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	<title>IntLex.org</title>
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	<description>Actualit&#233; juridiques, discussions et opinions autour du Droit fran&#231;ais, communautaire et international et des Droits &#233;trangers. Forum-Conveniens est l'endroit qui convient pour &#233;changer des opinions sur les mati&#232;res juridiques !</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Qualification juridique de l'acte de publication d'un flux de liens sur Internet.</title>
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		<dc:date>2008-04-03T07:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Informatique-.html">Droit de l'Informatique</category>

		<dc:subject>DADVSI/LCEN</dc:subject>

		<description>Deux d&#233;cisions de justice r&#233;centes ont mis en relief toute l'importance et le caract&#232;re probl&#233;matique de la qualification de l'acte de publication d'un flux RSS ou &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ou d'un agr&#233;gat de flux RSS. Est-ce un acte d'h&#233;bergement ou d'&#233;dition ? S'il s'agit d'un acte d'h&#233;bergement, l'article 6 &#167; 1 de la Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (LCEN) exon&#232;re l'auteur de la publication de (&amp;hellip;)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Deux d&#233;cisions de justice r&#233;centes ont mis en relief toute l'importance et le caract&#232;re probl&#233;matique de la qualification de l'acte de publication d'un flux RSS ou &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ou d'un agr&#233;gat de flux RSS. Est-ce un acte d'h&#233;bergement ou d'&#233;dition ? S'il s'agit d'un acte d'h&#233;bergement, l'article 6 &#167; 1 de la Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique (LCEN) [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Loi n&#186; 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l&amp;#39;&#233;conomie (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] exon&#232;re l'auteur de la publication de responsabilit&#233;, &#224; moins qu'il ait eu connaissance du caract&#232;re manifestement illicite de l'information diffus&#233;e. En revanche, s'il s'agit d'une activit&#233; d'&#233;dition, l'auteur de la publication est pleinement responsable m&#234;me s'il n'avait pas connaissance de l'illic&#233;it&#233; de l'information relay&#233;e par le flux.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I. Nature technique et fonctionnement des flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement &#224; ce qui se dit parfois, les flux RSS (Really Simple Syndication) et les flux &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ne sont pas, en principe, des flux d'informations au sens strict. Ce sont des flux de r&#233;f&#233;rences ou de liens hypertexte vers des informations. Sur une page Web, ils se mat&#233;rialisent par une s&#233;rie de titres d'articles provenant de sites tiers, accompagn&#233;s de liens hypertexte vers ces sites. Les titres sont &#171; &#8239;empil&#233;s&#8239; &#187; du plus r&#233;cent au plus ancien. Si l'on parle de &#171; &#8239;flux&#8239; &#187;, c'est parce que la liste des titres est mise &#224; jour en temps r&#233;el : un nouveau titre viendra se placer en haut de la liste, faisant descendre tous les autres titres.
Lorsqu'il se trouvent dans un flux RSS, ces titres proviennent des diff&#233;rents sites qui les diffusent gr&#226;ce &#224; des fichiers plac&#233;s sur leurs serveurs et fr&#233;quemment mis &#224; jour. Pour afficher un flux RSS sur une page Web, il suffit de r&#233;cup&#233;rer &#224; intervalle r&#233;gulier le fichier contenant les titres &#224; partir de n'importe quel site qui propose cette fonction [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Sur le site du Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/recents)' &gt;2&lt;/a&gt;]. On dira alors qu'on est &#171; &#8239;abonn&#233;&#8239; &#187; au flux RSS de ce site. A partir de ce moment, comme pour tout abonnement, le contenu du flux sera envoy&#233; automatiquement, sans d&#233;marche active de son destinataire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La technologie RSS permet &#233;galement de r&#233;aliser une agr&#233;gation des flux. Il est possible de regrouper des titres provenant de plusieurs flux et de cr&#233;er ainsi un nouveau flux. Cependant, il est en principe impossible de choisir au sein d'un m&#234;me flux quels titres seront repris et quels autres titres seront rejet&#233;s. Un tel tri n&#233;cessiterait la mise en place d'une solution de filtrage bas&#233;e sur des mots-cl&#233;s qui n'est pas pr&#233;vue originairement par la technologie RSS. En d'autres termes, lorsqu'on s'abonne &#224; un flux, on accepte en bloc son contenu pr&#233;sent et &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sites &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; sont bas&#233;s sur un syst&#232;me invent&#233; par le site am&#233;ricain Digg. Ce sont des sites &#171; &#8239;communautaires&#8239; &#187; : c'est la communaut&#233; des internautes qui d&#233;finit le contenu du site en lui ajoutant des liens vers des articles publi&#233;s sur d'autres sites, puis en notant et en commentant ces articles. Le syst&#232;me &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; est structurellement diff&#233;rent de l'agr&#233;gation de flux RSS sur deux points importants. En effet, d'une part, les informations v&#233;hicul&#233;es dans un flux RSS sont directement affich&#233;es sur les sites qui sont abonn&#233;s au flux, sans qu'il soit possible de les contr&#244;ler a priori, alors que les sites &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; supposent un ajout manuel des articles par les internautes, ce qui permet de placer chaque nouvel article dans une &#171; &#8239;file d'attente&#8239; &#187; et d'en contr&#244;ler le contenu avant d'en autoriser la diffusion. D'autre part, la suppression d'un article sur un site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; n'affecte pas les autres articles, alors qu'il est en principe impossible pour l'abonn&#233; d'un flux RSS de supprimer un article sans retirer le flux entier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les flux RSS et les flux &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; v&#233;hiculent d'autres informations que les titres des articles : parfois un court r&#233;sum&#233; du contenu de l'article, toujours la r&#233;f&#233;rence vers cet article sous forme d'adresse Web (URL). Cependant, dans des cas qui restent exceptionnels, le contenu de l'article est diffus&#233; dans le flux.
Pour r&#233;sumer, les points suivants sont particuli&#232;rement importants dans le cadre de l'analyse de la nature juridique des flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en principe, les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ne v&#233;hiculent pas une information mais une r&#233;f&#233;rence (un lien) permettant d'acc&#233;der &#224; l'information ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; sont mis &#224; jour en temps r&#233;el ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la technologie RSS ne pr&#233;voie pas de filtrage des r&#233;f&#233;rences envoy&#233;es par un flux, mais il est possible de contr&#244;ler a priori le contenu des articles soumis aux sites &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ;
