. c. Google&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-19&quot; name=&quot;nb1-19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;] TGI Paris (r&#233;f.), 15 avril 2008, Lafesse c. Dailymotion ; TGI Paris (r&#233;f.), 15 avril 2008, Omar et Fred c. Dailymotion ; contra et &#224; bon droit, TGI Paris, 13 juillet 2007, Nord Ouest Production et al. c. Dailymotion et al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Qualification juridique de l'acte de publication d'un flux de liens sur Internet.</title>
		<link>http://www.intlex.org/Qualification-juridique-de-l-acte.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/Qualification-juridique-de-l-acte.html</guid>
		<dc:date>2008-04-03T07:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Informatique-.html">Droit de l'Informatique</category>

		<dc:subject>DADVSI/LCEN</dc:subject>

		<description>Deux d&#233;cisions de justice r&#233;centes ont mis en relief toute l'importance et le caract&#232;re probl&#233;matique de la qualification de l'acte de publication d'un flux RSS ou &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ou d'un agr&#233;gat de flux RSS. Est-ce un acte d'h&#233;bergement ou d'&#233;dition ? S'il s'agit d'un acte d'h&#233;bergement, l'article 6 &#167; 1 de la Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (LCEN) exon&#232;re l'auteur de la publication de (&amp;hellip;)

-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Informatique-.html" rel="directory"&gt;Droit de l'Informatique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-DADVSI-+.html" rel="tag"&gt;DADVSI/LCEN&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Deux d&#233;cisions de justice r&#233;centes ont mis en relief toute l'importance et le caract&#232;re probl&#233;matique de la qualification de l'acte de publication d'un flux RSS ou &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ou d'un agr&#233;gat de flux RSS. Est-ce un acte d'h&#233;bergement ou d'&#233;dition ? S'il s'agit d'un acte d'h&#233;bergement, l'article 6 &#167; 1 de la Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (LCEN) [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-1&quot; name=&quot;nh2-1&quot; id=&quot;nh2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Loi n&#186; 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l&amp;#39;&#233;conomie (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] exon&#232;re l'auteur de la publication de responsabilit&#233;, &#224; moins qu'il ait eu connaissance du caract&#232;re manifestement illicite de l'information diffus&#233;e. En revanche, s'il s'agit d'une activit&#233; d'&#233;dition, l'auteur de la publication est pleinement responsable m&#234;me s'il n'avait pas connaissance de l'illic&#233;it&#233; de l'information relay&#233;e par le flux.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I. Nature technique et fonctionnement des flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement &#224; ce qui se dit parfois, les flux RSS (Really Simple Syndication) et les flux &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ne sont pas, en principe, des flux d'informations au sens strict. Ce sont des flux de r&#233;f&#233;rences ou de liens hypertexte vers des informations. Sur une page Web, ils se mat&#233;rialisent par une s&#233;rie de titres d'articles provenant de sites tiers, accompagn&#233;s de liens hypertexte vers ces sites. Les titres sont &#171; &#8239;empil&#233;s&#8239; &#187; du plus r&#233;cent au plus ancien. Si l'on parle de &#171; &#8239;flux&#8239; &#187;, c'est parce que la liste des titres est mise &#224; jour en temps r&#233;el : un nouveau titre viendra se placer en haut de la liste, faisant descendre tous les autres titres.
Lorsqu'il se trouvent dans un flux RSS, ces titres proviennent des diff&#233;rents sites qui les diffusent gr&#226;ce &#224; des fichiers plac&#233;s sur leurs serveurs et fr&#233;quemment mis &#224; jour. Pour afficher un flux RSS sur une page Web, il suffit de r&#233;cup&#233;rer &#224; intervalle r&#233;gulier le fichier contenant les titres &#224; partir de n'importe quel site qui propose cette fonction [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-2&quot; name=&quot;nh2-2&quot; id=&quot;nh2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Sur le site du Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/recents)' &gt;2&lt;/a&gt;]. On dira alors qu'on est &#171; &#8239;abonn&#233;&#8239; &#187; au flux RSS de ce site. A partir de ce moment, comme pour tout abonnement, le contenu du flux sera envoy&#233; automatiquement, sans d&#233;marche active de son destinataire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La technologie RSS permet &#233;galement de r&#233;aliser une agr&#233;gation des flux. Il est possible de regrouper des titres provenant de plusieurs flux et de cr&#233;er ainsi un nouveau flux. Cependant, il est en principe impossible de choisir au sein d'un m&#234;me flux quels titres seront repris et quels autres titres seront rejet&#233;s. Un tel tri n&#233;cessiterait la mise en place d'une solution de filtrage bas&#233;e sur des mots-cl&#233;s qui n'est pas pr&#233;vue originairement par la technologie RSS. En d'autres termes, lorsqu'on s'abonne &#224; un flux, on accepte en bloc son contenu pr&#233;sent et &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sites &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; sont bas&#233;s sur un syst&#232;me invent&#233; par le site am&#233;ricain Digg. Ce sont des sites &#171; &#8239;communautaires&#8239; &#187; : c'est la communaut&#233; des internautes qui d&#233;finit le contenu du site en lui ajoutant des liens vers des articles publi&#233;s sur d'autres sites, puis en notant et en commentant ces articles. Le syst&#232;me &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; est structurellement diff&#233;rent de l'agr&#233;gation de flux RSS sur deux points importants. En effet, d'une part, les informations v&#233;hicul&#233;es dans un flux RSS sont directement affich&#233;es sur les sites qui sont abonn&#233;s au flux, sans qu'il soit possible de les contr&#244;ler a priori, alors que les sites &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; supposent un ajout manuel des articles par les internautes, ce qui permet de placer chaque nouvel article dans une &#171; &#8239;file d'attente&#8239; &#187; et d'en contr&#244;ler le contenu avant d'en autoriser la diffusion. D'autre part, la suppression d'un article sur un site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; n'affecte pas les autres articles, alors qu'il est en principe impossible pour l'abonn&#233; d'un flux RSS de supprimer un article sans retirer le flux entier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les flux RSS et les flux &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; v&#233;hiculent d'autres informations que les titres des articles : parfois un court r&#233;sum&#233; du contenu de l'article, toujours la r&#233;f&#233;rence vers cet article sous forme d'adresse Web (URL). Cependant, dans des cas qui restent exceptionnels, le contenu de l'article est diffus&#233; dans le flux.
Pour r&#233;sumer, les points suivants sont particuli&#232;rement importants dans le cadre de l'analyse de la nature juridique des flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en principe, les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ne v&#233;hiculent pas une information mais une r&#233;f&#233;rence (un lien) permettant d'acc&#233;der &#224; l'information ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; sont mis &#224; jour en temps r&#233;el ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la technologie RSS ne pr&#233;voie pas de filtrage des r&#233;f&#233;rences envoy&#233;es par un flux, mais il est possible de contr&#244;ler a priori le contenu des articles soumis aux sites &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ;
il est possible d'agr&#233;ger des flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; existants pour cr&#233;er un nouveau flux qui regroupe toutes les r&#233;f&#233;rences diffus&#233;es par les flux agr&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II. &#201;diteur et h&#233;bergeur : des qualifications diff&#233;rentes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. H&#233;bergeurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;finition de l'activit&#233; d'h&#233;bergement de contenu &#233;lectronique se trouve &#224; l'article 6 de la LCEN. Il s'agit de l'activit&#233; exerc&#233;e par&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8239;Les personnes physiques ou morales qui assurent, m&#234;me &#224; titre gratuit, pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services (&amp;hellip;)&#8239; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux &#233;l&#233;ments sont particuli&#232;rement importants en ce qui concerne les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) L'activit&#233; d'h&#233;bergement est une activit&#233; de stockage et non de traitement ou d'exploitation des donn&#233;es. Autrement dit, l'h&#233;bergeur se borne &#224; offrir un support pour la conservation des donn&#233;es ; il ne les manipule pas lui-m&#234;me et il ne les diffuse pas pour son compte. Or, l'agr&#233;gation de diff&#233;rents flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; dans le but de constituer un flux unique reprenant l'ensemble des titres des flux agr&#233;g&#233;s pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un traitement des donn&#233;es. Si, par ailleurs, les flux sont diffus&#233;s sur le Web par le site qui les agr&#232;ge et pour son propre compte (notamment pour attirer plus de visiteurs et augmenter ses revenus gr&#226;ce &#224; de la publicit&#233;), il y a bien une exploitation des donn&#233;es. Toujours est-il qu'il n'y a pas de stockage de l'information stricto sensu. En effet, comme il a &#233;t&#233; expliqu&#233; plus haut, les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ne v&#233;hiculent pas l'information elle-m&#234;me, sauf exception, mais une r&#233;f&#233;rence vers cette information sous la forme d'un titre, d'un court descriptif et d'une adresse URL.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Un h&#233;bergeur stocke les donn&#233;es fournies par le destinataire de l'h&#233;bergement. Cette disposition vise clairement les prestataires techniques qui mettent &#224; disposition un espace de stockage en ligne pour que leurs clients h&#233;bergent les fichiers de leurs sites. L'hypoth&#232;se est claire : le client construit son site depuis son ordinateur, puis met les fichiers en ligne sur les serveurs de l'h&#233;bergeur qui se charge de les diffuser sur le r&#233;seau. Les fichiers, et les informations qu'ils contiennent, sont fournis par le client ; l'h&#233;bergeur n'intervient pas dans leur &#233;laboration, il n'en contr&#244;le pas le contenu. Ce sch&#233;ma n'est pas applicable aux flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; : lorsqu'un site agr&#232;ge des flux provenant d'autres sites, il le fait pour lui-m&#234;me et non pas pour ces autres sites. En effet, pour que des flux provenant de sites tiers puissent &#234;tre agr&#233;g&#233;s, il faut qu'ils soient d&#233;j&#224; diffus&#233;s par ces sites. Le fichier qui contient les donn&#233;es du flux RSS ne quitte pas le serveur du site d'origine ; il est simplement lu, et non stock&#233;, par le site qui l'agr&#232;ge. De m&#234;me, le fichier qui contient l'article repris par un site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; reste sur le serveur d'origine et ce n'est qu'une r&#233;f&#233;rence vers ce fichier qui est publi&#233;e par le site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187;. La source originelle de l'information ne change donc pas et aucune nouvelle source n'est cr&#233;&#233;e : l'agr&#233;gation du flux RSS ou de l'article dans un flux &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ou leur diffusion par un autre site ne fait que prolonger la source d'origine, qui se suffit en principe &#224; elle-m&#234;me [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-3&quot; name=&quot;nh2-3&quot; id=&quot;nh2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] On doit ici exclure l&amp;#39;hypoth&#232;se de l&amp;#39;h&#233;bergement d&amp;#39;un (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]. La preuve en est que la mise hors ligne d'un site agr&#233;geant des flux RSS ou des articles ne suffit pas &#224; faire cesser la diffusion de ces flux ou de ces articles sur le r&#233;seau ; il faudrait pour cela supprimer le contenu incrimin&#233; des serveurs qui sont &#224; l'origine de sa premi&#232;re diffusion, qui en sont la source.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. &#201;diteurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'activit&#233; d'&#233;dition s'oppose ici &#224; celle d'h&#233;bergement. Elle constitue une cat&#233;gorie r&#233;siduelle qui se d&#233;finit a contrario en l'absence de d&#233;finition l&#233;gale : est un &#233;diteur &#171; &#8239;toute personne physique ou morale qui, &#224; titre professionnel ou non, &#233;dite et met en ligne de l'information, au sens le plus large du terme, &#224; destination des internautes, en la publiant sur son site internet&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-4&quot; name=&quot;nh2-4&quot; id=&quot;nh2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] C. F&#201;RAL-SCHUHL, Cyberdroit. Le droit &#224; l&amp;#39;&#233;preuve de (...)' &gt;4&lt;/a&gt;] et sans pouvoir &#234;tre qualifi&#233;e d'h&#233;bergeur au sens de la LCEN.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est ainsi consid&#233;r&#233; comme &#233;diteur une personne qui choisit de diffuser une information. Un &#233;diteur a un comportement actif : il prend d'abord la d&#233;cision de diffuser l'information, puis il met en oeuvre les moyens n&#233;cessaires &#224; sa diffusion. Il importe peu qu'il soit ou non l'auteur de cette information.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;diteurs sur Internet sont en principe soumis aux m&#234;mes obligations l&#233;gales que les &#233;diteurs de la presse papier ou audiovisuelle, notamment celles r&#233;sultant de la loi de 1881 sur la libert&#233; de presse [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-5&quot; name=&quot;nh2-5&quot; id=&quot;nh2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Loi n&#176;1881-07-29 sur la libert&#233; de presse du 29 juillet 1881 (...)' &gt;5&lt;/a&gt;], exception faite de l'obligation de d&#233;claration pr&#233;alable aupr&#232;s du CSA [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-6&quot; name=&quot;nh2-6&quot; id=&quot;nh2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Cette obligation r&#233;sultant de la loi du 29 juillet 1982 a &#233;t&#233; supprim&#233;e (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]. La LCEN impose cependant &#224; tout &#233;diteur sur Internet l'obligation suppl&#233;mentaire de se rendre identifiable (pour les professionnels) ou de rendre identifiable son h&#233;bergeur (pour les particuliers).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;III. &#201;diteur et h&#233;bergeur : des responsabilit&#233;s diff&#233;rentes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'importance de la distinction entre h&#233;bergeur et &#233;diteur r&#233;side dans la d&#233;termination du r&#233;gime de responsabilit&#233; applicable. Les h&#233;bergeurs disposent d'un r&#233;gime sp&#233;cifique qui les exon&#232;re de responsabilit&#233; dans la plupart des cas, alors que les &#233;diteurs restent pleinement responsables des dommages caus&#233;s par les informations qu'ils participent &#224; diffuser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. H&#233;bergeurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'activit&#233; des h&#233;bergeurs est n&#233;cessaire &#224; la diffusion d'une information sur le r&#233;seau. Pourtant, les h&#233;bergeurs ne sont pas &#224; l'origine de l'information diffus&#233;e. Il sont de simples interm&#233;diaires techniques.
Partant de ce postulat, trois conceptions de la responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs peuvent &#234;tre d&#233;fendues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) La premi&#232;re conception est celle de l'irresponsabilit&#233; totale : l'activit&#233; des h&#233;bergeurs est purement technique, elle ne concerne que le contenant &#224; l'exclusion du contenu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) La seconde conception est celle de la responsabilit&#233; syst&#233;matique et totale : puisque l'activit&#233; des h&#233;bergeurs est n&#233;cessaire &#224; la diffusion de l'information, elle est &#233;galement n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation du pr&#233;judice subi du fait de la diffusion de cette information. Il est donc naturel que la responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs soit engag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) La troisi&#232;me conception, qui est actuellement celle du droit fran&#231;ais, se situe &#224; mi-chemin entre les deux premi&#232;res. Elle reprend, peu ou prou, le &#171; &#8239;tryptique pouvoir - savoir - inertie&#8239; &#187; propos&#233; par un auteur : &#171; &#8239;n'est indubitablement fautif que celui qui est &#224; m&#234;me techniquement d'intervenir, qui sait qu'il y a mati&#232;re &#224; intervention et, pour finir, ne fait rien&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-7&quot; name=&quot;nh2-7&quot; id=&quot;nh2-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] M. VIVANT, La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires de l&amp;#39;Internet, (...)' &gt;7&lt;/a&gt;].
La loi du 1er ao&#251;t 2000 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-8&quot; name=&quot;nh2-8&quot; id=&quot;nh2-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Loi n&#176;2000-719 du 1er ao&#251;t 2000 modifiant la loi n&#176;86-1067 du 30 (...)' &gt;8&lt;/a&gt;] pr&#233;voyait &#224; l'origine que les h&#233;bergeurs n'&#233;taient responsables que dans les cas o&#249;, saisis par un juge ou par un tiers, ils n'avaient pas agi pour mettre hors ligne ou filtrer le contenu litigieux. Le texte fut cependant vid&#233; de sa substance par une censure du Conseil Constitutionnnel [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-9&quot; name=&quot;nh2-9&quot; id=&quot;nh2-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Conseil Constitutionnel, 27 juillet 2000, D&#233;cision n&#176;2000-433 : Loi (...)' &gt;9&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit positif actuel r&#233;sulte d'article 6 de la LCEN :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8239;&amp;hellip; les personnes physiques ou morales qui assurent, m&#234;me &#224; titre gratuit, pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilit&#233; civile engag&#233;e du fait des activit&#233;s ou des informations stock&#233;es &#224; la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de leur caract&#232;re illicite ou de faits et circonstances faisant appara&#238;tre ce caract&#232;re ou si, d&#232;s le moment o&#249; elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces donn&#233;es ou en rendre l'acc&#232;s impossible&amp;hellip;&#8239; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Conseil Constitutionnel a pr&#233;cis&#233; que &#171; &#8239;ces dispositions ne sauraient avoir pour effet d'engager la responsabilit&#233; d'un h&#233;bergeur qui n'a pas retir&#233; une information d&#233;nonc&#233;e comme illicite par un tiers si celle-ci ne pr&#233;sente pas manifestement un tel caract&#232;re ou si son retrait n'a pas &#233;t&#233; ordonn&#233; par un juge&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-10&quot; name=&quot;nh2-10&quot; id=&quot;nh2-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Conseil Constitutionnel, 10 juin 2004, D&#233;cision n&#176;2004-496 : Loi pour (...)' &gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en r&#233;sulte donc, au final, qu'un h&#233;bergeur n'engage sa responsabilit&#233; que s'il n'a pas agi promptement pour mettre hors ligne un contenu dont il ne pouvait ignorer l'illic&#233;it&#233; ou dont le retrait avait &#233;t&#233; ordonn&#233; par une d&#233;cision de justice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. &#201;diteurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;gime traditionnel de responsabilit&#233; des &#233;diteurs est le r&#233;gime dit &#171; &#8239;en cascade&#8239; &#187; du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la libert&#233; de presse. Le directeur de la publication est le premier responsable. A d&#233;faut, l'auteur sera responsable et, &#224; d&#233;faut de l'auteur, le producteur sera poursuivi comme auteur principal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce r&#233;gime transpos&#233; &#224; Internet conduit &#224; engager la responsabilit&#233; des diff&#233;rents op&#233;rateurs techniques intervenant dans la cha&#238;ne de diffusion de l'information.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit commun se substitue &#224; ce r&#233;gime sp&#233;cial lorsqu'il devient impossible pour les diff&#233;rents interm&#233;diaires de contr&#244;ler l'information diffus&#233;e. Or, c'est le cas sur Internet et plus particuli&#232;rement pour les flux RSS qui agr&#232;gent des informations provenant de sources diff&#233;rentes et mises &#224; jour en permanence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Conseil d'&#201;tat a propos&#233; dans son rapport sur Internet et les r&#233;seaux num&#233;riques [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-11&quot; name=&quot;nh2-11&quot; id=&quot;nh2-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] CONSEIL D&amp;#39;ETAT, Internet et les r&#233;seaux num&#233;riques, La (...)' &gt;11&lt;/a&gt;] de maintenir le r&#233;gime traditionnel de responsabilit&#233; lorsque l'op&#233;rateur exerce une fonction &#233;ditoriale, par exemple lorsqu'il con&#231;oit son propre site Web, &#171; &#8239;mais de retenir un r&#233;gime de responsabilit&#233; de droit commun pour toutes les autres fonctions exerc&#233;es sur le r&#233;seau et notamment les fonctions d'interm&#233;diation technique&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute la question est donc de savoir si l'agr&#233;gation et la diffusion de flux RSS est une simple activit&#233; &#171; &#8239;d'interm&#233;diation technique&#8239; &#187; ou s'il s'agit au contraire d'une activit&#233; &#233;ditoriale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;IV. La publication d'un flux RSS est une activit&#233; d'&#233;dition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux d&#233;cisions r&#233;centes, rendues en r&#233;f&#233;r&#233; respectivement par le TGI de Nanterre dans l'affaire &#171; &#8239;O. Dahan c. Lespipoles.com&#8239; &#187; et par le TGI de Paris dans l'affaire &#171; &#8239;O. Martinez c. Fuzz.fr&#8239; &#187;, qualifient la publication d'un flux RSS et d'un site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; comme une activit&#233; d'&#233;dition. Une troisi&#232;me d&#233;cision, rendue dans l'affaire &#171; &#8239;O. Dahan c. Wikio.fr&#8239; &#187; met en relief le fait que l'activit&#233; d'h&#233;bergement est purement technique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. Affaire &#171; &#8239;Lespipoles.com&#8239; &#187; et &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux d&#233;cisions ont &#233;t&#233; rendues dans cette premi&#232;re affaire. Un article concernant une pr&#233;tendue liaison entre l'actrice am&#233;ricaine Sharon Stone et Olivier Dahan, r&#233;alisateur du film &#171; &#8239;La M&#244;me&#8239; &#187;, avait &#233;t&#233; publi&#233; sur le site &#171; &#8239;gala.fr&#8239; &#187; et diffus&#233; par ce site dans un flux RSS. A son tour, le flux RSS &#233;tait repris sur deux sites : le site &#171; &#8239;lespipoles.com&#8239; &#187; et le site &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187;. M. Dahan se dirigea donc dans un premier temps contre l'&#233;diteur du site &#171; &#8239;lespipoles.com&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-12&quot; name=&quot;nh2-12&quot; id=&quot;nh2-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] TGI Nanterre (ref.), 28 f&#233;vrier 2008, Olivier Dahan c. Eric D. ; (...)' &gt;12&lt;/a&gt;] et, dans un second temps, contre la soci&#233;t&#233; titulaire du nom de domaine &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-13&quot; name=&quot;nh2-13&quot; id=&quot;nh2-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] TGI Nanterre (ref.), 7 mars 2008, Olivier Dahan c. Planete Soft ; (...)' &gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la premi&#232;re ordonnance, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s rejette l'argument du d&#233;fendeur selon lequel &#171; &#8239;il n'aurait que la qualit&#233; d'h&#233;bergeur (&amp;hellip;) en ce que les contenus sont affich&#233;s syst&#233;matiquement, automatiquement, et r&#233;guli&#232;rement mis &#224; jour, sans la moindre d&#233;cision de sa part et donc sans le moindre contr&#244;le &#8220;&#233;ditorial&#8221; sur le contenu des informations&#8239; &#187;. Il estime en effet que &#171; &#8239;ledit site agence diff&#233;rents flux dans des cadres pr&#233;&#233;tablis (&#8220;derni&#232;res news&#8221; ou &#8220;derni&#232;res vid&#233;os&#8221;) et qu'il a trait &#224; un th&#232;me pr&#233;cis : l'actualit&#233; des c&#233;l&#233;brit&#233;s&#8239; &#187; ; en outre, le site poss&#232;de &#171; &#8239;un moteur de recherche propre au th&#232;me ainsi trait&#233;&#8239; &#187;, ce qui d&#233;montre son contr&#244;le sur le contenu diffus&#233;. Il en r&#233;sulte que &#171; &#8239;la d&#233;cision d'agencer ainsi les diff&#233;rentes sources, permet &#224; l'internaute d'avoir un panorama g&#233;n&#233;ral, gr&#226;ce aux diff&#233;rents flux ainsi choisis, sur un th&#232;me pr&#233;cis, et constitue bien un choix &#233;ditorial de la partie d&#233;fenderesse&#8239; &#187;. Le d&#233;fendeur a donc &#171; &#8239;la qualit&#233; d'&#233;diteur et doit assumer les responsabilit&#233;s, &#224; raison des informations qui figurent sur son propre site&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la deuxi&#232;me ordonnance, le juge rel&#232;ve que la soci&#233;t&#233; d&#233;fenderesse, Planete Soft, est seulement titulaire du nom de domaine &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187;, &#171; &#8239;qu'elle n'a ni la qualit&#233; d'h&#233;bergeur, ni d'&#233;diteur, ni de &#8220;webmaster&#8221; ayant la ma&#238;trise du site litigieux&#8239; &#187;. Il existe donc une contestation s&#233;rieuse au sens de l'article 808 NCPC sur la qualit&#233; &#224; agir en d&#233;fense de la soci&#233;t&#233; Planete Soft et le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s se d&#233;clare incomp&#233;tent pour conna&#238;tre du litige.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux d&#233;cisions lues en parall&#232;le permettent de relever l'importance du crit&#232;re du choix &#233;ditorial. Un op&#233;rateur est consid&#233;r&#233; comme un &#233;diteur lorsqu'il op&#232;re un choix &#233;ditorial, c'est-&#224;-dire lorsqu'il am&#233;nage l'information diffus&#233;e sur son site. Il s'agit d'une d&#233;marche active destin&#233;e &#224; apporter une valeur ajout&#233;e soit au site, par le regroupement et le classement des informations diffus&#233;es, soit aux informations elles-m&#234;mes qui sont mises en relation avec des contenus connexes. A l'inverse, l'op&#233;rateur qui se borne &#224; fournir un service (comme un nom de domaine), sans intervenir dans le processus d'&#233;laboration du contenu du site, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'&#233;diteur de ce site.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. Affaire &#171; &#8239;Fuzz.fr&#8239; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les faits sont ici semblables &#224; ceux expos&#233;s ci-avant : le site &#171; &#8239;fuzz.fr&#8239; &#187; affichait un lien vers un article, h&#233;berg&#233; sur un autre site, et ayant pour th&#232;me une pr&#233;tendue liaison entre l'actrice Kylie Minogue et Olivier Martinez. En revanche, il ne s'agissait pas ici d'une agr&#233;gation de flux RSS, mais d'une s&#233;lection &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; de certains articles, parus sur divers sites, par les internautes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En l'esp&#232;ce, la soci&#233;t&#233; d&#233;fenderesse soutenait qu'elle n'&#233;tait qu'un simple prestataire technique, ne faisant qu'h&#233;berger un lien hypertexte vers l'article original. Le juge n'a pas accueilli cet argument [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-14&quot; name=&quot;nh2-14&quot; id=&quot;nh2-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] TGI Paris (ref.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox Net, Eric (...)' &gt;14&lt;/a&gt;]. Il a au contraire estim&#233; qu'en renvoyant vers le site &#224; l'origine de l'article litigieux, en &#171; &#8239;agen&#231;ant diff&#233;rentes rubriques telles que celle intitul&#233;e &#8220;People&#8221;&#8239; &#187; et, surtout, en pr&#233;sentant le titre de l'article en gros caract&#232;res, la d&#233;fenderesse avait d&#233;cid&#233; seule &#171; &#8239;des modalit&#233;s d'organisation et de pr&#233;sentation&#8239; &#187; de son site et, partant, op&#233;r&#233; un choix &#233;ditorial. Il en d&#233;coule que l'acte de publication doit &#234;tre compris &#171; &#8239;non pas comme un simple acte mat&#233;riel, mais comme la volont&#233; de mettre le public en contact avec des messages de son choix&#8239; &#187; et que la soci&#233;t&#233; &#171; &#8239;doit &#234;tre d&#232;s lors consid&#233;r&#233;e comme un &#233;diteur&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;V. Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'affaire &#171; &#8239;Fuzz.fr&#8239; &#187; a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une tr&#232;s large couverture m&#233;diatique : des m&#233;dias traditionnels [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-15&quot; name=&quot;nh2-15&quot; id=&quot;nh2-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Le Figaro, Une d&#233;cision de justice fait trembler le web 2.0 (avec AFP) (...)' &gt;15&lt;/a&gt;] &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision, en passant bien entendu par la &#171; &#8239;blogosph&#232;re&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-16&quot; name=&quot;nh2-16&quot; id=&quot;nh2-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] A. ASTAIX, Le hussard de la toile, &#224; l&amp;#39;assaut du web (...)' &gt;16&lt;/a&gt;]. L'ordonnance rendue par le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s a suscit&#233; de vives critiques. Elle est pourtant fond&#233;e en droit. En effet, il est clair que la d&#233;finition de la qualit&#233; d'h&#233;bergeur contenue dans la LCEN ne vise que les interm&#233;diaires techniques, &#224; l'exclusion des op&#233;rateurs qui exploitent directement et pour leur compte l'information diffus&#233;e, qu'ils en tirent ou non un b&#233;n&#233;fice. Dans ce contexte, la s&#233;lection, le classement et la mise en valeur de l'information suffisent &#224; caract&#233;riser un &#171; &#8239;choix &#233;ditorial&#8239; &#187; qui, &#224; son tour, est caract&#233;ristique d'une exploitation du contenu diffus&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous semble que le d&#233;bat aurait pu &#234;tre d&#233;plac&#233; sur un autre point, bien plus probl&#233;matique : le fait que les sites incrimin&#233;s ne diffusent pas le contenu litigieux mais une simple r&#233;f&#233;rence vers ce contenu (sous r&#233;serve qu'il ne reprennent pas une partie substantielle de l'article r&#233;f&#233;renc&#233;). Si la diffusion d'un lien vers une page Web s'assimile &#224; la diffusion du contenu de cette page, c'est toute l'architecture du r&#233;seau qui est &#224; revoir ! Qu'en serait-il, en effet, de la responsabilit&#233; des moteurs de recherche ? Et qu'en serait-il de la responsabilit&#233; d'un site affichant un lien vers un deuxi&#232;me site qui afficherait &#224; son tour un lien vers un troisi&#232;me site au contenu illicite ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le d&#233;bat ne s'est pas d&#233;plac&#233; sur ce terrain, c'est que ce n'&#233;tait pas n&#233;cessaire car, pr&#233;cis&#233;ment, les liens affich&#233;s sur les sites incrimin&#233;s n'&#233;taient pas de &#171; &#8239;simples liens&#8239; &#187;. Ils &#233;taient mis en valeur de mani&#232;re &#224; relayer l'essentiel du contenu de l'information (titre suggestif et court r&#233;sum&#233;), et non simplement &#224; signaler son existence. Le fait qu'il s'agisse, dans les deux cas, d'informations &#171; &#8239;people&#8239; &#187; n'est d'ailleurs certainement pas indiff&#233;rent &#224; la condamnation. Il est en effet bien connu que les informations de ce type sont particuli&#232;rement sensibles, et qu'il arrive souvent qu'elles franchissent la limite de l'illic&#233;it&#233;. Dans ce contexte, les &#233;diteurs des sites incrimin&#233;s ont commis une n&#233;gligence plut&#244;t qu'un acte illicite actif en diffusant des informations non v&#233;rifi&#233;es et susceptibles d'&#234;tre illicites, alors qu'ils avaient les moyens, quoi qu'ils en disent, d'en contr&#244;ler le contenu. Il ont en tout cas pris un risque qui justifie que leur responsabilit&#233; soit recherch&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-1&quot; name=&quot;nb2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Loi n&#186; 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique (LCEN) (JO 2004 du 22 juin 2004 : &lt;http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PCEBX.htm&gt;)&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-2&quot; name=&quot;nb2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Sur le site du Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/recents), on peut lire : &#171; Webmestres : ajoutez directement, sur votre propre site, ce petit fil d'informations, fait de liens hypertextes vers les articles r&#233;cemment publi&#233;s sur le site Internet du &#8220;&#8239;Monde diplomatique&#8239;&#8221;&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-3&quot; name=&quot;nb2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] On doit ici exclure l'hypoth&#232;se de l'h&#233;bergement d'un site miroir. Les miroirs sont des copies &#224; l'identique d'un site mais h&#233;berg&#233;es par des serveurs diff&#233;rents. Ces copies visent &#224; r&#233;duire la charge du serveur principal et la bande passante utilis&#233;e en r&#233;partissant le contenu sur des serveurs diff&#233;rents situ&#233;s en d'autres lieux. L'utilisation de serveurs miroirs permet &#233;galement de d&#233;congestionner le r&#233;seau et d'acc&#233;l&#233;rer les temps de transfert : chaque internaute obtiendra l'information du serveur le plus proche de lui. Dans le cas de l'utilisation d'un serveur miroir, il s'agit v&#233;ritablement d'un second h&#233;bergement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-4&quot; name=&quot;nb2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] C. F&#201;RAL-SCHUHL, Cyberdroit. Le droit &#224; l'&#233;preuve de l'Internet, ed. Dalloz Praxis (4&#232;me ed., Paris 2006), num. 121.11, p. 549.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-5&quot; name=&quot;nb2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Loi n&#176;1881-07-29 sur la libert&#233; de presse du 29 juillet 1881 (Legifrance : &lt;www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PCEAA.htm&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-6&quot; name=&quot;nb2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Cette obligation r&#233;sultant de la loi du 29 juillet 1982 a &#233;t&#233; supprim&#233;e pour les publication sur Internet par la loi n&#176;2000-719 du 1er ao&#251;t 2000 (sp&#233;c. art. 2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-7&quot; name=&quot;nb2-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] M. VIVANT, La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires de l'Internet, JCP G n&#176;45 du 10 novembre 1999, I 180&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-8&quot; name=&quot;nb2-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Loi n&#176;2000-719 du 1er ao&#251;t 2000 modifiant la loi n&#176;86-1067 du 30 septembre 1986 relative &#224; la libert&#233; de communication (JO 177/2000 du 2 ao&#251;t 2000, p. 11903 : &lt;http://www.juriscom.net/txt/loisfr/l20000801.htm&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-9&quot; name=&quot;nb2-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Conseil Constitutionnel, 27 juillet 2000, D&#233;cision n&#176;2000-433 : Loi modifiant la loi n&#176; 86-1067 du 30 septembre 1986 relative &#224; la libert&#233; de communication [non-conformit&#233; partielle] ; JO 2000.p. 11922&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-10&quot; name=&quot;nb2-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Conseil Constitutionnel, 10 juin 2004, D&#233;cision n&#176;2004-496 : Loi pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique (LCEN) [non-conformit&#233; partielle] ; D. 2004.1739, note B. Mathieu&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-11&quot; name=&quot;nb2-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] CONSEIL D'ETAT, Internet et les r&#233;seaux num&#233;riques, La Documentation fran&#231;aise (1998)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-12&quot; name=&quot;nb2-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] TGI Nanterre (ref.), 28 f&#233;vrier 2008, Olivier Dahan c. Eric D. ; Legalis 2008 : &lt;http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2225&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-13&quot; name=&quot;nb2-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] TGI Nanterre (ref.), 7 mars 2008, Olivier Dahan c. Planete Soft ; Legalis 2008 : &lt;http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2232&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-14&quot; name=&quot;nb2-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] TGI Paris (ref.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox Net, Eric Dupin (affaire Fuzz) ; Legalis 2008 : &lt;http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2256&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-15&quot; name=&quot;nb2-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Le Figaro, Une d&#233;cision de justice fait trembler le web 2.0 (avec AFP) (S. LAURENT) ; Le Monde, Les sites h&#233;gergeant des informations &#233;manant de tiers sont responsables de leur publication (L. GIRARD)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2-16&quot; name=&quot;nb2-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] A. ASTAIX, Le hussard de la toile, &#224; l'assaut du web communautaire, Blog Dalloz 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Cyber-d&#233;lits : la comp&#233;tence des juridictions fran&#231;aises fond&#233;e sur l'accessibilit&#233; du site litigieux</title>
		<link>http://www.intlex.org/Cyber-delits-la-competence-des.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/Cyber-delits-la-competence-des.html</guid>
		<dc:date>2007-04-25T16:51:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html">Droit international priv&#233;</category>

		<dc:subject>Cyber-d&#233;lits</dc:subject>

		<description>Par un arr&#234;t du 20 mars 2007, la chambre commerciale de la Cour de cassation vient de confirmer que la simple accessibilit&#233; d'un site internet en France peut fonder la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re d&#233;lictuelle. &lt;br /&gt;Deux th&#233;ories s'opposent sur la question de la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re de cyber-d&#233;lits. L'hypoth&#232;se de d&#233;part est la suivante : un site web, bas&#233; &#224; l'&#233;tranger, diffuse un contenu qui (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html" rel="directory"&gt;Droit international priv&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-Cyber-delits-+.html" rel="tag"&gt;Cyber-d&#233;lits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Par un arr&#234;t du 20 mars 2007, la chambre commerciale de la Cour de cassation vient de confirmer que la simple accessibilit&#233; d'un site internet en France peut fonder la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re d&#233;lictuelle.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux th&#233;ories s'opposent sur la question de la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re de cyber-d&#233;lits. L'hypoth&#232;se de d&#233;part est la suivante : un site web, bas&#233; &#224; l'&#233;tranger, diffuse un contenu qui porte pr&#233;judice &#224; une personne en France. La question est celle de savoir quel tribunal peut saisir cette personne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon la premi&#232;re th&#233;orie, la th&#233;orie de l'accessibilit&#233; ici retenue par la Cour de cassation, les tribunaux fran&#231;ais peuvent retenir leur comp&#233;tence d&#232;s lors que le site litigieux est accessible en France. Selon la seconde th&#233;orie, appel&#233;e &#171; &#8239;th&#233;orie de la focalisation&#8239; &#187;, les juridictions fran&#231;aises ne devraient se reconna&#238;tre comp&#233;tentes qu'&#224; la condition que le site soit dirig&#233; vers le public fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;sentation du probl&#232;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re d&#233;lictuelle est, en principe [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-1&quot; name=&quot;nh3-1&quot; id=&quot;nh3-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Nous n&amp;#39;aborderons pas les privil&#232;ges de juridiction des articles (...)' &gt;1&lt;/a&gt;], d&#233;termin&#233;e par les articles 2 et 5 &#167; 3 du r&#232;glement CE 44/2001 du 22 d&#233;cembre 2000 dit &#171; &#8239; r&#232;glement Bruxelles I&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-2&quot; name=&quot;nh3-2&quot; id=&quot;nh3-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] De m&#234;me, les articles 2 et 5 &#167; 3 de la Convention de Bruxelles de 1968 (...)' &gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, le demandeur disposera d'une option : il pourra saisir soit le tribunal du domicile du d&#233;fendeur (art. 2),&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article 2 (r&#232;glement 44/2001)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Sous r&#233;serve des dispositions du pr&#233;sent r&#232;glement, les personnes domicili&#233;es sur le territoire d'un &#201;tat membre sont attraites, quelle que soit leur nationalit&#233;, devant les juridictions de cet &#201;tat membre. (&amp;hellip;)&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;soit le tribunal du lieu o&#249; le fait dommageable s'est produit ou risque de se produire (art. 5 &#167; 3).&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article 5 (r&#232;glement 44/2001)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une personne domicili&#233;e sur le territoire d'un &#201;tat membre peut &#234;tre attraite, dans un autre &#201;tat membre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(&amp;hellip;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) en mati&#232;re d&#233;lictuelle ou quasi d&#233;lictuelle, devant le tribunal du lieu o&#249; le fait dommageable s'est produit ou risque de se produire ;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lieu du &#171; &#8239;fait dommageable&#8239; &#187; s'entend aussi bien du lieu du fait g&#233;n&#233;rateur que du lieu de r&#233;alisation du dommage en cas de dissociation des &#233;l&#233;ments constitutifs du d&#233;lit [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-3&quot; name=&quot;nh3-3&quot; id=&quot;nh3-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] CJCE, 30 novembre 1976, Affaire des Mines de potasse d&amp;#39;Alsace ; (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]. Cependant, si les tribunaux du lieu du fait g&#233;n&#233;rateur sont comp&#233;tents pour r&#233;parer l'entier pr&#233;judice, les tribunaux de chaque pays o&#249; un dommage a &#233;t&#233; ressenti ne sont comp&#233;tents qu'&#224; hauteur du pr&#233;judice subi dans leur ressort [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-4&quot; name=&quot;nh3-4&quot; id=&quot;nh3-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] CJCE, 7 mars 1995, Fiona Shevill et autres c. Presse Alliance ; JDI (...)' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque le d&#233;fendeur n'est pas domicili&#233; sur le territoire d'un Etat membre (de l'Union europ&#233;enne), l'article 4 du r&#232;glement renvoie aux r&#232;gles de conflit de juridictions du droit interne. En droit fran&#231;ais, la r&#232;gle de comp&#233;tence se trouve &#224; l'article 46 al. 3 du Nouveau Code de Proc&#233;dure Civile transpos&#233; dans l'ordre international. Le demandeur dispose de la m&#234;me option que celle offerte par l'article 5 &#167; 3 du r&#232;glement et les m&#234;mes r&#232;gles [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-5&quot; name=&quot;nh3-5&quot; id=&quot;nh3-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Il existe en r&#233;alit&#233; certaines diff&#233;rences. Ainsi, par exemple, pour la (...)' &gt;5&lt;/a&gt;] sont applicables en cas de dissociation des &#233;l&#233;ments constitutifs du d&#233;lit.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article 46 NCPC&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(D&#233;cret n&#186; 81-500 du 12 mai 1981 art. 8 Journal Officiel du 14 mai 1981 rectificatif JORF 21 mai 1981)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le demandeur peut saisir &#224; son choix, outre la juridiction du lieu o&#249; demeure le d&#233;fendeur :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(&amp;hellip;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;en mati&#232;re d&#233;lictuelle, la juridiction du lieu du fait dommageable ou celle dans le ressort de laquelle le dommage a &#233;t&#233; subi ;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mati&#232;re de cyber-d&#233;lits, il est maintenant admis que le lieu du fait g&#233;n&#233;rateur se situe &#224; l'endroit o&#249; est localis&#233; l'op&#233;rateur fautif, ind&#233;pendamment du lieu de mise en ligne et de r&#233;tention du contenu litigieux [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-6&quot; name=&quot;nh3-6&quot; id=&quot;nh3-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] OLIVIER CACHARD, La r&#233;gulation internationale du march&#233; &#233;lectronique, (...)' &gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, la question de la localisation du pr&#233;judice demeure controvers&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une partie de la doctrine [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-7&quot; name=&quot;nh3-7&quot; id=&quot;nh3-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] A. HUET, Note sous l&amp;#39;arr&#234;t Castellblanch, JDI 2004.872 (Cass. (...)' &gt;7&lt;/a&gt;], soutenue par le c&#233;l&#232;bre arr&#234;t &#171; &#8239;Castellblanch&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-8&quot; name=&quot;nh3-8&quot; id=&quot;nh3-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis (...)' &gt;8&lt;/a&gt;] et par l'arr&#234;t rapport&#233;, le pr&#233;judice est localis&#233; en France d&#232;s lors que le site litigieux est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;accessible &lt;/i&gt;en France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une autre partie de la doctrine [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-9&quot; name=&quot;nh3-9&quot; id=&quot;nh3-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] OLIVIER CACHARD, La r&#233;gulation internationale du march&#233; &#233;lectronique, (...)' &gt;9&lt;/a&gt;], la simple accessibilit&#233; du site sur le territoire fran&#231;ais ne devrait pas suffire &#224; localiser le pr&#233;judice en France et &#224; fonder la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises. Selon ces auteurs, le pr&#233;judice ne devrait &#234;tre localis&#233; en France que si le site litigieux est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dirig&#233; &lt;/i&gt;ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;focalis&#233; &lt;/i&gt;vers le public fran&#231;ais. Autrement dit, les tribunaux fran&#231;ais ne devraient se reconna&#238;tre comp&#233;tents que si le site litigieux pr&#233;sente un rattachement suffisant avec la France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;II. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'arr&#234;t du 20 mars 2007 (Cass. Com.)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arr&#234;t rapport&#233; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-10&quot; name=&quot;nh3-10&quot; id=&quot;nh3-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] V. aussi la pr&#233;sentation de l&amp;#39;arr&#234;t rapport&#233; sur Legalis.net [En (...)' &gt;10&lt;/a&gt;] tranche un litige relatif &#224; un d&#233;lit de concurrence d&#233;loyale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise Gep, fabricant d'un mod&#232;le de chaussures d&#233;nomm&#233; &#171; Nerval/s &#187;, a assign&#233; devant les tribunaux fran&#231;ais la soci&#233;t&#233; allemande HSM, lui reprochant de commercialiser une copie de ce produit sur son site internet. Le site web de la soci&#233;t&#233; allemande pr&#233;sentait en effet &#224; la vente des chaussures ressemblant aux chaussures &#171; &#8239;Nerval/s&#8239; &#187;, mais &#224; un prix plus bas. Les juges ont d&#233;cid&#233; que la soci&#233;t&#233; HSM entretenait d&#233;lib&#233;r&#233;ment la confusion entre les deux mod&#232;les dans l'esprit des visiteurs du site web, et que cette pratique &#233;tait constitutive d'un acte de concurrence d&#233;loyale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la Cour de cassation a surtout rejet&#233; l'exception d'incomp&#233;tence des juridictions fran&#231;aises soulev&#233;e par la soci&#233;t&#233; allemande HSM.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; HSM soutenait &#171; &#8239;qu'elle ne commercialisait les articles litigieux sur son site internet, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;exclusivement con&#231;u en langue allemande&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;que sur le territoire allemand&#8239;&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-11&quot; name=&quot;nh3-11&quot; id=&quot;nh3-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Soulign&#233; par nous.' &gt;11&lt;/a&gt;]. En outre, selon la soci&#233;t&#233; HSM, il ne d&#233;coule pas de la simple accessibilit&#233; du site en France la possibilit&#233; pour les visiteurs de passer commande depuis la France :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8239;en fondant la comp&#233;tence du juge fran&#231;ais sur la simple affirmation que, non seulement tous les internautes pouvaient se connecter sur le site, mais encore &#8216;&#8216;commander ses produits en ligne'', sans pr&#233;ciser de quels documents de la cause, qui ne sont pas davantage analys&#233;s, r&#233;sulterait la possibilit&#233; -contest&#233;e- pour un internaute de commander en ligne en France, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ce que la simple connexion sur un site ne suffit pas &#224; impliquer&lt;/i&gt;, les juges du fond ont viol&#233; l'article 455 du nouveau code de proc&#233;dure civile&#8239; &#187;. [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-12&quot; name=&quot;nh3-12&quot; id=&quot;nh3-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Soulign&#233; par nous.' &gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour la Cour de cassation, ces arguments ne sont pas pertinents. Ainsi, la cour d'appel a pu retenir sa comp&#233;tence &#224; bon droit &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8239;d&#232;s lors que les faits all&#233;gu&#233;s de commercialisation de ces produits sur le territoire national &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;seraient susceptibles&lt;/i&gt; de causer un pr&#233;judice&#8239; &#187;&lt;/strong&gt;. L'emploi de la formule &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;seraient susceptibles&lt;/i&gt; rend la solution particuli&#232;rement claire : il n'est pas n&#233;cessaire que le pr&#233;judice existe, et encore moins que son existence soit d&#233;montr&#233;e. Il suffit que le pr&#233;judice soit &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;possible&lt;/i&gt; pour que les juridictions fran&#231;aises puissent se d&#233;clarer comp&#233;tentes. Or, l'accessibilit&#233; du site litigieux en France rend n&#233;cessairement &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;possible&lt;/i&gt; le pr&#233;judice, m&#234;me si elle n'est pas suffisante &#224; elle seule pour le faire exister. La comp&#233;tence internationale des tribunaux fran&#231;ais est donc fond&#233;e sur un pr&#233;judice &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;potentiel&lt;/i&gt; et non sur un pr&#233;judice &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;el&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par l'arr&#234;t reproduit, la Cour de cassation confirme donc sa position en faveur de la th&#233;orie de l'accessibilit&#233; en mati&#232;re de conflit de juridictions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;III. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Observations&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La th&#233;orie de l'accessibilit&#233;, selon laquelle les juridictions fran&#231;aises sont comp&#233;tentes pour conna&#238;tre d'un cas de cyber-d&#233;lit d&#232;s lors que le site litigieux est accessible sur le territoire fran&#231;ais, a &#233;t&#233; consacr&#233;e par la Cour de cassation dans l'arr&#234;t &#171; &#8239;Castellblanch&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-13&quot; name=&quot;nh3-13&quot; id=&quot;nh3-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis (...)' &gt;13&lt;/a&gt;] :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;en admettant la comp&#233;tence des juridictions fran&#231;aises pour conna&#238;tre de la pr&#233;vention et de la r&#233;paration de dommage subis en France du fait de l'exploitation d'un site internet en Espagne, la cour d'appel qui a constat&#233; que ce site, f&#251;t-il passif, &#233;tait accessible sur le territoire fran&#231;ais, de sorte que le pr&#233;judice all&#233;gu&#233; du seul fait de cette diffusion n'&#233;tait ni virtuel ni &#233;ventuel, [la Cour d'appel] a l&#233;galement justifi&#233; sa d&#233;cision&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La th&#233;orie de l'accessibilit&#233; constitue un crit&#232;re de rattachement dangereux qui consacre la comp&#233;tence universelle des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re de cyber-d&#233;lits. En effet, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tous &lt;/i&gt;les sites web sont par d&#233;finition accessibles &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;en tout point &lt;/i&gt;du globe, d&#232;s lors qu'une connexion au r&#233;seau est possible [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-14&quot; name=&quot;nh3-14&quot; id=&quot;nh3-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] A l&amp;#39;exception de la Chine qui filtre le contenu num&#233;rique (...)' &gt;14&lt;/a&gt;]. A suivre la th&#233;orie de l'accessibilit&#233;, les tribunaux fran&#231;ais seraient donc comp&#233;tents quel que soit le site web litigieux, m&#234;me si ce site ne pr&#233;sente absolument aucun rattachement objectif avec la France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La protection de la victime est maximale (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;forum actoris&lt;/i&gt;) mais, corollairement, les inconv&#233;nients pour les professionnels d&#233;veloppant leur activit&#233; sur le web sont consid&#233;rables. Le risque pour un professionnel de se voir assign&#233; devant les juridictions fran&#231;aises, parce que le contenu de son site est susceptible de causer un pr&#233;judice en France, flotte au dessus de lui comme une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le risque est plus grand encore lorsqu'on sait que les tribunaux fran&#231;ais &#171; &#8239;d&#233;construisent&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-15&quot; name=&quot;nh3-15&quot; id=&quot;nh3-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] V. J. Cl. Commercial, Conflit de lois et comp&#233;tence internationale des (...)' &gt;15&lt;/a&gt;] les cyber-d&#233;lits complexes en d&#233;lits simples, enti&#232;rement localis&#233;s en France. Ainsi, en vertu de la r&#232;gle de conflit de lois fran&#231;aise en mati&#232;re d&#233;lictuelle [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-16&quot; name=&quot;nh3-16&quot; id=&quot;nh3-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] La lex loci delicti ou &#171; &#8239;Loi du lieu du d&#233;lit&#8239; &#187;. Le lieu (...)' &gt;16&lt;/a&gt;], la comp&#233;tence l&#233;gislative et la comp&#233;tence juridictionnelle co&#239;ncident presque syst&#233;matiquement. Les tribunaux fran&#231;ais seront comp&#233;tents et ils appliqueront la loi fran&#231;aise (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;lex forisme&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est &#233;vident qu'une telle solution n'est pas souhaitable. En effet, si le m&#234;me crit&#232;re de comp&#233;tence &#233;tait retenu dans tous les pays, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tous &lt;/i&gt;les tribunaux du monde seraient comp&#233;tents pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tous &lt;/i&gt;les dommages susceptibles d'&#234;tre caus&#233;s par un site internet, et ce quel que soit le public vis&#233;. En outre, il est impensable (et impossible) d'imposer aux professionnels de veiller &#224; ce que leur activit&#233; sur Internet ne soit susceptible de causer aucun pr&#233;judice, dans tous les pays du monde, m&#234;me dans ceux qui ne sont pas concern&#233;s par cette activit&#233;. Finalement, le crit&#232;re de l'accessibilit&#233; pourrait facilement se retourner contre les op&#233;rateurs fran&#231;ais si d'autres pays le retenaient pour fonder la comp&#233;tence internationale de leurs juridictions [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-17&quot; name=&quot;nh3-17&quot; id=&quot;nh3-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] V. p. ex. Tribunal r&#233;gional de Ziguinchor (S&#233;n&#233;gal), 6 janvier 2004, ; (...)' &gt;17&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me peut &#234;tre facilement r&#233;solu en recherchant les liens entre le litige et la France au moment du calcul du montant de l'indemnisation. Ainsi, les tribunaux fran&#231;ais seront comp&#233;tents m&#234;me si le site litigieux n'a aucun lien avec la France mais, dans ce cas, l'existence du pr&#233;judice ne pourra &#234;tre &#233;tablie et la responsabilit&#233; civile pour faute du propri&#233;taire du site ne pourra &#234;tre engag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour obtenir une indemnisation, la victime devra prouver que son pr&#233;judice est r&#233;el. Pour cela, elle devra d&#233;montrer que le site litigieux est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dirig&#233; &lt;/i&gt;vers la France, c'est-&#224;-dire qu'il vise le public fran&#231;ais. Plusieurs indices peuvent &#234;tre retenus pour caract&#233;riser la focalisation d'un site vers le public fran&#231;ais : la r&#233;daction du contenu du site en fran&#231;ais, la possibilit&#233; de passer commande en ligne avec des moyens de paiement locaux (p. ex. la Carte Bleue en France), le paiement en euro, l'affichage double du prix hors taxe (HT), toutes taxes comprises (TTC) et du taux de TVA fran&#231;ais, la possibilit&#233; de se faire livrer le produit command&#233; en France, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce raisonnement a &#233;t&#233; suivi par la chambre commerciale de la Cour de cassation dans l'arr&#234;t &#171; &#8239;Boss&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-18&quot; name=&quot;nh3-18&quot; id=&quot;nh3-18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[18] Cass. Com., 11 janvier 2005, Hugo Boss ; D. 2005.428, note Manara ; v. (...)' &gt;18&lt;/a&gt;] :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais attendu qu'ayant relev&#233; qu'il se d&#233;duit des pr&#233;cisions apport&#233;es sur le site lui-m&#234;me que les produits en cause ne sont pas disponibles en France, la cour d'appel en a exactement conclu que ce site ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme visant le public de France, et que l'usage des marques &#171; &#8239;Boss&#8239; &#187; dans ces conditions ne constitue pas une infraction &#224; l'interdiction prononc&#233;e par jugement du 23 juin 2000 (&amp;hellip;)&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La comp&#233;tence internationale des tribunaux fran&#231;ais est retenue d&#232;s lors qu'un pr&#233;judice est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;all&#233;gu&#233; &lt;/i&gt;mais, pour obtenir une indemnisation, la victime devra &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;prouver &lt;/i&gt;la r&#233;alit&#233; de ce pr&#233;judice. Le raisonnement se d&#233;roule en deux temps -comp&#233;tence et indemnisation-, et le &#171; &#8239;degr&#233;&#8239; &#187; de pr&#233;judice requis dans chacun de ces cas est diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette solution a le m&#233;rite d'estomper les traits les plus n&#233;gatifs du crit&#232;re de l'accessibilit&#233;. On peut n&#233;anmoins se demander &#224; quoi bon retenir la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aise si c'est pour constater, au final, que le site litigieux ne pr&#233;sente aucun rattachement avec la France et que le pr&#233;judice est inexistant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait certainement pr&#233;f&#233;rable de substituer le crit&#232;re de la focalisation au crit&#232;re de l'accessibilit&#233; pour fonder la comp&#233;tence des tribunaux fran&#231;ais. Le crit&#232;re de la focalisation a ainsi pu &#234;tre retenu dans un arr&#234;t (au raisonnement d'ailleurs exemplaire) de la Cour d'appel d'Orl&#233;ans [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-19&quot; name=&quot;nh3-19&quot; id=&quot;nh3-19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[19] CA Orl&#233;ans, 6 mai 2003, SA Les Jolies C&#233;ramiques sans kaolin et a. c/ (...)' &gt;19&lt;/a&gt;] :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(&amp;hellip;) il n'est pas admissible que les soci&#233;t&#233;s C&#233;ramiques et &#201;maux fondent la comp&#233;tence fran&#231;aise &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233; Trademark Tiles sur la seule facult&#233; qu'aurait un &#171; &#8239;internaute&#8239; &#187; de conna&#238;tre en France les coordonn&#233;es de cette entreprise &#224; travers un annuaire professionnel anglais en ligne, ce qui ne suffit pas &#224; &#233;tablir que le lieu du fait g&#233;n&#233;rateur du dommage ou celui o&#249; le pr&#233;judice est subi seraient situ&#233;s en France.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le crit&#232;re de la focalisation a &#233;galement &#233;t&#233; retenu par le l&#233;gislateur espagnol dans la loi de transposition (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ley 34/2002, art. 4&lt;/i&gt;) de la directive sur le commerce &#233;lectronique :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Los prestadores que dirijan sus servicios espec&#237;ficamente al territorio espa&#241;ol quedar&#225;n sujetos, adem&#225;s, a las obligaciones previstas en esta Ley, siempre que ello no contravenga lo establecido en tratados o convenios internacionales que sean aplicables [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-20&quot; name=&quot;nh3-20&quot; id=&quot;nh3-20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[20] &#171; &#8239;Les prestataires qui dirigent sp&#233;cifiquement leur services (...)' &gt;20&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale encore, le crit&#232;re de la focalisation a &#233;t&#233; retenu, en mati&#232;re contractuelle, &#224; l'article 15 &#167; 1 du r&#232;glement 44/2001 :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. En mati&#232;re de contrat conclu par une personne, le consommateur, pour un usage pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;tranger &#224; son activit&#233; professionnelle, la comp&#233;tence est d&#233;termin&#233;e par la pr&#233;sente section&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(&amp;hellip;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c) lorsque, dans tous les autres cas, le contrat a &#233;t&#233; conclu avec une personne qui exerce des activit&#233;s commerciales ou professionnelles dans l'&#201;tat membre sur le territoire duquel le consommateur a son domicile ou qui, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;par tout moyen, dirige ces activit&#233;s vers cet &#201;tat &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;membre ou vers plusieurs &#201;tats, dont cet &#201;tat membre, et que le contrat entre dans le cadre de ces activit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le crit&#232;re de la focalisation remplacera s&#251;rement, un jour, le crit&#232;re de l'accessibilit&#233;. Toujours est-il que la Cour de cassation vient de confirmer d'une mani&#232;re tr&#232;s claire la solution qu'elle avait pos&#233;e en 2003 dans l'affaire &#171; &#8239;Castellblanch&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3-21&quot; name=&quot;nh3-21&quot; id=&quot;nh3-21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[21] Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis (...)' &gt;21&lt;/a&gt;]. Mais peut-&#234;tre est-ce parce qu'en l'esp&#232;ce la victime avait pu d&#233;montrer que son pr&#233;judice &#233;tait r&#233;el : &#171; &#8239;ce comportement d&#233;loyal avait jou&#233; un r&#244;le certain dans la baisse des ventes du mod&#232;le &#171; Nevral/s &#187; dont la soci&#233;t&#233; Gep d&#233;montrait l'existence&#8239; &#187;&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;cision&lt;/h3&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cour de Cassation
Chambre commerciale
Audience publique du 20 mars 2007	Rejet&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N&#176; de pourvoi : 04-19679
Publi&#233; au bulletin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;sident : M. TRICOT&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;REPUBLIQUE FRANCAISE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arr&#234;t suivant :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu, selon l'arr&#234;t attaqu&#233; (Angers, 9 mars 2004), que la soci&#233;t&#233; Gep industries (la soci&#233;t&#233; Gep), fabricant d'un mod&#232;le de chaussures d&#233;nomm&#233; &quot;Nerval/s&quot;, a assign&#233; devant la juridiction fran&#231;aise la soci&#233;t&#233; HSM Schuhmarketing (la soci&#233;t&#233; HSM), ayant son si&#232;ge social &#224; Hattingen (Allemagne), lui reprochant de commercialiser une copie servile de ce produit sur son site internet ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le premier moyen :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu que la soci&#233;t&#233; HSM fait grief &#224; l'arr&#234;t d'avoir confirm&#233; le jugement du tribunal de commerce qui s'est d&#233;clar&#233; comp&#233;tent pour juger le litige opposant la soci&#233;t&#233; de droit allemand HSM et la soci&#233;t&#233; de droit fran&#231;ais Gep, alors, selon le moyen, que la soci&#233;t&#233; HSM soutenait qu'elle ne commercialisait les articles litigieux sur son site internet, exclusivement con&#231;u en langue allemande, que sur le territoire allemand ; qu'elle relevait d'ailleurs que la soci&#233;t&#233; Gep, sur qui pesait la charge de la preuve, ne justifiait d'aucun acte de vente en ligne en France au moyen de ce site ; que d&#232;s lors, en fondant la comp&#233;tence du juge fran&#231;ais sur la simple affirmation que, non seulement tous les internautes pouvaient se connecter sur le site, mais encore &quot;commander ses produits en ligne&quot;, sans pr&#233;ciser de quels documents de la cause, qui ne sont pas davantage analys&#233;s, r&#233;sulterait la possibilit&#233; -contest&#233;e- pour un internaute de commander en ligne en France, ce que la simple connexion sur un site ne suffit pas &#224; impliquer, les juges du fond ont viol&#233; l'article 455 du nouveau code de proc&#233;dure civile ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais attendu que, constatant la repr&#233;sentation sur le site internet incrimin&#233; d'un mod&#232;le de chaussures dont il &#233;tait pr&#233;tendu qu'il caract&#233;risait une concurrence d&#233;loyale envers le plaignant, la cour d'appel a exactement retenu sa comp&#233;tence d&#232;s lors que les faits all&#233;gu&#233;s de commercialisation de ces produits sur le territoire national seraient susceptibles de causer un pr&#233;judice ; que le moyen n'est pas fond&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le deuxi&#232;me moyen :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu que la soci&#233;t&#233; HSM fait grief &#224; l'arr&#234;t d'avoir ordonn&#233; sous astreinte la cessation imm&#233;diate de son activit&#233; de concurrence d&#233;loyale sur le mod&#232;le de chaussures &quot;Nevral/s&quot; de la soci&#233;t&#233; Gep, sous toutes formes et en quelques lieux que ce soit, et de l'avoir condamn&#233;e &#224; payer &#224; la soci&#233;t&#233; Gep une certaine somme &#224; titre de dommages-int&#233;r&#234;ts pour concurrence d&#233;loyale, alors, selon le moyen :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 / qu'en l'absence de tout droit privatif, le seul fait de commercialiser des produits identiques &#224; ceux distribu&#233;s par un concurrent n'est pas fautif ; qu'en l'esp&#232;ce, en consid&#233;rant, au contraire, qu'&#233;tait fautif le seul fait pour la soci&#233;t&#233; HSM de commercialiser une chaussure identique au mod&#232;le de chaussure nevral/s academy verone, commercialis&#233; par la soci&#233;t&#233; Gep, qui n'avait d&#233;pos&#233; ni dessin ni mod&#232;le &#224; ce titre, la cour d'appel a viol&#233; l'article 1382 du code civil et le principe de la libert&#233; du commerce et de l'industrie ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 / qu'en se fondant &#224; nouveau, pour retenir l'existence d'un risque de confusion, sur la simple affirmation que la soci&#233;t&#233; HSM commercialisait les chaussures litigieuses sur son site internet, non seulement en Allemagne mais dans le monde entier, sans pr&#233;ciser de quels documents de preuve, n'ayant fait l'objet d'aucune analyse, m&#234;me sommaire, r&#233;sultait cette all&#233;gation contest&#233;e, la cour d'appel a de nouveau viol&#233; l'article 455 du nouveau code de proc&#233;dure civile ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais attendu que l'arr&#234;t rel&#232;ve que les mod&#232;les de chaussures reproduits dans le catalogue de la soci&#233;t&#233; HSM sont strictement identiques au mod&#232;le &quot;Nevral/s&quot;, commercialis&#233; ant&#233;rieurement par la soci&#233;t&#233; Gep, que ce soient la forme, le mat&#233;riau, le dessin et sa dimension, les diff&#233;rences &#233;tant limit&#233;es &#224; la couleur des losanges et aux marques int&#233;rieures peu visibles ; qu'en d&#233;duisant de ces constatations la volont&#233; de la soci&#233;t&#233; HSM d'entretenir dans l'esprit du public une confusion entre les produits, la client&#232;le, m&#234;me attentive, ne pouvant remarquer aucune diff&#233;rence entre les mod&#232;les de chaussures litigieux, la cour d'appel, qui n'a pas dit, pour retenir&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;le risque de confusion, que la soci&#233;t&#233; HSM commercialisait les chaussures litigieuses sur son site internet, non seulement en Allemagne, mais &#233;galement dans le monde entier, a caract&#233;ris&#233; la faute commise par la soci&#233;t&#233; HSM et a pu statuer comme elle a fait ; que le moyen qui manque en fait en sa seconde branche, n'est pas fond&#233; pour le surplus ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et sur le troisi&#232;me moyen :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu que la soci&#233;t&#233; HSM fait grief &#224; l'arr&#234;t de l'avoir condamn&#233;e &#224; payer &#224; la soci&#233;t&#233; Gep une certaine somme &#224; titre de dommages-int&#233;r&#234;ts pour concurrence d&#233;loyale, alors, selon le moyen :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 / qu'une faute n'engage la responsabilit&#233; de son auteur que si elle est la cause du dommage ; qu'en l'esp&#232;ce, la cour d'appel a express&#233;ment constat&#233; que les ventes r&#233;alis&#233;es par la soci&#233;t&#233; HSM ne se seraient pas n&#233;cessairement report&#233;es sur le mod&#232;le de chaussure commercialis&#233; par la soci&#233;t&#233; Gep si celui-ci n'avait pas &#233;t&#233; copi&#233;, ce dont il r&#233;sultait que le lien de causalit&#233; entre la faute de concurrence d&#233;loyale reproch&#233;e et le pr&#233;judice subi n'&#233;tait pas caract&#233;ris&#233; ; qu'en allouant n&#233;anmoins &#224; la soci&#233;t&#233; Gep la somme de 15 000 euros en r&#233;paration du pr&#233;judice subi, la cour d'appel n'a pas tir&#233; les cons&#233;quences l&#233;gales de ces constatations, en violation de l'article 1382 du code civil ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 / qu'en d&#233;clarant tout &#224; la fois que la concurrence d&#233;loyale de la soci&#233;t&#233; HSM a jou&#233; un r&#244;le certain dans la chute des ventes du mod&#232;le en cause et que les ventes r&#233;alis&#233;es par la soci&#233;t&#233; HSM ne se seraient pas n&#233;cessairement report&#233;es sur ce mod&#232;le, la cour d'appel a entach&#233; sa d&#233;cision d'une contradiction de motifs et viol&#233; l'article 455 du nouveau code de proc&#233;dure civile ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais attendu qu'ayant constat&#233; que la soci&#233;t&#233; HSM avait pu, gr&#226;ce &#224; la copie servile du mod&#232;le de la soci&#233;t&#233; Gep, proposer un produit identique &#224; un prix inf&#233;rieur et que ce comportement d&#233;loyal avait jou&#233; un r&#244;le certain dans la baisse des ventes du mod&#232;le &quot;Nevral/s&quot; dont la soci&#233;t&#233; Gep d&#233;montrait l'existence, la cour d'appel, &#233;tablissant ainsi le lien de causalit&#233; entre la faute de la soci&#233;t&#233; HSM et le pr&#233;judice de la soci&#233;t&#233; Gep et appr&#233;ciant souverainement les &#233;l&#233;ments de preuve vers&#233;s aux d&#233;bats, a, sans contradiction, pu statuer comme elle a fait ; que le moyen n'est fond&#233; en aucune de ses branches ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PAR CES MOTIFS :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;REJETTE le pourvoi ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Condamne la soci&#233;t&#233; HSM Schuhmarketing Gmbh aux d&#233;pens ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu l'article 700 du nouveau code de proc&#233;dure civile, rejette sa demande et la condamne &#224; payer &#224; la soci&#233;t&#233; Gep industries la somme de 2 000 euros ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi fait et jug&#233; par la Cour de cassation, chambre commerciale, financi&#232;re et &#233;conomique, et prononc&#233; par le pr&#233;sident en son audience publique du vingt mars deux mille sept.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cision attaqu&#233;e : cour d'appel d'Angers (chambre commerciale) 2004-03-09&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-1&quot; name=&quot;nb3-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Nous n'aborderons pas les privil&#232;ges de juridiction des articles 14 et 15 du Code Civil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-2&quot; name=&quot;nb3-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] De m&#234;me, les articles 2 et 5 &#167; 3 de la Convention de Bruxelles de 1968 avant l'entr&#233;e en vigueur du r&#232;glement et pour les affaire en relation avec le Danemark ; et les articles 2 et 5 &#167; 3 de la Convention de Lugano pour les pays de l'AELE non soumis au r&#232;glement 44/2001.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-3&quot; name=&quot;nb3-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] CJCE, 30 novembre 1976, Affaire des Mines de potasse d'Alsace ; JDI 21/76 1977.728, note A. Huet ; RCDIP 1977.568 note Bourel&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-4&quot; name=&quot;nb3-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] CJCE, 7 mars 1995, Fiona Shevill et autres c. Presse Alliance ; JDI C-68/93 1996.543, note A. Huet ; Rev. Crit. DIP., 1996.495, obs. P. Lagarde&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-5&quot; name=&quot;nb3-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Il existe en r&#233;alit&#233; certaines diff&#233;rences. Ainsi, par exemple, pour la Cour de Justice des Communaut&#233;s Europ&#233;ennes, dans le cas d'un d&#233;lit le presse, le lieu du fait g&#233;n&#233;rateur est le lieu d'impression du document litigieux, et le lieu de r&#233;alisation du pr&#233;judice est le lieu de publication si la victime y est connue (CJCE, 7 mars 1995, Fiona Shevill, op. cit.). Pour la Cour de cassation, le fait g&#233;n&#233;rateur et le pr&#233;judice co&#239;ncident au lieu de publication du document litigieux (Cass. Civ. 1., 14 janvier 1997, Gordon and Breach ; JCP n&#176;37, 10 septembre 1997 1997.386, note H. Muir Watt ; D. 1997.177, n&#176;15, note Santa-Croce).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-6&quot; name=&quot;nb3-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] OLIVIER CACHARD, La r&#233;gulation internationale du march&#233; &#233;lectronique, Th&#232;se de Doctorat Paris-II, Paris, LGDJ, 2002, sp&#233;c. n&#176; 144&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-7&quot; name=&quot;nb3-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] A. HUET, Note sous l'arr&#234;t Castellblanch, JDI 2004.872 (Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis Roederer ; RCDIP 2004.632, note Cachard) ; P.-Y. GAUTIER, Du droit applicable dans le &#171; village plan&#233;taire &#187; au titre de l'usage immat&#233;riel des oeuvres, D. 1996.131 ; P.-Y. GAUTIER, Les oeuvres du crooner dans la &quot;maison&quot; de l'internaute : promenade collective, mais non autoris&#233;e, sur un site num&#233;rique, D. 1996.490 ; P.-Y. GAUTIER, Suite de la promenade &#224; travers un site immat&#233;riel : des condamnations de justice en nature sur l'Internet, D. 1997.175 ; M. VIVANT, Cybermonde : Droit et droits des r&#233;seaux, JCP G 1996, I (3969) ; J. HUET, Le droit applicable dans les r&#233;seaux num&#233;riques, JDI 2002.737 ; T. VAN OVERSTRAETEN, Droit applicable et juridicition comp&#233;tente sur internet, RDAI 1998.373 ; sur la comp&#233;tence l&#233;gislative : C. NOURISSAT, L'internet et la loi applicable &#224; la responsabilit&#233; civile d&#233;lictuelle, JCP 2002, Cahier de Droit international n&#176;4&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-8&quot; name=&quot;nb3-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis Roederer, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-9&quot; name=&quot;nb3-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] OLIVIER CACHARD, La r&#233;gulation internationale du march&#233; &#233;lectronique, op. cit ; O. CACHARD, Note sous l'arr&#234;t Castellblanch, RCDIP 2004.632 (Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis Roederer, op. cit.) ; C. DE HAAS, L'omnipotence du juge fran&#231;ais de la propri&#233;t&#233; intellectuelle face &#224; l'internet ou l'histoire d'une incomp&#233;tence largement ignor&#233;e, Petites Affiches 2001.4 ; D. A. LAPR&#200;S, L'exorbitante affaire Yahoo, JDI 2002.975 ; L. PECH, Contrefa&#231;on de marque sur internet et comp&#233;tence des juridictions fran&#231;aises : la (saine) substitution du crit&#232;re de destination au crit&#232;re de l'accessibilit&#233;, RLDI 2006 ; J.-P. HUGOT, La comp&#233;tence universelle des juridictions fran&#231;aises en mati&#232;re d&#233;lictuelle : vers des &#171; enfers num&#233;riques &#187; ?, L&#233;gipresse 2001.119, II&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-10&quot; name=&quot;nb3-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] V. aussi la pr&#233;sentation de l'arr&#234;t rapport&#233; sur Legalis.net [En ligne] : http://www.legalis.net/breves-article.php3 ?id_article=1896&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-11&quot; name=&quot;nb3-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Soulign&#233; par nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-12&quot; name=&quot;nb3-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Soulign&#233; par nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-13&quot; name=&quot;nb3-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis Roederer, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-14&quot; name=&quot;nb3-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] A l'exception de la Chine qui filtre le contenu num&#233;rique accessible sur son territoire depuis le r&#233;seau Internet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-15&quot; name=&quot;nb3-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] V. J. Cl. Commercial, Conflit de lois et comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises, 2003, n&#176; Fasc. 3000, n&#176; 17 &#224; 21. Pour les d&#233;lits informationnels, la &#171; &#8239;d&#233;construction&#8239; &#187; du d&#233;lit complexe en d&#233;lit simple vient de la localisation identique du fait g&#233;n&#233;rateur et du pr&#233;judice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-16&quot; name=&quot;nb3-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] La lex loci delicti ou &#171; &#8239;Loi du lieu du d&#233;lit&#8239; &#187;. Le lieu du d&#233;lit s'entend aussi bien du lieu du fait g&#233;n&#233;rateur que du lieu du pr&#233;judice (v. supra note n&#176;5). Or, puisque les d&#233;lits informationnels sont &#171; &#8239;d&#233;construits&#8239; &#187; par la jurisprudence et enti&#232;rement relocalis&#233;s au lieu de diffusion du message litigieux, qui se situe par hypoth&#232;se en France, c'est la loi fran&#231;aise qui est d&#233;sign&#233;e par la r&#232;gle de conflit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-17&quot; name=&quot;nb3-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] V. p. ex. Tribunal r&#233;gional de Ziguinchor (S&#233;n&#233;gal), 6 janvier 2004, ; ForumInternet.org [En Ligne] : cit&#233; par L. Pech in J. Cl. Commercial, Conflit de lois et comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises, 2003, n&#176; Fasc. 3000 ; 2004&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-18&quot; name=&quot;nb3-18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;] Cass. Com., 11 janvier 2005, Hugo Boss ; D. 2005.428, note Manara ; v. aussi G. TEISSONNI&#200;RE, L'arr&#234;t Hugo Boss : une protection &#171; sur mesure &#187; des usages de marques fran&#231;aises en ligne, RLDI 2005&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-19&quot; name=&quot;nb3-19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;] CA Orl&#233;ans, 6 mai 2003, SA Les Jolies C&#233;ramiques sans kaolin et a. c/ Mridul Entreprises et Trademark Tiles Ltd ; RCDIP 2004.139, note Gaudemet-Tallon ; voir aussi sur ce site : Guillaume Florimond, Tribunal comp&#233;tent et cyber-d&#233;lits : th&#233;orie de la focalisation, IntLex.org (2006) [En Ligne] : &lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/Tribunal-competent-et-cyber-delits.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.intlex.org/Tribunal-competent-et-cyber-delits.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-20&quot; name=&quot;nb3-20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;] &#171; &#8239;Les prestataires qui dirigent sp&#233;cifiquement leur services vers le territoire espagnol seront en outre assujettis aux obligations pr&#233;vues par cette loi, d&#232;s lors qu'elles ne contreviennent pas aux dispositions &#233;tablies dans les trait&#233;s et conventions internationales applicables.&#8239; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3-21&quot; name=&quot;nb3-21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-21&quot;&gt;21&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1., 9 d&#233;cembre 2003, SA Castellbanch c/ SA Champagne Louis Roederer, op. cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Quelques questions sur l'arbitrage</title>
		<link>http://www.intlex.org/Quelques-questions-sur-l-arbitrage.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/Quelques-questions-sur-l-arbitrage.html</guid>
		<dc:date>2007-02-18T11:57:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-du-commerce-international-.html">Droit du commerce international</category>