il est possible d'agr&#233;ger des flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; existants pour cr&#233;er un nouveau flux qui regroupe toutes les r&#233;f&#233;rences diffus&#233;es par les flux agr&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II. &#201;diteur et h&#233;bergeur : des qualifications diff&#233;rentes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. H&#233;bergeurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;finition de l'activit&#233; d'h&#233;bergement de contenu &#233;lectronique se trouve &#224; l'article 5 de la LCEN. Il s'agit de l'activit&#233; exerc&#233;e par&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8239;Les personnes physiques ou morales qui assurent, m&#234;me &#224; titre gratuit, pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services (&amp;hellip;)&#8239; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux &#233;l&#233;ments sont particuli&#232;rement importants en ce qui concerne les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) L'activit&#233; d'h&#233;bergement est une activit&#233; de stockage et non de traitement ou d'exploitation des donn&#233;es. Autrement dit, l'h&#233;bergeur se borne &#224; offrir un support pour la conservation des donn&#233;es ; il ne les manipule pas lui-m&#234;me et il ne les diffuse pas pour son compte. Or, l'agr&#233;gation de diff&#233;rents flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; dans le but de constituer un flux unique reprenant l'ensemble des titres des flux agr&#233;g&#233;s pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un traitement des donn&#233;es. Si, par ailleurs, les flux sont diffus&#233;s sur le Web par le site qui les agr&#232;ge et pour son propre compte (notamment pour attirer plus de visiteurs et augmenter ses revenus gr&#226;ce &#224; de la publicit&#233;), il y a bien une exploitation des donn&#233;es. Toujours est-il qu'il n'y a pas de stockage de l'information stricto sensu. En effet, comme il a &#233;t&#233; expliqu&#233; plus haut, les flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ne v&#233;hiculent pas l'information elle-m&#234;me, sauf exception, mais une r&#233;f&#233;rence vers cette information sous la forme d'un titre, d'un court descriptif et d'une adresse URL.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Un h&#233;bergeur stocke les donn&#233;es fournies par le destinataire de l'h&#233;bergement. Cette disposition vise clairement les prestataires techniques qui mettent &#224; disposition un espace de stockage en ligne pour que leurs clients h&#233;bergent les fichiers de leurs sites. L'hypoth&#232;se est claire : le client construit son site depuis son ordinateur, puis met les fichiers en ligne sur les serveurs de l'h&#233;bergeur qui se charge de les diffuser sur le r&#233;seau. Les fichiers, et les informations qu'ils contiennent, sont fournis par le client ; l'h&#233;bergeur n'intervient pas dans leur &#233;laboration, il n'en contr&#244;le pas le contenu. Ce sch&#233;ma n'est pas applicable aux flux RSS et &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; : lorsqu'un site agr&#232;ge des flux provenant d'autres sites, il le fait pour lui-m&#234;me et non pas pour ces autres sites. En effet, pour que des flux provenant de sites tiers puissent &#234;tre agr&#233;g&#233;s, il faut qu'ils soient d&#233;j&#224; diffus&#233;s par ces sites. Le fichier qui contient les donn&#233;es du flux RSS ne quitte pas le serveur du site d'origine ; il est simplement lu, et non stock&#233;, par le site qui l'agr&#232;ge. De m&#234;me, le fichier qui contient l'article repris par un site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; reste sur le serveur d'origine et ce n'est qu'une r&#233;f&#233;rence vers ce fichier qui est publi&#233;e par le site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187;. La source originelle de l'information ne change donc pas et aucune nouvelle source n'est cr&#233;&#233;e : l'agr&#233;gation du flux RSS ou de l'article dans un flux &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; ou leur diffusion par un autre site ne fait que prolonger la source d'origine, qui se suffit en principe &#224; elle-m&#234;me [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] On doit ici exclure l&amp;#39;hypoth&#232;se de l&amp;#39;h&#233;bergement d&amp;#39;un (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]. La preuve en est que la mise hors ligne d'un site agr&#233;geant des flux RSS ou des articles ne suffit pas &#224; faire cesser la diffusion de ces flux ou de ces articles sur le r&#233;seau ; il faudrait pour cela supprimer le contenu incrimin&#233; des serveurs qui sont &#224; l'origine de sa premi&#232;re diffusion, qui en sont la source.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. &#201;diteurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'activit&#233; d'&#233;dition s'oppose ici &#224; celle d'h&#233;bergement. Elle constitue une cat&#233;gorie r&#233;siduelle qui se d&#233;finit a contrario en l'absence de d&#233;finition l&#233;gale : est un &#233;diteur &#171; &#8239;toute personne physique ou morale qui, &#224; titre professionnel ou non, &#233;dite et met en ligne de l'information, au sens le plus large du terme, &#224; destination des internautes, en la publiant sur son site internet&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] C. F&#201;RAL-SCHUHL, Cyberdroit. Le droit &#224; l&amp;#39;&#233;preuve de (...)' &gt;4&lt;/a&gt;] et sans pouvoir &#234;tre qualifi&#233;e d'h&#233;bergeur au sens de la LCEN.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est ainsi consid&#233;r&#233; comme &#233;diteur une personne qui choisit de diffuser une information. Un &#233;diteur a un comportement actif : il prend d'abord la d&#233;cision de diffuser l'information, puis il met en oeuvre les moyens n&#233;cessaires &#224; sa diffusion. Il importe peu qu'il soit ou non l'auteur de cette information.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;diteurs sur Internet sont en principe soumis aux m&#234;mes obligations l&#233;gales que les &#233;diteurs de la presse papier ou audiovisuelle, notamment celles r&#233;sultant de la loi de 1881 sur la libert&#233; de presse [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Loi n&#176;1881-07-29 sur la libert&#233; de presse du 29 juillet 1881 (...)' &gt;5&lt;/a&gt;], exception faite de l'obligation de d&#233;claration pr&#233;alable aupr&#232;s du CSA [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; id=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Cette obligation r&#233;sultant de la loi du 29 juillet 1982 a &#233;t&#233; supprim&#233;e (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]. La LCEN impose cependant &#224; tout &#233;diteur sur Internet l'obligation suppl&#233;mentaire de se rendre identifiable (pour les professionnels) ou de rendre identifiable son h&#233;bergeur (pour les particuliers).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;III. &#201;diteur et h&#233;bergeur : des responsabilit&#233;s diff&#233;rentes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'importance de la distinction entre h&#233;bergeur et &#233;diteur r&#233;side dans la d&#233;termination du r&#233;gime de responsabilit&#233; applicable. Les h&#233;bergeurs disposent d'un r&#233;gime sp&#233;cifique qui les exon&#232;re de responsabilit&#233; dans la plupart des cas, alors que les &#233;diteurs restent pleinement responsables des dommages caus&#233;s par les informations qu'ils participent &#224; diffuser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. H&#233;bergeurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'activit&#233; des h&#233;bergeurs est n&#233;cessaire &#224; la diffusion d'une information sur le r&#233;seau. Pourtant, les h&#233;bergeurs ne sont pas &#224; l'origine de l'information diffus&#233;e. Il sont de simples interm&#233;diaires techniques.
Partant de ce postulat, trois conceptions de la responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs peuvent &#234;tre d&#233;fendues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) La premi&#232;re conception est celle de l'irresponsabilit&#233; totale : l'activit&#233; des h&#233;bergeurs est purement technique, elle ne concerne que le contenant &#224; l'exclusion du contenu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) La seconde conception est celle de la responsabilit&#233; syst&#233;matique et totale : puisque l'activit&#233; des h&#233;bergeurs est n&#233;cessaire &#224; la diffusion de l'information, elle est &#233;galement n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation du pr&#233;judice subi du fait de la diffusion de cette information. Il est donc naturel que la responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs soit engag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) La troisi&#232;me conception, qui est actuellement celle du droit fran&#231;ais, se situe &#224; mi-chemin entre les deux premi&#232;res. Elle reprend, peu ou prou, le &#171; &#8239;tryptique pouvoir - savoir - inertie&#8239; &#187; propos&#233; par un auteur : &#171; &#8239;n'est indubitablement fautif que celui qui est &#224; m&#234;me techniquement d'intervenir, qui sait qu'il y a mati&#232;re &#224; intervention et, pour finir, ne fait rien&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; id=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] M. VIVANT, La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires de l&amp;#39;Internet, (...)' &gt;7&lt;/a&gt;].