		<dc:subject>Arbitrage</dc:subject>

		<description>Sous forme de questions et de r&#233;ponses, cet article traite de certains points essentiels dans le droit fran&#231;ais de l'arbitrage interne et international. &lt;br /&gt;A. Questions g&#233;n&#233;rales. &lt;br /&gt;1. Qu'est-ce que l'arbitrage ? &lt;br /&gt;L'arbitrage est une justice priv&#233;e. Les parties &#224; un contrat d&#233;cident de soumettre les litiges relatifs &#224; ce contrat &#224; un arbitre ou &#224; un tribunal arbitral. &lt;br /&gt;L'arbitre est une personne priv&#233;e, juriste reconnu ou expert dans le domaine technique du contrat vis&#233;, qui sera investie d'un (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-du-commerce-international-.html" rel="directory"&gt;Droit du commerce international&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-Arbitrage-+.html" rel="tag"&gt;Arbitrage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Sous forme de questions et de r&#233;ponses, cet article traite de certains points essentiels dans le droit fran&#231;ais de l'arbitrage interne et international.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A. Questions g&#233;n&#233;rales.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Qu'est-ce que l'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrage est une justice priv&#233;e. Les parties &#224; un contrat d&#233;cident de soumettre les litiges relatifs &#224; ce contrat &#224; un arbitre ou &#224; un tribunal arbitral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre est une personne priv&#233;e, juriste reconnu ou expert dans le domaine technique du contrat vis&#233;, qui sera investie d'un pouvoir juridictionnel par la volont&#233; des parties, pour conna&#238;tre d'un diff&#233;rend entre ces parties relatif au contrat qui les lie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrage est connu de -presque- toutes les l&#233;gislations au niveau mondial. C'est devenu une m&#233;thode de r&#233;solution des diff&#233;rends tr&#232;s utilis&#233;e dans la pratique du commerce international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e essentielle de l'arbitrage est le respect de la volont&#233; des parties : la proc&#233;dure et le fond (la loi applicable au contrat) sont domin&#233;s par l'autonomie de la volont&#233; des parties. En outre, l'arbitre tire toute sa l&#233;gitimit&#233; de cette volont&#233; qu'il ne devra m&#233;conna&#238;tre &#224; aucun prix. Malgr&#233; l'importance de la volont&#233; des parties, l'arbitrage ne s'exon&#232;re pas de tout contr&#244;le de la sentence op&#233;r&#233; par les juridictions &#233;tatiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, m&#234;me si l'arbitre exerce une mission juridictionnelle, il ne dispose pas de l'imperium qui est propre au juge &#233;tatique. La sentence qu'il rend diff&#232;re ainsi des jugements internes : elle aura certes l'autorit&#233; de la chose jug&#233;e, mais elle ne sera pas directement ex&#233;cutoire. Pour la rendre ex&#233;cutoire, il sera n&#233;cessaire de passer par une proc&#233;dure d'exequatur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. L'arbitrage est-il de nature juridictionnelle ou contractuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrage est un proc&#233;d&#233; de nature juridictionnelle. Il s'agit de trancher un diff&#233;rend, et l'arbitre est pour cela dot&#233; de certaines pr&#233;rogatives et de certains pouvoirs qui sont ceux du juge &#233;tatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N&#233;anmoins, l'arbitre tire toute sa l&#233;gitimit&#233; de la volont&#233; des parties. Il ne peut y avoir d'arbitrage si les parties ne l'ont pas voulu. Dans ce contexte, l'arbitrage est aussi contractuel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut dire que l'arbitrage est un proc&#233;d&#233; juridictionnel qui na&#238;t d'une volont&#233; d'origine contractuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Quels sont les diff&#233;rents types d'arbitrages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trois distinctions sont opportunes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit fran&#231;ais distingue l'arbitrage interne et l'arbitrage international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrage est aussi de nature commerciale. M&#234;me si cette r&#233;serve n'est pas applicable dans le domaine de l'arbitrage international, l'arbitrage interne ne peut pas porter sur les mati&#232;res civiles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrage peut &#234;tre institutionnel ou ad hoc.
L'arbitrage institutionnel est celui qui se d&#233;roule sous l'&#233;gide d'une institution d'arbitrage, comme la CCI ou le CIRDI. L'arbitrage ad hoc est, au contraire, celui qui se d&#233;roule ind&#233;pendamment de toute institution tierce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. Quels sont les principaux avantages de l'arbitrage par rapport &#224; la
justice &#233;tatique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les principaux avantages de l'arbitrage sont les suivants :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Plus de libert&#233; pour les parties dans le choix de la proc&#233;dure.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Une plus grande confiance des parties : elles choisissent elles-m&#234;mes les arbitres.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Des solutions plus adapt&#233;es : les parties peuvent nommer des arbitres experts dans le domaine du contrat litigieux.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La confidentialit&#233; : elle se manifeste tant au niveau des d&#233;bats que de la sentence, qui n'est pas publi&#233;e. En revanche, le jugement d'exequatur de la sentence sera publi&#233; conform&#233;ment &#224; la l&#233;gislation nationale applicable.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Rapidit&#233; : la proc&#233;dure arbitrale est en g&#233;n&#233;ral rapide. Le droit fran&#231;ais pr&#233;voit ainsi que l'arbitrage interne se d&#233;roule dans les 6 mois suivant la constitution du tribunal arbitral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. Quels sont les principaux inconv&#233;nients de l'arbitrage par rapport &#224;
la justice &#233;tatique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les principaux inconv&#233;nients sont les suivants :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le co&#251;t est g&#233;n&#233;ralement beaucoup plus &#233;lev&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les arbitres ont souvent une autre profession et ne seront pas forc&#233;ment aussi disponibles qu'un juge &#233;tatique.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Des difficult&#233;s peuvent surgir &#224; l'heure de demander l'exequatur de la sentence rendue par le tribunal arbitral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6. Quelles sont les sources de l'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sources de l'arbitrage, en droit fran&#231;ais, sont diverses :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le droit fran&#231;ais interne : le Nouveau Code de Proc&#233;dure Civile et le Code Civil contiennent des dispositions relatives &#224; l'arbitrage interne et &#224; l'arbitrage international.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les Conventions internationales : par exemple, la Convention de New York de 1958 sur la reconnaissance ou l'ex&#233;cution des sentences, ou la Convention europ&#233;enne de Gen&#232;ve &#233;labor&#233;e sous l'&#233;gide des Nations Unies.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Des instruments d&#233;riv&#233;s : le r&#232;glement (s'il est choisi dans un arbitrage ad hoc) et la loi-type (au travers des lois &#233;tatiques calqu&#233;es sur elle) de la CNUDCI.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les r&#232;glements des institutions dans le cas des arbitrages institutionnels : p. ex. le r&#232;glement CCI.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La jurisprudence arbitrale, dans une certaine mesure, puisque les sentences CCI sont publi&#233;es depuis quelques ann&#233;es. Cependant, cette source reste minime : les sentences ne sont normalement pas publi&#233;es et, m&#234;me lorsqu'elles le sont, les arbitres ne sont pas li&#233;s par les pr&#233;c&#233;dents.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les normes anationales ou transnationales, les usages du commerce : la lex mercatoria.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;B. Questions relatives &#224; la nature de l'arbitrage.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Comment faire la distinction entre arbitrage interne et arbitrage
international ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier crit&#232;re de distinction entre arbitrage interne et arbitrage international vient de la doctrine Matter &#233;labor&#233;e pour distinguer les contrats internes des contrats internationaux. Il s'agit, selon ce courant, de qualifier d'international un contrat lorsqu'il existe un mouvement de flux et de reflux par del&#224; les fronti&#232;res. Autrement dit lorsque, par exemple, une livraison est effectu&#233;e d'un pays A vers un pays B (flux) et que le paiement est effectu&#233; en retour du pays B vers le pays A.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce crit&#232;re s'est rapidement r&#233;v&#233;l&#233; insuffisant concernant l'arbitrage. Un nouveau crit&#232;re a donc &#233;t&#233; progressivement &#233;labor&#233; par la jurisprudence, pour &#234;tre finalement repris par le l&#233;gislateur &#224; l'art. 1492 NCPC : il s'agit du crit&#232;re de la mise en cause des int&#233;r&#234;ts du commerce international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La jurisprudence pr&#233;cise en outre que ce crit&#232;re est le seul &#224; retenir. Il s'agit d'un crit&#232;re purement &#233;conomique qui ne fait intervenir aucun &#233;l&#233;ment juridique. De cette mani&#232;re, sont indiff&#233;rents &#224; la qualification d'interne ou d'international de l'arbitrage la nationalit&#233; des parties, leur domicile, le si&#232;ge de l'arbitrage, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce crit&#232;re est appliqu&#233; au cas par cas par les tribunaux, en fonction des circonstances de l'esp&#232;ce, ce qui est source d'une grande ins&#233;curit&#233; juridique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Quelle est la port&#233;e de la distinction entre arbitrage interne et
arbitrage international ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon que l'arbitrage est interne ou international, le r&#233;gime juridique applicable est diff&#233;rent :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les normes juridiques applicables ne sont pas les m&#234;mes (voir le NCPC).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les nullit&#233;s : On constate que le r&#233;gime de l'arbitrage international est beaucoup moins strict que le r&#233;gime de l'arbitrage interne : p. ex., les clauses compromissoires en blanc (qui ne pr&#233;cisent pas les modalit&#233;s de l'arbitrage) sont nulles dans l'arbitrage interne mais valables dans l'arbitrage international.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les incapacit&#233;s : p. ex. Les personnes morales fran&#231;aises de droit public ne peuvent pas compromettre en mati&#232;re d'arbitrage interne. En revanche, elles peuvent le faire en mati&#232;re d'arbitrage international.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le sort de la sentence : une sentence rendue en France, que l'arbitrage soit interne ou international, pourra &#234;tre annul&#233;e. En revanche, la sentence rendue en mati&#232;re interne pourra faire l'objet d'un appel alors que la sentence rendue en mati&#232;re internationale ne pourra &#234;tre sanctionn&#233;e qu'&#224; l'occasion du recours en annulation (si&#232;ge de l'arbitrage en France) ou d'une proc&#233;dure d'exequatur (si&#232;ge de l'arbitrage &#224; l'&#233;tranger).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Comment appr&#233;cier la &quot;commercialit&#233;&quot; de l'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &quot;commercialit&#233;&quot; de l'arbitrage, ou son caract&#232;re commercial, ne s'appr&#233;cie pas en fonction de la notion d'acte de commerce d&#233;finie dans le Code de commerce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est commercial tout arbitrage qui porte sur une op&#233;ration &#233;conomique, peu important qu'elle soit &#224; l'origine d'un acte de commerce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, l'arbitrage international (et non interne) pourra porter sur des op&#233;rations civiles, d&#232;s lors qu'elles impliquent une op&#233;ration &#233;conomique. Ceci est particuli&#232;rement important dans le cas des contrats de travail et de consommation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;C. Questions relatives &#224; la convention d'arbitrage.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Que d&#233;signe l'expression &quot;convention d'arbitrage&quot; ? Quels sont les
diff&#233;rents types de conventions d'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'expression &quot;convention d'arbitrage&quot; est une expression g&#233;n&#233;rique employ&#233;e par le jurisprudence pour d&#233;signer soit la clause compromissoire soit le compromis d'arbitrage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. En quoi la convention d'arbitrage se distingue-t-elle de l'acte de
mission ? Quel est le r&#244;le de la convention d'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La convention d'arbitrage, clause compromissoire ou compromis, est la source du pouvoir juridictionnel des arbitres. Elle est l'expression de la volont&#233; des parties qui se transforme en v&#233;ritable source de comp&#233;tence juridictionnelle. C'est l'effet premier de la convention d'arbitrage : donner comp&#233;tence &#224; un tribunal arbitral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'effet second de la convention d'arbitrage est de d&#233;finir les modalit&#233;s d'arbitrage : le si&#232;ge, la proc&#233;dure, la loi applicable, la nomination des arbitres, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'acte de mission est un acte facultatif qui n'octroie aucune comp&#233;tence particuli&#232;re aux arbitres. Son but est de d&#233;finir la mission des arbitres. L'acte de mission est important s'il existe, car l'on sait que les arbitres qui outrepassent les limites de leur mission verront leur sentence annul&#233;e ou priv&#233;e d'effet ex&#233;cutoire (art. 1502 NCPC). Mais l'acte de mission n'est pas obligatoire : l'arbitre peut tout &#224; fait d&#233;finir les limites de sa mission sur la base des pr&#233;tentions formul&#233;es par les parties au d&#233;but et au cours de l'instance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Quelle est la diff&#233;rence entre une clause compromissoire et un compromis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La clause compromissoire est stipul&#233;e dans le contrat avant la survenance du litige. A l'inverse, le compromis est conclu par les parties post&#233;rieurement &#224; la survenance du litige, dans le but de le soumettre &#224; une juridiction arbitrale pour que celle-ci le r&#233;solve.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parfois la clause compromissoire est interdite alors que le compromis est autoris&#233;. C'est notamment le cas, en mati&#232;re interne, pour les contrats de travail : les droits sont indisponibles tant que le contrat existe, mais ils deviennent disponibles apr&#232;s son extinction. Or, un arbitrage interne ne peut porter sur des droits indisponibles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. Quelle est la loi applicable &#224; la convention d'arbitrage : devant le
juge et devant l'arbitre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi applicable &#224; la convention d'arbitrage est d'abord celle choisie par les parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les parties n'ont pas choisi de loi, l'arbitre pourra avoir recours &#224; la loi d&#233;sign&#233;e par la r&#232;gle de conflit qu'il estime appropri&#233;e, ou proc&#233;der directement par application de r&#232;gles mat&#233;rielles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge fran&#231;ais devra, lui, proc&#233;der par application de r&#232;gles mat&#233;rielles. Il s'agit de la port&#233;e de la jurisprudence Dalico : la validit&#233; de la convention d'arbitrage s'appr&#233;cie en application d'une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais de l'arbitrage international, ind&#233;pendamment de toute loi &#233;tatique d&#233;sign&#233;e par une r&#232;gle de conflit. Autrement dit : pas de raisonnement conflictuel dans ce domaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. Les parties peuvent-elles choisir la loi applicable &#224; la convention
d'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui. v. question pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6. Une convention d'arbitrage peut-elle &#234;tre contraire &#224; l'ordre public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait l'imaginer. Ce serait par exemple le cas d'une convention qui pr&#233;voirait la constitution d'un tribunal partial ou susceptible de l'&#234;tre. Le juge fran&#231;ais pourrait alors annuler la clause compromissoire sur le fondement de sa contrari&#233;t&#233; &#224; l'ordre public, mais il suivrait plus probablement un raisonnement diff&#233;rent en refusant de donner effet &#224; la sentence, au motif du d&#233;faut dans la composition du tribunal arbitral (art. 1502).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7. L'annulation du contrat prive-t-elle l'arbitre de sa comp&#233;tence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non. La convention d'arbitrage est ind&#233;pendante du contrat qui la contient. Ainsi, lorsque ce contrat est annul&#233; par l'arbitre, celui-ci conserve tout de m&#234;me la comp&#233;tence qu'il tirait de la convention d'arbitrage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution a &#233;t&#233; consacr&#233;e en droit fran&#231;ais par l'arr&#234;t Gosset (1967) et confirm&#233;e par l'arr&#234;t Dalico.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8. Qu'advient-il de la convention d'arbitrage si le contrat principal
est nul ab initio ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En application du principe d'autonomie de la clause compromissoire, la jurisprudence fran&#231;aise estime que la nullit&#233; ab initio du contrat principal n'emporte pas la nullit&#233; de la clause compromissoire qu'il contient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution pourrait tout de m&#234;me &#234;tre critiqu&#233;e : en l'absence de tout consentement (comme c'est le cas avec les &quot;erreurs-obstacle&quot;, in negotium ou in corpore), comment soutenir que les parties se seraient mises d'accord pour conclure une convention d'arbitrage portant sur un contrat principal qu'elles n'ont jamais voulu !?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9. La convention d'arbitrage est-elle transmise avec le contrat
principal (cession de cr&#233;ance, de dette ou de contrat, novation, etc.) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le principe d'autonomie de la clause compromissoire trouve ici son oppos&#233; dans le principe de transmissibilit&#233; de la clause compromissoire. Oui, la clause compromissoire sera en principe transmise avec le contrat principal. Mais les parties ont toujours la libert&#233; d'en d&#233;cider autrement.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;D. Questions relatives &#224; l'arbitrabilit&#233; du litige.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Qu'appelle-t-on &quot;arbitrabilit&#233; objective&quot; ? Qu'appelle-t-on
&quot;arbitrabilit&#233; subjective&quot; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On d&#233;signe sous l'appellation &quot;arbitrabilit&#233;&quot; l'aptitude d'un litige &#224; faire l'objet d'un arbitrage, ratione materiae et ratione personae.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrabilit&#233; objective d&#233;signe l'aptitude d'un litige &#224; faire l'objet d'un arbitrage ratione materiae, c'est-&#224;-dire en fonction de la mati&#232;re sur laquelle porte le litige. Par exemple, les litiges qui rel&#232;vent du droit civil ne peuvent pas faire l'objet d'un arbitrage interne alors qu'ils peuvent &#234;tre soumis &#224; une proc&#233;dure d'arbitrage international. Plus g&#233;n&#233;ralement, c'est de l'effet d'&#233;viction de l'ordre public et des lois de police dont il est ici question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitrabilit&#233; subjective d&#233;signe l'aptitude d'un litige &#224; faire l'objet d'un arbitrage ratione personae, c'est-&#224;-dire en fonction des parties impliqu&#233;es. Une partie de la doctrine refuse l'appellation &quot;arbitratibilit&#233; subjective&quot; par opposition &#224; l'arbitrabilit&#233; objective, et pr&#233;f&#232;re parler de &quot;capacit&#233; &#224; compromettre&quot;. Il est en effet admis que l'arbitrage ne peut porter que sur des droits disponibles ; toute la question est donc de savoir si telle ou telle personne morale ou physique, de droit priv&#233; ou public, dispose de la capacit&#233; &#224; compromettre. Le probl&#232;me rev&#234;t une importance particuli&#232;re pour les personnes de droit public, les Etats et leurs d&#233;membrements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Quelle loi appliquer &#224; la question de l'arbitrabilit&#233; du litige ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut envisager plusieurs possibilit&#233;s, sans qu'aucune d'entre elles ne soit r&#233;ellement satisfaisante :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- La loi du contrat (lex contractus)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'application de la loi du contrat vient naturellement &#224; l'esprit. Ce n'est pourtant pas un bon choix : les parties pourraient s'exon&#233;rer des dispositions de leurs lois nationales restreignant leurs capacit&#233;s &#224; compromettre en choisissant une loi tierce pour r&#233;gir leur contrat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- La loi du lieu d'ex&#233;cution de la sentence&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le choix de la loi du lieu d'ex&#233;cution de la sentence ne r&#233;siste pas &#224; 3 critiques : d'abord, il est tr&#232;s souvent difficile de d&#233;terminer &#224; l'avance le lieu d'ex&#233;cution ; ensuite, il y a souvent plusieurs lieux d'ex&#233;cution ; finalement, le lieu d'ex&#233;cution n'a pas forc&#233;ment de lien avec la capacit&#233; des parties, ce n'est donc pas forc&#233;ment un choix pertinent&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- La loi du si&#232;ge de l'arbitrage&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi du si&#232;ge de l'arbitrage peut se voir opposer le m&#234;me argument que la lex contractus : le lieu de l'arbitrage peut en effet &#234;tre fix&#233; par les parties. En outre, il n'a pas forc&#233;ment de lien avec les parties ; sa fixation peut r&#233;sulter de consid&#233;rations de pure opportunit&#233;. C'est pourtant la solution retenue par la doctrine majoritaire. Il y a une raison &#224; cela : ce sont les juridictions du si&#232;ge qui sont comp&#233;tentes pour conna&#238;tre d'un &#233;ventuel recours en annulation contre la sentence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Comment la jurisprudence relative &#224; l'article 2060 CC a-t-elle &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut d&#233;gager 3 &#233;tapes dans l'&#233;volution de la jurisprudence relative &#224; l'article 2060 CC :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Interdiction totale de l'arbitrage pour toutes les mati&#232;res touchant l'ordre public.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Jurisprudence &quot;Tissot&quot; : l'arbitrage ne sera pas interdit du seul fait que la mati&#232;re touche &#224; l'ordre public ; en revanche, s'il y a une violation effective de l'ordre public, l'arbitre devra se d&#233;clarer incomp&#233;tent.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Jurisprudence &quot;Ganz-Labinal-Toulousy&quot; : il ressort du principe de comp&#233;tence-comp&#233;tence que l'arbitre a le pouvoir de constater la violation de l'ordre public et d'en tirer les cons&#233;quences en droit (en pronon&#231;ant, par exemple, l'annulation du contrat), sous le contr&#244;le du juge de l'annulation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une jurisprudence r&#233;cente a tendance &#224; ne recourir &#224; l'article 2060 que lorsque la mati&#232;re &quot;touche au plus pr&#232;s&quot; l'ordre public. Cela ne para&#238;t pourtant pas tr&#232;s coh&#233;rent : soit l'ordre public est viol&#233; soit il ne l'est pas&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. Un litige relevant du droit du travail peut-il faire l'objet d'une
proc&#233;dure arbitrale ? Avec quelles restrictions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les droits qui rel&#232;vent du droit social sont indisponibles, il ne peuvent donc pas faire l'objet d'un arbitrage interne. Cette r&#233;serve est n&#233;anmoins lev&#233;e en mati&#232;re d'arbitrage international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mati&#232;re d'arbitrage international, la Ch. sociale de la C. de cass. (affaire &quot;Chauzy&quot;) a d'abord affirm&#233; que la clause compromissoire &#233;tait nulle dans les contrats de travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette jurisprudence fut r&#233;cemment abandonn&#233;e (deux arr&#234;ts Cass. Soc. 16 f&#233;v. et 4 mai 1999). D&#233;sormais, la clause compromissoire ins&#233;r&#233;e dans un contrat de travail est simplement inopposable au salari&#233;. Cela signifie que le salari&#233; peut choisir de l'actionner, mais que l'employeur ne peut l'y obliger. On notera que l'inopposabilit&#233; d'une clause du contrat &#224; une des parties est une notion bien &#233;trange au regard du droit des obligations&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. Un litige relevant du droit de la consommation peut-il faire l'objet
d'une proc&#233;dure arbitrale ? Avec quelles restrictions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me remarque que pour les contrats de travail en mati&#232;re d'arbitrage interne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mati&#232;re internationale, la Cour de cassation a jug&#233; (affaire &quot;Jaguar&quot;) que la clause compromissoire &#233;tait valable lorsqu'ins&#233;r&#233;e dans un contrat de consommation. C'est &#224; l'arbitre d'en appr&#233;cier la validit&#233; au regard l'ordre public. Cependant, en droit fran&#231;ais, une telle clause pourrait &#234;tre jug&#233;e abusive et priv&#233;e d'effet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6. Toute personne physique ou morale de droit priv&#233; peut-elle avoir
recours &#224; l'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, sous r&#233;serve de l'ordre public et des lois de police (relatifs &#224; la capacit&#233; &#224; compromettre et &#224; la protection des incapables et des parties faibles).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7. Les personnes publiques de droit fran&#231;ais peuvent-elles avoir recours
&#224; l'arbitrage ? Quelle est la loi applicable ? Le probl&#232;me de
la capacit&#233; &#224; compromettre et sa solution jurisprudentielle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me de la capacit&#233; &#224; compromettre des personnes publiques est complexe. Normalement, les personnes publiques ne peuvent pas compromettre (prohibition pos&#233;e par l'art. 2060). Mais, en mati&#232;re internationale, il appara&#238;t que les priver de cette capacit&#233; les place dans une position tr&#232;s d&#233;favorable par rapport aux personnes de droit priv&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La jurisprudence fran&#231;aise a donc d&#233;cid&#233; (affaire &quot;Galakis&quot;) que l'interdiction de compromettre pos&#233;e &#224; l'article 2060 ne s'appliquait pas dans l'ordre international. La prohibition conserve en revanche ses effets en mati&#232;re interne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour pr&#233;cise en outre, dans l'arr&#234;t Galakis, qu'il ne s'agit pas l&#224; d'une question de capacit&#233; qui n&#233;cessiterait de recourir &#224; la m&#233;thode conflictuelle. Il n'y a donc pas lieu de rechercher la loi applicable en vertu d'une r&#232;gle de conflit : le juge doit simplement constater que l'article 2060 n'est pas applicable en mati&#232;re internationale. La loi applicable est en r&#233;alit&#233; une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais de l'arbitrage international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les arbitres pourront, eux, appliquer les r&#232;gles de conflit habituelles : loi du si&#232;ge, loi d'ex&#233;cution, lois des parties (v. question suivante).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8. Le droit fran&#231;ais de l'arbitrage international reconna&#238;t-il aux
personnes morales de droit public &#233;trang&#232;res la capacit&#233; &#224; compromettre
en d&#233;pit de leur droit national ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En vertu de la r&#232;gle de conflit fran&#231;aise, la question de la capacit&#233; est r&#233;gie par la loi nationale. Ainsi, pour d&#233;terminer la capacit&#233; &#224; compromettre d'une personne publique, il faudrait rechercher les dispositions pertinentes de sa loi nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, depuis l'arr&#234;t Galakis, la Cour de cassation ne raisonne plus en terme de r&#232;gles de conflit de lois pour d&#233;terminer la capacit&#233; &#224; compromettre d'une personne de droit public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est donc en vertu d'une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais de l'arbitrage international que la question doit &#234;tre trait&#233;e. Cette r&#232;gle, celle de la capacit&#233; de compromettre des personnes publiques, pos&#233;e par l'arr&#234;t Galakis pour une personne morale fran&#231;aise, fut &#233;tendue aux personnes morales &#233;trang&#232;res dans son aspect n&#233;gatif par l'arr&#234;t &quot;Gatoil&quot;. Ainsi, une personne publique &#233;trang&#232;re ne peut se pr&#233;valoir des dispositions restrictives de son droit national pour faire annuler a posteriori la clause compromissoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;l'inopposabilit&#233; des dispositions restrictives de la capacit&#233; &#224; compromettre contenues dans la loi nationale de la personne de droit public partie au contrat et &#224; l'arbitrage est depuis lors devenue un principe g&#233;n&#233;ral de l'arbitrage, ou principe d'ordre public r&#233;ellement international. Il peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme faisant partie de la lex mercatoria, et les arbitres pourront l'appliquer &#224; ce titre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9. Comment les arbitres appr&#233;cient-ils la capacit&#233; &#224; compromettre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les arbitres retiennent le plus souvent un ou plusieurs des trois fondements suivants, pour admettre que la personne publique a pu valablement consentir &#224; l'arbitrage :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; un principe d'ordre public r&#233;ellement international (v. question pr&#233;c&#233;dente)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la bonne foi du cocontractant
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'estoppel : la personne publique a d'abord consenti &#224; l'arbitrage, en signant la clause compromissoire, pour chercher ensuite &#224; s'en d&#233;dire. Il s'agit d'une position proc&#233;durale contradictoire qui peut &#234;tre sanctionn&#233;e sur le fondement de l'estoppel.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;E. Questions relatives &#224; l'instance arbitrale.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Quelles sont les qualit&#233;s exig&#233;es d'un arbitre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certaines qualit&#233;s peuvent &#234;tre attach&#233;es &#224; la personne de l'arbitre et peuvent &#234;tre exig&#233;es par les parties : que l'arbitre soit un juriste reconnu ou qu'il soit expert dans le domaine du contrat en cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, ce sont deux autres qualit&#233;s qui sont attach&#233;es &#224; la fonction de l'arbitre et &#224; son pouvoir juridictionnel : l'arbitre doit &#234;tre ind&#233;pendant et impartial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance signifie que l'arbitre ne doit pas avoir de lien avec l'une des parties qui serait de nature &#224; l'influencer dans sa d&#233;cision. L'arbitre peut, s'il estime que son jugement ne sera pas impartial du fait des liens qu'il entretient avec une partie, demander sa r&#233;cusation. Les parties peuvent &#233;galement r&#233;cuser les arbitres qu'elles estiment &#234;tre dans cette situation. Enfin, le d&#233;faut d'ind&#233;pendance d'un arbitre peut parfois &#234;tre pr&#233;sum&#233; : ce fut notamment le cas dans plusieurs affaires dans lesquelles la Cour de cassation a estim&#233; que le fait qu'un arbitre soit nomm&#233; plusieurs fois de suite par la m&#234;me partie dans des litiges similaires pouvait jouer en faveur de cette partie, l'arbitre &#233;tant par avance habitu&#233; aux contrats de cette partie, &#224; son fonctionnement, &#224; ses arguments de d&#233;fense, etc. Il faut retenir que la jurisprudence est hostile aux nominations successives du m&#234;me arbitre par la m&#234;me partie dans des affaires semblables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'impartialit&#233; signifie que l'arbitre doit juger sans accorder de faveur &#224; l'une ou l'autre des parties. L'ind&#233;pendance et l'impartialit&#233; sont deux choses diff&#233;rentes : l'impartialit&#233; soit &#234;tre constat&#233;e lorsque, par exemple, il est clair qu'un arbitre a accord&#233; un avantage exorbitant &#224; une partie ou qu'il a rendu une d&#233;cision en faveur d'une partie en tort. Le contr&#244;le de l'impartialit&#233; pourra &#233;galement se d&#233;rouler au niveau des garanties proc&#233;durales accord&#233;es aux parties : l'arbitre ne peut pas refuser des documents provenant d'une des parties ou refuser d'entendre l'une des parties. N&#233;anmoins, l'arbitre est libre de choisir le fondement en droit de sa sentence, il peut op&#233;rer le raisonnement juridique qui lui semble le plus appropri&#233; : ce n'est pas l&#224; une question d'impartialit&#233;. Un arbitre qui ne serait pas impartial violerait sa mission : la sentence pourrait &#234;tre annul&#233;e ou se voir refuser l'exequatur sur le fondement de l'article 1502.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Comment le tribunal arbitral est-il d&#233;sign&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le tribunal arbitral (ou l'arbitre) est d&#233;sign&#233; par les parties. La d&#233;signation doit &#234;tre &#233;quitable. Ainsi, chaque partie peut d&#233;signer un arbitre, les deux arbitres d&#233;sign&#233;s choisiront &#224; leur tour un troisi&#232;me arbitre qui sera le pr&#233;sident du tribunal arbitral ; une partie peut choisir un arbitre unique parmi une liste d'arbitres annex&#233;e au contrat ; une partie peut demander &#224; un tiers d&#233;sign&#233; par le contrat de choisir un arbitre, etc. L'id&#233;e essentielle est de ne pas laisser la possibilit&#233; &#224; une partie de ma&#238;triser &#224; elle seule la composition du tribunal arbitral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si une difficult&#233; survient dans la formation du tribunal, les parties pourront demander de l'aide au juge fran&#231;ais (v. question suivante).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Quand et comment le juge fran&#231;ais peut-il intervenir dans la
d&#233;signation du tribunal arbitral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge fran&#231;ais peut intervenir dans la constitution du tribunal arbitral sous 3 conditions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Premi&#232;re condition : domaine mat&#233;riel de l'intervention du juge.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge &#233;tatique n'a pas &#224; intervenir dans tous les cas. Il ne peut en r&#233;alit&#233; intervenir que lorsque survient un probl&#232;me de nature &#224; paralyser la formation du tribunal arbitral. Il aide alors &#224; la formation de ce tribunal. Par exemple, s'il est pr&#233;vu par la convention d'arbitrage que chaque partie nomme un arbitre et que les deux arbitres nomm&#233;s en choisissent un troisi&#232;me, et que l'une des parties refuse de nommer un arbitre, la formation du tribunal arbitral est paralys&#233;e. La partie de bonne foi pourra demander au juge fran&#231;ais d'intervenir pour combler le manque de la partie r&#233;calcitrante : le juge nommera alors le second arbitre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Deuxi&#232;me condition : comp&#233;tence territoriale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge fran&#231;ais ne peut intervenir pour tous les litiges dans le monde. Ainsi, il est exig&#233; un lien de rattachement entre la France et le litige. Ce lien est caract&#233;ris&#233; par deux possibilit&#233;s alternatives : lorsque l'arbitrage se d&#233;roule en France ou lorsque la loi de proc&#233;dure fran&#231;aise a &#233;t&#233; choisie pour r&#233;gir l'arbitrage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Troisi&#232;me condition : comp&#233;tence d'attribution.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un seul juge en France est comp&#233;tent pour conna&#238;tre des difficult&#233;s de constitution des tribunaux arbitraux. Il s'agit du pr&#233;sident du tribunal de grande instance (TGI) de Paris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. Quelle est la nature juridique des relations nou&#233;es entre l'arbitre
et les parties ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lien qui unit les parties &#224; l'arbitre est de nature contractuelle. Certains &#233;l&#233;ments sortent cependant de la mati&#232;re contractuelle pour entrer dans le domaine juridictionnel. Telle est la mission de l'arbitre : de nature juridictionnelle, mais fond&#233;e sur une volont&#233; contractuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, l'arbitre tire une comp&#233;tence juridictionnelle de la convention d'arbitrage qui, elle, est de nature purement contractuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nature contractuelle des relations entre l'arbitre et les parties implique des obligations pour chacun d'eux. Ainsi, l'arbitre a l'obligation de trancher le litige entre les parties conform&#233;ment &#224; sa mission, et les parties ont l'obligation de le payer en retour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. Comment finit l'instance arbitrale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La fin normale de l'instance arbitrale survient avec la reddition de la sentence. Une fois la sentence rendue, le tribunal perd ses pouvoirs. C'est une des diff&#233;rences entre l'arbitre et le juge &#233;tatique : apr&#232;s avoir prononc&#233; la sentence, l'arbitre n'est plus arbitre, alors que le juge reste juge apr&#232;s avoir rendu son jugement ; l'arbitre ne l'est que pendant sa mission, et celle-ci s'ach&#232;ve lorsqu'il prononce sa sentence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!&#8212;SPIP&amp;rarr;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe d'autres causes d'extinction de l'instance arbitrale : la r&#233;vocation, l'emp&#234;chement, la perte des droits civils, la r&#233;cusation ou le d&#233;c&#232;s d'un arbitre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'instance arbitrale peut &#233;galement expirer &#224; son terme. Aucun d&#233;lai n'est fix&#233; en mati&#232;re d'arbitrage international, mais l'arbitrage interne est enferm&#233; par le NCPC dans un d&#233;lai de 6 mois. L'arbitre ne pourra pas proroger ce d&#233;lai ; les parties pourront cependant demander une prorogation au juge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6. Qu'est-ce que le si&#232;ge de l'arbitrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le si&#232;ge de l'arbitrage est le lieu conventionnellement convenu par les parties o&#249; l'arbitrage est r&#233;put&#233; se d&#233;rouler et o&#249; la sentence est r&#233;put&#233;e rendue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, en pratique, l'arbitrage peut se d&#233;rouler et la sentence &#234;tre rendue dans un autre lieu que celui du si&#232;ge de l'arbitrage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7. Pourquoi la d&#233;termination du si&#232;ge de l'arbitrage est-elle importante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le si&#232;ge est important notamment pour la d&#233;termination de la loi de proc&#233;dure applicable &#224; l'arbitrage : celle-ci peut &#234;tre choisie par les parties, mais &#224; d&#233;faut, ce sera souvent la loi du si&#232;ge qui sera choisie par les arbitres pour r&#233;gir la proc&#233;dure arbitrale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la v&#233;ritable importance du choix du si&#232;ge r&#233;side dans le pouvoir exclusif qui est accord&#233; aux juridictions du si&#232;ge pour conna&#238;tre d'un recours en annulation contre la sentence (comp&#233;tence issue de la Conv. de New York, 1958).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;F. Questions relatives &#224; la loi applicable au fond du litige.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Qui peut choisir la loi applicable au fond ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est normalement aux parties de choisir la loi applicable au fond du litige. A d&#233;faut, ce choix sera op&#233;r&#233; par l'arbitre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. En l'absence de choix par les parties de la loi applicable au fond,
comment l'arbitre pourra-t-il proc&#233;der pour effectuer ce choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre peut utiliser plusieurs m&#233;thodes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- RCL du si&#232;ge&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre peut recourir aux r&#232;gles de conflit de lois (RCL) du pays du si&#232;ge de l'arbitrage. Cette m&#233;thode, qui fut la plus utilis&#233;e dans le pass&#233;, a aujourd'hui largement perdu de son importance. En effet, le lieu du si&#232;ge n'a pas forc&#233;ment de lien avec le litige, et l'application de cette loi locale n'est pas forc&#233;ment pertinente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Convergence des RCL&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre peut recourir &#224; plusieurs RCL et constater qu'elles d&#233;signent toutes la m&#234;me loi : ce sera cette loi qui devra &#234;tre appliqu&#233;e. Mais c'est tout le syst&#232;me qui tombe si l'une des RCL ne d&#233;signe pas la m&#234;me loi, ou pire, si aucune des RCL ne d&#233;signe la m&#234;me loi. En pratique, les arbitres examineront le plus souvent les RCL des lois nationales des parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Convergence des droits mat&#233;riels&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre peut &#233;galement examiner les solutions apport&#233;es au probl&#232;me qui se pose &#224; lui dans les diff&#233;rents droits positifs en lice, sans recourir &#224; une RCL pour d&#233;partager ces diff&#233;rents droits nationaux. Mais cette m&#233;thode est tr&#232;s peu utilis&#233;e en pratique, car elle revient &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me en application de plusieurs droits diff&#233;rents pour, ensuite, choisir la solution la plus appropri&#233;e. Ce n'est vraiment pas un cas d'&#233;conomie des moyens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- RCL conventionnelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre peut choisir une RCL d'origine conventionnelle (p. ex. Convention de Rome de 1980, CLH 1955, etc.), constatant que si cette RCL a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e dans une convention internationale, c'est qu'elle r&#233;alise un certain consensus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Voie directe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La voie directe est, actuellement, la m&#233;thode la plus utilis&#233;e en pratique. Elle se d&#233;cline en 3 variantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re variante : le choix d'une RCL.
Certains r&#232;glements d'arbitrage imposent &#224; l'arbitre d'appliquer une RCL. Dans ce cas l'arbitre, en application de la m&#233;thode de la voie directe, choisira librement la RCL qu'il d&#233;sire appliquer, et appliquera ensuite la loi d&#233;sign&#233;e par cette RCL.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me variante : le choix d'une loi &#233;tatique.
L'arbitre peut, par voie directe, choisir une loi &#233;tatique qu'il estime appropri&#233;e, ind&#233;pendamment de l'application de toute RCL. N&#233;anmoins, en pratique, les arbitres justifient leur choix par le rattachement de la loi choisie aux parties, au contrat ou au litige.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;me variante : le choix d'une loi anationale ou transnationale.
Les arbitres peuvent &#233;galement appliquer des principes de la lex mercatoria, qui ne sont par hypoth&#232;se d&#233;sign&#233;s par aucune RCL.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Les parties ou l'arbitre peuvent-ils choisir une loi anationale ou
transnationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne fait pas de doute que les parties puissent choisir la lex mercatoria pour r&#233;gir leur contrat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En l'absence de choix d'une loi par les parties, l'arbitre pourra &#233;galement appliquer la lex mercatoria (jurisp. Valenciana) : en faisant cela, il juge en droit et ne viole pas les termes de sa mission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;cisions sur la jurip. Valenciana :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'arr&#234;t Valenciana nous dit que l'arbitre peut choisir &quot;en bloc&quot; la lex mercatoria (sans employer ce terme). Avant cet arr&#234;t, il &#233;tait d&#233;j&#224; admis qu'il puisse appliquer ponctuellement un principe de la lex mercatoria. L'apport de l'arr&#234;t Valenciana est donc de permettre &#224; l'arbitre d'appliquer toute la lex mercatoria, comme loi exclusive destin&#233;e &#224; r&#233;gir le contrat.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; On d&#233;duit de la possibilit&#233; pour l'arbitre d'appliquer la lex mercatoria en l'absence de choix d'une loi par les parties, la possibilit&#233; pour les parties de choisir directement la lex mercatoria.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. Qu'est-ce que la lex mercatoria ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question est discut&#233;e. Pour une partie de la doctrine, il s'agit d'un v&#233;ritable ordre juridique anational, totalement ind&#233;pendant des droits &#233;tatiques. Pour une autre partie de la doctrine, il s'agit d'un ordre juridique transnational, c'est-&#224;-dire recoupant les principes commun&#233;ment admis par les droits nationaux. Finalement, pour une derni&#232;re partie de la doctrine, il s'agit d'une s&#233;rie de principes commun&#233;ment admis par les droits nationaux, qui ne rev&#234;t pas la forme d'un ordre juridique ind&#233;pendant des ordres juridiques &#233;tatiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La lex mercatoria tire en tout cas son contenu (tr&#232;s diffus et impr&#233;cis) des principes g&#233;n&#233;raux g&#233;n&#233;ralement admis par les droits nationaux, des principes consacr&#233;s par les conventions internationales, de la jurisprudence arbitrale (en grande partie) et des usages du commerce (cela reste &#224; d&#233;montrer).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. De quels principes la lex mercatoria est-elle compos&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici une liste de principes commun&#233;ment admis comme faisant partie de la lex mercatoria :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le principe pacta sunt servanda
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le principe de bonne foi
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le principe nemo auditur
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la capacit&#233; &#224; compromettre des personnes morales de droit public
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'ind&#233;pendance et l'impartialit&#233; des arbitres
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la coh&#233;rence de la position proc&#233;durale des parties (estoppel)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la libert&#233; de choix des r&#232;gles de proc&#233;dure
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la libert&#233; de choix de la RCL
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le principe de comp&#233;tence-comp&#233;tence
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'autonomie de la clause compromissoire&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6. Quelles critiques pourrait-on &#233;mettre &#224; l'encontre de la lex mercatoria ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs critiques peuvent &#234;tre formul&#233;es &#224; l'encontre de la lex mercatoria :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La lex mercatoria est trop impr&#233;cise. On a beaucoup de mal &#224; en conna&#238;tre le contenu. C'est forc&#233;ment source d'ins&#233;curit&#233; juridique pour les parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La lex mercatoria n'est pas &#233;labor&#233;e par les commer&#231;ants, mais par des juristes (l'argument est tr&#232;s contestable : les juristes ne cr&#233;ent pas le droit pour le droit, il cr&#233;ent le droit en constatation d'une n&#233;cessit&#233; sociale).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La lex mercatoria n'est pas un ordre juridique : les usages du commerce sont trop divers et vari&#233;s pour qu'il y ait une v&#233;ritable communaut&#233; des marchands (societas mercatorum) homog&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La lex mercatoria n'est pas forc&#233;ment reconnue par les ordres juridiques &#233;tatiques (m&#234;me si c'est le cas en droit fran&#231;ais).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La lex mercatoria n'est de toute fa&#231;on qu'une &#233;num&#233;ration de principes d&#233;j&#224; consacr&#233;s par les droits nationaux et par les conventions internationales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7. Les lois de police de l'Etat du si&#232;ge doivent-elles &#234;tre appliqu&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de r&#233;pondre &#224; cette question et aux deux questions suivantes, il faut bien comprendre une chose : l'arbitre n'a aucune obligation d'appliquer une loi de police. Il en a cependant la facult&#233;, et il le fera s'il l'estime opportun.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre n'est pas oblig&#233; d'appliquer les lois de police du si&#232;ge. Cependant, dans la plupart des cas, motiv&#233; par la recherche de l'efficacit&#233; de sa sentence, il les appliquera. En effet, les juridictions du si&#232;ge sont comp&#233;tentes pour conna&#238;tre d'un &#233;ventuel recours en annulation contre la sentence. Or, contrairement &#224; l'arbitre, le juge &#233;tatique &#224; l'obligation d'appliquer les lois de police du for : la sentence les m&#233;connaissant sera alors presque &#224; coup s&#251;r sanctionn&#233;e par le juge de l'annulation. Encore que la m&#233;connaissance d'une loi de police du for ne sera sanctionn&#233;e en droit fran&#231;ais, sur le fondement de l'article 1502 NCPC, que si elle est contraire &#224; l'ordre public. Si l'on comprend ici l'ordre public dans sa notion d'ordre public international, plus restreint que l'ordre public interne, la sentence aurait une chance minime d'&#233;chapper &#224; l'annulation. Mais ce n'est pas cette interpr&#233;tation qui est retenue : les tribunaux consid&#232;rent en effet que c'est la violation d'une loi de police fran&#231;aise qui est elle-m&#234;me contraire &#224; l'ordre public fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8. Les lois de police de la lex contractus sont-elles applicables ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre, comme toujours, a la facult&#233; d'appliquer les lois de police de la lex contractus, mais il n'en a pas l'obligation. Il pourra donc appliquer une loi de police de la loi choisie par les parties pour r&#233;gir le contrat s'il l'estime opportun. En pratique, il est pr&#233;f&#233;rable que les lois de police de la lex contractus soient appliqu&#233;es : les &#233;carter reviendrait &#224; permettre aux parties de choisir une loi tout en &#233;cartant certaines de ses dispositions les plus importantes. L'arbitre appliquera donc en principe les lois de police de la lex contractus, sauf s'il estime qu'elles sont contraires aux pr&#233;visions des parties ou in&#233;quitables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge &#233;tatique, quant &#224; lui, n'a pas non plus d'obligation d'appliquer les lois de police &#233;trang&#232;res, il en a cependant la facult&#233; (art. 7 Conv. Rome 1980). En revanche, si la lex contractus est la loi du for, il aura l'obligation d'en appliquer les lois de police.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9. Les lois de police des Etats tiers doivent-elles &#234;tre appliqu&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question est difficile. Il n'y a pas de solution absolue. Le juge a la possibilit&#233; d'appliquer les lois de police tierces (art. 7 Conv. Rome 1980), mais il n'en a pas l'obligation. L'arbitre se place dans la m&#234;me situation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arbitre est cependant tenu du principe fondamental qui gouverne l'arbitrage : le respect de la volont&#233; des parties. Ainsi, si les parties ont choisi une loi, l'arbitre ne devrait pas pouvoir appliquer une loi tierce, fut-elle imp&#233;rative, car il m&#233;conna&#238;trait alors leur volont&#233;. Certains arbitres sont hostiles &#224; l'application de lois de police tierces, d'autres l'acceptent. En revanche, lorsque les parties n'ont pas choisi de loi pour r&#233;gir leur contrat, l'arbitre peut librement appliquer une loi de police, puisqu'il ne fait alors qu'exercer son pouvoir de choix de la loi applicable au contrat en l'absence de choix des parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est un autre m&#233;canisme que l'application des lois de police tierces qui semble emporter la pr&#233;f&#233;rence des arbitres : il s'agit de leur prise en consid&#233;ration. L'id&#233;e est la suivante : constater la violation de la loi de police tierce comme un &#233;l&#233;ment de fait, et en tirer les cons&#233;quences en droit en application de la lex contractus. Cependant, ce raisonnement n'est pas parfait : il n'est pas tr&#232;s coh&#233;rent de tirer les cons&#233;quences de la violation d'une loi A sur le fondement d'une loi B, dans la mesure o&#249; c'est la loi viol&#233;e (la loi A) qui devrait fixer la sanction de cette violation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;10. Existe-t-il un ordre public r&#233;ellement international ? Est-il efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains pensent qu'il existe un ordre public r&#233;ellement international, diff&#233;rent des ordres publics &#233;tatiques. La question fait l'objet d'une importante controverse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier probl&#232;me est celui de la composition de cet ordre public : est-il compos&#233; des principes g&#233;n&#233;ralement admis ou des principes unanimement admis ? Dans le premier cas, il serait difficile d'opposer &#224; un ordre interne un principe qu'il ne reconna&#238;t pas (v. ci-dessous, deuxi&#232;me probl&#232;me). Dans le second cas, l'ordre public r&#233;ellement international n'a plus de sens, puisque les principes qu'il contient sont d&#233;j&#224; consacr&#233;s par tous les ordres internes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxi&#232;me probl&#232;me a trait &#224; la place dans la hi&#233;rarchie normative de cet ordre public r&#233;ellement international. Pour &#233;vincer une loi &#233;tatique, il doit lui &#234;tre sup&#233;rieur. Or, si le droit international est sup&#233;rieur au droit interne (art. 55 CF), ce n'est que parce qu'il a &#233;t&#233; accept&#233; par l'Etat (ratification). Or, la lex mercatoria (qui contient ces principes d'ordre public r&#233;ellement international) n'est pas &#233;labor&#233;e par les Etats, mais par la pratique du commerce international et par la jurisprudence arbitrale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le troisi&#232;me probl&#232;me qui se pose est relatif au contenu de l'ordre public r&#233;ellement international : celui-ci est flou et impr&#233;cis. Or, sa fonction premi&#232;re est l'&#233;viction et, apr&#232;s avoir &#233;vinc&#233; une norme juridique, il faut n&#233;cessairement en trouver une autre qui remplacera la premi&#232;re. Il appara&#238;t que la lex mercatoria n'est dans bien des cas pas capable de combler le vide qui r&#233;sulterait d'une telle &#233;viction. En outre, le caract&#232;re flou et impr&#233;cis du contenu de la lex mercatoria est dans une large mesure source d'ins&#233;curit&#233; juridique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En pratique, les arbitres sont plut&#244;t r&#233;ticents &#224; appliquer des principes issus de l'ordre public r&#233;ellement international. Peu de sentences reconnaissent ces principes comme d&#233;terminants et l'immense majorit&#233; d'entre elles s'appuient en outre sur des principes reconnus par les ordres juridiques internes concern&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;G. Questions relatives &#224; l'ex&#233;cution de la sentence.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Quelle est la diff&#233;rence entre la reconnaissance et l'ex&#233;cution d'une
sentence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question est mal formul&#233;e (mais c'est souvent le cas) : on devrait dire &quot;quelle diff&#233;rence entre demande en reconnaissance et demande en exequatur&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La demande en reconnaissance vise &#224; faire reconna&#238;tre par le juge &#233;tatique un &#233;tat de fait consacr&#233; par une d&#233;cision &#233;trang&#232;re (ou arbitrale). La demande en exequatur vise quand &#224; elle &#224; attribuer la force ex&#233;cutoire &#224; une d&#233;cision &#233;trang&#232;re ou arbitrale. Par exemple, une d&#233;cision qui prononce un divorce n'a pas besoin d'&#234;tre ex&#233;cut&#233;e : le divorce est un &#233;tat de fait qu'il suffit de constater. En revanche, une d&#233;cision qui condamne au paiement de dommages-int&#233;r&#234;ts devra &#234;tre ex&#233;cut&#233;e : l'ex&#233;cution est alors le paiement effectif des sommes dues en vertu de la condamnation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sentences arbitrales jouissent de l'autorit&#233; de la chose jug&#233;e, mais elles ne sont pas ex&#233;cutoires. Cela signifie que le cr&#233;ancier ne peut aller trouver les forces de l'ordre, se pr&#233;valant de la sentence, pour demander l'ex&#233;cution forc&#233;e. La sentence, pour poss&#233;der la force ex&#233;cutoire, doit recevoir le sceau du juge de l'exequatur, juge national de chaque pays o&#249; l'ex&#233;cution est demand&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Quelle est la port&#233;e du contr&#244;le effectu&#233; par le juge de l'exequatur
lorsque la sentence a &#233;t&#233; rendue &#224; l'&#233;tranger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque la sentence a &#233;t&#233; rendue &#224; l'&#233;tranger, le juge fran&#231;ais ne peut qu'accorder ou refuser la reconnaissance ou l'exequatur &#224; cette sentence. L'exequatur est en principe accord&#233;, sauf si la sentence n'existe pas ou qu'elle est &quot;manifestement&quot; contraire &#224; l'ordre public. Le juge effectue dans tous les cas un contr&#244;le sommaire qui s'arr&#234;te aux deux motifs pr&#233;cit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, en appel (contre l'ordonnance d'exequatur&amp;hellip;), le juge examinera les 5 cas limitatifs pr&#233;vus &#224; l'article 1502 (v. questions 8 &#224; 12).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. Quelle est la port&#233;e du contr&#244;le effectu&#233; par le juge de l'exequatur
lorsque la sentence a &#233;t&#233; rendue en France en mati&#232;re internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la sentence a &#233;t&#233; rendue en France, en mati&#232;re interne ou internationale, le juge fran&#231;ais est (le seul) comp&#233;tent pour conna&#238;tre d'un recours en annulation contre elle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. Pour quels motifs l'exequatur d'une sentence pourrait-il &#234;tre refus&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant le juge de l'exequatur, seuls deux motifs sont recevables : la sentence n'existe pas ; la sentence est manifestement contraire &#224; l'ordre public. Le contr&#244;le est, &#224; ce stade, minimal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant le juge d'appel, 5 motifs, &#233;num&#233;r&#233;s &#224; l'article 1502, sont recevables :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la sentence a &#233;t&#233; rendue en l'absence de convention d'arbitrage valable ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la sentence a &#233;t&#233; rendue par un tribunal arbitral non valablement constitu&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la sentence a &#233;t&#233; rendue au m&#233;pris de la mission conf&#233;r&#233;e &#224; l'arbitre ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la sentence a &#233;t&#233; rendue en violation du principe du contradictoire ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la reconnaissance ou l'exequatur de la sentence est contraire &#224; l'ordre public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. Peut-on recourir contre la d&#233;cision refusant ou accordant l'exequatur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, dans les cas o&#249; le recours en annulation n'est pas ouvert (sentence rendue &#224; l'&#233;tranger). Non, dans les cas o&#249; le recours en annulation est ouvert (sentence rendue en France).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6. Peut-on recourir contre la sentence elle-m&#234;me ? Dans quels cas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, le recours en annulation est ouvert contre la sentence lorsqu'elle a &#233;t&#233; rendue en France en mati&#232;re interne ou internationale. Cependant, le juge n'op&#232;re en aucun cas de r&#233;vision au fond de la sentence, il reste limit&#233; aux 5 chefs de contr&#244;le pr&#233;vus &#224; l'article 1502.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7. Quelle est la port&#233;e en France d'une sentence annul&#233;e &#224; l'&#233;tranger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La sentence annul&#233;e &#224; l'&#233;tranger, qui n'est pas int&#233;gr&#233;e dans l'ordre juridique de l'Etat du si&#232;ge, sera valable en France sous r&#233;serve du contr&#244;le op&#233;r&#233; par le juge de l'exequatur. v. jurisp. Norsolor-Hilmarton-Chromalloy&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8. Qu'advient-il de la sentence rendue en l'absence de convention
d'arbitrage valable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle peut &#234;tre annul&#233;e, ou se voir refuser la reconnaissance ou l'exequatur.
Attention de ne pas confondre cela avec l'autonomie de la clause compromissoire : ici, c'est la clause compromissoire elle-m&#234;me qui est vici&#233;e (absence, nullit&#233;, expiration). L'arbitre aurait d&#251; sanctionner cette clause compromissoire vici&#233;e (principe de comp&#233;tence-comp&#233;tence : l'arbitre a comp&#233;tence avant le juge &#233;tatique), mais il ne l'a pas fait ; c'est alors au juge de l'exequatur d'op&#233;rer son contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9. Qu'advient-il de la sentence rendue par un tribunal arbitral non
valablement constitu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle peut &#234;tre annul&#233;e, ou se voir refuser la reconnaissance ou l'exequatur.
Le d&#233;faut de constitution du tribunal englobe les cas &#233;num&#233;r&#233;s dans les questions relatives &#224; l'instance arbitrale : d&#233;faut d'ind&#233;pendance ou d'impartialit&#233; de l'arbitre, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;10. Qu'advient-il de la sentence rendue au m&#233;pris de la mission conf&#233;r&#233;e
&#224; l'arbitre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle peut &#234;tre annul&#233;e, ou se voir refuser la reconnaissance ou l'exequatur.
La mission de l'arbitre est de se conformer aux demandes des parties : il doit r&#233;pondre &#224; toutes les demandes des parties, et seulement aux demandes des parties. Ceci vise les cas d'infra petita et d'ultra petita. Il est en revanche libre de choisir son fondement juridique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11. Qu'advient-il de la sentence rendue en violation du principe du
contradictoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle peut &#234;tre annul&#233;e, ou se voir refuser la reconnaissance ou l'exequatur.
C'est une garantie proc&#233;durale fondamentale, qui peut se confondre aux les garanties proc&#233;durales d'ordre public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;12. Qu'advient-il de la sentence lorsque sa reconnaissance est contraire
&#224; l'ordre public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle peut &#234;tre annul&#233;e, ou se voir refuser la reconnaissance ou l'exequatur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trois remarques :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; il s'agit aussi bien de l'ordre public de fond que de l'ordre public proc&#233;dural ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; il ne s'agit pas d'un ordre public transnational mais de l'ordre public fran&#231;ais, appr&#233;ci&#233; in concreto : c'est-&#224;-dire que ce n'est pas la violation d'un r&#232;gle d'ordre public qui motive la sanction, mais le r&#233;sultat de cette violation qui est lui-m&#234;me contraire &#224; l'ordre public ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'appr&#233;ciation de la violation de l'ordre public s'op&#232;re au moment de la sanction (principe d'actualit&#233; de l'ordre public).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;H. Questions relatives &#224; la jurisprudence.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. L'arr&#234;t &quot;Hecht&quot; (Cass).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La clause compromissoire doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e ind&#233;pendamment de toute loi &#233;tatique (1&#232;re phase de l'&#233;volution vers la jurisp. Dalico).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La clause compromissoire stipul&#233;e dans un contrat mixte (commercial pour l'une des parties et civil pour l'autre) est normalement illicite en droit fran&#231;ais (arbitrage interne), mais cette illic&#233;it&#233; n'est pas applicable en mati&#232;re d'arbitrage international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. L'arr&#234;t &quot;Menicucci&quot; (CA Paris).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La clause compromissoire est ind&#233;pendante de toute loi &#233;tatique : sa validit&#233; ne s'appr&#233;cie pas en fonction d'une loi d&#233;sign&#233;e par la RCL applicable, mais en fonction d'une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais de l'arbitrage international. Autrement dit, la validit&#233; de la clause compromissoire s'appr&#233;cie &quot;au regard des seules exigences de l'ordre public international&quot;. (2&#232;me phase de l'&#233;volution vers la jurisp. Dalico).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;*3. L'arr&#234;t &quot;Dalico&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La clause compromissoire est certes ind&#233;pendante du contrat au fond (confirmation de la jurisp. Gosset), mais elle est aussi ind&#233;pendante de toute loi &#233;tatique.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La validit&#233; de la clause compromissoire s'appr&#233;cie en vertu d'une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais de l'arbitrage international, sans que la loi applicable &#224; la clause compromissoire doive &#234;tre recherch&#233;e en mettant en oeuvre une RCL.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la validit&#233; de la clause compromissoire s'appr&#233;cie par rapport &#224; la commune intention des parties (nouveaut&#233; consacr&#233;e par cet arr&#234;t).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; L'autonomie de la clause compromissoire, appr&#233;ci&#233;e selon la commune intention des parties, n'existe que sous r&#233;serve des dispositions imp&#233;ratives du droit fran&#231;ais (lois de police et ordre public).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4. L'arr&#234;t &quot;Zanzi&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Il existe un &quot;principe de validit&#233; de la clause compromissoire&quot; qui ne semble admettre aucune exception.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Cette jurisprudence fut abandonn&#233;e, pour en revenir &#224; la jurisp. Dalico.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5. L'arr&#234;t &quot;Gosset&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le crit&#232;re de la &quot;mise en jeu des int&#233;r&#234;ts du commerce international&quot; remplace pour la premi&#232;re fois la doctrine Matter pour distinguer l'arbitrage interne de l'arbitrage international.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La clause compromissoire est ind&#233;pendante du contrat de fond. La nullit&#233; du contrat n'emporte pas la nullit&#233; de la clause compromissoire, et ce, m&#234;me si les deux negotia sont contenus dans le m&#234;me instrumentum.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;*6. L'arr&#234;t &quot;Galakis&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; L'interdiction de compromettre faite aux personnes morales de droit public n'est pas une question de capacit&#233; au sens de l'art. 3 CC.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La Cour d'appel a seulement &#224; rechercher si l'interdiction pos&#233;e en droit interne s'applique aussi dans l'ordre international.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La solution se trouve dans une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais de l'arbitrage international : les personnes morales de droit public peuvent compromettre dans l'ordre international et sont valablement li&#233;es par une convention d'arbitrage international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7. L'arr&#234;t &quot;Gatoil&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La solution de l'arr&#234;t Galakis s'applique non seulement aux personnes morales de droit public fran&#231;aises mais aussi, au regard du droit fran&#231;ais, aux personnes publiques &#233;trang&#232;res. La solution de l'arr&#234;t Galakis est bilat&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;*8. L'arr&#234;t &quot;Mitsubishi&quot; (US. S. Ct.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le droit am&#233;ricain antitrust est une loi de police qui doit &#234;tre appliqu&#233;e par les arbitres, m&#234;me si le si&#232;ge de l'arbitrage est fix&#233; hors des Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9. L'arr&#234;t &quot;Labinal&quot; (CA Paris) ; et 10. l'arr&#234;t &quot;Ganz&quot; (CA Paris).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Labinal et Ganz : l'arbitre n'a plus &#224; se d&#233;clarer incomp&#233;tent lorsqu'il se trouve face &#224; un litige inarbitrable ; il doit sanctionner l'inarbitralit&#233; du litige lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11. L'arr&#234;t &quot;Jaguar&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; En vertu du principe d'autonomie de la clause compromissoire, cette-ci est valable dans l'ordre international sous r&#233;serve de l'ordre public, m&#234;me lorsque le litige porte sur un contrat qui rel&#232;ve du droit de la consommation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;*12. L'arr&#234;t &quot;Valenciana&quot; (Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; L'arbitre qui, en l'absence de choix par les parties de la loi applicable au contrat, a choisi d'appliquer la lex mercatoria a bien statu&#233; en droit et n'a pas viol&#233; les termes de sa mission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;*13. L'affaire &quot;Hilmarton&quot; (CA/Cass.).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; L'annulation d'une sentence &#224; l'&#233;tranger n'a pas de cons&#233;quence en France : la sentence n'est pas int&#233;gr&#233;e dans l'ordre juridique de l'Etat du si&#232;ge de l'arbitrage, et son annulation ne la prive pas d'effet en France, d&#232;s lors qu'elle a re&#231;u le sceau du juge fran&#231;ais de l'exequatur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;*14. L'arr&#234;t &quot;Eco Swiss&quot; (CJCE).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &quot;une juridiction nationale saisie d'une demande en annulation d'une sentence arbitrale doit faire droit &#224; une telle demande lorsqu'elle estime la sentence effectivement contraire &#224; l'article 81 TCE, d&#232;s lors qu'elle doit selon les r&#232;gles de proc&#233;dure internes faire droit &#224; la demande en annulation fond&#233;e sur la m&#233;connaissance des r&#232;gles nationales d'ordre public&quot;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Autrement dit, le droit communautaire de la concurrence est d'ordre public dans les Etats membres, et ce sont les juges de ces Etats membres qui doivent en assurer le respect, d&#232;s lors que leurs lois nationales les obligent &#224; sanctionner les sentences contraires &#224; l'ordre public interne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>La circulation des d&#233;cisions dans le r&#232;glement &#171; Bruxelles II bis &#187; </title>
		<link>http://www.intlex.org/La-circulation-des-decisions-dans.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/La-circulation-des-decisions-dans.html</guid>
		<dc:date>2006-12-13T18:34:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html">Droit international priv&#233;</category>