La loi du 1er ao&#251;t 2000 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; id=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Loi n&#176;2000-719 du 1er ao&#251;t 2000 modifiant la loi n&#176;86-1067 du 30 (...)' &gt;8&lt;/a&gt;] pr&#233;voyait &#224; l'origine que les h&#233;bergeurs n'&#233;taient responsables que dans les cas o&#249;, saisis par un juge ou par un tiers, ils n'avaient pas agi pour mettre hors ligne ou filtrer le contenu litigieux. Le texte fut cependant vid&#233; de sa substance par une censure du Conseil Constitutionnnel [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; id=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Conseil Constitutionnel, 27 juillet 2000, D&#233;cision n&#176;2000-433 : Loi (...)' &gt;9&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit positif actuel r&#233;sulte d'article 6 de la LCEN :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8239;&amp;hellip; les personnes physiques ou morales qui assurent, m&#234;me &#224; titre gratuit, pour mise &#224; disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'&#233;crits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilit&#233; civile engag&#233;e du fait des activit&#233;s ou des informations stock&#233;es &#224; la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de leur caract&#232;re illicite ou de faits et circonstances faisant appara&#238;tre ce caract&#232;re ou si, d&#232;s le moment o&#249; elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces donn&#233;es ou en rendre l'acc&#232;s impossible&amp;hellip;&#8239; &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Conseil Constitutionnel a pr&#233;cis&#233; que &#171; &#8239;ces dispositions ne sauraient avoir pour effet d'engager la responsabilit&#233; d'un h&#233;bergeur qui n'a pas retir&#233; une information d&#233;nonc&#233;e comme illicite par un tiers si celle-ci ne pr&#233;sente pas manifestement un tel caract&#232;re ou si son retrait n'a pas &#233;t&#233; ordonn&#233; par un juge&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; id=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Conseil Constitutionnel, 10 juin 2004, D&#233;cision n&#176;2004-496 : Loi pour (...)' &gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en r&#233;sulte donc, au final, qu'un h&#233;bergeur n'engage sa responsabilit&#233; que s'il n'a pas agi promptement pour mettre hors ligne un contenu dont il ne pouvait ignorer l'illic&#233;it&#233; ou dont le retrait avait &#233;t&#233; ordonn&#233; par une d&#233;cision de justice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. &#201;diteurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;gime traditionnel de responsabilit&#233; des &#233;diteurs est le r&#233;gime dit &#171; &#8239;en cascade&#8239; &#187; du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la libert&#233; de presse. Le directeur de la publication est le premier responsable. A d&#233;faut, l'auteur sera responsable et, &#224; d&#233;faut de l'auteur, le producteur sera poursuivi comme auteur principal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce r&#233;gime transpos&#233; &#224; Internet conduit &#224; engager la responsabilit&#233; des diff&#233;rents op&#233;rateurs techniques intervenant dans la cha&#238;ne de diffusion de l'information.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit commun se substitue &#224; ce r&#233;gime sp&#233;cial lorsqu'il devient impossible pour les diff&#233;rents interm&#233;diaires de contr&#244;ler l'information diffus&#233;e. Or, c'est le cas sur Internet et plus particuli&#232;rement pour les flux RSS qui agr&#232;gent des informations provenant de sources diff&#233;rentes et mises &#224; jour en permanence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Conseil d'&#201;tat a propos&#233; dans son rapport sur Internet et les r&#233;seaux num&#233;riques [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; id=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] CONSEIL D&amp;#39;ETAT, Internet et les r&#233;seaux num&#233;riques, La (...)' &gt;11&lt;/a&gt;] de maintenir le r&#233;gime traditionnel de responsabilit&#233; lorsque l'op&#233;rateur exerce une fonction &#233;ditoriale, par exemple lorsqu'il con&#231;oit son propre site Web, &#171; &#8239;mais de retenir un r&#233;gime de responsabilit&#233; de droit commun pour toutes les autres fonctions exerc&#233;es sur le r&#233;seau et notamment les fonctions d'interm&#233;diation technique&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute la question est donc de savoir si l'agr&#233;gation et la diffusion de flux RSS est une simple activit&#233; &#171; &#8239;d'interm&#233;diation technique&#8239; &#187; ou s'il s'agit au contraire d'une activit&#233; &#233;ditoriale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;IV. La publication d'un flux RSS est une activit&#233; d'&#233;dition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux d&#233;cisions r&#233;centes, rendues en r&#233;f&#233;r&#233; respectivement par le TGI de Nanterre dans l'affaire &#171; &#8239;O. Dahan c. Lespipoles.com&#8239; &#187; et par le TGI de Paris dans l'affaire &#171; &#8239;O. Martinez c. Fuzz.fr&#8239; &#187;, qualifient la publication d'un flux RSS et d'un site &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; comme une activit&#233; d'&#233;dition. Une troisi&#232;me d&#233;cision, rendue dans l'affaire &#171; &#8239;O. Dahan c. Wikio.fr&#8239; &#187; met en relief le fait que l'activit&#233; d'h&#233;bergement est purement technique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. Affaire &#171; &#8239;Lespipoles.com&#8239; &#187; et &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux d&#233;cisions ont &#233;t&#233; rendues dans cette premi&#232;re affaire. Un article concernant une pr&#233;tendue liaison entre l'actrice am&#233;ricaine Sharon Stone et Olivier Dahan, r&#233;alisateur du film &#171; &#8239;La M&#244;me&#8239; &#187;, avait &#233;t&#233; publi&#233; sur le site &#171; &#8239;gala.fr&#8239; &#187; et diffus&#233; par ce site dans un flux RSS. A son tour, le flux RSS &#233;tait repris sur deux sites : le site &#171; &#8239;lespipoles.com&#8239; &#187; et le site &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187;. M. Dahan se dirigea donc dans un premier temps contre l'&#233;diteur du site &#171; &#8239;lespipoles.com&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; id=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] TGI Nanterre (ref.), 28 f&#233;vrier 2008, Olivier Dahan c. Eric D. ; (...)' &gt;12&lt;/a&gt;] et, dans un second temps, contre la soci&#233;t&#233; titulaire du nom de domaine &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; id=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] TGI Nanterre (ref.), 7 mars 2008, Olivier Dahan c. Planete Soft ; (...)' &gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la premi&#232;re ordonnance, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s rejette l'argument du d&#233;fendeur selon lequel &#171; &#8239;il n'aurait que la qualit&#233; d'h&#233;bergeur (&amp;hellip;) en ce que les contenus sont affich&#233;s syst&#233;matiquement, automatiquement, et r&#233;guli&#232;rement mis &#224; jour, sans la moindre d&#233;cision de sa part et donc sans le moindre contr&#244;le &#8220;&#233;ditorial&#8221; sur le contenu des informations&#8239; &#187;. Il estime en effet que &#171; &#8239;ledit site agence diff&#233;rents flux dans des cadres pr&#233;&#233;tablis (&#8220;derni&#232;res news&#8221; ou &#8220;derni&#232;res vid&#233;os&#8221;) et qu'il a trait &#224; un th&#232;me pr&#233;cis : l'actualit&#233; des c&#233;l&#233;brit&#233;s&#8239; &#187; ; en outre, le site poss&#232;de &#171; &#8239;un moteur de recherche propre au th&#232;me ainsi trait&#233;&#8239; &#187;, ce qui d&#233;montre son contr&#244;le sur le contenu diffus&#233;. Il en r&#233;sulte que &#171; &#8239;la d&#233;cision d'agencer ainsi les diff&#233;rentes sources, permet &#224; l'internaute d'avoir un panorama g&#233;n&#233;ral, gr&#226;ce aux diff&#233;rents flux ainsi choisis, sur un th&#232;me pr&#233;cis, et constitue bien un choix &#233;ditorial de la partie d&#233;fenderesse&#8239; &#187;. Le d&#233;fendeur a donc &#171; &#8239;la qualit&#233; d'&#233;diteur et doit assumer les responsabilit&#233;s, &#224; raison des informations qui figurent sur son propre site&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la deuxi&#232;me ordonnance, le juge rel&#232;ve que la soci&#233;t&#233; d&#233;fenderesse, Planete Soft, est seulement titulaire du nom de domaine &#171; &#8239;wikio.fr&#8239; &#187;, &#171; &#8239;qu'elle n'a ni la qualit&#233; d'h&#233;bergeur, ni d'&#233;diteur, ni de &#8220;webmaster&#8221; ayant la ma&#238;trise du site litigieux&#8239; &#187;. Il existe donc une contestation s&#233;rieuse au sens de l'article 808 NCPC sur la qualit&#233; &#224; agir en d&#233;fense de la soci&#233;t&#233; Planete Soft et le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s se d&#233;clare incomp&#233;tent pour conna&#238;tre du litige.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux d&#233;cisions lues en parall&#232;le permettent de relever l'importance du crit&#232;re du choix &#233;ditorial. Un op&#233;rateur est consid&#233;r&#233; comme un &#233;diteur lorsqu'il op&#232;re un choix &#233;ditorial, c'est-&#224;-dire lorsqu'il am&#233;nage l'information diffus&#233;e sur son site. Il s'agit d'une d&#233;marche active destin&#233;e &#224; apporter une valeur ajout&#233;e soit au site, par le regroupement et le classement des informations diffus&#233;es, soit aux informations elles-m&#234;mes qui sont mises en relation avec des contenus connexes. A l'inverse, l'op&#233;rateur qui se borne &#224; fournir un service (comme un nom de domaine), sans intervenir dans le processus d'&#233;laboration du contenu du site, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'&#233;diteur de ce site.