		<description>Le r&#232;glement communautaire &#171; Bruxelles II bis &#187; n&#176;2201/2003 du 27 novembre 2003 instaure de nouvelles r&#232;gles de droit international priv&#233; et perfectionne les r&#232;gles existantes en mati&#232;re de droit matrimonial et de responsabilit&#233; parentale. &lt;br /&gt;Le chapitre III du r&#232;glement traite de la reconnaissance et de l'ex&#233;cution des d&#233;cisions qui rentrent dans son champ d'application. La section IV du chapitre III pr&#233;sente une innovation majeure en mati&#232;re de droit de garde et en mati&#232;re d'enl&#232;vement (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html" rel="directory"&gt;Droit international priv&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#232;glement communautaire &#171; Bruxelles II bis &#187; n&#176;2201/2003 du 27 novembre 2003 instaure de nouvelles r&#232;gles de droit international priv&#233; et perfectionne les r&#232;gles existantes en mati&#232;re de droit matrimonial et de responsabilit&#233; parentale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chapitre III du r&#232;glement traite de la reconnaissance et de l'ex&#233;cution des d&#233;cisions qui rentrent dans son champ d'application. La section IV du chapitre III pr&#233;sente une innovation majeure en mati&#232;re de droit de garde et en mati&#232;re d'enl&#232;vement d'enfant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&quot;font-size:1.8em; color:#FF0000; text-align:center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/IMG/pdf/La_circulation_des_decisions_dans_le_reglement_Bruxelles_II_bis.pdf&quot;&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdfpng-299fd299f-26d96.png&quot; alt=&quot;T&#233;l&#233;charger&quot;/ width='52' height='52' style='height:52px;width:52px;' class=' format_png' &gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cliquez ici pour t&#233;l&#233;charger l'article
&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 18.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Arial;&quot;&gt;&lt;b&gt;Les instruments du r&#232;glement &#171; Bruxelles II bis &#187; facilitant la circulation des d&#233;cisions dans l'espace judiciaire commun&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 18.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Arial;&quot;&gt;&lt;b&gt;I.&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;La reconnaissance des d&#233;cisions s'inscrivant dans le champ d'application du r&#232;glement &#171; Bruxelles II bis &#187;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 12.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;b&gt;A.&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;Les d&#233;cisions concern&#233;es par le chapitre III du r&#232;glement &#171; Bruxelles II bis &#187;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;1)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les actes juridictionnels&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;2)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les autres types d'actes&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 12.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;b&gt;B.&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;Le m&#233;canisme de reconnaissance des d&#233;cisions du chapitre III du r&#232;glement &#171; Bruxelles II bis &#187;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;1)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le principe g&#233;n&#233;ral de reconnaissance des d&#233;cisions (art. 21)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le principe g&#233;n&#233;ral de reconnaissance automatique (art. 21 &#167; 1)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La mise &#224; jour des actes d'&#233;tat civil dans l'Etat requis (art. 21 &#167; 2)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;c.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La reconnaissance automatique n'interdit pas que soit demand&#233; l'exequatur (art. 21 &#167; 3)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;d.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La reconnaissance d'une d&#233;cision par demande incidente (art. 21 &#167; 4)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;2)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les hypoth&#232;ses de refus de reconnaissance (arts. 22 et 23)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les hypoth&#232;ses communes aux articles 22 et 23&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;i.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La contrari&#233;t&#233; &#224; l'ordre public (art. 22, a et art. 23, a)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;ii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le d&#233;faut du d&#233;fendeur (art. 22, b et art. 23, c)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;iii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le sursis &#224; statuer (art. 27)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;iv.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'inconciliabilit&#233; avec une autre d&#233;cision (art. 22, c et d ; art. 23, e et f)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les hypoth&#232;ses sp&#233;cifiques aux d&#233;cisions en mati&#232;re de responsabilit&#233; parentale (art. 23)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;i.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'absence d'audition de l'enfant (art. 23, b)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;ii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'absence d'audition de toute personne int&#233;ress&#233;e (art. 23, d)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;iii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'exercice de la comp&#233;tence r&#233;siduelle (abrog&#233; : art. 16 du r&#232;glement &#171; Bruxelles II &#187;)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;9&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;iv.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le non respect de la proc&#233;dure pr&#233;vue &#224; l'article 56 (art. 23, g)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;3)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les dispositions compl&#233;mentaires facilitant la reconnaissance (arts. 24 &#224; 27)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'interdiction du contr&#244;le de la comp&#233;tence de la juridiction d'origine (art. 24) et de la r&#233;vision au fond (art. 26).&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'interdiction du refus de reconnaissance bas&#233; sur la disparit&#233; des lois applicables (art. 25)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 18.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Arial;&quot;&gt;&lt;b&gt;II.&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;L'ex&#233;cution des d&#233;cisions s'inscrivant dans le champ d'application du r&#232;glement &#171; Bruxelles II bis &#187;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 12.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;b&gt;A.&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;Les conditions g&#233;n&#233;rales de l'ex&#233;cution des d&#233;cisions&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;1)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Principe g&#233;n&#233;ral : l'all&#233;gement des conditions d'exequatur&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'exclusion du domaine de la d&#233;sunion (art. 28)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;11&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les conditions de l'exequatur (art. 28)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;i.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La d&#233;cision doit &#234;tre ex&#233;cutoire dans l'Etat d'origine&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;ii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La d&#233;cision doit avoir &#233;t&#233; signifi&#233;e ou notifi&#233;e&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;c.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La possibilit&#233; d'accorder l'exequatur partiel (art. 36)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;2)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La demande en exequatur&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Phase unilat&#233;rale (arts. 29 &#224; 32)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Phase contradictoire (arts. 33 et 34)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;3)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les motifs de refus d'exequatur&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 12.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;b&gt;B.&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;Les r&#232;gles sp&#233;ciales de la section 4 du chapitre III&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;1)&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La suppression de l'exequatur et les dispositions particuli&#232;res applicables en mati&#232;re de &lt;i&gt;droit de visite&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Buts et origines du principe de reconnaissance et d'ex&#233;cution automatiques (art. 41 &#167; 1)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Champ d'application mat&#233;riel : les d&#233;cisions sur le &#171; droit de visite &#187; (art. 2 &#167; 10)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;c.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le &#171; certificat &#187; ou &#171; passeport pour la d&#233;cision &#187; (art. 41 &#167; 2)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;d.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;L'organisation des modalit&#233;s d'exercice du droit de visite&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 12.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;i&gt;2)&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La suppression de l'exequatur et les dispositions particuli&#232;res applicables en mati&#232;re d'&lt;i&gt;enl&#232;vement d'enfants&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;a.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Buts et origines des dispositions applicables en mati&#232;re d'enl&#232;vement d'enfants&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;b.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Champ d'application mat&#233;riel : &#171; d&#233;placement ou non-retour illicites &#187; (art. 2 &#167; 11)&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 24.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;c.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le m&#233;canisme de retour imm&#233;diat&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;i.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La limitation du jeu de l'article 13, b de la Convention de La Haye de 1980&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;ii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Les autres dispositions facilitant le retour de l'enfant&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 48.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;Les auditions&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 48.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;L'acc&#233;l&#233;ration des proc&#233;dures&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; font: 10.0px Times New Roman;&quot;&gt;iii.&lt;span style=&quot;font: 12.0px Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Le caract&#232;re ex&#233;cutoire de plein droit des d&#233;cisions statuant sur le retour&lt;span style=&quot;white-space:pre;&quot;&gt;	&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.intlex.org/IMG/pdf/La_circulation_des_decisions_dans_le_reglement_Bruxelles_II_bis.pdf" length="405882" type="application/pdf" />
		

	</item>



	<item>
		<title>L'autonomie de la clause compromissoire</title>
		<link>http://www.intlex.org/L-autonomie-de-la-clause.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/L-autonomie-de-la-clause.html</guid>
		<dc:date>2006-11-19T19:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-du-commerce-international-.html">Droit du commerce international</category>

		<dc:subject>Arbitrage</dc:subject>

		<description>Lors de la conclusion d'un contrat du commerce international, les parties peuvent d&#233;cider qu'un &#233;ventuel diff&#233;rend n&#233; entre elles &#224; l'occasion de l'ex&#233;cution de ce contrat sera tranch&#233; par un tribunal arbitral. Un tribunal arbitral, qui n'est pas une juridiction &#233;tatique, est investi par les parties et tire sa l&#233;gitimit&#233; de l'expression de leur volont&#233; commune. Un tel choix des parties est exprim&#233; dans une &#171; clause compromissoire &#187; ou &#171; convention d'arbitrage &#187;. &lt;br /&gt;Pendant longtemps, la (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-du-commerce-international-.html" rel="directory"&gt;Droit du commerce international&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-Arbitrage-+.html" rel="tag"&gt;Arbitrage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Lors de la conclusion d'un contrat du commerce international, les parties peuvent d&#233;cider qu'un &#233;ventuel diff&#233;rend n&#233; entre elles &#224; l'occasion de l'ex&#233;cution de ce contrat sera tranch&#233; par un tribunal arbitral. Un tribunal arbitral, qui n'est pas une juridiction &#233;tatique, est investi par les parties et tire sa l&#233;gitimit&#233; de l'expression de leur volont&#233; commune. Un tel choix des parties est exprim&#233; dans une &#171; clause compromissoire &#187; ou &#171; convention d'arbitrage &#187;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant longtemps, la jurisprudence a assimil&#233; deux questions totalement diff&#233;rentes, les pr&#233;sentant toutes deux sous la qualification de &#171; principe d'autonomie &#187; de la clause compromissoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La premi&#232;re question est celle de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;autonomie de la clause compromissoire par rapport &#224; la convention de fond&lt;/i&gt; (ou &#171; contrat principal &#187;). Cette question ne se pose plus depuis la jurisprudence &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-1&quot; name=&quot;nh6-1&quot; id=&quot;nh6-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Cass. Civ. 1&#232;re &#171; Gosset &#187;, 7 mai 1963' &gt;1&lt;/a&gt;] &#187; qui &#233;tablit que la validit&#233; de la clause compromissoire n'est pas affect&#233;e par la nullit&#233; du contrat qui la contient (I).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le principe d'autonomie de la convention d'arbitrage am&#232;ne &#224; penser que cette derni&#232;re constitue un objet juridique distinct du contrat principal. Selon une partie de la doctrine, il existerait ainsi une convention de fond et une seconde convention d&#233;finissant les modalit&#233;s de r&#232;glement des diff&#233;rends qui pourraient surgir &#224; l'occasion de l'ex&#233;cution de la premi&#232;re. La question est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s discut&#233;e : d'une part, les deux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;negotia&lt;/i&gt; peuvent &#234;tre ins&#233;r&#233;s dans un m&#234;me &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;instrumentum&lt;/i&gt;, ce qui peut les confondre et rendre leur distinction bien difficile ; d'autre part, il peut exister des cas dans lesquels la nullit&#233; de la convention principale entra&#238;ne la nullit&#233; de la convention d'arbitrage, comme si ces deux contrats n'en formaient en r&#233;alit&#233; qu'un. Le terme de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s&#233;parabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire propos&#233; par P. Mayer semble, dans un tel contexte, bien plus appropri&#233; que celui d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ind&#233;pendance&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seconde question est celle de l'autonomie de la convention d'arbitrage par rapport &#224; toute loi &#233;tatique (II). Autrement dit, l'existence et la validit&#233; d'une convention d'arbitrage doivent s'appr&#233;cier selon des r&#232;gles mat&#233;rielles. La cons&#233;cration de ce principe, ainsi que la distinction entre les deux formes de l'autonomie de la convention d'arbitrage, proviennent de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-2&quot; name=&quot;nh6-2&quot; id=&quot;nh6-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Cass. Civ. 1&#232;re &#171; Dalico &#187;, 20 d&#233;cembre 1993' &gt;2&lt;/a&gt;] &#187; de la Cour de cassation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;I.	L'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; et la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s&#233;parabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire. L'extension de la nullit&#233; du contrat principal &#224; la convention d'arbitrage.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I.1. Le principe de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s&#233;parabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire consacr&#233; par l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187;, la Cour de cassation d&#233;cida qu'un arbitre avait pu rendre une d&#233;cision valable, alors que sa comp&#233;tence &#233;tait fond&#233;e sur une clause compromissoire figurant dans un contrat dont la nullit&#233; &#233;tait all&#233;gu&#233;e, d&#232;s lors qu'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;en mati&#232;re d'arbitrage international, l'accord compromissoire, qu'il soit conclu s&#233;par&#233;ment ou inclus dans l'acte juridique auquel il a trait, pr&#233;sente toujours, sauf circonstances exceptionnelles (&amp;hellip;), une compl&#232;te autonomie juridique, excluant qu'il puisse &#234;tre affect&#233; par une &#233;ventuelle invalidit&#233; de cet acte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution est de bon sens. Imaginons qu'il soit demand&#233; &#224; l'arbitre d'annuler un contrat pr&#233;tendument atteint d'un grave vice fondant sa nullit&#233;. Imaginons maintenant que l'arbitre en arrive &#224; la conclusion que le contrat est effectivement nul. Imaginons, pour finir, que l'arbitre soit investi par une clause compromissoire contenue dans ce contrat. Le contrat &#233;tant nul, si sa nullit&#233; emporte la nullit&#233; de la clause compromissoire, l'arbitre se trouve r&#233;troactivement priv&#233; de toute l&#233;gitimit&#233;. Autrement dit, la sentence d&#233;cidant de la nullit&#233; du contrat est priv&#233;e de tout effet et le contrat reste valable. Il est n&#233;cessaire, pour &#233;viter de tomber dans un tel cercle vicieux, de consid&#233;rer que la nullit&#233; du contrat principal est sans effet sur la validit&#233; de la clause compromissoire qu'il contient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce principe est affirm&#233;e avec d'autant plus de force que la Cour de cassation prend la peine de pr&#233;ciser dans l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; que la solution est valable que l'accord compromissoire &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;soit conclu s&#233;par&#233;ment ou inclus dans l'acte juridique auquel il a trait&lt;/i&gt; &#187;. Si la convention d'arbitrage est conclue s&#233;par&#233;ment de la convention principale, il para&#238;t &#233;vident que la nullit&#233; de l'une ne doit pas rejaillir sur l'autre. Encore qu'une convention d'arbitrage ne se rapportant pas &#224; un contrat n'a pas de sens et encore moins de raison d'&#234;tre ; l'argument sera d&#233;velopp&#233; par la suite. Si, en revanche, les deux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;negotia&lt;/i&gt; se trouvent dans le m&#234;me &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;instr&lt;/i&gt;umentum, il devient n&#233;cessaire de justifier l'ind&#233;pendance de l'un par rapport &#224; l'autre. Certains auteurs consid&#232;rent ainsi qu'il s'agit de deux contrats diff&#233;rents et autonomes. D'autres auteurs pr&#233;f&#232;rent dire que la convention d'arbitrage est &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;un accessoire du droit d'action qui accompagne les droits substantiels n&#233;s du contrat principal&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-3&quot; name=&quot;nh6-3&quot; id=&quot;nh6-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] V. &#224; ce propos : J. B&#233;quin, M. Menjucq ; &#171; Droit du commerce (...)' &gt;3&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la jurisprudence &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; affirme l'ind&#233;pendance de la clause compromissoire par rapport au contrat principal, elle n'indique en rien comment doit s'appr&#233;cier la validit&#233; de la clause compromissoire. D&#232;s lors, les parties pourront &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d&#233;pecer&lt;/i&gt; &#187; le contrat et choisir une loi pour la convention de fond et une loi diff&#233;rente pour la clause compromissoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I.2. La convention d'arbitrage est-elle un contrat &#224; part enti&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les termes &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;convention d'arbitrage&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;clause compromissoire&lt;/i&gt; &#187; sont ici interchangeables [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-4&quot; name=&quot;nh6-4&quot; id=&quot;nh6-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] En r&#233;alit&#233;, ils ne le sont pas. On dira qu&amp;#39;il y a une convention (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]. Or, si l'on peut dire qu'il existe une convention sp&#233;cifique &#224; l'arbitrage &#224; c&#244;t&#233; du contrat principal, la m&#234;me affirmation perd tout son sens si l'on parle de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;clause compromissoire&lt;/i&gt;. Une clause est en effet par nature ins&#233;r&#233;e dans un contrat, un contrat &#233;tant un ensemble de clauses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La th&#233;orie affirmant que clause compromissoire et contrat principal constituent deux conventions diff&#233;rentes et autonomes ne semble pas r&#233;sister &#224; l'argument avanc&#233; par P. Mayer : la clause compromissoire &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;serait inconcevable en l'absence du reste du contrat. On ne peut pr&#233;voir le recours &#224; l'arbitrage in vacuo. (&amp;hellip;) L'objet m&#234;me de la clause compromissoire est constitu&#233; par le reste du contrat.&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-5&quot; name=&quot;nh6-5&quot; id=&quot;nh6-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] P. Mayer &#171; Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause compromissoire (...)' &gt;5&lt;/a&gt;] &#187;. L'objet de la clause compromissoire est en effet de d&#233;finir les modalit&#233;s de r&#232;glement d'un diff&#233;rend qui pourrait survenir &#224; l'occasion de l'ex&#233;cution d'un contrat ; or, s'il n'y a pas de contrat &#224; ex&#233;cuter, il ne peut y avoir de diff&#233;rend contractuel [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-6&quot; name=&quot;nh6-6&quot; id=&quot;nh6-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] En l&amp;#39;absence de contrat, la mati&#232;re est d&#233;lictuelle. Les mati&#232;res (...)' &gt;6&lt;/a&gt;] et la clause compromissoire n'a plus de raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La clause compromissoire a trait &#224; la proc&#233;dure, elle ne concerne pas directement les droits substantiels. Or, quel peut &#234;tre l'int&#233;r&#234;t de d&#233;finir une proc&#233;dure totalement abstraite qui ne porterait sur aucun droit ou aucune obligation ? La clause compromissoire d&#233;finit simplement une partie du r&#233;gime juridique choisi par les parties lors de la conclusion du contrat qui les lie. On peut donc affirmer que la clause compromissoire ne constitue pas un contrat &#224; part enti&#232;re &#224; c&#244;t&#233; du contrat principal portant sur le fond [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-7&quot; name=&quot;nh6-7&quot; id=&quot;nh6-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Contra : E. Loquin, V. note sour l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, (...)' &gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N&#233;anmoins, en pratique, il peut &#234;tre bien utile de distinguer la convention d'arbitrage du contrat principal. Dans une affaire port&#233;e devant le Tribunal f&#233;d&#233;ral suisse [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-8&quot; name=&quot;nh6-8&quot; id=&quot;nh6-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Tribunal F&#233;d&#233;ral suisse ; 20 d&#233;cembre 1995 ; Bull. Arr&#234;ts du tribunal (...)' &gt;8&lt;/a&gt;], il &#233;tait question d'un contrat contenant une clause compromissoire. La validit&#233; de la convention d'arbitrage comme celle du contrat principal &#233;taient contest&#233;es. Le demandeur soutenait que la sentence arbitrale rendue n'&#233;tait pas valable, le tribunal arbitral ayant &#233;t&#233; investi par une convention d'arbitrage vici&#233;e par la violence. Selon le Tribunal f&#233;d&#233;ral suisse, l'arbitre doit dans un tel cas appr&#233;cier la validit&#233; de la clause, en constatant qu'il n'y a pas eu plus de consentement sur la clause compromissoire que sur le reste du contrat, et d&#233;nier sa comp&#233;tence. Si l'arbitre consid&#232;re que la clause compromissoire est affect&#233;e par un vice du consentement tel que la violence, il devra s'estimer incomp&#233;tent pour statuer sur le contrat principal. On pourrait donc consid&#233;rer dans ce cas qu'il existe deux conventions diff&#233;rentes et que l'arbitre doit se prononcer sur la validit&#233; de la premi&#232;re avant de pouvoir juger de la validit&#233; de la seconde : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cela suppose toutefois n&#233;cessairement que le tribunal arbitral, avant de rendre une d&#233;cision incidente au sujet de sa comp&#233;tence, examine sans aucune r&#233;serve les objections relatives &#224; l'existence et &#224; la validit&#233; d'une convention de proc&#233;dure dont d&#233;pend sa comp&#233;tence, quand bien m&#234;me ces objections et celles dirig&#233;es contre le contrat principal se recouvriraient.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un arr&#234;t [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-9&quot; name=&quot;nh6-9&quot; id=&quot;nh6-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Cass. 6 d&#233;cembre 1988 ; JO DI 1990, p. 134' &gt;9&lt;/a&gt;] de la Cour de cassation va encore plus loin. Dans cette esp&#232;ce, la validit&#233; d'une clause compromissoire &#233;tait discut&#233;e, le contrat principal ne produisant pas d'effet. Le contrat principal avait &#233;t&#233; valablement conclu, mais n'&#233;tait jamais entr&#233; en vigueur. Son entr&#233;e en vigueur &#233;tait soumise &#224; condition suspensive du versement d'un acompte et de la fourniture d'une garantie bancaire que l'acheteur n'avait jamais remplie. L'acheteur soutient devant la Cour de cassation que le contrat qui n'est jamais entr&#233; en vigueur n'a jamais eu force de droit, et ne permet pas &#224; l'arbitre de valider sa comp&#233;tence. La Cour de cassation r&#233;pond &#224; cela que le contrat a bel et bien fait l'objet d'un consentement par les deux parties, que le diff&#233;rend opposant les parties &#233;tait relatif aux seules conditions de conclusion du contrat et que ce diff&#233;rend peut &#234;tre tranch&#233; par un tribunal arbitral valablement investi par la clause compromissoire. Dans ce contexte, on pourrait dire qu'il y a deux contrats distincts : celui portant la clause compromissoire qui est entr&#233; en vigueur d&#232;s la rencontre des consentements, et celui portant sur le fond qui n'est jamais entr&#233; en vigueur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I.3. Une s&#233;parabilit&#233; relative : la distinction &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nullit&#233;&lt;/i&gt; / &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;inexistence&lt;/i&gt; est-elle pertinente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un clause d'un contrat peut, en droit fran&#231;ais, &#234;tre annul&#233;e sans que le reste du contrat en soit affect&#233;. Il est fr&#233;quent de rencontrer en droit du commerce des clauses dont la loi &#233;tablit qu'elles seront &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;put&#233;es non &#233;crites&lt;/i&gt; &#187;. Il s'agit par exemple des clauses dites &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l&#233;onines&lt;/i&gt;, qui peuvent &#234;tre rencontr&#233;es dans les statuts des soci&#233;t&#233;s commerciales et qui peuvent &#234;tre class&#233;es en quatre types selon ce qu'elles pr&#233;voient : 1) tous les b&#233;n&#233;fices seront distribu&#233;s au m&#234;me associ&#233; ; 2) un associ&#233; est totalement exon&#233;r&#233; des pertes ; 3) un associ&#233; est exclu de tout profit ; 4) un associ&#233; devra supporter toutes les pertes. Partant de l&#224;, peuvent se pr&#233;senter deux situations : dans le premier cas, la clause l&#233;onine peut &#234;tre effac&#233;e du contrat de soci&#233;t&#233; sans que celui-ci en soit d&#233;natur&#233;, elle seule sera alors r&#233;put&#233;e non &#233;crite et le reste du contrat restera valable ; dans le second cas, la clause l&#233;onine constitue la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cause impulsive et d&#233;terminante&lt;/i&gt; &#187; du contrat de soci&#233;t&#233; et sa nullit&#233; emportera la nullit&#233; du contrat dans son ensemble. Pour autant, la clause l&#233;onine n'est jamais consid&#233;r&#233;e comme une convention &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etant &#233;tabli que le contrat peut survivre &#224; l'annulation d'une de ses clauses, il reste &#224; savoir si la r&#233;ciproque est vraie. La r&#233;ponse doit &#234;tre affirmative selon P. Mayer &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;si la clause est appel&#233;e &#224; jouer, selon la volont&#233; des parties, un r&#244;le d&#233;terminant dans le prononc&#233; de la nullit&#233; ou dans les cons&#233;quences de cette nullit&#233;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-10&quot; name=&quot;nh6-10&quot; id=&quot;nh6-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] P. Mayer &#171; Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause compromissoire (...)' &gt;10&lt;/a&gt;] &#187;. On comprend facilement qu'il s'agit ici d'&#233;viter &#224; tout prix d'entrer dans le cercle vicieux pr&#233;c&#233;demment d&#233;crit : pour pouvoir annuler le contrat litigieux et d&#233;cider des cons&#233;quences de cette annulation, l'arbitre doit conserver sa comp&#233;tence m&#234;me si celle-ci est fond&#233;e sur une clause de ce contrat. Le contraire serait lourd de cons&#233;quences en ce qu'il suffirait au d&#233;fendeur d'all&#233;guer la nullit&#233; du contrat en cause pour soustraire le litige au tribunal arbitral et le remettre entre les mains du juge &#233;tatique. Cela reviendrait &#224; nier tout effet obligatoire aux clauses compromissoires et &#224; les priver totalement d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe n&#233;anmoins des cas dans lesquels la nullit&#233; du contrat devrait entra&#238;ner la nullit&#233; de la clause compromissoire. L'hypoth&#232;se la plus &#233;vidente est celle dans laquelle le contrat est inexistant. Tel est le cas en pr&#233;sence d'une &#171; erreur-obstacle &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-11&quot; name=&quot;nh6-11&quot; id=&quot;nh6-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Erreur in negotio sur la nature du contrat ou erreur in corpore sur (...)' &gt;11&lt;/a&gt;] : en mati&#232;re civile, les tribunaux fran&#231;ais consid&#232;rent qu'il ne s'agit plus d'un vice du consentement mais d'une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;absence&lt;/i&gt; totale de consentement et que le contrat n'a jamais &#233;t&#233; conclu. Dans une telle situation, le consentement des parties ne s'est pas plus accord&#233; sur la clause compromissoire que sur le reste du contrat, le tout devrait &#234;tre annul&#233; en bloc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'annulation en bloc de la convention d'arbitrage et du contrat principal en cas d'inexistence &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ab initio&lt;/i&gt; de ce dernier [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-12&quot; name=&quot;nh6-12&quot; id=&quot;nh6-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] V. favorables : P. Mayer &#171; Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause (...)' &gt;12&lt;/a&gt;] n'est pourtant g&#233;n&#233;ralement retenue ni par la jurisprudence fran&#231;aise [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-13&quot; name=&quot;nh6-13&quot; id=&quot;nh6-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] V. Cass. Civ. 1&#232;re, 6 d&#233;cembre 1998, &#171; Navimpex &#187; ; et CA Paris, 8 (...)' &gt;13&lt;/a&gt;] ni par les textes internationaux [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-14&quot; name=&quot;nh6-14&quot; id=&quot;nh6-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] Art. 6.4 r&#232;glement CCI, art. 21.1 r&#232;glement CNUDCI' &gt;14&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour de cassation a cependant jug&#233; dans un arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L.B. Cassia&lt;/i&gt; &#187; du 10 juillet 1990 &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;qu'en mati&#232;re d'arbitrage international, l'autonomie de la clause compromissoire trouvait sa limite dans l'existence en la forme de la convention principale qui contient la clause invoqu&#233;e, et cette existence devait n&#233;cessairement s'appr&#233;cier d'apr&#232;s la loi qui selon les principes du droit international priv&#233; r&#233;gissait la forme de la convention&lt;/i&gt; &#187;. Selon cet arr&#234;t, la clause compromissoire ne semble pas devoir r&#233;sister &#224; l'inexistence en la forme du contrat principal, inexistence qui s'appr&#233;cie selon la loi applicable en vertu de la r&#232;gle de conflit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une partie de la doctrine voit dans la solution de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-15&quot; name=&quot;nh6-15&quot; id=&quot;nh6-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Arr&#234;t de principe CASS Civ 1&#232;re &#171; Dalico &#187; du 20 d&#233;cembre 1993 ; Revue (...)' &gt;15&lt;/a&gt;] &#187; une remise en cause du principe consacr&#233; dans l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L.B. Cassia&lt;/i&gt; &#187; selon lequel &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'autonomie de la clause compromissoire [trouve] sa limite dans l'existence en la forme de la convention principale qui contient la clause invoqu&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. E. Loquin estime en effet que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d&#232;s lors que la convention d'arbitrage est distincte de la convention qui la contient, et que sa validit&#233; &#233;chappe aux conditions de forme pos&#233;es par toute loi &#233;tatique, elle ne peut &#234;tre &#233;cart&#233;e du seul fait que la convention qui la contient n'a pas d'existence selon la loi d&#233;sign&#233;e par le droit international priv&#233; pour r&#233;gir la forme&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-16&quot; name=&quot;nh6-16&quot; id=&quot;nh6-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] Note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 696' &gt;16&lt;/a&gt;] &#187;. L'argument est logique et cette solution pourrait tout &#224; faire &#234;tre retenue sur un plan purement th&#233;orique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N&#233;anmoins, en suivant une d&#233;marche plus pragmatique, on en arrive rapidement &#224; la conclusion qu'une clause compromissoire n'a pas de raison d'&#234;tre en l'absence de contrat de fond [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-17&quot; name=&quot;nh6-17&quot; id=&quot;nh6-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] V. plus haut --- argument d&#233;velopp&#233; par P. Mayer dans &#171; Les limites de (...)' &gt;17&lt;/a&gt;]. On dira donc avec H. Gaudemet-Tallon que la solution de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L.B. Cassia&lt;/i&gt; &#187; n'est pas remise en cause par l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; car &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;si le contrat principal n'existe pas de fa&#231;on formelle, la clause compromissoire n'a pas d'objet et est n&#233;cessairement d&#233;pourvue de toute efficacit&#233;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-18&quot; name=&quot;nh6-18&quot; id=&quot;nh6-18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[18] H. Gaudemet-Tallon, note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, Revue de (...)' &gt;18&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour de cassation a donc admis en 1990 une certaine limite &#224; l'autonomie de la clause compromissoire, qui r&#233;side dans l'existence en la forme du contrat principal. Cela signifie que si le contrat principal est inexistant, la clause compromissoire l'est aussi. En outre, selon l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L.B. Cassia&lt;/i&gt; &#187;, l'existence du contrat principal doit s'appr&#233;cier selon les dispositions de la loi d&#233;sign&#233;e comme applicable &#224; la forme par la r&#232;gle de conflit. Cette affirmation am&#232;ne une nouvelle question : la validit&#233; en la forme de la clause compromissoire doit-elle &#233;galement &#234;tre appr&#233;ci&#233;e en fonction des dispositions de la loi qui lui est applicable en vertu de la r&#232;gle de conflit ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;II.	L'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; et l'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;autonomie&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire. L'ind&#233;pendance de la convention d'arbitrage par rapport &#224; toute loi nationale.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II.1. Les trois phases de la jurisprudence sur l'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;autonomie&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La jurisprudence a lentement &#233;volu&#233; vers le principe de l'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;autonomie&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire tel que consacr&#233; dans l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;ponse au vide juridique laiss&#233; par l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; quant &#224; la loi applicable &#224; la clause compromissoire, la doctrine et la jurisprudence ont estim&#233; que, sauf stipulation contraire, la loi applicable &#224; la convention d'arbitrage serait celle applicable au contrat principal. Une autre solution avait &#233;galement &#233;t&#233; propos&#233;e : choisir comme loi applicable &#224; la clause compromissoire celle en vigueur au lieu de l'arbitrage. Cette derni&#232;re solution fut rapidement rejet&#233;e, car le lieu de l'arbitrage ne pr&#233;sente par forc&#233;ment d'&#233;l&#233;ment de rattachement avec le contrat litigieux. Finalement, aucune de ces deux solution n'&#233;tant jug&#233;e satisfaisante, il fallut trouver une troisi&#232;me solution : une partie de la doctrine a pr&#233;conis&#233; de s'&#233;carter de la m&#233;thode du conflit de loi pour consacrer l'ind&#233;pendance de la clause compromissoire par rapport &#224; toute loi &#233;tatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hecht&lt;/i&gt; &#187; du 4 juillet 1972, la Premi&#232;re chambre civile de la Cour de cassation, confirmant la position prise dans cette affaire par la Cour d'appel de Paris, d&#233;cida que la clause compromissoire pouvait &#234;tre interpr&#233;t&#233;e ind&#233;pendamment d'une loi &#233;tatique. Dans un arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Menicucci&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-19&quot; name=&quot;nh6-19&quot; id=&quot;nh6-19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[19] Arr&#234;t CA Paris, &#171; Menicucci &#187;, 13 d&#233;cembre 1975 ; JO. DI. (...)' &gt;19&lt;/a&gt;], la Cour d'appel de Paris confirma cette solution, de mani&#232;re plus claire encore.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;E. Loquin [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-20&quot; name=&quot;nh6-20&quot; id=&quot;nh6-20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[20] Note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 692' &gt;20&lt;/a&gt;] rel&#232;ve en outre trois phases dans l'&#233;volution de la jurisprudence sur la question de l'ind&#233;pendance de la clause compromissoire par rapport aux lois &#233;tatiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une premi&#232;re phase, la jurisprudence a admis &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;qu'en raison de son autonomie, la clause compromissoire devait &#234;tre interpr&#233;t&#233;e sans se r&#233;f&#233;rer &#224; une quelconque loi &#233;tatique d&#233;sign&#233;e par une r&#232;gle de conflit&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-21&quot; name=&quot;nh6-21&quot; id=&quot;nh6-21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[21] Cass. Civ. 1&#232;re, 14 d&#233;cembre 1983 ; Cass. Civ. 1&#232;re, 4 d&#233;cembre (...)' &gt;21&lt;/a&gt;] &#187;. Il s'agit ici de l'interpr&#233;tation au fond du contenu de la convention d'arbitrage, question diff&#233;rence de celle de sa validit&#233; en la forme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une seconde phase, la jurisprudence s'est r&#233;f&#233;r&#233;e au principe d'autonomie de la clause compromissoire &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pour soustraire celle-ci aux r&#232;gles pos&#233;es par les lois &#233;tatiques en mati&#232;re d'ext&#233;riorisation du consentement [&amp;hellip; et aux] r&#232;gles applicables aux vices du consentement&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-22&quot; name=&quot;nh6-22&quot; id=&quot;nh6-22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[22] E. Loquin, note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 692 --- (...)' &gt;22&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une troisi&#232;me et derni&#232;re phase, la jurisprudence a rattach&#233; au principe de l'autonomie de la convention d'arbitrage l'appr&#233;ciation du pouvoir de l'Etat &#224; compromettre : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;en mati&#232;re d'arbitrage international, le principe de l'autonomie de la clause compromissoire est d'application g&#233;n&#233;rale en tant que r&#232;gle mat&#233;rielle consacrant la lic&#233;it&#233; de la convention d'arbitrage hors de toute r&#233;f&#233;rence &#224; un syst&#232;me de conflit de lois, la validit&#233; de la convention devant &#234;tre contr&#244;l&#233;e au regard des seules exigences de l'ordre public international&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-23&quot; name=&quot;nh6-23&quot; id=&quot;nh6-23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[23] CA Paris, 24 f&#233;vrier 1994, cit&#233; par E. Loquin, note sous l&amp;#39;arr&#234;t (...)' &gt;23&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans le prolongement de cette derni&#232;re phase jurisprudentielle que s'inscrit l'important arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; de la Premi&#232;re chambre civile de la Cour de cassation. Il convient d'en citer l'attendu de principe : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu qu'en vertu d'une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit international de l'arbitrage, la clause compromissoire est ind&#233;pendante juridiquement du contrat principal qui la contient directement ou par r&#233;f&#233;rence et que son existence et son efficacit&#233; s'appr&#233;cient, sous r&#233;serve des r&#232;gles imp&#233;ratives du droit fran&#231;ais et de l'ordre public international, d'apr&#232;s la commune volont&#233; des parties, sans qu'il soit n&#233;cessaire de se r&#233;f&#233;rer &#224; une loi &#233;tatique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'apport de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; est double : d'une part, la Cour de cassation affirme pour la premi&#232;re fois avec autant de clart&#233; que l'autonomie de la clause compromissoire par rapport au contrat principal ne soit pas &#234;tre confondue avec l'autonomie de la clause compromissoire par rapport &#224; toute loi &#233;tatique ; d'autre part, elle admet l'existence d'une &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gle mat&#233;rielle du droit international de l'arbitrage&lt;/i&gt; &#187; affirmant les deux aspects de l'autonomie de la clause compromissoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II.2. Les deux facettes de l'autonomie de la clause compromissoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, la jurisprudence fran&#231;aise a pendant longtemps assimil&#233; deux notions distinctes sous le nom de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;principe d'autonomie&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire. L'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; op&#232;re une nette distinction entre ces deux notions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance de la clause compromissoire par rapport au contrat principal qui la contient fut affirm&#233; par l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; et fait l'objet de la premi&#232;re partie de cette analyse. L'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; ne fait que rappeler ce principe : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la clause compromissoire est ind&#233;pendante juridiquement du contrat principal qui la contient directement ou par r&#233;f&#233;rence&lt;/i&gt; &#187;. Toute l'importance de ce premier aspect de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; r&#233;side dans la formulation de l'attendu de principe pr&#233;cit&#233; : en vertu d'une r&#232;gle mat&#233;rielle, la clause compromissoire est ind&#233;pendance du contrat principal &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;et&lt;/strong&gt; de toute loi &#233;tatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance de la clause compromissoire par rapport &#224; toute loi &#233;tatique n'est pas forc&#233;ment une nouveaut&#233; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-24&quot; name=&quot;nh6-24&quot; id=&quot;nh6-24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[24] V. ci-dessus l&amp;#39;&#233;volution de la jurisprudence &#224; ce sujet --- V. (...)' &gt;24&lt;/a&gt;], mais elle est affirm&#233; pour la premi&#232;re fois aussi clairement dans l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; une &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gle mat&#233;rielle du droit international de l'arbitrage&lt;/i&gt; &#187; , ce qu'il convient d'analyser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II.3. L'absence de r&#233;f&#233;rence &#224; toute loi &#233;tatique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'aspect le plus important de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; r&#233;side dans l'affirmation de la Cour de cassation selon laquelle &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'existence et l'efficacit&#233; [de la clause compromissoire] s'appr&#233;cient (&amp;hellip;) d'apr&#232;s la commune volont&#233; des parties, sans qu'il soit n&#233;cessaire de se r&#233;f&#233;rer &#224; une loi &#233;tatique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce principe peut &#234;tre analys&#233; en deux parties. D'abord l'absence de r&#233;f&#233;rence &#224; toute loi &#233;tatique, qui n'est pas une nouveaut&#233; ; puis, la prise en consid&#233;ration de la commune volont&#233; des parties, qui est une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'absence de r&#233;f&#233;rence &#224; une loi &#233;tatique avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; consacr&#233;e dans la jurisprudence ant&#233;rieure, notamment de la Cour d'appel de Paris [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-25&quot; name=&quot;nh6-25&quot; id=&quot;nh6-25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[25] V. l&amp;#39;arr&#234;t pr&#233;cit&#233; &#171; Menicucci &#187; du 13 d&#233;cembre 1975, JDI, (...)' &gt;25&lt;/a&gt;] : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;compte tenu de l'autonomie de la clause compromissoire instituant un arbitrage international, celle-ci est valable ind&#233;pendamment de la r&#233;f&#233;rence &#224; toute loi &#233;tatique&lt;/i&gt; &#187;. Le Conseiller J.P. Ancel rel&#232;ve &#224; propos de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ecofisa&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-26&quot; name=&quot;nh6-26&quot; id=&quot;nh6-26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[26] Cass. Civ. 1&#232;re, &#171; Ecofisa &#187;, 4 d&#233;cembre 1990)' &gt;26&lt;/a&gt;] &#187; que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le juge fran&#231;ais n'est pas tenu de se r&#233;f&#233;rer &#224; la loi &#233;tatique d&#233;clar&#233;e comp&#233;tente en vertu de la r&#232;gle de conflit&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-27&quot; name=&quot;nh6-27&quot; id=&quot;nh6-27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[27] Cit&#233; par H. Gaudemet-Tallon, note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, Revue (...)' &gt;27&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II.4. La commune volont&#233; des parties.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;commune volont&#233; des parties&lt;/i&gt; &#187; est en revanche une nouveaut&#233; de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;. Une clause ne peut &#234;tre efficace que si elle est d'abord valable ; or, l'efficacit&#233; comme la validit&#233; de la clause compromissoire doivent s'analyser conform&#233;ment &#224; la commune intention des parties qui, si elle ne d&#233;pend d'aucune loi &#233;tatique, doit &#234;tre laiss&#233;e &#224; l'appr&#233;ciation de l'arbitre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette solution n'est pas parfaite et am&#232;ne deux critiques [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-28&quot; name=&quot;nh6-28&quot; id=&quot;nh6-28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[28] Pour plus de pr&#233;cisions, V. H. Gaudemet-Tallon, note sous (...)' &gt;28&lt;/a&gt;]. D'une part, il peut &#234;tre en pratique tr&#232;s difficile voire impossible de d&#233;terminer la commune intention des parties avec certitude. D'autre part, asseoir l'effet de la clause compromissoire sur la seule volont&#233; des parties &#233;rige cette volont&#233; en source de droit, ce qui est contraire aux principes de la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale des contrats et aux droit international priv&#233; en mati&#232;re contractuelle [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-29&quot; name=&quot;nh6-29&quot; id=&quot;nh6-29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[29] La Convention de Rome de 1980 &#233;tablit que le contrat est r&#233;gi au fond (...)' &gt;29&lt;/a&gt;]. Comme l'observe E. Gaillard, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la solution retenue par la Cour de cassation ne sugg&#232;re nullement que la volont&#233; des parties serait une norme premi&#232;re, se suffisant &#224; elle-m&#234;me et que la constatation de son existence ne supposerait le recours &#224; aucune r&#232;gle de droit&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-30&quot; name=&quot;nh6-30&quot; id=&quot;nh6-30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[30] E. Gaillard, note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. (...)' &gt;30&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, la commune volont&#233; des parties ne r&#233;pond pas &#224; toutes les questions. Par exemple, si le contrat principal est c&#233;d&#233;, le cessionnaire sera-t-il li&#233; par la clause compromissoire ? Celle-ci lui est-elle transmise comme accessoire du contrat principal ? Si la volont&#233; des parties ne le dit pas, c'est au droit interne de r&#233;ponde &#224; cette question. En l'occurence, la jurisprudence fran&#231;aise d&#233;cide que la clause compromissoire est transmissible au cessionnaire [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-31&quot; name=&quot;nh6-31&quot; id=&quot;nh6-31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[31] Cass. Civ. 1&#232;re, 5 janvier 1999 et 19 octobre 1999 ; Rev. Arb. 2000, (...)' &gt;31&lt;/a&gt;]. Ce seront en r&#233;alit&#233; les conceptions fran&#231;aises des juges fran&#231;ais qui seront appliqu&#233;es et rattach&#233;es &#224; la volont&#233; des parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; fut qualifi&#233;e par certains d'imp&#233;rialiste en ce qu'elle se base sur une r&#232;gle mat&#233;rielle du droit fran&#231;ais dans un litige opposant une mairie libyenne &#224; une soci&#233;t&#233; danoise. Mais, d'une part, le litige &#233;tait rattach&#233; &#224; la France (ex&#233;cution en France), et d'autre part, ces r&#232;gles mat&#233;rielles du droit fran&#231;ais donnent toute latitude &#224; la volont&#233; des parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II.5. Les limites au principe d'autonomie : l'ordre public international et les lois de police.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour de cassation &#233;nonce dans l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; que l'autonomie de la clause compromissoire existe &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sous r&#233;serve des r&#232;gles imp&#233;ratives du droit fran&#231;ais et de l'ordre public international&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le rel&#232;ve E. Loquin [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-32&quot; name=&quot;nh6-32&quot; id=&quot;nh6-32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[32] E. Loquin, note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. (...)' &gt;32&lt;/a&gt;], l'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;immunisation&lt;/i&gt; &#187; de la clause compromissoire contre toute disposition &#233;tatique n'est pas totale. Si elle n'est directement soumise &#224; aucune loi, cela ne signifie pas pour autant qu'elle est exon&#233;r&#233;e du respect des lois de police et de l'ordre public international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gles imp&#233;ratives du droit fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; sont les lois de police fran&#231;aises. Deux pr&#233;cisions sont n&#233;cessaires. Premi&#232;rement, les lois de police fran&#231;aises sont des lois que le juge fran&#231;ais doit appliquer dans un litige international m&#234;me si la r&#232;gle de conflit de lois d&#233;signe une loi &#233;trang&#232;re. Or, l'arbitre n'est pas un juge &#233;tatique, il ne d&#233;pend pas d'un Etat et n'a pas de raison de pr&#233;f&#233;rer a priori la loi fran&#231;aise &#224; une autre loi. Il devient donc n&#233;cessaire de trouver un crit&#232;re de rattachement de l'arbitrage avec la France qui justifie que l'arbitre applique les lois de police fran&#231;aises. Ce crit&#232;re r&#233;side dans le lieu de l'arbitrage ou dans la loi &#224; laquelle il est soumis : si l'arbitrage est localis&#233; en France ou soumis &#224; la loi fran&#231;aise, l'arbitre devra tenir compte des lois de police fran&#231;aises ; en revanche, si l'arbitrage est localis&#233; &#224; l'&#233;tranger et qu'il n'est pas soumis &#224; la loi fran&#231;aise, les lois de police fran&#231;aises n'auront pas &#224; entrer en jeu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais s'il ne doit pas y avoir de mise en &#339;uvre de la r&#232;gle de conflit, comment imaginer l'intervention de l'ordre public (qui fait obstacle &#224; l'application d'une loi &#233;trang&#232;re en France) ou des lois de police (qui, sur un certain point, s'imposent et font obstacle &#224; la mise en oeuvre de la m&#233;thode conflictuelle) ? L'id&#233;e principale est la d&#233;fense de certains principes essentiels de l'ordre juridique fran&#231;ais contre la volont&#233; des parties qui ne peut &#234;tre illimit&#233;e. Le juge fran&#231;ais devra respecter la volont&#233; des parties (au nom de l'efficacit&#233; de l'arbitrage) tout en pr&#233;servant les garanties essentielles que tout contractant est en droit de voir respect&#233;es (au nom de la s&#233;curit&#233;). Si le droit &#233;tranger est plus contraignant que le droit fran&#231;ais, il sera &#233;cart&#233; au profit de l'expression de la volont&#233; des parties ; &#224; l'inverse, s'il est plus laxiste, l'ordre public international fran&#231;ais fera obstacle &#224; son application. Il est donc dans tous les cas pr&#233;f&#233;rable d'appliquer les conceptions fran&#231;aises sans d&#233;tour, celles-ci prenant de plus en plus l'aspect de lois de police qui s'appliquent directement dans l'ordre international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#233;thode conflictuelle ne doit pas dispara&#238;tre pour autant du domaine de la validit&#233; de la clause compromissoire. S'il s'agit par exemple de v&#233;rifier la capacit&#233; d'une partie pour conclure une telle clause, il faudra n&#233;cessairement rechercher ce que la loi nationale de cette partie pr&#233;voit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut &#233;galement s'interroger sur le contenu de ces r&#232;gles imp&#233;ratives que la Cour de cassation ne d&#233;finit pas. H. Gaudemet-Tallon rel&#232;ve que ces r&#232;gles pourraient &#234;tre celles relatives &#224; l'arbitrabilit&#233; du litige, ou des r&#232;gles de forme, ou encore des r&#232;gles de fond sur les vices du consentement [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-33&quot; name=&quot;nh6-33&quot; id=&quot;nh6-33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[33] H. Gaudemet-Tallon, note sous l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, Revue de (...)' &gt;33&lt;/a&gt;]. Il n'en reste pas moins que la question n'a pas &#233;t&#233; tranch&#233;e par la jurisprudence et que ce crit&#232;re reste tr&#232;s flou, tout aussi flou que les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;circonstances exceptionnelles&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-34&quot; name=&quot;nh6-34&quot; id=&quot;nh6-34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[34] Les &#171; circonstances exceptionnelles &#187; de l&amp;#39;arr&#234;t &#171; Gosset &#187; ne (...)' &gt;34&lt;/a&gt;] &#187; de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; qu'il semble devoir remplacer. D'apr&#232;s J.P. Ancel, la violation du principe d'&#233;galit&#233; des parties (amiable composition, une partie nomme deux arbitre et l'autre une seule) ou la violence (une des parties a &#233;t&#233; oblig&#233;e de consentir &#224; la clause compromissoire) peuvent fonder l'intervention de l'ordre public international fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La jurisprudence post&#233;rieure &#224; l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187; para&#238;t abandonner la notion de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gles mat&#233;rielles&lt;/i&gt; &#187; pour appliquer un droit fran&#231;ais sp&#233;cifique &#224; l'ordre international. Dans certaines d&#233;cisions, la Cour de cassation d&#233;clare valable la clause compromissoire sans se r&#233;f&#233;rer &#224; la volont&#233; des parties ni donner aucune norme de r&#233;f&#233;rence : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vu le principe de validit&#233; de la clause d'arbitrage international&amp;hellip;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-35&quot; name=&quot;nh6-35&quot; id=&quot;nh6-35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[35] Cass. Civ 1&#232;re, &#171; Zanzi &#187; ; 5 janvier 1999 ; JO. DI. 1999 p. (...)' &gt;35&lt;/a&gt;] &#187;. Dans un tel contexte, la clause compromissoire semble devoir toujours &#234;tre valable, sans reposer sur aucune r&#232;gle de r&#233;f&#233;rence. Dans un arr&#234;t du 30 mars 2004 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6-36&quot; name=&quot;nh6-36&quot; id=&quot;nh6-36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[36] Cass. 30 mars 2004, Bull. Cass. n&#176;95' &gt;36&lt;/a&gt;], la Cour de cassation est n&#233;anmoins revenue sur la jurisprudence &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Zanzi&lt;/i&gt; &#187; pr&#233;cit&#233;e en reprenant l'attendu de principe de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-1&quot; name=&quot;nb6-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1&#232;re &#171; Gosset &#187;, 7 mai 1963&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-2&quot; name=&quot;nb6-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1&#232;re &#171; Dalico &#187;, 20 d&#233;cembre 1993&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-3&quot; name=&quot;nb6-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] V. &#224; ce propos : J. B&#233;quin, M. Menjucq ; &#171; Droit du commerce international &#187; ; Ed. LexisNexis&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-4&quot; name=&quot;nb6-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] En r&#233;alit&#233;, ils ne le sont pas. On dira qu'il y a une convention d'arbitrage qui contient une clause compromissoire. On assimilera les deux notions lorsque la convention d'arbitrage ne contient qu'une seule clause, la clause compromissoire, et que cette clause se trouve dans le contrat principal sans distinction particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-5&quot; name=&quot;nb6-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] P. Mayer &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause compromissoire&lt;/i&gt; &#187;, Revue de l'arbitrage 1998, p. 364.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-6&quot; name=&quot;nb6-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] En l'absence de contrat, la mati&#232;re est d&#233;lictuelle. Les mati&#232;res contractuelle et d&#233;lictuelle ne sont pas cumulables en droit fran&#231;ais, elles s'excluent mutuellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-7&quot; name=&quot;nb6-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Contra : E. Loquin, V. note sour l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;, JO DI 1994, p. 692&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-8&quot; name=&quot;nb6-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] -	Tribunal F&#233;d&#233;ral suisse ; 20 d&#233;cembre 1995 ; Bull. Arr&#234;ts du tribunal F&#233;d&#233;ral, recueil 121, 3&#232;me partie ; p. 495&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-9&quot; name=&quot;nb6-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Cass. 6 d&#233;cembre 1988 ; JO DI 1990, p. 134&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-10&quot; name=&quot;nb6-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] P. Mayer &#171; Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause compromissoire &#187;, Revue de l'arbitrage 1998, p. 364.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-11&quot; name=&quot;nb6-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Erreur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;in negotio&lt;/i&gt; sur la nature du contrat ou erreur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;in corpore&lt;/i&gt; sur l'identit&#233; de l'objet du contrat&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-12&quot; name=&quot;nb6-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] V. favorables : P. Mayer &#171; Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause compromissoire &#187;, Revue de l'arbitrage 1998, p. 364. ; P. Sanders, &#171; L'autonomie de la clause compromissoire : in Hommage &#224; Fr&#233;d&#233;ric Eisemann &#187;, Paris, 1978, p. 31.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-13&quot; name=&quot;nb6-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] V. Cass. Civ. 1&#232;re, 6 d&#233;cembre 1998, &#171; Navimpex &#187; ; et CA Paris, 8 mars 1990 : Rev. Arb. p. 675, 2&#232;me esp&#232;ce, note P. Mayer&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-14&quot; name=&quot;nb6-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] Art. 6.4 r&#232;glement CCI, art. 21.1 r&#232;glement CNUDCI&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-15&quot; name=&quot;nb6-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Arr&#234;t de principe CASS Civ 1&#232;re &#171; Dalico &#187; du 20 d&#233;cembre 1993 ; Revue de l'arbitrage 1994, p. 116 ; Revue critique de DIP 1994, p. 663 ; JO DI 1994 p. 432 et p. 692.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-16&quot; name=&quot;nb6-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] Note sous l'arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 696&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-17&quot; name=&quot;nb6-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] V. plus haut --- argument d&#233;velopp&#233; par P. Mayer dans &#171; Les limites de la s&#233;parabilit&#233; de la clause compromissoire &#187;, Revue de l'arbitrage 1998, p. 364.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-18&quot; name=&quot;nb6-18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;] H. Gaudemet-Tallon, note sous l'arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, Revue de l'arbitrage 1994, p. 116&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-19&quot; name=&quot;nb6-19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;] Arr&#234;t CA Paris, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Menicucci&lt;/i&gt; &#187;, 13 d&#233;cembre 1975 ; JO. DI. 1977&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-20&quot; name=&quot;nb6-20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;] Note sous l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;, JO DI 1994, p. 692&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-21&quot; name=&quot;nb6-21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-21&quot;&gt;21&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1&#232;re, 14 d&#233;cembre 1983 ; Cass. Civ. 1&#232;re, 4 d&#233;cembre 1990&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-22&quot; name=&quot;nb6-22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-22&quot;&gt;22&lt;/a&gt;] E. Loquin, note sous l'arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 692 --- V. Cass. Civ. 1&#232;re, 6 d&#233;cembre 1988 ; CA Paris, 9 juillet 1992&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-23&quot; name=&quot;nb6-23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-23&quot;&gt;23&lt;/a&gt;] CA Paris, 24 f&#233;vrier 1994, cit&#233; par E. Loquin, note sous l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;, JO DI 1994, p. 692&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-24&quot; name=&quot;nb6-24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-24&quot;&gt;24&lt;/a&gt;] V. ci-dessus l'&#233;volution de la jurisprudence &#224; ce sujet --- V. aussi deux arr&#234;ts CA Paris du 14 novembre 1991 : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clause compromissoire est licite en tant que telle dans l'ordre international, en vertu du principe g&#233;n&#233;ral d'autonomie de la convention d'arbitrage, r&#232;gle mat&#233;rielle qui lui assure une efficacit&#233; propre&lt;/i&gt; &#187; ; cit&#233; par H. Gaudemet-Tallon, note sous l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;, Revue de l'arbitrage 1994, p. 116&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-25&quot; name=&quot;nb6-25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-25&quot;&gt;25&lt;/a&gt;] V. l'arr&#234;t pr&#233;cit&#233; &#171; Menicucci &#187; du 13 d&#233;cembre 1975, JDI, 1977.106&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-26&quot; name=&quot;nb6-26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-26&quot;&gt;26&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1&#232;re, &#171; Ecofisa &#187;, 4 d&#233;cembre 1990)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-27&quot; name=&quot;nb6-27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-27&quot;&gt;27&lt;/a&gt;] Cit&#233; par H. Gaudemet-Tallon, note sous l'arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, Revue de l'arbitrage 1994, p. 122).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-28&quot; name=&quot;nb6-28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-28&quot;&gt;28&lt;/a&gt;] Pour plus de pr&#233;cisions, V. H. Gaudemet-Tallon, note sous l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;, Revue de l'arbitrage 1994, p. 122-123&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-29&quot; name=&quot;nb6-29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-29&quot;&gt;29&lt;/a&gt;] La Convention de Rome de 1980 &#233;tablit que le contrat est r&#233;gi au fond par la loi choisie par les parties (art. 3 &#167; 1) et en la forme par les dispositions des lois pr&#233;vues &#224; l'article 9.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-30&quot; name=&quot;nb6-30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-30&quot;&gt;30&lt;/a&gt;] E. Gaillard, note sous l'arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 432&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-31&quot; name=&quot;nb6-31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-31&quot;&gt;31&lt;/a&gt;] Cass. Civ. 1&#232;re, 5 janvier 1999 et 19 octobre 1999 ; Rev. Arb. 2000, p. 185&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-32&quot; name=&quot;nb6-32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-32&quot;&gt;32&lt;/a&gt;] E. Loquin, note sous l'arr&#234;t &#171; Dalico &#187;, JO DI 1994, p. 698&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-33&quot; name=&quot;nb6-33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-33&quot;&gt;33&lt;/a&gt;] H. Gaudemet-Tallon, note sous l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dalico&lt;/i&gt; &#187;, Revue de l'arbitrage 1994, p. 124&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-34&quot; name=&quot;nb6-34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-34&quot;&gt;34&lt;/a&gt;] Les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;circonstances exceptionnelles&lt;/i&gt; &#187; de l'arr&#234;t &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gosset&lt;/i&gt; &#187; ne font pas obstacle &#224; ce que l'arbitre statue sur sa comp&#233;tence ; elles font obstacle &#224; ce qu'il statue sur le contrat principal. Cependant, ces circonstances sont r&#233;ellement exceptionnelles et les juridictions arbitrales n'h&#233;sitent pas &#224; les &#233;carter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-35&quot; name=&quot;nb6-35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-35&quot;&gt;35&lt;/a&gt;] Cass. Civ 1&#232;re, &#171; Zanzi &#187; ; 5 janvier 1999 ; JO. DI. 1999 p. 784&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6-36&quot; name=&quot;nb6-36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-36&quot;&gt;36&lt;/a&gt;] Cass. 30 mars 2004, Bull. Cass. n&#176;95&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>MCA 2006 : Les Etats-Unis l&#233;galisent la torture</title>
		<link>http://www.intlex.org/MCA-2006-Les-Etats-Unis-legalisent.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/MCA-2006-Les-Etats-Unis-legalisent.html</guid>
		<dc:date>2006-10-23T12:23:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-international-public-.html">Droit international public</category>


		<description>Le 17 octobre 2006 le pr&#233;sident des Etats-Unis, George W Bush, a sign&#233; une loi appel&#233;e &#171; Military Commissions Act &#187; qui permet aux enqu&#234;teurs de la CIA d'utiliser la torture sur des personnes suspect&#233;es de terrorisme. &lt;br /&gt;En temps de guerre, les soldats faits prisonniers par les forces du camp oppos&#233; sont en principe prot&#233;g&#233;s par les Conventions de Gen&#232;ve (sous r&#233;serve de ratification). Les Conventions de Gen&#232;ve consistent en 4 trait&#233;s internationaux. Le premier, adopt&#233; en 1864 et r&#233;vis&#233; pour (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-international-public-.html" rel="directory"&gt;Droit international public&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Le 17 octobre 2006 le pr&#233;sident des Etats-Unis, George W Bush, a sign&#233; une loi appel&#233;e &#171; Military Commissions Act &#187; qui permet aux enqu&#234;teurs de la CIA d'utiliser la torture sur des personnes suspect&#233;es de terrorisme.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En temps de guerre, les soldats faits prisonniers par les forces du camp oppos&#233; sont en principe prot&#233;g&#233;s par les Conventions de Gen&#232;ve (sous r&#233;serve de ratification). Les Conventions de Gen&#232;ve consistent en 4 trait&#233;s internationaux. Le premier, adopt&#233; en 1864 et r&#233;vis&#233; pour la derni&#232;re fois en 1949, concerne l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;am&#233;lioration du sort des bless&#233;s et des malades dans les forces arm&#233;es en campagne&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-1&quot; name=&quot;nh7-1&quot; id=&quot;nh7-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] V. le texte de la http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c004587' &gt;1&lt;/a&gt;]. La seconde, adopt&#233;e en 1949 et rempla&#231;ant la Convention de La Haye X de 1907, concerne l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;am&#233;lioration du sort des bless&#233;s, des malades et des naufrag&#233;s des forces arm&#233;es sur mer&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-2&quot; name=&quot;nh7-2&quot; id=&quot;nh7-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] V. le texte de la http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c004587' &gt;2&lt;/a&gt;]. La troisi&#232;me, adopt&#233;e en 1929 et r&#233;vis&#233;e pour la derni&#232;re fois en 1949, est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;relative au traitement des prisonniers de guerre&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-3&quot; name=&quot;nh7-3&quot; id=&quot;nh7-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] V. le texte de la http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c004587' &gt;3&lt;/a&gt;]. La quatri&#232;me, enfin, adopt&#233;e en 1929 et bas&#233;e sur la Convention de La Haye IV de 1907, est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;relative &#224; la protection des personnes civiles en temps de guerre&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-4&quot; name=&quot;nh7-4&quot; id=&quot;nh7-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] V. le texte de la http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c004587' &gt;4&lt;/a&gt;]. On parle souvent de &#171; la &#187; Convention de Gen&#232;ve pour d&#233;signer sans distinction et en bloc le troisi&#232;me et le quatri&#232;me trait&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La troisi&#232;me Convention de Gen&#232;ve pr&#233;cise que la violation de certaines de ses dispositions est particuli&#232;rement grave et constitue un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;crime de guerre&lt;/i&gt; : &#171; la torture ou les traitements inhumains, (&amp;hellip;) le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves &#224; l'int&#233;grit&#233; physique ou &#224; la sant&#233;, (&amp;hellip;) priver [une personne] de son droit d'&#234;tre jug&#233;e &#187;. Ce que permet la loi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Military Commissions Act&lt;/i&gt; est donc &#233;lev&#233; au rang de crime de guerre par la Convention de Gen&#232;ve III. Mais encore faut-il pour constater une violation de cette convention au sens du Droit, que les situations concern&#233;es rentrent dans son champ d'application.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le Military Commissions Act, le l&#233;gislateur am&#233;ricain cr&#233;e une nouvelle cat&#233;gorie de personnes : les &#171; unlawful enemy combatant &#187;. Il s'agit de personnes qui, selon cette loi, ne sont pas soumises aux Conventions de Gen&#232;ve, et qui ne sont donc pas prot&#233;g&#233;es par elles. Par opposition, les soldats soumis aux Conventions de Gen&#232;ve sont consid&#233;r&#233;s comme &#171; lawful combatants &#187;. L'article 4 de la troisi&#232;me Convention de Gen&#232;ve (GCIII) d&#233;finit la notion de &#171; lawful combatant detained &#187; ou &#171; prisonnier de guerre &#187; ; l'article 5 pr&#233;voit qu'il incombera &#224; un tribunal comp&#233;tent de d&#233;terminer si une personne r&#233;pond aux conditions pr&#233;vues &#224; l'article 4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La section 948a du titre 10 du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;United States Code&lt;/i&gt;, telle qu'ajout&#233;e par la loi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Military Commissions Act&lt;/i&gt;, d&#233;finit un &#171; unlawful enemy combatant &#187; comme :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; (i) a person who has engaged in hostilities or who has purposefully and materially supported hostilities against the United States or its co-belligerents who is not a lawful enemy combatant (including a person who is part of the Taliban, al Qaeda, or associated forces) ; or (ii) a person who, before, on, or after the date of the enactment of the Military Commissions Act of 2006, has been determined to be an unlawful enemy combatant by a Combatant Status Review Tribunal or another competent tribunal established under the authority of the President or the Secretary of Defense.
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces dispositions n'excluent pas leur application aux citoyens am&#233;ricains. N&#233;anmoins, la section 948c du titre 10 du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;United States Code&lt;/i&gt; dispose : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Any &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;alien&lt;/strong&gt; unlawful enemy combatant is subject to trial by military commission under this chapter&lt;/i&gt; &#187;. Il semblerait donc que les dispositions pr&#233;cit&#233;es ne s'appliquent qu'aux personnes ne poss&#233;dant pas la citoyennet&#233; am&#233;ricaine (&#171; aliens &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Military Commissions Act&lt;/i&gt; retire &#233;galement le droit aux &#233;trangers consid&#233;r&#233;s comme &#171; unlawful enemy combatants &#187; de se pr&#233;valoir de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;habeas corpus&lt;/i&gt;. Il semblerait donc que des citoyens am&#233;ricains puissent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#171; unlawful enemy combatants &#187;, mais dans ce cas ceux-ci ne seraient pas priv&#233;s des droits conf&#233;r&#233;s par l'habeas corpus. Les &#233;trangers, en revanche, perdent le droit de se pr&#233;valoir de l'habeas corpus. Rappelons que l'ordonnance d'habeas corpus [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-5&quot; name=&quot;nh7-5&quot; id=&quot;nh7-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Habeas Corpus Act : V. le http://libertyboy.free.fr/misc/humanrights/texts/h' &gt;5&lt;/a&gt;] est une proc&#233;dure l&#233;gale d'origine anglaise qui remonte au Moyen Age et qui poss&#232;de une valeur constitutionnelle aux Etats-Unis. En vertu de l'habeas corpus, tout d&#233;tenu &#224; le droit d'&#234;tre jug&#233; par un tribunal qui d&#233;cidera de son emprisonnement ou de sa remise en libert&#233;. L'habeas corpus ne peut &#234;tre suspendu aux Etats-Unis qu'en p&#233;riode de guerre [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-6&quot; name=&quot;nh7-6&quot; id=&quot;nh7-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] The right to challenge detention &quot;shall not be suspended&quot; except in (...)' &gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Military Commissions Act&lt;/i&gt; est loin de faire l'unanimit&#233; aux Etats-Unis. Ainsi, certains rel&#232;vent le fait que sa formulation permet au Pr&#233;sident des Etats-Unis de d&#233;cider seul de l'emprisonnement et de la torture d'une personne, qu'elle poss&#232;de ou non la citoyennet&#233; am&#233;ricaine [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-7&quot; name=&quot;nh7-7&quot; id=&quot;nh7-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] V. l&amp;#39;article http://www.chris-floyd.com/index.php (...)' &gt;7&lt;/a&gt;]. Selon Amnesty International, la loi va &#224; l'encontre des droits de l'homme [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-8&quot; name=&quot;nh7-8&quot; id=&quot;nh7-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] The Act &quot;contravenes human rights principles. Source : http://web.amnesty.or' &gt;8&lt;/a&gt;]. Dans un &#233;ditorial, le New York Times qualifie la loi de &#171; tyrannique &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-9&quot; name=&quot;nh7-9&quot; id=&quot;nh7-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] &quot;A tyrannical law that will be ranked with the low points in American (...)' &gt;9&lt;/a&gt;]. Enfin, le journaliste &lt;acronym title='-&gt;http://en.wikipedia.org/wiki/Keith_Olbermann' class='spip_acronym spip'&gt;Keith Olbermann&lt;/acronym&gt; de MSNBC interpr&#232;te la loi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Military Commissions Act&lt;/i&gt; comme la &#171; Mort de l'Habeas Corpus &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Death of Habeas Corpus&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Amnesty International dresse par ailleurs une liste [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-10&quot; name=&quot;nh7-10&quot; id=&quot;nh7-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] L&amp;#39;article est disponible en http://web.amnesty.org/pages/stoptorture-' &gt;10&lt;/a&gt;] de &#171; ce que l'on doit savoir &#187; &#224; propos du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Military Commissions Act&lt;/i&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi &#171; prive les tribunaux am&#233;ricains de la possibilit&#233; de prendre en compte des requ&#234;tes en habeas corpus contestant la l&#233;galit&#233; d'une d&#233;tention &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi &#171; autorise le pouvoir ex&#233;cutif &#224; charger des commissions militaires de juger des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;combattants ennemis &#233;trangers et ill&#233;gaux&lt;/i&gt; , selon une d&#233;finition dangereusement large &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi d&#233;clare recevables les preuves obtenues par la torture.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi permet aux commissions militaires de condamner &#224; mort.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi interdit le recours aux Conventions de Gen&#232;ve.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi contient des dispositions r&#233;troactives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut &#233;galement relever que la loi am&#233;ricaine va &#224; l'encontre des principes consacr&#233;s par le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;jus cogens&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-11&quot; name=&quot;nh7-11&quot; id=&quot;nh7-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Sur le jus cogens, v. http://en.wikipedia.org/wiki/Jus_cogens&amp;#39; (...)' &gt;11&lt;/a&gt;]. Le jus cogens constitue un ensemble de normes de droit international qui sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant accept&#233;es par tous les Etats en bloc. Contrairement aux sources traditionnelles du droit international (le droit des trait&#233;s) qui font intervenir la volont&#233; des Etats, le jus cogens s'impose &#224; eux de mani&#232;re imp&#233;rative [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7-12&quot; name=&quot;nh7-12&quot; id=&quot;nh7-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] On parle en anglais de peremptory norms ou normes p&#233;remptoires pour (...)' &gt;12&lt;/a&gt;]. On consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement que rel&#232;vent du jus cogens l'interdiction des guerres ill&#233;gales, des crimes contre l'humanit&#233;, des crimes de guerres, de la piraterie, des g&#233;nocides, de l'esclavage et de la torture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-1&quot; name=&quot;nb7-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] V. le texte de la &lt;acronym title='-&gt;http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c0045870d/77aeb4ee185cb669c1256414005dd68a' class='spip_acronym spip'&gt;Convention de Gen&#232;ve I&lt;/acronym&gt; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-2&quot; name=&quot;nb7-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] V. le texte de la &lt;acronym title='-&gt;http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c0045870d/d451cee17d14bde7c1256414005de19d' class='spip_acronym spip'&gt;Convention de Gen&#232;ve II&lt;/acronym&gt; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-3&quot; name=&quot;nb7-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] V. le texte de la &lt;acronym title='-&gt;http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c0045870d/456114a02468c862c1256414005de923' class='spip_acronym spip'&gt;Convention de Gen&#232;ve III&lt;/acronym&gt; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-4&quot; name=&quot;nb7-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] V. le texte de la &lt;acronym title='-&gt;http://www.icrc.org/dih.nsf/3355286227e2d29d4125673c0045870d/e8acc1a1e2a34f5fc1256414005deecc' class='spip_acronym spip'&gt;Convention de Gen&#232;ve IV&lt;/acronym&gt; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-5&quot; name=&quot;nb7-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Habeas Corpus Act : V. le &lt;acronym title='-&gt;http://libertyboy.free.fr/misc/humanrights/texts/habeas_corpus.php' class='spip_acronym spip'&gt;texte original&lt;/acronym&gt; et V. la &lt;acronym title='-&gt;http://libertyboy.free.fr/misc/humanrights/texts/habeas_corpus_f.php' class='spip_acronym spip'&gt;version fran&#231;aise&lt;/acronym&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-6&quot; name=&quot;nb7-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] The right to challenge detention &quot;shall not be suspended&quot; except in cases of &quot;rebellion or invasion.&quot;. V. l'article &lt;acronym title='-&gt;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/10/19/AR2006101901692.html ?nav=rss_nation/special' class='spip_acronym spip'&gt;Court Told It Lacks Power in Detainee Cases&lt;/acronym&gt; (Source : Washington Post)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-7&quot; name=&quot;nb7-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] V. l'article &lt;acronym title='-&gt;http://www.chris-floyd.com/index.php ?option=com_content&amp;task=view&amp;id=859' class='spip_acronym spip'&gt;Twilight Struggle : Finally Standing Up as the Republic Crashes Down&lt;/acronym&gt; &#224; ce propos.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-8&quot; name=&quot;nb7-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] The Act &quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;contravenes human rights principles&lt;/i&gt;. Source : &lt;acronym title='-&gt;http://web.amnesty.org/pages/stoptorture-060930-features-eng' class='spip_acronym spip'&gt;US Congress gives green light to human rights violations in the 'war on terror'&lt;/acronym&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-9&quot; name=&quot;nb7-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] &quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A tyrannical law that will be ranked with the low points in American democracy, our generation's version of the Alien and Sedition Acts.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-10&quot; name=&quot;nb7-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] L'article est disponible en &lt;acronym title='-&gt;http://web.amnesty.org/pages/stoptorture-060930-features-fra' class='spip_acronym spip'&gt;version fran&#231;aise&lt;/acronym&gt; ou en &lt;acronym title='-&gt;http://web.amnesty.org/pages/stoptorture-060930-features-eng' class='spip_acronym spip'&gt;version anglaise&lt;/acronym&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-11&quot; name=&quot;nb7-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Sur le jus cogens, v. &lt;acronym title='-&gt;http://en.wikipedia.org/wiki/Jus_cogens' class='spip_acronym spip'&gt;Wikipedia&lt;/acronym&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7-12&quot; name=&quot;nb7-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] On parle en anglais de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;peremptory norms&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;normes p&#233;remptoires&lt;/i&gt; pour d&#233;signer le jus cogens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Tribunal comp&#233;tent et cyber-d&#233;lits : th&#233;orie de la focalisation</title>
		<link>http://www.intlex.org/Tribunal-competent-et-cyber-delits.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/Tribunal-competent-et-cyber-delits.html</guid>
		<dc:date>2006-06-24T18:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html">Droit international priv&#233;</category>