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. Affaire &#171; &#8239;Fuzz.fr&#8239; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les faits sont ici semblables &#224; ceux expos&#233;s ci-avant : le site &#171; &#8239;fuzz.fr&#8239; &#187; affichait un lien vers un article, h&#233;berg&#233; sur un autre site, et ayant pour th&#232;me une pr&#233;tendue liaison entre l'actrice Kylie Minogue et Olivier Martinez. En revanche, il ne s'agissait pas ici d'une agr&#233;gation de flux RSS, mais d'une s&#233;lection &#171; &#8239;digg-like&#8239; &#187; de certains articles, parus sur divers sites, par les internautes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En l'esp&#232;ce, la soci&#233;t&#233; d&#233;fenderesse soutenait qu'elle n'&#233;tait qu'un simple prestataire technique, ne faisant qu'h&#233;berger un lien hypertexte vers l'article original. Le juge n'a pas accueilli cet argument [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb14&quot; name=&quot;nh14&quot; id=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] TGI Paris (ref.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox Net, Eric (...)' &gt;14&lt;/a&gt;]. Il a au contraire estim&#233; qu'en renvoyant vers le site &#224; l'origine de l'article litigieux, en &#171; &#8239;agen&#231;ant diff&#233;rentes rubriques telles que celle intitul&#233;e &#8220;People&#8221;&#8239; &#187; et, surtout, en pr&#233;sentant le titre de l'article en gros caract&#232;res, la d&#233;fenderesse avait d&#233;cid&#233; seule &#171; &#8239;des modalit&#233;s d'organisation et de pr&#233;sentation&#8239; &#187; de son site et, partant, op&#233;r&#233; un choix &#233;ditorial. Il en d&#233;coule que l'acte de publication doit &#234;tre compris &#171; &#8239;non pas comme un simple acte mat&#233;riel, mais comme la volont&#233; de mettre le public en contact avec des messages de son choix&#8239; &#187; et que la soci&#233;t&#233; &#171; &#8239;doit &#234;tre d&#232;s lors consid&#233;r&#233;e comme un &#233;diteur&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;V. Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'affaire &#171; &#8239;Fuzz.fr&#8239; &#187; a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une tr&#232;s large couverture m&#233;diatique : des m&#233;dias traditionnels [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb15&quot; name=&quot;nh15&quot; id=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Le Figaro, Une d&#233;cision de justice fait trembler le web 2.0 (avec AFP) (...)' &gt;15&lt;/a&gt;] &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision, en passant bien entendu par la &#171; &#8239;blogosph&#232;re&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb16&quot; name=&quot;nh16&quot; id=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] A. ASTAIX, Le hussard de la toile, &#224; l&amp;#39;assaut du web (...)' &gt;16&lt;/a&gt;]. L'ordonnance rendue par le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s a suscit&#233; de vives critiques. Elle est pourtant fond&#233;e en droit. En effet, il est clair que la d&#233;finition de la qualit&#233; d'h&#233;bergeur contenue dans la LCEN ne vise que les interm&#233;diaires techniques, &#224; l'exclusion des op&#233;rateurs qui exploitent directement et pour leur compte l'information diffus&#233;e, qu'ils en tirent ou non un b&#233;n&#233;fice. Dans ce contexte, la s&#233;lection, le classement et la mise en valeur de l'information suffisent &#224; caract&#233;riser un &#171; &#8239;choix &#233;ditorial&#8239; &#187; qui, &#224; son tour, est caract&#233;ristique d'une exploitation du contenu diffus&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous semble que le d&#233;bat aurait pu &#234;tre d&#233;plac&#233; sur un autre point, bien plus probl&#233;matique : le fait que les sites incrimin&#233;s ne diffusent pas le contenu litigieux mais une simple r&#233;f&#233;rence vers ce contenu (sous r&#233;serve qu'il ne reprennent pas une partie substantielle de l'article r&#233;f&#233;renc&#233;). Si la diffusion d'un lien vers une page Web s'assimile &#224; la diffusion du contenu de cette page, c'est toute l'architecture du r&#233;seau qui est &#224; revoir ! Qu'en serait-il, en effet, de la responsabilit&#233; des moteurs de recherche ? Et qu'en serait-il de la responsabilit&#233; d'un site affichant un lien vers un deuxi&#232;me site qui afficherait &#224; son tour un lien vers un troisi&#232;me site au contenu illicite ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le d&#233;bat ne s'est pas d&#233;plac&#233; sur ce terrain, c'est que ce n'&#233;tait pas n&#233;cessaire car, pr&#233;cis&#233;ment, les liens affich&#233;s sur les sites incrimin&#233;s n'&#233;taient pas de &#171; &#8239;simples liens&#8239; &#187;. Ils &#233;taient mis en valeur de mani&#232;re &#224; relayer l'essentiel du contenu de l'information (titre suggestif et court r&#233;sum&#233;), et non simplement &#224; signaler son existence. Le fait qu'il s'agisse, dans les deux cas, d'informations &#171; &#8239;people&#8239; &#187; n'est d'ailleurs certainement pas indiff&#233;rent &#224; la condamnation. Il est en effet bien connu que les informations de ce type sont particuli&#232;rement sensibles, et qu'il arrive souvent qu'elles franchissent la limite de l'illic&#233;it&#233;. Dans ce contexte, les &#233;diteurs des sites incrimin&#233;s ont commis une n&#233;gligence plut&#244;t qu'un acte illicite actif en diffusant des informations non v&#233;rifi&#233;es et susceptibles d'&#234;tre illicites, alors qu'ils avaient les moyens, quoi qu'ils en disent, d'en contr&#244;ler le contenu. Il ont en tout cas pris un risque qui justifie que leur responsabilit&#233; soit recherch&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Loi n&#186; 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique (LCEN) (JO 2004 du 22 juin 2004 : &lt;http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PCEBX.htm&gt;)&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Sur le site du Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/recents), on peut lire : &#171; Webmestres : ajoutez directement, sur votre propre site, ce petit fil d'informations, fait de liens hypertextes vers les articles r&#233;cemment publi&#233;s sur le site Internet du &#8220;&#8239;Monde diplomatique&#8239;&#8221;&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] On doit ici exclure l'hypoth&#232;se de l'h&#233;bergement d'un site miroir. Les miroirs sont des copies &#224; l'identique d'un site mais h&#233;berg&#233;es par des serveurs diff&#233;rents. Ces copies visent &#224; r&#233;duire la charge du serveur principal et la bande passante utilis&#233;e en r&#233;partissant le contenu sur des serveurs diff&#233;rents situ&#233;s en d'autres lieux. L'utilisation de serveurs miroirs permet &#233;galement de d&#233;congestionner le r&#233;seau et d'acc&#233;l&#233;rer les temps de transfert : chaque internaute obtiendra l'information du serveur le plus proche de lui. Dans le cas de l'utilisation d'un serveur miroir, il s'agit v&#233;ritablement d'un second h&#233;bergement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] C. F&#201;RAL-SCHUHL, Cyberdroit. Le droit &#224; l'&#233;preuve de l'Internet, ed. Dalloz Praxis (4&#232;me ed., Paris 2006), num. 121.11, p. 549.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh5&quot; name=&quot;nb5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Loi n&#176;1881-07-29 sur la libert&#233; de presse du 29 juillet 1881 (Legifrance : &lt;www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PCEAA.htm&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh6&quot; name=&quot;nb6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Cette obligation r&#233;sultant de la loi du 29 juillet 1982 a &#233;t&#233; supprim&#233;e pour les publication sur Internet par la loi n&#176;2000-719 du 1er ao&#251;t 2000 (sp&#233;c. art. 2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh7&quot; name=&quot;nb7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] M. VIVANT, La responsabilit&#233; des interm&#233;diaires de l'Internet, JCP G n&#176;45 du 10 novembre 1999, I 180&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh8&quot; name=&quot;nb8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Loi n&#176;2000-719 du 1er ao&#251;t 2000 modifiant la loi n&#176;86-1067 du 30 septembre 1986 relative &#224; la libert&#233; de communication (JO 177/2000 du 2 ao&#251;t 2000, p. 11903 : &lt;http://www.juriscom.net/txt/loisfr/l20000801.htm&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh9&quot; name=&quot;nb9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Conseil Constitutionnel, 27 juillet 2000, D&#233;cision n&#176;2000-433 : Loi modifiant la loi n&#176; 86-1067 du 30 septembre 1986 relative &#224; la libert&#233; de communication [non-conformit&#233; partielle] ; JO 2000.p. 11922&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh10&quot; name=&quot;nb10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Conseil Constitutionnel, 10 juin 2004, D&#233;cision n&#176;2004-496 : Loi pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique (LCEN) [non-conformit&#233; partielle] ; D. 2004.1739, note B. Mathieu&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh11&quot; name=&quot;nb11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] CONSEIL D'ETAT, Internet et les r&#233;seaux num&#233;riques, La Documentation fran&#231;aise (1998)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh12&quot; name=&quot;nb12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] TGI Nanterre (ref.), 28 f&#233;vrier 2008, Olivier Dahan c. Eric D. ; Legalis 2008 : &lt;http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2225&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh13&quot; name=&quot;nb13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] TGI Nanterre (ref.), 7 mars 2008, Olivier Dahan c. Planete Soft ; Legalis 2008 : &lt;http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2232&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh14&quot; name=&quot;nb14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] TGI Paris (ref.), 26 mars 2008, Olivier Martinez c. Bloobox Net, Eric Dupin (affaire Fuzz) ; Legalis 2008 : &lt;http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2256&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh15&quot; name=&quot;nb15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Le Figaro, Une d&#233;cision de justice fait trembler le web 2.0 (avec AFP) (S. LAURENT) ; Le Monde, Les sites h&#233;gergeant des informations &#233;manant de tiers sont responsables de leur publication (L. GIRARD)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh16&quot; name=&quot;nb16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] A. ASTAIX, Le hussard de la toile, &#224; l'assaut du web communautaire, Blog Dalloz 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La loi applicable au contrat de travail (article 6 de la Convention de Rome)</title>