		<dc:subject>Cyber-d&#233;lits</dc:subject>

		<description>Deux arr&#234;ts rendus par la Cour d'appel de Paris &#224; peu de jours d'intervalle d&#233;cident de la comp&#233;tence ou de l'incomp&#233;tence des tribunaux fran&#231;ais pour conna&#238;tre de cas de cyber-d&#233;lits. Les deux arr&#234;ts font application de la th&#233;orie de la focalisation. &lt;br /&gt;L'article 5 &#167; 3 du R&#232;glement de Bruxelles pr&#233;voit qu'en mati&#232;re d&#233;lictuelle la victime pourra saisir, outre le tribunal du lieu de r&#233;sidence du d&#233;fendeur (article 2), le tribunal du lieu de r&#233;alisation du fait dommageable. Mais en mati&#232;re de (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html" rel="directory"&gt;Droit international priv&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-Cyber-delits-+.html" rel="tag"&gt;Cyber-d&#233;lits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Deux arr&#234;ts rendus par la Cour d'appel de Paris &#224; peu de jours d'intervalle d&#233;cident de la comp&#233;tence ou de l'incomp&#233;tence des tribunaux fran&#231;ais pour conna&#238;tre de cas de cyber-d&#233;lits. Les deux arr&#234;ts font application de la th&#233;orie de la focalisation.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 5 &#167; 3 du R&#232;glement de Bruxelles [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb8-1&quot; name=&quot;nh8-1&quot; id=&quot;nh8-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] R&#232;glement de Bruxelles I n&#176;44/2000 du 22 d&#233;cembre 2000, qui a remplac&#233; (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] pr&#233;voit qu'en mati&#232;re d&#233;lictuelle la victime pourra saisir, outre le tribunal du lieu de r&#233;sidence du d&#233;fendeur (article 2), le tribunal du lieu de r&#233;alisation du fait dommageable. Mais en mati&#232;re de cyber-d&#233;lits, comment d&#233;terminer le lieu de r&#233;alisation du fait dommageable ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un arr&#234;t &#171; Castellblanch &#187; en 2003, la Cour de cassation avait retenu le crit&#232;re de l'accessibilit&#233; qui fonde la comp&#233;tence des juridictions fran&#231;aises d&#232;s lors que le site web litigieux est accessible en France. Une telle r&#232;gle ne peut donner de bons r&#233;sultats : d'une part elle fonderait la comp&#233;tence de tous les tribunaux du monde (sauf l&#224; o&#249; il n'y a pas d'acc&#232;s &#224; Internet&amp;hellip;) si elle venait &#224; &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, d'autre part la comp&#233;tence des tribunaux fran&#231;ais serait fond&#233;e alors que le litige ne pr&#233;sente aucun lien avec la France et que le juge fran&#231;ais n'est pas le mieux plac&#233; pour en conna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La doctrine, globalement suivie par les juges du fond, a &#233;labor&#233; une nouvelle th&#233;orie qui vise &#224; rechercher si le site litigieux est &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;focalis&#233;&lt;/i&gt; &#187; vers la France ou vers un public fran&#231;ais pour fonder la comp&#233;tence internationale des juridictions fran&#231;aises. De cette mani&#232;re, un faisceau d'indices est pris en consid&#233;ration pour &#233;valuer l'&#233;troitesse des liens qui unissent la France au litige : le site est r&#233;dig&#233; en fran&#231;ais, des livraisons sont propos&#233;es vers la France, des publicit&#233;s ciblent les consommateurs fran&#231;ais, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la Cour de cassation n'est &#224; l'heure actuelle toujours pas revenue sur la jurisprudence Castellblanch. Le revirement est cependant tr&#232;s probable, puisque les juges du fond, comme l'illustrent les deux esp&#232;ces d&#233;taill&#233;es ci-apr&#232;s, rendent de plus en plus souvent leurs d&#233;cisions en application de la th&#233;orie de la focalisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La premi&#232;re esp&#232;ce est sans doute la plus importante en ce que la Cour d'appel de Paris applique avec force et clart&#233; la th&#233;orie de la focalisation, pour d&#233;clarer les tribunaux fran&#231;ais incomp&#233;tents. La seconde esp&#232;ce repose &#233;galement sur la th&#233;orie de la focalisation, m&#234;me si le principe est affirm&#233; avec moins de clart&#233; ; il s'agit de montrer quand un lien &#233;troit justifiant la comp&#233;tence des tribunaux fran&#231;ais est caract&#233;ris&#233;.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Analyse&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re esp&#232;ce : th&#233;orie de la focalisation&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les faits&lt;/strong&gt;
Par un acte authentique en date du 12 juillet 2003, Fernand S. a c&#233;d&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; Normalu un portefeuille &#171; propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; compos&#233; de brevets et de marques parmi lesquelles la marque fran&#231;aise &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ceilings that S-T-R-E-C-H your imagination&lt;/i&gt; &#187;. Ayant appris que la soci&#233;t&#233; Acet faisait usage de la m&#234;me d&#233;nomination au Liban [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb8-2&quot; name=&quot;nh8-2&quot; id=&quot;nh8-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Ce qui explique le fondement de l&amp;#39;article 46 NCPC : le R&#232;glement (...)' &gt;2&lt;/a&gt;], sur un site internet accessible en France, Fernand S. a, le 24 janvier 2003, fait proc&#233;der &#224; un constat du site exploit&#233; sous le nom de domaine www.barrilux.com.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit donc d'un cas de contrefa&#231;on : le propri&#233;taire d'une marque enregistr&#233;e en France constate qu'un ancien distributeur utilise le m&#234;me nom de marque sur un site bas&#233; au Liban. Il intente alors une action en contrefa&#231;on devant les tribunaux fran&#231;ais, soutenant que la seule accessibilit&#233; du site en France fondait leur comp&#233;tence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le jugement en r&#233;f&#233;r&#233;&lt;/strong&gt;
Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s a accept&#233; sa comp&#233;tence, retenant que le site &#233;tait accessible en France. Il s'agit l&#224; d'une stricte application de la jurisprudence &#171; Castellblanch &#187; de la Cour de cassation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; Acet soul&#232;ve alors une exception d'incomp&#233;tence, aucune dommage ne s'&#233;tant produit, selon elle, sur le territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'infirmation du jugement en r&#233;f&#233;r&#233; par la Cour d'appel de Paris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour d'appel condamne dans un premier temps la th&#233;orie de l'accessibilit&#233; en affirmant qu'il n'est pas souhaitable que les juridictions fran&#231;aises soient syst&#233;matiquement comp&#233;tentes en mati&#232;re de cyber-d&#233;lits, m&#234;me dans les cas o&#249; le litige ne pr&#233;sente aucun lien &#233;troit avec la France :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; sauf &#224; vouloir conf&#233;rer syst&#233;matiquement (&amp;hellip;) une comp&#233;tence territoriale aux juridictions fran&#231;aises, il convient de rechercher et de caract&#233;riser, dans chaque cas particulier, un lien suffisant, substantiel ou significatif, entre ces faits ou actes et le dommage all&#233;gu&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut donc rechercher un lien suffisamment &#233;troit entre la contrefa&#231;on (le site litigieux) et un pr&#233;judice subi sur le territoire fran&#231;ais. La Cour d'appel rel&#232;ve qu'en l'esp&#232;ce :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le site litigieux est r&#233;dig&#233; en langue anglaise ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; il n'offre aux consommateurs fran&#231;ais aucun produit &#224; la vente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en d&#233;coule que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la seule reproduction partielle de la marque litigieuse ne saurait caract&#233;riser, de ce seul fait, un lien suffisant, substantiel ou significatif, avec le pr&#233;judice all&#233;gu&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Les juridictions fran&#231;aises ne sont donc pas comp&#233;tentes pour conna&#238;tre du litige.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me esp&#232;ce : jeux en ligne et cyber-d&#233;lits&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour d'appel de Paris vient de confirmer, par un arr&#234;t du 14 juin 2006 ci-dessous reproduit, la condamnation sur le fondement du droit fran&#231;ais de Bell Med Limited et CATL, deux h&#233;bergeurs de droit maltais du site de paris hippiques en ligne &#233;dit&#233; par Zeturf, une soci&#233;t&#233; de droit maltais. Il &#233;tait reproch&#233; &#224; ces h&#233;bergeurs de ne pas avoir bloqu&#233; rapidement l'acc&#232;s &#224; un contenu illicite pr&#233;sent sur leurs serveurs, apr&#232;s avoir pris connaissance de l'illic&#233;it&#233; de ce contenu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arr&#234;t est int&#233;ressant au regard du droit international priv&#233; en ce qu'il fait application de la th&#233;orie de la focalisation en mati&#232;re de cyber-d&#233;lits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Comp&#233;tence internationale des tribunaux fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s rel&#232;ve dans son ordonnance que l'article 31 du R&#232;glement de Bruxelles I n&#176;44/2000 du 22 d&#233;cembre 2000, qui a remplac&#233; depuis le 1er mars 2002 la convention de Bruxelles du 27 septembre 1968, est applicable aux mesures provisoires et conservatoires m&#234;me si une juridiction d'un autre Etat membre est comp&#233;tente pour conna&#238;tre de l'affaire au fond. Il rel&#232;ve &#233;galement qu'il ne s'agit pas d'une hypoth&#232;se d'ex&#233;cution des jugements, qui fonderait la comp&#233;tence exclusive de juridictions &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s pr&#233;cise que la mati&#232;re est d&#233;lictuelle : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;les mesures demand&#233;es ne tirent nullement leur origine de l'inex&#233;cution d'un contrat, f&#251;t-ce au sens de la jurisprudence de la cour de justice des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, pouvant les lier au demandeur&lt;/i&gt; &#187;. C'est donc les articles 2 et 5 &#167; 3 du R&#232;glement qui sont applicables (le d&#233;fendeur &#233;tant domicili&#233; dans un Etat membre : Malte).&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Qu'en r&#233;alit&#233;, aux termes de l'article 4 du r&#232;glement cit&#233; plus haut, la comp&#233;tence est r&#233;gl&#233;e par la loi de l'Etat membre, et l'article 5.3 pr&#233;voit comme l'article 46 du NCPC fran&#231;ais la possibilit&#233; de saisir le tribunal du lieu o&#249; le fait dommageable s'est produit&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 5 &#167; 3 donne comp&#233;tence aux tribunaux du lieu de r&#233;alisation du fait dommageable. Selon une jurisprudence bien connue [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb8-3&quot; name=&quot;nh8-3&quot; id=&quot;nh8-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] CJCE, 1978, &#171; Mines de Potasse d&amp;#39;Alsace &#187;' &gt;3&lt;/a&gt;], le lieu fait dommageable peut s'entendre soit du lieu du fait g&#233;n&#233;rateur du d&#233;lit, soit du lieu de survenance du pr&#233;judice. Or, en l'esp&#232;ce, le d&#233;lit &#233;tait dissoci&#233;. Le fait g&#233;n&#233;rateur &#233;tait situ&#233; au lieu d'h&#233;bergement du site litigieux, &#224; Malte. Mais o&#249; le pr&#233;judice &#233;tait-il subi ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour de cassation avait jug&#233; dans un affaire &#171; Castellblanch &#187; en 2003 qu'en mati&#232;re de contrefa&#231;on la simple &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;accessibilit&#233;&lt;/strong&gt; du site sur le territoire national suffisait &#224; caract&#233;riser un pr&#233;judice subi en France. Cette approche, intens&#233;ment critiqu&#233;e par la doctrine, fut peu &#224; peu abandonn&#233;e par les juges du fond au profit de la th&#233;orie dite de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;focalisation&lt;/strong&gt;. Selon cette derni&#232;re th&#233;orie, pour qu'un dommage puisse &#234;tre caract&#233;ris&#233; en France, le site litigieux doit non seulement &#234;tre accessible en France, mais il doit en outre &#234;tre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dirig&#233;&lt;/i&gt; vers la France ou vers un public fran&#231;ais. La jurisprudence &#171; Fiona Shevill &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb8-4&quot; name=&quot;nh8-4&quot; id=&quot;nh8-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] CJCE, 1995, &#171; Fiona Shevill &#187; : en cas de d&#233;lit par voie de presse, le (...)' &gt;4&lt;/a&gt;] appliqu&#233;e en mati&#232;re d'Internet en devient beaucoup plus raisonnable : les juridictions de tous les Etats membres ne sont plus forc&#233;ment comp&#233;tentes du seul fait de l'accessibilit&#233; du site, seules celles des pays vers lesquels le site est focalis&#233; le sont.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses soutenaient &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;qu'il n'est pas d&#233;montr&#233; que leur activit&#233; serait enti&#232;rement ou principalement tourn&#233;e vers le territoire fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; et excipaient de l'incomp&#233;tence des juridictions fran&#231;aises.
Mais le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s retint le crit&#232;re de la focalisation, en relevant que le contenu du site &#233;tait destin&#233; &#224; un public francophone vivant en France. Le seul crit&#232;re de la francophonie n'aurait pas &#233;t&#233; suffisant, d'autres pays que la France ayant le fran&#231;ais pour langue officielle.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Qu'elles [les soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses] ne peuvent ensuite disconvenir qu'en l'esp&#232;ce le dommage invoqu&#233; a &#233;t&#233; constat&#233; sur le territoire fran&#231;ais, et que comme la d&#233;cision rendue le 8 juillet 2005 le rel&#232;ve, mais aussi les constats d'huissier qui leur ont &#233;t&#233; communiqu&#233;s, les informations et activit&#233; contenues sur le site sont destin&#233;es en r&#233;alit&#233; &#224; un public non seulement francophone, mais r&#233;sidant sur le territoire fran&#231;ais, lieu de d&#233;roulement des courses hippiques &#224; l'occasion desquelles les paris sont pris&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pr&#233;judice est donc bien subi sur le territoire fran&#231;ais, le site &#233;tant focalis&#233; vers la France et vers les fran&#231;ais, et c'est ici ce seul crit&#232;re qui est &#224; retenir pour fonder la comp&#233;tence internationales de juridictions fran&#231;aises. La Cour d'appel le confirme :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant enfin qu'il n'est pas contest&#233; que le dommage subi par le PMU l'est en France ; que le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s fran&#231;ais &#233;tait donc territorialement comp&#233;tent conform&#233;ment &#224; l'article 5-3 du r&#232;glement pr&#233;cit&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Applicabilit&#233; de la loi fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses estimaient que la loi fran&#231;aise n'&#233;tait pas applicable, &#171; dans la mesure o&#249; la directive &quot;Commerce Electronique&quot; 2000/31/CE du 8 juin 2000 exclurait de son champ d'application l'activit&#233; de jeux et paris, et o&#249; la loi du 21 juin 2004 soumettrait &#224; la loi maltaise cette activit&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'article 16 de cette m&#234;me loi (conforme &#224; la directive) pr&#233;cise que l'activit&#233; &#233;lectronique s'exerce librement sur le territoire national &#224; l'exclusion notamment des jeux d'argents qui font l'objet d'une r&#233;glementation sp&#233;cifique. De tel services portant sur des jeux d'argent sont donc exclus du champ d'application de la directive et de la loi du 21 juin 2004.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Consid&#233;rant que la directive 2000/31/CE du 8 juin 2000, &quot;qui pr&#244;ne la libert&#233; du commerce &#233;lectronique exclut en son consid&#233;rant n&#176;16 les activit&#233;s de jeux d'argent impliquant les mises ayant une valeur mon&#233;taire dans des jeux de hasard, y compris les loteries et les transactions portant sur les paris&quot; ; que cette exclusion, qui ne concerne que le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;contenu&lt;/strong&gt; a d'ailleurs &#233;t&#233; reprise dans la loi d'application fran&#231;aise en ses articles 14 et 16 ; que la loi fran&#231;aise, conforme &#224; la directive, doit donc recevoir application. &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses se pr&#233;sentaient en effet en tant qu'h&#233;bergeurs et non en tant qu'&#233;diteurs. C'est sur ce point extr&#234;mement important que repose la solution. Comme le souligne la Cour d'appel, l'exclusion du Consid&#233;rant n&#176;16 de la directive sur le commerce &#233;lectronique ne concerne que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;contenu&lt;/i&gt; du site litigieux. Or, le contenu est sous la responsabilit&#233; de l'&#233;diteur, non de l'h&#233;bergeur. L'h&#233;bergeur n'a m&#234;me aucun contr&#244;le sur ce contenu, prot&#233;g&#233; par les droits d'auteur, qu'il ne peut alt&#233;rer d'aucune mani&#232;re. Il ne peut que prendre, le cas &#233;ch&#233;ant, les mesures necessaires pour emp&#234;cher que l'on y acc&#232;de.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un tel contexte la loi fran&#231;aise doit &#234;tre appliqu&#233;e d&#232;s lors que le service litigieux est propos&#233; &#224; des internautes fran&#231;ais. L&#224; encore, c'est le crit&#232;re de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;focalisation&lt;/strong&gt; qui est utilis&#233;. La solution n'est cependant pas nouvelle [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb8-5&quot; name=&quot;nh8-5&quot; id=&quot;nh8-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] v. Cass. Com., 2005, affaire &#171; Hugo Boss &#187; en mati&#232;re de contrefa&#231;on (...)' &gt;5&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3. L'implication des soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses dans le litige&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses niaient leur implication dans le litige. Cependant, comme le rel&#232;ve la Cour d'appel, elles ne niaient pas formellement fournir des services d'h&#233;bergement pour le site litigieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s avait en effet constat&#233; que l'h&#233;bergement des soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses &#233;tait &#171; nomade &#187; : l'adresse IP et le nom de domaine appartenaient bien aux soci&#233;t&#233;s d&#233;fenderesses et le chemin pour arriver au serveur fournissant le contenu, apr&#232;s modification de l'adresse IP, passait toujours par une adresse leur &#233;tant attribu&#233;e (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le chemin emprunt&#233; pour rejoindre le site passe par le point d&#233;nomm&#233; &#171; Bellmed-vfmlt.vodafone.com.mt&lt;/i&gt; &#187; (&amp;hellip;) la soci&#233;t&#233; en cause est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8220;administrateur&#8221; du syst&#232;me autonome de routage de cette adresse &#187;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les arr&#234;ts&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re esp&#232;ce : Cour d'appel de Paris 4&#232;me chambre, section A - Arr&#234;t du 26 avril 2006&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;PROCEDURE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu l'appel interjet&#233;, le 2 mars 2005, par Fernand S. et la soci&#233;t&#233; Normalu d'un jugement rendu le 7 janvier 2005 par le tribunal de grande instance de Paris qui a :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; donn&#233; acte &#224; la soci&#233;t&#233; Normalu de son intervention volontaire aux c&#244;t&#233;s de Fernand S.,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; rejet&#233; l'exception d'incomp&#233;tence,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; d&#233;bout&#233; Fernand S. et la soci&#233;t&#233; Normalu de toutes leurs demandes,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; d&#233;bout&#233; la soci&#233;t&#233; Acet de sa demande reconventionnelle de dommages-int&#233;r&#234;ts,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamn&#233; Fernand S. et la soci&#233;t&#233; Normalu &#224; payer &#224; la soci&#233;t&#233; Acet la somme de 2800 &#8364; au titre des dispositions de l'article 700 du ncpc ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu les derni&#232;res conclusions signifi&#233;es le 20 f&#233;vrier 2006, aux termes desquelles Fernand S. et la soci&#233;t&#233; Normalu, poursuivant l'infirmation du jugement d&#233;f&#233;r&#233;, demandent &#224; la cour de :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les d&#233;clarer recevables en leur appel,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; juger que la soci&#233;t&#233; Acet s'est rendue coupable de contrefa&#231;on par reproduction et usage de la marque &quot;Ceilings that S-T-R-E-C-H your imagination. Le plafond qui E-T-E-N-D votre imagination&quot;, d&#233;pos&#233;e sous le n&#176;01 3081311, pour d&#233;signer des faux plafonds ou faux murs comportant une nappe de toile tendue sur un support (classes 19 et 24) dont la soci&#233;t&#233; Normalu est titulaire,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; juger que ces agissements tombent sous le coup des dispositions de l'article L 713-2 a) ou &#224; tout le moins celles de l'article L 713-3 b) du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; faire interdiction &#224; la soci&#233;t&#233; Acet de continuer &#224; reproduire et faire usage &#224; quelque titre que ce soit et de quelque mani&#232;re que ce soit en France, de la d&#233;nomination Ceilings that S-T-R-E-C-H your en particulier par l'interm&#233;diaire de son site internet, et ce, sous une astreinte de 2000 &#8364; par jour de retard &#224; compter de la signification de l'arr&#234;t &#224; intervenir, et dire que la cour se r&#233;servera la liquidation de cette astreinte,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamner la soci&#233;t&#233; Acet &#224; lui payer, en r&#233;paration du pr&#233;judice qu'elle a subi du fait de la contrefa&#231;on, la somme de 100 000 &#8364;,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; ordonner la publication de l'arr&#234;t &#224; intervenir dans cinq journaux ou p&#233;riodiques de son choix et aux frais de la soci&#233;t&#233; Acet, et ce, au besoin &#224; titre de compl&#233;ment de dommages-int&#233;r&#234;ts, sans que le co&#251;t de chaque insertion puisse exc&#233;der la somme de 6000 &#8364; HT, et pour une dur&#233;e de six mois &#224; compter de sa signification, sur la premi&#232;re page du serveur de la soci&#233;t&#233; Acet accessible par l'adresse www.barrilux.com ou tout autre adresse qui lui serait substitu&#233;e,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dire que l'obligation de publication sur le serveur de la soci&#233;t&#233; Acet sera assortie d'une astreinte de 2000 &#8364; par jour de retard &#224; compter de la signification de l'arr&#234;t &#224; intervenir et que la cour se r&#233;servera la liquidation de ladite astreinte,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamner la soci&#233;t&#233; Acet &#224; payer &#224; la soci&#233;t&#233; Normalu la somme de 10 000 &#8364; au titre des dispositions de l'article 700 du ncpc ainsi qu'aux d&#233;pens ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu les uniques conclusions, en date du 3 octobre 2005, et les conclusions de proc&#233;dure du 3 octobre 2005, par lesquelles la soci&#233;t&#233; Acet demande &#224; la cour de :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; renvoyer les appelants &#224; se pourvoir devant les tribunaux comp&#233;tents de Baadda, Liban,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; sur le fond, confirmer le jugement d&#233;f&#233;r&#233;,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; tr&#232;s subsidiairement, constater que le pr&#233;judice de Fernand S. et de la soci&#233;t&#233; Normalu est inexistant et les d&#233;bouter par cons&#233;quent de l'ensemble de leurs demandes de r&#233;paration,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en tout &#233;tat de cause, condamner in solidum Fernand S. et la soci&#233;t&#233; Normalu &#224; lui verser une indemnit&#233; de 6000 &#8364; au titre des dispositions de l'article 700 du ncpc, ainsi qu'en tous les d&#233;pens ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DISCUSSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que, pour un expos&#233; complet des faits et de la proc&#233;dure, il est express&#233;ment renvoy&#233; au jugement d&#233;f&#233;r&#233; et aux &#233;critures des parties ; qu'il suffit de rappeler que :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; par acte authentique, en date du 12 juin 2003, Fernand S. a c&#233;d&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; Normalu un portefeuille &quot;propri&#233;t&#233; intellectuelle&quot; compos&#233; de brevets et de marques parmi lesquelles la marque fran&#231;aise &quot;Ceilings that S-T-R-E-C-H your imagination. Le plafond qui E-T-E-N-D votre imagination&quot;, d&#233;pos&#233;e le 7 f&#233;vrier 2001, aupr&#232;s de l'Inpi, sous le n&#176;01 3081311, pour d&#233;signer, en classes 19 et 21, les produits suivants faux plafonds et faux murs (non m&#233;talliques). non-tiss&#233;s (textiles) ou toiles sur un support, destin&#233;s &#224; rev&#234;tir des faux plafonds ou des faux murs,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; ayant appris que la soci&#233;t&#233; Acet faisait usage de la d&#233;nomination &quot;Ceilings that S-T-R-E-C-H your imagination, au Liban, sur un site internet accessible en France, Fernand S. a, le 24 janvier 2003, fait proc&#233;der &#224; un constat du site exploit&#233; sous le nom de domaine www.barrilux.com,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; c'est dans ces circonstances que la pr&#233;sente proc&#233;dure en contrefa&#231;on a &#233;t&#233; engag&#233;e &#224; l'encontre de la soci&#233;t&#233; Acet ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la soci&#233;t&#233; Acet critique le jugement d&#233;f&#233;r&#233; en ce qu'il n'a pas fait droit, sur le fondement de l'article 46 du ncpc, &#224; son exception d'incomp&#233;tence, alors que, selon elle, aucun fait dommageable ne s'est produit sur le territoire national ; que, au soutien de son exception, elle fait valoir que, &#224; partir du moment o&#249; le contenu d'un site est diffus&#233; sur internet, celui-ci est consultable depuis n'importe quel pays reli&#233; &#224; ce r&#233;seau, circonstance inh&#233;rente &#224; la nature transfronti&#232;re de ce m&#233;dia ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que, pour s'opposer &#224; cette exception d'incomp&#233;tence, les appelants soutiennent que le proc&#232;s verbal de constat, pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;, &#233;tablirait sans contestation possible la commission d'un acte de contrefa&#231;on sur le territoire fran&#231;ais caract&#233;risant ainsi un des crit&#232;res de comp&#233;tence retenu par l'article 46 pr&#233;cit&#233;, celui du ressort dans lequel le dommage a &#233;t&#233; subi ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais consid&#233;rant que, sauf &#224; vouloir conf&#233;rer syst&#233;matiquement, d&#232;s lors que les faits ou actes incrimin&#233;s ont eu pour support technique le r&#233;seau internet, une comp&#233;tence territoriale aux juridictions fran&#231;aises, il convient de rechercher et de caract&#233;riser, dans chaque cas particulier, un lien suffisant, substantiel ou significatif, entre ces faits ou actes et le dommage all&#233;gu&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or consid&#233;rant que, en l'esp&#232;ce, force est de constater que le site www.barrilux.com exploit&#233; par la soci&#233;t&#233; Acet qui est r&#233;dig&#233; en langue anglaise, n'offre aux consommateurs fran&#231;ais aucun produit &#224; la vente, circonstance, au demeurant non contest&#233;e par les appelants qui, par ailleurs, n'all&#232;guent pas que les produits ou services propos&#233;s sur ce site aient &#233;t&#233; effectivement vendus ou exploit&#233;s en France ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et consid&#233;rant que la seule reproduction partielle de la marque litigieuse ne saurait caract&#233;riser, de ce seul fait, un lien suffisant, substantiel ou significatif, avec le pr&#233;judice all&#233;gu&#233; de nature &#224; permettre au tribunal de grande instance de Paris de retenir sa comp&#233;tence territoriale ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'il s'ensuit que le jugement d&#233;f&#233;r&#233; sera infirm&#233; ; Consid&#233;rant que, en l'esp&#232;ce, il n'y a lieu de faire application des dispositions de l'article 700 du ncpc ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DECISION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ces motifs :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Infirme le jugement d&#233;f&#233;r&#233; en toutes ses dispositions, Et statuant &#224; nouveau,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Au visa de l'article 9 du ncpc, renvoie les parties &#224; mieux se pourvoir ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Dit n'y avoir lieu &#224; faire application des dispositions de l'article 700 du ncpc,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Condamne Fernand S. et la soci&#233;t&#233; Normalu aux d&#233;pens d'appel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cour : M. Alain Carre Pierrat (pr&#233;sident), Mmes Marie Gabrielle Magueur et Dominique Rosenthal-Rolland (conseillers)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avocats : Me Jean Martin Chevalier, Me Val&#233;rie Sedallian&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me esp&#232;ce : Cour d'appel de Paris 14&#232;me chambre, section A - Arr&#234;t du 4 janvier 2006&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;FAITS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ordonnance du 8 juillet 2005, confirm&#233;e par arr&#234;t du 4 janvier 2006, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s du tribunal de grande instance de Paris, &#224; la demande du Gie Pari Mutuel Urbain (PMU) ordonnait &quot;&#224; la soci&#233;t&#233; Zeturf Ltd&quot; (soci&#233;t&#233; de droit maltais) de mettre fin, &#224; (l')adresse (www.zeturf.com), &#224; l'activit&#233; de prise de pari en ligne sur les courses hippiques en France et ce sous astreinte de 15 000 &#8364;&amp;hellip;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le PMU faisait signifier cette ordonnance le 18 juillet 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les soci&#233;t&#233;s de droit maltais Computer Aided Technologies Limited (CATL) et Bell Med Limited (BML) domicili&#233;es &#224; Malte, (les soci&#233;t&#233;s) disent avoir pour activit&#233;s &quot;la fourniture de services &#224; destination de d&#233;tenteur de mat&#233;riel &#233;lectronique&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ordonnance sur requ&#234;te du 27 septembre 2005, le pr&#233;sident du tribunal de grande instance de Paris autorisait le PMU &#224; assigner CATL et BML pour l'audience du 17 octobre 2005, &#233;tant pr&#233;cis&#233; que les assignations devaient &#234;tre d&#233;livr&#233;es aux soci&#233;t&#233;s avant le 30 septembre 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les 7 et 9 septembre 2005, BML saisissait le tribunal civil de Malte d'une demande tendant notamment :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; exprimer &quot;son opposition formelle au comportement ill&#233;gal, abusif et vexatoire de la soci&#233;t&#233; objet du prot&#234;t&quot; (le PMU) ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; avertir celle-ci &quot;de n'entreprendre aucune autre action contre celle-ci, ni &#224; Malte, ni en France&quot;, la tenant &quot;responsable pour tous dommages que la soci&#233;t&#233; auteur du prot&#234;t pouvait subir&amp;hellip; et de tous dommages et int&#233;r&#234;ts&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ordonnance contradictoire du 2 novembre 2005, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s du tribunal de grande instance de Paris rejetait :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'exception tendant &#224; l'annulation de l'acte introductif d'instance ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la demande tendant &#224; surseoir &#224; statuer ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'exception tendant &#224; l'incomp&#233;tence ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'exception tendant &#224; constater la litispendance ou la connexit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; ordonnait en tant que de besoin aux soci&#233;t&#233;s de rendre l'acc&#232;s au site www.zeturf.com impossible tant qu'y sera maintenue l'activit&#233; de pari en ligne et ce sous astreinte ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; disait qu'il lui en serait r&#233;f&#233;r&#233; en cas de difficult&#233;s ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; condamnait les soci&#233;t&#233;s &#224; payer au PMU une provision de 30 000 &#8364;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les soci&#233;t&#233;s interjetaient appel le 17 novembre 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ordonnance de cl&#244;ture &#233;tait rendue le 16 mai 2006.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;PRETENTIONS et MOYENS de CATL et BML&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par derni&#232;res conclusions du 1er f&#233;vrier 2006 auxquelles il convient de se rapporter, ces soci&#233;t&#233;s constatent :
1- que l'acte introductif d'instance n'a pas &#233;t&#233; signifi&#233; dans le d&#233;lai prescrit par l'ordonnance ;
2- qu'il n'est pas &#233;tabli que les actes leur ont &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;s avant l'audience de plaidoirie, ce qui entra&#238;ne la nullit&#233; de l'ordonnance, puisqu'elles n'ont pu pr&#233;parer leur d&#233;fense ;
3- que la juridiction fran&#231;aise est territorialement incomp&#233;tente, conform&#233;ment &#224; l'article 31 du r&#232;glement du 22 d&#233;cembre 2000 ;
4- que la juridiction fran&#231;aise saisie est mat&#233;riellement incomp&#233;tente puisqu'il n'est pas prouv&#233; que les effets des mesures prises sont limit&#233;s dans le temps, et que le juge du fond n'est pas saisi ;
5- qu'il y a litispendance ou connexit&#233; entre la pr&#233;sente proc&#233;dure et celle engag&#233;e ant&#233;rieurement devant le tribunal civile de Malte, ce qui doit entra&#238;ner un sursis &#224; statuer jusqu'&#224; la d&#233;cision de cette juridiction ;
6- que la loi du 21 juin 2004 est inapplicable au cas d'esp&#232;ce et que pour le moins il existe une contestation s&#233;rieuse quant &#224; la conformit&#233; de cette loi &#224; la directive communautaire ce qui devait conduire le juge &#224; saisir la Cjce d'une question pr&#233;judicielle ;
7- que la preuve n'est pas rapport&#233;e qu'elles aient exerc&#233; des acticit&#233;s &quot;d'h&#233;bergement&quot;, ou de &quot;stockage temporaire&quot; de donn&#233;es du site litigieux ;
8- qu'aucune faute n'est d&#233;montr&#233;e de fa&#231;on incontestable ;
9- que l'ordonnance du 8 juillet 2005, qui n'a pas re&#231;u l'exequatur &#224; Malte, n'est pas ex&#233;cutoire sur ce territoire et est contraire aux lois de cet Etat ;
10- que le pr&#233;judice invoqu&#233; par le PMU n'est pas d&#233;montr&#233; non plus que le lien entre ce pr&#233;tendu pr&#233;judice et la pr&#233;tendue faute (cf &#167;8).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elles demandent :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la r&#233;formation de l'ordonnance ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; l'annulation de l'ordonnance ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; de d&#233;clarer le juge fran&#231;ais incomp&#233;tent au profit des juridictions maltaises territorialement comp&#233;tentes ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; titre subsidiaire la saisine de la Cjce de questions pr&#233;judicielles et de surseoir &#224; statuer jusqu'au prononc&#233; de cette d&#233;cision ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; titre infiniment subsidiaire de faire droit &#224; l'exception de litispendance et de connexit&#233;, et de surseoir &#224; statuer jusque la d&#233;cision maltaise ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; de d&#233;clarer irrecevable le PMU en toutes ses demandes ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 10 000 &#8364; chacune au titre de l'article 700 du ncpc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces parties entendent b&#233;n&#233;ficier des dispositions de l'article 699 du ncpc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;PRETENTIONS ET MOYENS du PMU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par derni&#232;res conclusions du 9 mars 2006 auxquelles il convient de se reporter, le PMU expose :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que les soci&#233;t&#233;s h&#233;bergent le site litigieux (tout d'abord &#224; titre subsidiaire, puis depuis la cessation d'h&#233;bergement des soci&#233;t&#233;s Claranet, Pippex et Donhorst, &#224; titre principal) ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que ces soci&#233;t&#233;s ont refus&#233; de d&#233;f&#233;rer aux lettres de mises en demeure ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que le juge fran&#231;ais a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement saisi ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que l'article 31 du r&#232;glement 44/2001 offre une option de comp&#233;tence suppl&#233;mentaire aux r&#232;gles de comp&#233;tence des articles 2 et 5 &#224; 17, et que le juge fran&#231;ais (juge du lieu du dommage) est donc comp&#233;tent ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; qu'il n'y a ni litispendance, ni connexit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que la loi fran&#231;aise est applicable ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que les soci&#233;t&#233;s sont des h&#233;bergeurs d'informations illicites et qu'elles ont refus&#233; de faire cesser ce dommage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette partie entend b&#233;n&#233;ficier des dispositions de l'article 699 du ncpc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il demande :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la confirmation de l'ordonnance ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; une provision de 500 000 &#8364; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 50 000 &#8364; au titre de l'article 700 du ncpc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;OBSERVATIONS DU MINISTERE PUBLIC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par derni&#232;res conclusions du 25 avril 2006 auxquelles il convient de se reporter, le minist&#232;re public conclut :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; la r&#233;gularit&#233; de la saisine du juge ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; la comp&#233;tence de la juridiction fran&#231;aise ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; au rejet des exceptions de litispendance et de connexit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; la &quot;comp&#233;tence&quot; du juge des r&#233;f&#233;r&#233;s tant sur le fondement de l'article 809 du ncpc, que de l'article 6-1-8 de la loi du 21 juin 2004 ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#224; la confirmation de l'ordonnance entreprise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DISCUSSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le rejet des d&#233;bats de la pi&#232;ce 25 (constat du 27 avril 2006)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que cette pi&#232;ce communiqu&#233;e le 2 mai 2006, ne l'a pas &#233;t&#233; tardivement ; que ce constat a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par un &quot;clerc habilit&#233; aux constats&quot;, ce qui signifie, sauf d&#233;monstration contraire non apport&#233;e, que ce clerc a &#233;t&#233; asserment&#233; conform&#233;ment aux dispositions de l'article 10 de la loi du 27 d&#233;cembre 1923 ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que le fait de constater que des documents sont r&#233;dig&#233;s en anglais, et d'en joindre les copies en annexe, ne saurait &#233;videmment pas entra&#238;ner la nullit&#233; de ce constat ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'annulation de l'ordonnance et sur le sursis &#224; statuer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la condition de d&#233;lai &#233;mise par le pr&#233;sident dans son ordonnance sur requ&#234;te du 27 septembre 2005, sur le fondement de l'article 485 alin&#233;a 2 du ncpc, avait pour but d'&#233;viter d'&#233;ventuelles difficult&#233;s sur le d&#233;lai de comparution, et ne pouvait porter atteinte aux pouvoirs du juge des r&#233;f&#233;r&#233;s qui doit conform&#233;ment &#224; l'article 486 du m&#234;me code s'assurer qu'il s'est &#233;coul&#233; un temps suffisant entre l'assignation et l'audience pour que la partie assign&#233;e ait pu pr&#233;parer sa d&#233;fense ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il est reconnu par les parties que l'acte introductif d'instance a &#233;t&#233; transmis aux autorit&#233;s maltaises le 29 septembre 2005 ; que l'exigence &#233;mise dans l'ordonnance sur requ&#234;te a donc &#233;t&#233; respect&#233;e, conform&#233;ment aux r&#232;gles fix&#233;es par l'article 9-2 du r&#232;glement CE n&#176;1348/2000 du 29 mai 2000 et &#224; l'article 688-9 du ncpc, puisque la date de signification pour le PMU (requ&#233;rant) est celle de la date d'exp&#233;dition de l'acte ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que le premier juge, apr&#232;s avoir not&#233; que l'Etat de Malte avait re&#231;u l'acte le 4 octobre 2005, a justement constat&#233; que les dispositions de l'article 26-3 du r&#232;glement CE n&#176;44/2001 du 22 d&#233;cembre 2000 renvoient &#224; l'article 19 du r&#232;glement susvis&#233; du 29 mai 2000 qui ne s'applique que dans le cas o&#249; le d&#233;fendeur ne comparait pas, pour refuser de surseoir &#224; statuer ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant au demeurant que les soci&#233;t&#233;s n'ont subi aucun grief puisqu'elles ont comparu &#224; l'audience pr&#233;vue du 17 octobre 2005 et b&#233;n&#233;fici&#233; d'un renvoi &#224; l'audience du 24 octobre ce qui leur a laiss&#233; un temps suffisant pour pr&#233;parer leur d&#233;fense, peu important donc que l'assignation n'ait &#233;t&#233; re&#231;ue par lesdites soci&#233;t&#233;s qu'apr&#232;s l'audience ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la comp&#233;tence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que contrairement &#224; ce que soutiennent les soci&#233;t&#233;s, les mesures r&#233;clam&#233;es ne rel&#232;vent pas de l'article 22-5 du dit r&#232;glement 44/2001, puisqu'elles ne sont pas des mesures &quot;provisoires ou conservatoires&quot; prises &quot;en mati&#232;re d'ex&#233;cution&quot; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que la demande fond&#233;e sur l'article 6-1-8 de la loi 2004-575 du 21 juin 2004, selon lequel &quot;l'autorit&#233; judiciaire peut prescrire en r&#233;f&#233;r&#233;&amp;hellip;&#224; toutes personnes mentionn&#233;es au 2 ou&amp;hellip;au 1, toutes mesures propres &#224; pr&#233;venir un dommage ou &#224; faire cesser un dommage occasionn&#233; par le contenu d'un service de communication au public en ligne&quot;, tend &#224; ce qu'il soit mis fin &#224; un dommage par la voie du r&#233;f&#233;r&#233;, c'est-&#224;-dire par des mesures provisoires, certes, mais sans qu'une saisine du juge du fond soit exig&#233;e ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que &quot;les mesures provisoires ou conservatoires&quot; au sens de l'article 31 du r&#232;glement 44/2001, sont des mesures destin&#233;es &#224; maintenir une situation de fait ou de droit afin de sauvegarder des droits dont la reconnaissance est -ou sera- demand&#233;e au juge du fond ; que cet article ajoute une r&#232;gle de comp&#233;tence territoriale au syst&#232;me &#233;nonc&#233; aux articles 2 et 5 et suivants ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant enfin qu'il n'est pas contest&#233; que le dommage subi par le PMU l'est en France ; que le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s fran&#231;ais &#233;tait donc territorialement comp&#233;tent conform&#233;ment &#224; l'article 5-3 du r&#232;glement pr&#233;cit&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant enfin que les mesures de l'article 6-1-8 de la loi fran&#231;aise susvis&#233;e, sont manifestement provisoires puisqu'elles ne dureront que jusqu'&#224; d&#233;cision contraire d'un juge du fond que les soci&#233;t&#233;s peuvent saisir, si elles ne l'ont pas d&#233;j&#224; fait ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la litispendance et la connexit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il n'y a pas litispendance au sens d&#233;fini par l'article 27 du r&#232;glement 44/2001 puisque les parties ne sont pas les m&#234;mes, CATL n'&#233;tant pas partie au proc&#232;s au fond devant la juridiction maltaise ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que, selon l'article 30-1 du r&#232;glement susvis&#233;, une juridiction est r&#233;put&#233;e saisie &#224; la date &#224; laquelle l'acte introductif d'instance ou un acte &#233;quivalent est d&#233;pos&#233; aupr&#232;s de la juridiction &#224; condition que le demandeur n'ai pas n&#233;glig&#233; par la suite de prendre les mesures qu'il &#233;tait tenu de prendre pour que l'acte soit notifi&#233; ou signifi&#233; au d&#233;fendeur ; que selon le &#167;2 du m&#234;me article, si l'acte doit &#234;tre signifi&#233; avant d'&#234;tre d&#233;pos&#233;, ladite juridiction est r&#233;put&#233;e saisie &#224; la date de laquelle il est re&#231;u par l'autorit&#233; charg&#233;e de la signification, &#224; condition que le demandeur n'ait pas n&#233;glig&#233; par la suite de reprendre les mesures qu'il &#233;tait tenu de prendre pour que l'acte soit d&#233;pos&#233; aupr&#232;s de la juridiction ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'&#224; la date du 24 octobre 2005, date &#224; laquelle il convient de se placer, BML avait saisi le tribunal de Malte, pays o&#249; la proc&#233;dure rel&#232;ve du &#167;1 de l'article 30, les 7 et 9 octobre 2005 et avait le m&#234;me jour (24 octobre 2005) signifi&#233; l'acte introductif d'instance au PMU (cf page 18 des conclusions de BML) ; que l'assignation introductive d'instance en r&#233;f&#233;r&#233; avait quant &#224; elle &#233;t&#233; enr&#244;l&#233;e le 17 octobre 2005 ; qu'il en r&#233;sulte que les soci&#233;t&#233;s ne peuvent invoquer la connexit&#233; puisque la juridiction fran&#231;aise &#233;tait saisie en premier ; que dans ces conditions il est inutiles de rechercher si l'objet et la nature des demandes &#233;taient les m&#234;mes ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'applicabilit&#233; de la loi fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que tout juge doit dire le droit ; que l'interpr&#233;tation de celui-ci ne peut constituer une contestation s&#233;rieuse ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il convient de rappeler que les soci&#233;t&#233;s ne sont pas &quot;&#233;diteurs&quot; des informations (l'&#233;diteur &#233;tant la soci&#233;t&#233; Zeturf Ltd), mais appel&#233;es &#224; l'instance en tant qu'&quot;h&#233;bergeurs&quot; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la directive 2000/31/CE du 8 juin 2000, &quot;qui pr&#244;ne la libert&#233; du commerce &#233;lectronique exclut en son consid&#233;rant n&#176;16 les activit&#233;s de jeux d'argent impliquant les mises ayant une valeur mon&#233;taire dans des jeux de hasard, y compris les loteries et les transactions portant sur les paris&quot; ; que cette exclusion, qui ne concerne que le contenu a d'ailleurs &#233;t&#233; reprise dans la loi d'application fran&#231;aise en ses articles 14 et 16 ; que la loi fran&#231;aise, conforme &#224; la directive, doit donc recevoir application ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'absence de justification factuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que les personnes vis&#233;es au 1 de l'article 6 de la loi 2004-5-75 du 21 juin 2004, et auxquelles se r&#233;f&#232;re l'article 8 susvis&#233;, sont celles dont l'activit&#233; est d'offrir un acc&#232;s &#224; des services au public en ligne, et celles vis&#233;es au point 2 les personnes physiques ou morales qui assurent le stockage ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que les soci&#233;t&#233;s qui excluent toute implication dans le pr&#233;sent litige omettent de pr&#233;ciser leur r&#244;le exact, mais ne semblent pas nier par une formulation &#233;nigmatique (&#167;1 de leurs conclusions) qu'elles peuvent assurer le r&#244;le d'h&#233;bergeur, tout en pr&#233;cisant (page 29) d'une fa&#231;on &#233;quivoque que le &quot;fait que l'h&#233;bergement d'un site puisse &#234;tre transf&#233;r&#233; d'un prestataire vers un autre ne justifie pas que des mesures puissent &#234;tre ordonn&#233;es tendant &#224; rendre impossible l'acc&#232;s &#224; ce site&quot; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que le premier juge a exactement constat&#233; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que l'adresse IP (internet protocole) du site www.zeturf.com au 22 septembre 2005 &#233;tait le 217 168 162 172, appartenant au CATL, et qu'il en &#233;tait de m&#234;me le 11 octobre suivant ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que l'adresse IP du site au 22 octobre 2005 &#233;tait le 195 234 51 15 (pi&#232;ce n&#176;5 des soci&#233;t&#233;s) ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que le PMU d&#233;montre que le chemin emprunt&#233; pour rejoindre le site passe par le point d&#233;nomm&#233; &quot;Bellemed-vfmlt.vodafone.com.mt (et ce tant &#224; la date du 22 septembre 2005 qu'au 21 octobre 2005) ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; que CATL est la soci&#233;t&#233; m&#232;re de BML (&#167;1 des conclusions des soci&#233;t&#233;s) pour en d&#233;duire &quot;le caract&#232;re nomade&quot; de l'h&#233;bergement de ces soci&#233;t&#233;s ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que la cour qui doit se prononcer sur l'existence du dommage constat&#233; par le premier juge, doit aussi v&#233;rifier la disparition de ce dommage depuis le prononc&#233; de l'ordonnance et ce faisant au jour o&#249; elle statue ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il r&#233;sulte tant des proc&#232;s verbaux du 28 f&#233;vrier 2006, que du 27 avril 2006, qu'en &quot;cliquant&quot; sur l'adresse www.zeturf.com (et sans utiliser les annexes) on d&#233;couvre que CATL (CATS) est &quot;administrateur&quot; du syst&#232;me autonome de routage de cette adresse ; que ces &#233;l&#233;ments ne font que d&#233;montrer que l'agissement fautif de ces soci&#233;t&#233;s, constat&#233; par le premier juge perdure ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la provision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que l'absence d'exequatur de l'ordonnance du 8 juillet 2005 (cf conclusions des soci&#233;t&#233;s pages 31 et suivantes) est &#233;trang&#232;re au pr&#233;sent litige ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant que par lettre du 26 septembre 2005 lesdites soci&#233;t&#233;s ont refus&#233; de se plier aux demandes faites par le PMU dans sa lettre du 23 ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'il ne leur est pas reproch&#233; de ne pas avoir satisfait sur son territoire national &#224; ses r&#232;gles et normes de droit interne, mais d'avoir port&#233;, sur le sol fran&#231;ais, un dommage par des man&#339;uvres sanctionn&#233;es par la loi fran&#231;aise ; que la pi&#232;ce 17 du PMU d&#233;montre l'importance du dommage, le lien avec la faute des soci&#233;t&#233;s &#233;tant &#233;vident puisque sans le support technique des soci&#233;t&#233;s, les paris ne pourraient avoir lieu ; qu'il convient de tenir compte du temps qui a pass&#233; et d'accorder au PMU une somme non s&#233;rieusement contestable de 210 000 &#8364; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'article 700 du ncpc&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consid&#233;rant qu'il serait in&#233;quitable de laisser &#224; la charge du PMU les frais non compris dans les d&#233;pens ; qu'il y a lieu de lui accorder 50 000 &#8364; &#224; ce titre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DECISION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ces motifs :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. D&#233;boute les soci&#233;t&#233;s appelantes de leurs demandes ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Confirme l'ordonnance entreprise sauf en ce qui concerne le montant de la provision ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Condamne in solidum la CATL et la BML &#224; payer au PMU une provision de 210 000 &#8364; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Condamne la soci&#233;t&#233; BML et la CATL &#224; payer 50 000 &#8364; au PMU au titre de l'article 700 du ncpc ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Condamne la CATL et la BML aux d&#233;pens d'appel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cour : M. Marcel Foulon (pr&#233;sident), Mme Marie-Jos&#233; Percheron et M. Renaud Blanquart (conseillers)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avocats : Me H&#233;l&#232;ne Moisand-Florand, Me Marc Henry, Me Olivier Iteanu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh8-1&quot; name=&quot;nb8-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] R&#232;glement de Bruxelles I n&#176;44/2000 du 22 d&#233;cembre 2000, qui a remplac&#233; depuis le 1er mars 2002 la convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 (sauf pour le Danemark et les pays de l'AELE)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh8-2&quot; name=&quot;nb8-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Ce qui explique le fondement de l'article 46 NCPC : le R&#232;glement de Bruxelles I pr&#233;voit expr&#233;ss&#233;ment que la comp&#233;tence de principe (articles 2 et 5 &#167; 3 en l'occurence) n'est applicable que si le d&#233;fendeur r&#233;side dans un Etat membre. Or, en l'esp&#232;ce, le d&#233;fendeur r&#233;side au Liban. Dans ce cas, le R&#232;glement renvoie (article 4) vers les r&#232;gles de conflit internes, en l'occurence l'article 46 NCPC. La solution au fond reste inchang&#233;e : comp&#233;tence du tribunal du lieu de survenance du fait dommageable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh8-3&quot; name=&quot;nb8-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] CJCE, 1978, &#171; Mines de Potasse d'Alsace &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh8-4&quot; name=&quot;nb8-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] CJCE, 1995, &#171; Fiona Shevill &#187; : en cas de d&#233;lit par voie de presse, le for d'&#233;dition du journal est comp&#233;tent pour conna&#238;tre du dommage en son entier, les fors de diffusion du journal son comp&#233;tent &#224; raison du dommage subi sur leurs territoires respectifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh8-5&quot; name=&quot;nb8-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] v. Cass. Com., 2005, affaire &#171; Hugo Boss &#187; en mati&#232;re de contrefa&#231;on qui, contrairement &#224; la solution de l'affaire &#171; Castellblanch &#187;, retient le crit&#232;re de la focalisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>La copie priv&#233;e et la lic&#233;it&#233; de sa source</title>
		<link>http://www.intlex.org/La-copie-privee-et-la-liceite-de.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.intlex.org/La-copie-privee-et-la-liceite-de.html</guid>
		<dc:date>2006-06-17T14:10:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Informatique-.html">Droit de l'Informatique</category>