		<link>http://www.intlex.org/Les-contrats-de-travail-dans-la.html</link>
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		<dc:date>2007-05-14T14:20:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html">Droit international priv&#233;</category>

		<dc:subject>Convention de Rome</dc:subject>

		<description>La Convention de Rome pose les r&#232;gles de conflit de lois applicables en mati&#232;re contractuelle. L'article 3 pose le principe de la libert&#233; de choix et l'article 4 indique quelle sera la loi applicable &#224; d&#233;faut de choix. Ce m&#233;canisme g&#233;n&#233;ral est assorti de deux exceptions : pour les contrats de consommation et pour les contrats de travail. L'article 6 concerne les contrats individuels de travail et limite la libert&#233; de choix dans le but de prot&#233;ger le salari&#233;, partie faible. &lt;br /&gt;Plan &lt;br /&gt;&#8211; (&amp;hellip;)


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&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html" rel="directory"&gt;Droit international priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.intlex.org/+-Convention-de-Rome-+.html" rel="tag"&gt;Convention de Rome&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;La Convention de Rome pose les r&#232;gles de conflit de lois applicables en mati&#232;re contractuelle. L'article 3 pose le principe de la libert&#233; de choix et l'article 4 indique quelle sera la loi applicable &#224; d&#233;faut de choix. Ce m&#233;canisme g&#233;n&#233;ral est assorti de deux exceptions : pour les contrats de consommation et pour les contrats de travail. L'article 6 concerne les contrats individuels de travail et limite la libert&#233; de choix dans le but de prot&#233;ger le salari&#233;, partie faible.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211;	Section 1 : M&#233;canisme de l'article 6&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211;	Section 2 : L'ordre public social&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211;	Section 3 : La clause d'exception de l'article 4&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Section 1.	&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;canisme de l'article 6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article 6&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrat individuel de travail&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Nonobstant les dispositions de l'article 3, dans le contrat de travail, le choix par les parties de la loi applicable ne peut avoir pour r&#233;sultat de priver le travailleur de la protection que lui assurent les dispositions imp&#233;ratives de la loi qui serait applicable, &#224; d&#233;faut de choix, en vertu du paragraphe 2 du pr&#233;sent article.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Nonobstant les dispositions de l'article 4 et &#224; d&#233;faut de choix exerc&#233; conform&#233;ment &#224; l'article 3, le contrat de travail est r&#233;gi :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a) par la loi du pays o&#249; le travailleur, en ex&#233;cution du contrat, accomplit habituellement son travail, m&#234;me s'il est d&#233;tach&#233; &#224; titre temporaire dans un autre pays&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ou&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b) si le travailleur n'accomplit pas habituellement son travail dans un m&#234;me pays, par la loi du pays o&#249; se trouve l'&#233;tablissement qui a embauch&#233; le travailleur,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#224; moins qu'il ne r&#233;sulte de l'ensemble des circonstances que le contrat de travail pr&#233;sente des liens plus &#233;troits avec un autre pays, auquel cas la loi de cet autre pays est applicable.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;G&#233;n&#233;ralit&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'article 6 de la Convention de Rome est un des seuls articles repris sans grande modification dans le projet de r&#232;glement &#171; &#8239;Rome I&#8239; &#187;. Cela semble indiquer que cet article a parfaitement rempli son but. Pourtant, ce n'est pas exactement le cas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'article 6 porte le titre de &#171; &#8239;contrat individuel de travail&#8239; &#187;. Cela exclut, par hypoth&#232;se, les conventions collectives qui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des contrats (collectifs) de travail. Cette pr&#233;cision est une bonne chose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Avant l'entr&#233;e en vigueur de la Convention de Rome, la loi du lieu d'ex&#233;cution du travail intervenait au titre de loi de police. La Convention de Rome consacre ce rattachement en tant que r&#232;gle de conflit de principe. La m&#233;thode a chang&#233; (des lois de police vers la r&#232;gle de conflit bilat&#233;rale), mais le rattachement demeure le m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;II. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;canisme de l'article 6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4.&#8239;&#8212; Le paragraphe 1 de l'article 6 &lt;/strong&gt;pose une r&#233;serve &#224; l'application de l'article 3. Selon l'article 3, le choix de la loi du contrat est libre. Cependant, dans les contrats de travail, ce choix &#171; &#8239;ne peut avoir&#8239;pour r&#233;sultat de priver le travailleur de la protection que lui assurent les dispositions imp&#233;ratives de la loi qui serait applicable &#224; d&#233;faut de choix&#8239; &#187;. La loi applicable &#224; d&#233;faut de choix est d&#233;termin&#233;e en fonction des r&#232;gles sp&#233;ciales pos&#233;es au paragraphe 2 de l'article 6, qui d&#233;rogent aux r&#232;gles g&#233;n&#233;rales de l'article 4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela ne signifie pas que la loi d&#233;sign&#233;e par le paragraphe 2 &#233;vince compl&#232;tement la loi d'autonomie. En effet, seules les dispositions moins protectrices du salari&#233; de la loi d'autonomie seront &#233;vinc&#233;es au profit des dispositions correspondantes, plus protectrices, de la loi d&#233;sign&#233;e par la r&#232;gle du paragraphe 2. Si la loi d'autonomie est, sur un point donn&#233;, plus protectrice du salari&#233; que la loi d&#233;sign&#233;e par le paragraphe 2, l'article 6 ne fera pas obstacle &#224; son application.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la loi d&#233;sign&#233;e par le paragraphe 2 rend obligatoire l'application des conventions collectives de travail, le travailleur ne pourra pas &#234;tre priv&#233;, par le choix d'une loi tierce, de la protection qui lui est accord&#233;e par ces conventions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le rapport Giuliano-Lagarde [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] M. GIULIANO ET P. LAGARDE, Rapport concernant la convention sur la loi (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] pr&#233;cise que si l'article 6 parle de &#171; &#8239;contrats de travail&#8239; &#187;, il vise en r&#233;alit&#233; toutes les relations de travail. C'est-&#224;-dire qu'il s'applique &#233;galement lorsque le contrat est nul et lorsque le travail est de fait (sans contrat).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5.