		<dc:subject>DADVSI/LCEN</dc:subject>

		<description>Sur fond de texte de loi DADVSI qui va bient&#244;t &#234;tre examin&#233; par une Commission Mixte Paritaire, la Cour de cassation pr&#233;cise le droit positif actuel en mati&#232;re de t&#233;l&#233;chargement. &lt;br /&gt;Pendant longtemps, la communaut&#233; P2P a esp&#233;r&#233; que le t&#233;l&#233;chargement serait d&#233;clar&#233; l&#233;gal au titre du droit &#224; la copie priv&#233;e. Il &#233;tait ainsi soutenu que si l'envoi des donn&#233;es doit &#234;tre sanctionn&#233;, le t&#233;l&#233;chargement doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par le droit &#224; la copie priv&#233;e de l'article L. 122-5 2&#176; du Code de la propri&#233;t&#233; (&amp;hellip;)


-
&lt;a href="http://www.intlex.org/-Informatique-.html" rel="directory"&gt;Droit de l'Informatique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.intlex.org/+-DADVSI-+.html" rel="tag"&gt;DADVSI/LCEN&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Sur fond de texte de loi DADVSI qui va bient&#244;t &#234;tre examin&#233; par une Commission Mixte Paritaire, la Cour de cassation pr&#233;cise le droit positif actuel en mati&#232;re de t&#233;l&#233;chargement.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant longtemps, la communaut&#233; P2P [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-1&quot; name=&quot;nh9-1&quot; id=&quot;nh9-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Peer-to-peer ou de &#171; pair &#224; pair &#187; : proc&#233;d&#233;s d&amp;#39;&#233;change de (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] a esp&#233;r&#233; que le t&#233;l&#233;chargement [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-2&quot; name=&quot;nh9-2&quot; id=&quot;nh9-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Le mot &#171; t&#233;l&#233;chargement &#187; d&#233;signe l&amp;#39;action par laquelle une (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] serait d&#233;clar&#233; l&#233;gal au titre du droit &#224; la copie priv&#233;e. Il &#233;tait ainsi soutenu que si l'envoi des donn&#233;es [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-3&quot; name=&quot;nh9-3&quot; id=&quot;nh9-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Leur simple mise partage en r&#233;alit&#233;.' &gt;3&lt;/a&gt;] doit &#234;tre sanctionn&#233;, le t&#233;l&#233;chargement doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par le droit &#224; la copie priv&#233;e de l'article L. 122-5 2&#176; du Code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-4&quot; name=&quot;nh9-4&quot; id=&quot;nh9-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Lorsque l&amp;#39;oeuvre a &#233;t&#233; divulgu&#233;e, l&amp;#39;auteur ne peut (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]. Le raisonnement &#233;tait relativement simple : celui qui met &#224; disposition un fichier prot&#233;g&#233; par des droits d'auteurs viole ces droits d'auteur en permettant &#224; une communaut&#233; d'acqu&#233;rir le fichier sans contrepartie et sans autorisation du titulaire des droits. En revanche, celui qui ne fait que t&#233;l&#233;charger le fichier ne viole pas obligatoirement la loi : il peut d&#233;j&#224; poss&#233;der l&#233;galement l'oeuvre originale et vouloir en faire une copie (hypoth&#232;se dans laquelle le t&#233;l&#233;chargement est justifi&#233;), ou il peut t&#233;l&#233;charger le fichier pour son usage strictement personnel (hypoth&#232;se dans laquelle se pose la question de savoir si le t&#233;l&#233;chargement est justifi&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un arr&#234;t de la Cour d'appel de Montpellier du 10 mars 2005 est rapidement devenu c&#233;l&#232;bre dans le monde du P2P pour avoir refus&#233; de sanctionner un internaute, Aur&#233;lien D., qui poss&#233;dait chez lui plusieurs centaines de CD contenant des fichiers t&#233;l&#233;charg&#233;s depuis Internet et soumis &#224; des droits d'auteur. La Cour avait ainsi fait le premier pas vers la l&#233;galisation du t&#233;l&#233;chargement, en refusant de le sanctionner. Nul doute que le projet de loi DADVSI, transposition de la directive EUCD elle m&#234;me prise en application d'un Trait&#233; international [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-5&quot; name=&quot;nh9-5&quot; id=&quot;nh9-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Trait&#233; de l&amp;#39;Organisation Mondiale de la Propri&#233;t&#233; Intellectuelle (...)' &gt;5&lt;/a&gt;], a soulev&#233; tous les probl&#232;mes que l'on conna&#238;t [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-6&quot; name=&quot;nh9-6&quot; id=&quot;nh9-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] v. &#224; ce propos &#171; Les dangers de la loi DADVSI &#187;' &gt;6&lt;/a&gt;] apr&#232;s cet arr&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arr&#234;t de la Chambre criminelle de la Cour de cassation ci-dessous reproduit casse l'arr&#234;t d'appel. La Cour d'appel aurait d&#251; rechercher l'origine des fichiers t&#233;l&#233;charg&#233;s. En effet, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'exception de copie priv&#233;e pr&#233;vue par L 122-5 2&#176; du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, en ce qu'elle constitue une d&#233;rogation au monopole de l'auteur sur son &#339;uvre, suppose, pour pouvoir &#234;tre retenue que sa source soit licite et n&#233;cessairement exempte de toute atteinte des titulaires de droits sur l'&#339;uvre&lt;/i&gt; &#187;. La Cour ne tranche pas le probl&#232;me. Ce sera &#224; la Cour d'appel d'Aix, devant laquelle l'affaire est renvoy&#233;e, de constater la provenance l&#233;gale ou ill&#233;gale des fichiers litigieux et d'en tirer toutes les conclusions. Nul besoin d'&#234;tre devin pour comprendre que si le fichier provient d'une source l&#233;gale, alors le t&#233;l&#233;chargement sera l&#233;gal et, &#224; l'inverse, il sera ill&#233;gal si le fichier provient d&#233;j&#224; d'une source ill&#233;gale. Le contraire serait &#233;tonnant puisque, selon l'adage,&#171; on ne peut transmettre plus de droit que ceux dont on dispose &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais une telle interpr&#233;tation soul&#232;ve un autre probl&#232;me, d'ordre plus technique : comment conna&#238;tre la source d'un fichier ? On pourrait penser qu'il suffit de constater l'acte de t&#233;l&#233;chargement entre la source et le destinataire. Mais les donn&#233;es qui transitent par Internet ne sont que des s&#233;ries de 0 et de 1 qui, une fois assembl&#233;s, constituent l'information. Si le destinataire t&#233;l&#233;charge en m&#234;me temps plusieurs fichiers, les donn&#233;es de ces fichiers sont m&#233;lang&#233;es lors de leur transfert et ce n'est qu'une fois le t&#233;l&#233;chargement accompli qu'elles sont assembl&#233;es en fichiers. Il n'est donc pas possible de suivre les transferts d'un fichier prot&#233;g&#233; par les droits d'auteur sans analyser l'ensemble du traffic &#224; destination de l'ordinateur de la personne qui t&#233;l&#233;charge. Or, une telle analyse constitue une intrusion inacceptable dans la vie priv&#233;e de la personne qui est garantie par son droit &#224; l'intimit&#233;. Ce droit ne peut &#234;tre lev&#233; que dans certaines conditions sur d&#233;cision de justice [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-7&quot; name=&quot;nh9-7&quot; id=&quot;nh9-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Une telle analyse serait assimilable &#224; des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques non (...)' &gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre moyen de suivre un fichier passe par l'insertion dans ce fichiers de DRM [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9-8&quot; name=&quot;nh9-8&quot; id=&quot;nh9-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Les DRM ou &#171; Digital Rights Management systems &#187; sont des m&#233;ta-donn&#233;es (...)' &gt;8&lt;/a&gt;]. Mais d'une part les DRM sont tr&#232;s facilement rep&#233;rables sur un fichier et il est possible de les annuler ; et d'autre part, seules les entreprises qui vendent l&#233;galement des contenus prot&#233;g&#233;s par le droit d'auteur les utilisent. Il faudrait par cons&#233;quent v&#233;rifier si le fichier indique qu'il a &#233;t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233; une ou plusieurs fois. S'il a &#233;t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233; une seule fois, c'est qu'il provient d'une source l&#233;gale (la personne qui a pay&#233; &#224; l'entreprise pour l'acqu&#233;rir) et l'exception de copie priv&#233;e peut &#234;tre invoqu&#233;e. En revanche, s'il a &#233;t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233; plusieurs fois, c'est qu'il provient d'une source ill&#233;gitime puisque, par d&#233;finition, la copie priv&#233;e doit rester priv&#233;e et ne peut &#234;tre diffus&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est sur ce dernier point que la Cour d'appel d'Aix devra se prononcer : une copie de copie devient-elle ill&#233;gale, ou reste-t-elle l&#233;gale ?&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Statuant sur les pourvois form&#233;s par :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le procureur g&#233;n&#233;ral pr&#232;s la cour d'appel de Montpellier,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Sev,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Fndf,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Twentieth Century Fox Home Entertainment France,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Buena Vista Home Entertainment,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Gaumont Columbia Tristar Home video,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Paramount Home Entertainement France,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Universal Pictures Video France,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Warner Bros France,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Twentieth Century Fox Film Corporation,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Columbia Pictures Industries,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Tristar Pictures,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Disney Enterprises,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Paramount Pictures Corporation,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; MGM Entertainment,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Warner Bros,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Universal City Studios,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la soci&#233;t&#233; Dreamworks, parties civiles,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;contre l'arr&#234;t de ladite cour d'appel, en date du 10 mars 2005, qui a relax&#233; Aur&#233;lien D. du chef de contrefa&#231;on par &#233;dition ou reproduction d'une &#339;uvre de l'esprit au m&#233;pris des droits de l'auteur et a d&#233;bout&#233; les parties civiles de leurs demandes ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Joignant les pourvois en raison de la connexit&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu les m&#233;moires produits ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le moyen unique de cassation du procureur g&#233;n&#233;ral, pris en sa derni&#232;re branche, de la violation des articles 122-4 et suivants du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle et de l'article 593 du code de proc&#233;dure p&#233;nale ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le premier moyen de cassation du m&#233;moire ampliatif, pris de la violation des articles L 122-3, L 122-4, L 122-5, L 335-2, L 335-3 et L 335-4 du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, d&#233;faut de r&#233;ponse &#224; conclusions, d&#233;faut de motifs et manque de base l&#233;gale ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;en ce que l'arr&#234;t confirmatif attaqu&#233; a reconnu au pr&#233;venu le b&#233;n&#233;fice de l'exception de copie priv&#233;e et, en cons&#233;quence, l'a renvoy&#233; des fins de la poursuite pour contrefa&#231;on ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;aux motifs qu'aux termes des articles L 122-3, L 122-4 et L 122-5 du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, lorsqu'une &#339;uvre a &#233;t&#233; divulgu&#233;e, l'auteur ne peut interdire les copies ou reproductions strictement r&#233;serv&#233;es &#224; l'usage priv&#233; du copiste et non destin&#233;es &#224; une utilisation collective ; que le pr&#233;venu a d&#233;clar&#233; avoir effectu&#233; les copies uniquement pour un usage priv&#233; ; qu'il n'est d&#233;montr&#233; aucun usage &#224; titre collectif ; que, tout au plus, le pr&#233;venu a admis avoir toutefois regard&#233; une de ces copies en pr&#233;sence d'un ou deux copains et avoir pr&#234;t&#233; des c&#233;d&#233;roms grav&#233;s &#224; quelques copains ; qu'on ne peut d&#233;duire de ces seuls faits que les copies r&#233;alis&#233;es ne l'ont pas &#233;t&#233; en vue de l'usage priv&#233; vis&#233; par le texte ; que, par suite, c'est &#224; bon droit que le premier juge est entr&#233; en voie de relaxe ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;alors que l'exception de copie priv&#233;e pr&#233;vue par l'article L 122-5, 2&#176;, du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, en ce qu'elle constitue une d&#233;rogation au monopole de l'auteur sur son &#339;uvre, suppose, pour pouvoir &#234;tre retenue, que soit &#233;tabli le caract&#232;re licite de sa source, laquelle doit n&#233;cessairement &#234;tre exempte de toute atteinte aux pr&#233;rogatives des titulaires de droit sur l'&#339;uvre concern&#233;e, l'article 9-2 de la Convention de Berne, qui se trouve repris par l'accord que les aspects des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle qui touchent au commerce (Adpic) annex&#233; &#224; l'accord de Marrakech du 15 avril 1994 instituant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC dans son article 13), ne permettant au demeurant aux pays de l'Union d'autoriser dans leur l&#233;gislation interne la reproduction d'&#339;uvres de l'esprit par un autre que le titulaire des droits que dans des cas sp&#233;ciaux, &#224; la condition qu'une telle reproduction ne porte atteinte &#224; l'exploitation normale de l'&#339;uvre ni ne cause un pr&#233;judice injustifi&#233; aux int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes de l'auteur ; qu'en l'esp&#232;ce, la fixation sur c&#233;d&#233;roms d'&#339;uvres t&#233;l&#233;charg&#233;es via internet, comme le fait de r&#233;aliser des copies &#224; partir de ces m&#234;mes c&#233;d&#233;roms pour les pr&#234;ter &#224; des tiers ne sauraient en aucune mani&#232;re entrer dans le champ d'application de l'article L 122-5, 2&#176;, susvis&#233; en l'absence de la double autorisation n&#233;cessaire portant tout d'abord sur l'exercice du droit de reproduction tant &#224; travers l'acte de t&#233;l&#233;chargement, lequel en l'esp&#232;ce a &#233;t&#233; suivi de surcro&#238;t d'un acte additionnel de reproduction sur les c&#233;d&#233;roms d&#233;couverts chez le pr&#233;venu que de la copie effectu&#233;e par ce dernier de c&#233;d&#233;roms &#233;tablis dans les m&#234;mes conditions et qui lui avaient &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;s par des amis ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'en retenant, d&#232;s lors, au profit du pr&#233;venu poursuivi pour avoir grav&#233; sur c&#233;d&#233;roms des &#339;uvres cin&#233;matographiques en partie t&#233;l&#233;charg&#233;es sur internet et pour partie copi&#233;es sur d'autres c&#233;d&#233;roms grav&#233;s dans des conditions similaires, le b&#233;n&#233;fice de l'exception de copie priv&#233;e, sans r&#233;pondre aux parties civiles faisant valoir que le caract&#232;re illicite de la source des copies excluait que puisse &#234;tre retenue l'exception pr&#233;vue par l'article L 122-5, 2&#176;, du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, la cour a, par interpr&#233;tation erron&#233;e de ce texte, interpr&#233;tation incompatible avec les principes pos&#233;s par l'article 9-2 de la Convention de Berne, priv&#233; sa d&#233;cision de toute base l&#233;gale ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les moyens &#233;tant r&#233;unis ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu l'article 593 du code de proc&#233;dure p&#233;nale ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DISCUSSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu que tout jugement ou arr&#234;t doit comporter les motifs propres &#224; justifier la d&#233;cision et r&#233;pondre aux chefs p&#233;remptoires des conclusions des parties ; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs &#233;quivaut &#224; leur absence ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu qu'il r&#233;sulte de l'arr&#234;t attaqu&#233; et des pi&#232;ces de proc&#233;dure qu'Aur&#233;lien D., poursuivi pour avoir grav&#233; sur c&#233;d&#233;roms des &#339;uvres cin&#233;matographiques apr&#232;s les avoir, soit t&#233;l&#233;charg&#233;es sur internet, soit copi&#233;es sur d'autres c&#233;d&#233;roms pr&#234;t&#233;s par des amis, a &#233;t&#233; cit&#233; &#224; compara&#238;tre sous la pr&#233;vention de contrefa&#231;on par &#233;dition ou reproduction d'une &#339;uvre de l'esprit au m&#233;pris des droits de l'auteur ; que les soci&#233;t&#233;s d'&#233;dition vid&#233;o et les soci&#233;t&#233;s de production titulaires de droits sur les &#339;uvres concern&#233;es se sont constitu&#233;es parties civiles ainsi que le syndicat de l'&#233;dition vid&#233;o et la f&#233;d&#233;ration nationale des distributeurs de films ; qu'ils ont, notamment, soutenu que ces films n'avaient pas encore fait l'objet, sous forme de vid&#233;o &#224; la demande, d'une exploitation licite sur internet ; que, par jugement, en date du 13 octobre 2004, le tribunal correctionnel devant lequel le pr&#233;venu s'est pr&#233;valu de l'exception de copie priv&#233;e, l'a renvoy&#233; des fins de la poursuite et a d&#233;bout&#233; les parties civiles de leurs demandes ; que le minist&#232;re public et les parties civiles ont interjet&#233; appel ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendu que, pour confirmer le jugement entrepris, l'arr&#234;t retient qu'aux termes des articles L 122-3, L 122-4 et L 122-5 du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, lorsqu'une &#339;uvre a &#233;t&#233; divulgu&#233;e, l'auteur ne peut interdire les copies ou reproductions strictement r&#233;serv&#233;es &#224; l'usage priv&#233; du copiste et non destin&#233;es &#224; une utilisation collective ; que les juges ajoutent que le pr&#233;venu a d&#233;clar&#233; avoir effectu&#233; les copies uniquement pour un usage priv&#233; et qu'il n'est d&#233;montr&#233; aucun usage &#224; titre collectif ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais attendu qu'en se d&#233;terminant ainsi, sans s'expliquer sur les circonstances dans lesquelles les &#339;uvres avaient &#233;t&#233; mises &#224; disposition du pr&#233;venu et sans r&#233;pondre aux conclusions des parties civiles qui faisaient valoir que l'exception de copie priv&#233;e pr&#233;vue par l'article L 122-5, 2&#176;, du code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, en ce qu'elle constitue une d&#233;rogation au monopole de l'auteur sur son &#339;uvre, suppose, pour pouvoir &#234;tre retenue que sa source soit licite et n&#233;cessairement exempte de toute atteinte aux pr&#233;rogatives des titulaires de droits sur l'&#339;uvre concern&#233;e, la cour d'appel n'a pas justifi&#233; sa d&#233;cision ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'o&#249; il suit que la cassation est encourue de ce chef ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DECISION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ces motifs, et sans qu'il y soit besoin d'examiner le second moyen de cassation propos&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Casse et annule, en toutes ses dispositions, l'arr&#234;t susvis&#233; de la cour d'appel de Montpellier, en date du 10 mars 2005, et pour qu'il soit jug&#233; &#224; nouveau, conform&#233;ment &#224; la loi ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Renvoie la cause et les parties devant la cour d'appel d'Aix en Provence, &#224; ce d&#233;sign&#233;e par d&#233;lib&#233;ration sp&#233;ciale prise en chambre du conseil ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;. Ordonne l'impression du pr&#233;sent arr&#234;t, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Montpellier et sa mention en marge ou &#224; la suite de l'arr&#234;t annul&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour : M. Cotte (pr&#233;sident), M. Le Corroller (conseiller rapporteur) MM. Farge, Blondet, Palisse, Castagn&#232;de, Mmes Ract-Madoux, Radenne (conseillers), Mme Guihal, MM. Chaumont et Delbano (conseillers r&#233;f&#233;rendaires)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avocat : SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-1&quot; name=&quot;nb9-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Peer-to-peer ou de &#171; pair &#224; pair &#187; : proc&#233;d&#233;s d'&#233;change de fichiers sur Internet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-2&quot; name=&quot;nb9-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Le mot &#171; t&#233;l&#233;chargement &#187; d&#233;signe l'action par laquelle une personne r&#233;cup&#232;re sur son ordinateur un fichier provenant d'Internet. Il s'agit de la traduction du mot anglais &#171; download &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;down&lt;/i&gt; : sens descendant, d'internet vers l'ordinateur), par opposition &#224; &#171; upload &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;up&lt;/i&gt; : sens ascendant, d'un ordinateur vers Internet, en fran&#231;ais &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;envoi&lt;/i&gt;) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-3&quot; name=&quot;nb9-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Leur simple mise partage en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-4&quot; name=&quot;nb9-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque l'oeuvre a &#233;t&#233; divulgu&#233;e, l'auteur ne peut interdire : (&amp;hellip;) 2&#176; Les copies ou reproductions strictement r&#233;serv&#233;es &#224; l'usage priv&#233; du copiste et non destin&#233;es &#224; une utilisation collective, &#224; l'exception des copies des oeuvres d'art destin&#233;es &#224; &#234;tre utilis&#233;es pour des fins identiques &#224; celles pour lesquelles l'oeuvre originale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde &#233;tablie dans les conditions pr&#233;vues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de donn&#233;es &#233;lectronique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-5&quot; name=&quot;nb9-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Trait&#233; de l'Organisation Mondiale de la Propri&#233;t&#233; Intellectuelle du 20 d&#233;cembre 1996 adaptant aux donn&#233;es num&#233;riques les Conventions de Berne et Rome, qui a donn&#233; lieu au Digital Millenium Copyright Act aux Etats-Unis et &#224; la directive 2001/29 du 22 mai 2001, directive dite &#171; EUCD &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-6&quot; name=&quot;nb9-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] v. &#224; ce propos &#171; &lt;a href=&quot;http://forum-conveniens.eu/Des-dangers-de-la-loi-DADVSI.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les dangers de la loi DADVSI&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-7&quot; name=&quot;nb9-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Une telle analyse serait assimilable &#224; des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques non autoris&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9-8&quot; name=&quot;nb9-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Les DRM ou &#171; Digital Rights Management systems &#187; sont des m&#233;ta-donn&#233;es rajout&#233;es &#224; un fichier qui permettent d'obtenir certaines informations sur ce fichier. v. sur ce point l'article &#171; &lt;a href=&quot;http://forum-conveniens.eu/Des-dangers-de-la-loi-DADVSI.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les dangers de la loi DADVSI&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>





</channel>

</rss>