&#8239;&#8212; Le paragraphe 2 de l'article 6 &lt;/strong&gt;d&#233;roge &#224; l'article 4 en mati&#232;re de contrats de travail. Ainsi, en l'absence de choix de loi, le contrat sera r&#233;gi par :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La loi du pays o&#249; le travailleur accomplit &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;habituellement &lt;/i&gt;son travail, m&#234;me s'il est d&#233;tach&#233; &#224; titre temporaire dans un autre pays (loi d'origine), ou ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Si le travailleur n'accomplit pas habituellement son travail dans un m&#234;me pays, la loi du pays o&#249; se trouve l'&#233;tablissement qui a embauch&#233; le travailleur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ou, s'il r&#233;sulte de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'ensemble &lt;/i&gt;des circonstances que le contrat de travail pr&#233;sente des liens plus &#233;troits avec un autre pays, par la loi de ce pays. Cette &#171; &#8239;clause d'exception&#8239; &#187; &#233;vince les deux pr&#233;c&#233;dentes hypoth&#232;ses : le contrat de travail devrait toujours pouvoir &#234;tre r&#233;gi par la loi du pays avec lequel il pr&#233;sente les liens les plus &#233;troits. La clause d'exception n'&#233;vince que les rattachements &#224; d&#233;faut de choix, elle ne peut en aucun cas &#233;vincer une loi choisie par les parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lieu d'ex&#233;cution du contrat, crit&#232;re principal de rattachement, est facile &#224; d&#233;terminer en pratique : le travail est mat&#233;riellement ex&#233;cut&#233; en un lieu d&#233;fini. En r&#233;alit&#233;, l'accomplissement du travail est la prestation caract&#233;ristique du contrat. Ce crit&#232;re est plus pertinent que celui du domicile du travailleur, qui n'a pas &#233;t&#233; retenu dans la Convention, pour les rares hypoth&#232;ses des travailleurs transfrontaliers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, d&#233;signer la loi du lieu d'ex&#233;cution du travail a le m&#233;rite de pr&#233;senter une certaine coh&#233;rence avec l'application d'autres l&#233;gislations, p&#233;riph&#233;riques au travail, comme le droit de la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le but principal du second rattachement pos&#233; &#224; l'article 6 &#167; 2, la loi du lieu de l'&#233;tablissement qui a embauch&#233; le travailleur, est de garantir la s&#233;curit&#233; juridique. Les r&#233;dacteurs de la Convention auraient pu d&#233;cider de soumettre le contrat &#224; la loi du pays dans lequel le travailleur a pass&#233; le plus de temps, au fil de ses nombreux d&#233;tachements. Mais cette loi n'est pas forc&#233;ment d&#233;terminable &#224; l'avance, et peut changer dans le temps. Le crit&#232;re retenu dans la Convention a le m&#233;rite de ne pas varier dans le temps : il est fix&#233; une bonne fois pour toutes au moment de la conclusion du contrat. Il est ainsi garant de s&#233;curit&#233; juridique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6.&#8239;&#8212; Diff&#233;rences avec l'article 5&lt;/strong&gt;. Contrairement &#224; l'article 5 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-2&quot; name=&quot;nh1-2&quot; id=&quot;nh1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] V. Guillaume Florimond, La protection du consommateur dans la (...)' &gt;2&lt;/a&gt;], l'article 6 ne soumet pas l'application des lois d&#233;sign&#233;es en l'absence de choix &#224; des conditions pr&#233;d&#233;finies. Dans l'article 6, aucune condition de localisation g&#233;ographique n'est &#224; satisfaire : le travailleur est toujours prot&#233;g&#233;, o&#249; qu'il soit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 5 pose comme crit&#232;re de rattachement le domicile du consommateur : il s'agit d'un crit&#232;re ext&#233;rieur au contrat, qui d&#233;pend directement des parties. L'article 6, au contraire, s'attache au contrat : le rattachement en l'absence de choix de loi est le lieu o&#249; le travail est habituellement accompli (par hypoth&#232;se, fix&#233; dans le contrat). Ce n'est que si ce premier crit&#232;re n'est pas d&#233;terminable qu'intervient le second crit&#232;re, celui du lieu de l'&#233;tablissement d'embauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La derni&#232;re diff&#233;rence est l'existence d'une clause d'exception, absente de l'article 5.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'employeur peut choisir une loi unique pour tous ses salari&#233;s, o&#249; qu'ils soient d&#233;tach&#233;s. Il n'a pas &#224; s'interroger sur la loi applicable : le seul &#233;l&#233;ment qu'il doit v&#233;rifier est le niveau de protection de la loi choisie. Si l'employeur choisit d&#232;s le d&#233;part une loi tr&#232;s protectrice des salari&#233;s, comme la loi fran&#231;aise, il n'aura plus &#224; se pr&#233;occuper, dans la majorit&#233; des cas, de la loi &#233;trang&#232;re (qui par hypoth&#232;se aura un niveau de protection moindre).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans certains cas, cela sert aussi les int&#233;r&#234;ts du salari&#233;, s'il peut n&#233;gocier le contenu de son contrat. Cette hypoth&#232;se est connue en jurisprudence, notamment pour des cas de cadres sup&#233;rieurs fran&#231;ais d&#233;tach&#233;s en Afrique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;III. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Appr&#233;ciation du crit&#232;re du &#171; &#8239;travail habituel&#8239; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Comment appr&#233;cier o&#249; le salari&#233; &#171; &#8239;accomplit habituellement&#8239;son travail &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;A l'origine, le lieu d'ex&#233;cution habituelle du travail s'entendait du lieu d'embauche. L'hypoth&#232;se est la suivante : le salari&#233; est embauch&#233; dans son pays d'origine, y travaille quelque temps, puis est d&#233;tach&#233; temporairement &#224; l'&#233;tranger. Mais ce d&#233;tachement &#233;tant temporaire, il est pr&#233;vu d&#232;s la conclusion du contrat que le salari&#233; reviendra travailler dans son pays d'origine. Le lieu habituel d'accomplissement de son travail doit donc rester fix&#233; dans le pays d'origine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en va autrement lorsque le salari&#233; est mut&#233; &#224; l'&#233;tranger. Il ne s'agit plus d'un d&#233;tachement temporaire. La Cour d'appel qui, constatant l'absence de choix de loi dans le contrat de travail, d&#233;cide que le lieu d'accomplissement habituel du travail a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; et ne se situe plus dans le pays d'embauche, le fait &#224; bon droit sans violer l'article 6 de la Convention de Rome [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-3&quot; name=&quot;nh1-3&quot; id=&quot;nh1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Cass. Soc., M. X. c. Q Invest, 8 novembre 2005 ; Legifrance [En ligne] (...)' &gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;10.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Dans un arr&#234;t du 23 novembre 2005 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-4&quot; name=&quot;nh1-4&quot; id=&quot;nh1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Cass. Soc., M. X c. Soci&#233;t&#233; Lucas, 23 novembre 2005 ; Legifrance [En (...)' &gt;4&lt;/a&gt;], la Chambre sociale de la Cour de cassation a pr&#233;cis&#233; les indices qui pouvaient &#234;tre retenus pour d&#233;terminer le lieu habituel d'accomplissement du travail. Dans cette affaire, un salari&#233; irlandais avait &#233;t&#233; embauch&#233; par une soci&#233;t&#233; anglaise, puis d&#233;tach&#233; successivement dans les filiales allemande et fran&#231;aise de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pourvoi reprochait &#224; la Cour d'appel d'avoir &#233;cart&#233; l'application de la loi fran&#231;aise pour appliquer la loi anglaise, alors que le salari&#233; avait travaill&#233; pendant 4 ans en France, sans rechercher si cette dur&#233;e n'&#233;tait pas suffisante pour d&#233;signer la France comme le lieu d'accomplissement habituel du travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Cour de cassation d&#233;cida que la Cour d'appel n'avait pas &#224; rechercher si la dur&#233;e de 4 ans &#233;tait suffisante pour caract&#233;riser un d&#233;placement vers la France du lieu o&#249; le travail est habituellement accompli, d&#232;s lors qu'elle a constat&#233; que le salari&#233; avait conserv&#233; le b&#233;n&#233;fice des dispositions d'emploi britanniques, qu'il &#233;tait affili&#233; &#224; la S&#233;curit&#233; sociale en Grande-Bretagne, et que son salaire lui &#233;tait pay&#233; en Grande-Bretagne par une agence anglaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;IV. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Appr&#233;ciation du crit&#232;re du d&#233;tachement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Comment appr&#233;cier si un salari&#233; est d&#233;tach&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;12.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La jurisprudence n'est pas constante sur ce sujet. Certains arr&#234;ts retiennent qu'il y a d&#233;tachement &#224; partir d'un mois de travail &#224; l'&#233;tranger, d'autres consid&#232;rent qu'il n'y a plus d&#233;tachament &#224; partir de trois ans de travail &#224; l'&#233;tranger, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais aucun crit&#232;re temporel ne peut &#234;tre pertinent : cela d&#233;pend, au cas par cas, de la dur&#233;e du contrat de travail. Pour un contrat de 4 ans, un d&#233;tachement de 3 ans n'est plus vraiment un d&#233;tachement. Pour un contrat de 40 ans, une p&#233;riode de 3 ans &#224; l'&#233;tranger peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un d&#233;tachement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;V. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Critique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;13.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'article 5 d&#233;finit la notion de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;consommateur&lt;/i&gt;. L'article 6, au contraire, ne d&#233;finit pas la notion de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;travailleur&lt;/i&gt;. Il ne d&#233;finit pas non plus le contrat individuel de travail auquel il s'applique. L'absence de d&#233;finition peut &#234;tre g&#234;nante, car la limite entre salari&#233; et professionnel ind&#233;pendant est parfois t&#233;nue. Cette difficult&#233; est encore accrue par les interpr&#233;tations divergentes entre les juridictions des diff&#233;rents Etats li&#233;s par la Convention de Rome.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La notion de contrat de travail a &#233;t&#233; d&#233;finie [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-5&quot; name=&quot;nh1-5&quot; id=&quot;nh1-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Arr&#234;t de principe pour la d&#233;finition du contrat de travail : CJCE, (...)' &gt;5&lt;/a&gt;] par la Cour de Justice des Communaut&#233;s Europ&#233;ennes dans une jurisprudence abondante. Cette jurisprudence est souvent issue d'autres branches du droit communautaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;14.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le crit&#232;re subsidiaire de l'article 6, d&#233;signant la loi du lieu de l'&#233;tablissement d'embauche, est faiblement localisateur. Il n'a que peu de liens avec le contrat de travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une affaire assez c&#233;l&#232;bre [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-6&quot; name=&quot;nh1-6&quot; id=&quot;nh1-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] CA Paris, 4 juillet 1996 ; D. 1998.281' &gt;6&lt;/a&gt;], un travailleur fran&#231;ais avait &#233;t&#233; engag&#233; par une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise sise &#224; Paris, pour effectuer son travail dans trois pays africains (S&#233;n&#233;gal, Mali, Mauritanie). La loi fran&#231;aise &#233;tait applicable, mais elle n'avait pas vraiment de lien avec la r&#233;alit&#233; du travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#233;l&#233;ment de rattachement faiblement localisateur appelle syst&#233;matiquement le jeu de la clause d'exception. En effet, puisque le crit&#232;re de rattachement n'a pas de lien &#233;troit avec le contrat, il existera presque syst&#233;matiquement une loi tierce plus proche du contrat. La clause d'exception permet d'appliquer cette loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;15.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Pour les repr&#233;sentants de commerce, la jurisprudence a tendance a &#233;luder les nombreux d&#233;tachements de peu de temps, pour consid&#233;rer que le travailleur ex&#233;cute son travail dans un seul Etat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;16.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Objectivement, l'article 6 n'est pas tellement protecteur du travailleur. La protection &#233;tablie n'est pas optimale : elle d&#233;pend du degr&#233; de protection de la loi du pays dans lequel le travail est ex&#233;cut&#233;. Une protection beaucoup plus efficace, pour les travailleurs fran&#231;ais, serait l'application de la loi d'origine, la loi fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, la protection du travailleur devra &#233;galement &#234;tre assur&#233;e par les lois de police (art. 7) et par l'exception d'ordre public social international d'&#233;viction (art. 16).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;VI. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;thodologie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;17.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le premier &#233;l&#233;ment &#224; v&#233;rifier pour appliquer l'article 6 est l'existence d'un contrat de travail. Le contrat de travail est d&#233;fini par la jurisprudence de la CJCE [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-7&quot; name=&quot;nh1-7&quot; id=&quot;nh1-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] v. supra, n&#176;13' &gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faudra ensuite d&#233;terminer la loi objectivement applicable. Cette loi d&#233;terminera &#224; son tour un seuil minimum de r&#233;f&#233;rence qui servira &#224; &#233;valuer s'il est n&#233;cessaire d'appliquer ses dispositions imp&#233;ratives pour &#171; &#8239;contrer&#8239; &#187; les dispositions moins protectrices de la loi d'autonomie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, il faudra examiner le choix de la loi. Ce choix s'appr&#233;cie comme dans le cadre de l'article 3 : il peut &#234;tre expr&#232;s ou r&#233;sulter, de mani&#232;re implicite mais certaine, des clauses du contrat ou des circonstances de la cause. La Chambre sociale de la Cour de cassation a tendance &#224; consid&#233;rer qu'un choix implicite de loi d&#233;signe la loi fran&#231;aise (souvent plus protectrice du travailleur).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;18.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'article 6 ne posant aucun crit&#232;re de rattachement g&#233;ographique, il n'y a pas de difficult&#233; d'articulation entre l'article 6 et l'article 7. L'article 7 sera donc syst&#233;matiquement applicable. Ce m&#233;canisme est particuli&#232;rement important en droit du travail, puisqu'il est compos&#233;, en France, de nombreuses lois de police.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;VII. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La fraude &#224; l'article 6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;19.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Comment d&#233;tourner la r&#232;gle de conflit pour appliquer une loi qui n'est pas protectrice du salari&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De plus en plus souvent, lorsque le contrat de travail doit &#234;tre ex&#233;cut&#233; dans plusieurs Etats, l'entreprise qui d&#233;sire embaucher cr&#233;e une filiale dans un Etat dont la l&#233;gislation est tr&#232;s peu protectrice des travailleurs. C'est cette filiale qui embauchera le travailleur, et c'est le droit du lieu o&#249; elle est &#233;tablie qui sera applicable, soit enti&#232;rement &#224; d&#233;faut de choix (art. 6 &#167; 2), soit seulement dans ses dispositions imp&#233;ratives (art. 6 &#167; 1).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certaines entreprises fran&#231;aises ont ainsi cr&#233;&#233; des filiales sur l'&#238;le de Jersey pour embaucher des travailleurs fran&#231;ais [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-8&quot; name=&quot;nh1-8&quot; id=&quot;nh1-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Cass. Soc., M. X et autres c. Sogexpat, 29 avril 2003 ; Legifrance [En (...)' &gt;8&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Section 2.	&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'ordre public social&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;20.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Dans un arr&#234;t du 12 novembre 2002 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-9&quot; name=&quot;nh1-9&quot; id=&quot;nh1-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Cass. Soc., Mme. Briand c. Institut culturel autrichien &#224; Paris, 12 (...)' &gt;9&lt;/a&gt;], la chambre sociale de la Cour de cassation a pr&#233;cis&#233; l'interpr&#233;tation des lois en pr&#233;sence &#224; l'heure de mettre en oeuvre l'ordre public social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;21.&#8239;&#8212; Les faits&lt;/strong&gt; : Une enseignante, Mme. Briand, avait dispens&#233; des cours en langue allemande, &#224; partir de 1972, &#224; l'Institut autrichien de Paris. A la suite d'une revendication collective, les professeurs se virent reconna&#238;tre le statut de salari&#233;s. Il leur fut demand&#233; de choisir entre un contrat de travail de droit autrichien et un contrat de travail de droit fran&#231;ais. Mme. Briand choisit un contrat de droit autrichien, qui fut conclu en 1994. L'Institut d&#233;cida en 1995 de cesser les cours en allemand et licencia Mm. Briand. Mme. Briand saisit alors le tribunal social de Vienne, qui rejeta sa demande visant &#224; faire d&#233;clarer nul le licenciement et &#224; ordonner la poursuite du contrat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mme. Briand demanda alors devant le Conseil des Prud'hommes de Paris qu'il lui soit accord&#233; des dommages-int&#233;r&#234;ts, une indemnit&#233; de licenciement et une indemnit&#233; de paiement des cong&#233;s pay&#233;s. Sa demande ne fut pas accueillie : le tribunal estima que la loi autrichienne offrait un niveau global de protection &#233;gal &#224; celui offert par le droit fran&#231;ais. La Cour d'appel confirma la d&#233;cision. Un pourvoi fut form&#233; en cassation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;22.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'institut autrichien invoqua quatre arguments &#224; l'appui du second moyen de son pourvoi :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Selon le pourvoi, &#171; &#8239;les dispositions de la loi du lieu d'ex&#233;cution du contrat de travail ne peuvent se substituer &#224; celles de la loi d'autonomie qu'&#224; la condition d'&#234;tre imp&#233;ratives et plus favorables au salari&#233; ; [et] l'appr&#233;ciation de ce caract&#232;re plus favorable suppose une comparaison globale des dispositions ayant la m&#234;me cause ou le m&#234;me objet&#8239; &#187;. La Cour d'appel doit donc, selon le pourvoi, faire une appr&#233;ciation globale des lois en pr&#233;sence (fran&#231;aise et autrichienne) pour voir si, dans l'ensemble, le niveau de protection du salari&#233; est &#233;gal dans les deux lois. Or, la Cour d'appel, ne r&#233;alisant pas une telle appr&#233;ciation globale, s'&#233;tait fond&#233;e sur l'absence d'&#233;quivalent en droit autrichien &#224; l'entretien pr&#233;alable et &#224; la convention de conversion pour accueillir la demande de Mme. Briand. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Selon le pourvoi, Mme. Briand a b&#233;n&#233;fici&#233;, en application du droit autrichien, d'une indemnit&#233; de licenciement plus importante que si elle avait &#233;t&#233; calcul&#233;e en application du droit fran&#231;ais. La loi d'autonomie (autrichienne) &#233;tant plus favorable au salari&#233; que la loi fran&#231;aise, elle s'imposait au juge et aux parties.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Selon le pourvoi, les dispositions de la loi fran&#231;aise sur la convention de conversion sont sp&#233;cifiques au syst&#232;me fran&#231;ais d'indemnisation du ch&#244;mage et ne doivent pas &#234;tre appliqu&#233;es dans l'ordre international comme des &#171; &#8239;dispositions imp&#233;ratives&#8239; &#187; de la loi qui serait applicable &#224; d&#233;faut de choix.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Selon le pourvoi, la charge de la preuve de l'imp&#233;rativit&#233; et du caract&#232;re plus favorable des dispositions de la loi applicable &#224; d&#233;faut de choix appartient &#224; la partie qui entend &#233;carter la loi d'autonomie. Or, la Cour d'appel, pour appliquer la loi fran&#231;aise, s'est born&#233;e &#224; d&#233;clarer imp&#233;ratives les dispositions sur la convention de conversion et &#224; constater l'absence de dispositions &#233;quivalentes en droit autrichien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;23.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La Cour de cassation rejette ces arguments. Elle confirme d'abord le principe selon lequel &#171; &#8239;la d&#233;termination du caract&#232;re plus favorable d'une loi doit r&#233;sulter d'une appr&#233;ciation globale des dispositions de cette loi ayant le m&#234;me objet ou se rapportant &#224; la m&#234;me cause&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle explique ensuite que les &#171; &#8239;dispositions imp&#233;ratives&#8239; &#187; vis&#233;es &#224; l'article 6 de la Convention de Rome sont celles auxquelles il n'est pas permis de d&#233;roger. Or, la loi fran&#231;aise interdit de d&#233;roger &#224; ses dispositions sur l'entretien pr&#233;alable et la convention de conversion. Ces dispositions sont donc imp&#233;ratives au sens de l'article 6.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en d&#233;coule que &#171; &#8239;la cour d'appel qui a constat&#233;, sans inverser la charge de la preuve, que ces dispositions n'avaient pas d'&#233;quivalent en droit autrichien, a l&#233;galement justifi&#233; sa d&#233;cision&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;24.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Cette solution est confirm&#233;e sur le troisi&#232;me moyen du pourvoi de Mme. Briand. La Cour d'appel avait r&#233;alit&#233; une appr&#233;ciation globale des lois en pr&#233;sence pour d&#233;clarer que la loi fran&#231;aise ne semblait pas plus favorable &#224; la salari&#233;e que la loi d'autonomie. La Cour de cassation r&#233;pond &#171; &#8239;qu'en statuant ainsi alors que le texte du droit fran&#231;ais qui pr&#233;voit la condamnation de l'employeur &#224; des dommages-int&#233;r&#234;ts pour licenciement sans cause r&#233;elle et s&#233;rieuse auquel il ne peut &#234;tre d&#233;rog&#233; par contrat, n'a pas d'&#233;quivalent en droit autrichien et n'a pas le m&#234;me objet ou la m&#234;me cause que les indemnit&#233;s de pr&#233;avis et de licenciement, la cour d'appel a viol&#233; les textes susvis&#233;s&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;25.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Il appara&#238;t donc que l'&#233;quivalence de cause et d'objet entre les dispositions des lois en pr&#233;sence doit &#234;tre appr&#233;ci&#233;e au cas par cas. Il ne s'agit plus d'appr&#233;cier si la loi applicable &#224; d&#233;faut de choix offre une protection du salari&#233; &#233;gale &#224; celle de la loi d'autonomie. En l'esp&#232;ce, le droit autrichien accordait &#224; la salari&#233;e 14 mois de salaire d'indemnit&#233;, alors que le droit fran&#231;ais ne lui accordait que 6 mois de salaire. Le droit autrichien &#233;tait donc plus favorable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit en r&#233;alit&#233; de confronter chacune des dispositions de la loi d'autonomie et de la loi applicable &#224; d&#233;faut de choix qui ont la m&#234;me cause et le m&#234;me objet, pour d&#233;terminer si elles offrent un niveau de protection &#233;gal. Il en d&#233;coule que si les dispositions en pr&#233;sence n'ont pas la m&#234;me cause et le m&#234;me objet, elles ne sont pas semblables et elles ne peuvent offrir le m&#234;me niveau de protection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;26.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Pourtant, le raisonnement de la Cour de cassation n'est pas coh&#233;rent. La Cour de cassation pose comme hypoth&#232;se de d&#233;part que les deux l&#233;gislations en pr&#233;sence doivent &#234;tre appr&#233;ci&#233;es globalement. Mais, en l'occurrence, en raison des causes divergentes des deux l&#233;gislations, les dispositions de la loi fran&#231;aise n'ont pas d'&#233;quivalent en droit autrichien. Il faut donc appliquer la loi autrichienne et la loi fran&#231;aise cumulativement. La salari&#233;e aura droit aux deux indemnit&#233;s, celle pr&#233;vue par la loi autrichienne et celle pr&#233;vue par la loi fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement &#224; l'hypoth&#232;se pos&#233;e au d&#233;but du raisonnement, l'appr&#233;ciation des deux lois en pr&#233;sence n'est pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;globale&lt;/i&gt; mais &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;particuli&#232;re&lt;/i&gt;, au cas par cas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;27.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Cette jurisprudence rend la protection du salari&#233; tr&#232;s efficace. Peut-&#234;tre m&#234;me trop efficace, puisque l'employeur, devant supporter les contraintes cumulatives des diff&#233;rentes l&#233;gislations en pr&#233;sence, est clairement d&#233;savantag&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution qui r&#233;sulte du cumul des l&#233;gislations cr&#233;e m&#234;me une protection du salari&#233; plus forte que celles voulues par les l&#233;gislateurs des lois en pr&#233;sence pour les contrats purement internes. Dans l'arr&#234;t Briand, le l&#233;gislateur autrichien accordait 14 mois d'indemnit&#233; et le l&#233;gislateur fran&#231;ais 6 mois, mais aucun n'accordait 20 mois de salaire d'indemnit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, la r&#232;gle de conflit n'est plus neutre, elle est clairement orient&#233;e vers une protection accrue du salari&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;28.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La jurisprudence Briand va &#224; l'encontre de la jurisprudence de la Cour de justice [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-10&quot; name=&quot;nh1-10&quot; id=&quot;nh1-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] CJCE, Arblade, 23 novembre 1999 ; RCDIP 2000.710 ; Rec. CJCE 1999, p. (...)' &gt;10&lt;/a&gt;] qui estime que, pour comparer deux lois, il faut proc&#233;der &#224; une &#233;valuation globale. Les avantages et les inconv&#233;nients de chaque loi sont &#224; prendre en consid&#233;ration en bloc, pour d&#233;terminer le niveau de protection global de chacune des lois, et voir de quel c&#244;t&#233; penche la balance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Section 3.	&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clause d'exception de l'article 4&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;29.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La clause d'exception permet d'&#233;carter les deux rattachements du paragraphe 2 de l'article 6 pour appliquer une loi qui pr&#233;sente des liens plus &#233;troits [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-11&quot; name=&quot;nh1-11&quot; id=&quot;nh1-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Il s&amp;#39;agit bien d&amp;#39;une loi qui pr&#233;sente des liens plus (...)' &gt;11&lt;/a&gt;] avec le contrat. Elle ne permet en aucun cas d'&#233;vincer la loi choisie par les parties, dans l'hypoth&#232;se du choix d'une loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;30.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La clause d'exception est peu pr&#233;cise, comme dans le cas de l'article 4. Elle vise en effet toute loi qui pr&#233;sente des liens &#233;troits, et non la loi qui a les liens les plus &#233;troits. Un juge fran&#231;ais pourra alors, par exemple, &#233;vincer la loi allemande, consid&#233;rant que les lois anglaise et fran&#231;aise pr&#233;sentent des liens plus &#233;troits. Il pourra ensuite appliquer la loi fran&#231;aise, alors que la loi anglaise pr&#233;sentait des liens beaucoup plus &#233;troits que la loi allemande et la loi fran&#231;aise. Le juge pourra appliquer une loi plus protectrice du salari&#233; que la loi objectivement applicable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;31.&#8239;&#8212; Principe de proximit&#233;. &lt;/strong&gt;En principe, la clause d'exception intervient uniquement en application du principe de proximit&#233;. Elle n'exige pas que le juge v&#233;rifie le degr&#233; de protection fourni par la loi qui pr&#233;sente les liens &#233;troits. Ainsi, une loi moins protectrice pourra &#234;tre appliqu&#233;e parce qu'elle pr&#233;sente des liens plus &#233;troits que les lois, plus protectrices, d&#233;sign&#233;es par les r&#232;gles de conflit du paragraphe 2, a et b.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La clause d'exception peut donc &#234;tre utilis&#233;e pour r&#233;duire la protection du travailleur. Dans l'article 6, la protection du travailleur n'est pas plus importante que le respect du principe de proximit&#233;. C'est une des diff&#233;rences avec l'article 5 qui, au contraire, &#233;vince totalement le principe de proximit&#233; au profit de la protection du consommateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;32.&#8239;&#8212; Protection du salari&#233;. &lt;/strong&gt;Bien souvent, la clause d'exception est appliqu&#233;e pour renforcer la protection du salari&#233;. La clause d'exception est alors le vecteur de l'application de la loi d'origine du salari&#233;. Aussi, une partie de la doctrine recommande de prendre en compte la finalit&#233; protectrice de l'article 6 pour faire jouer la clause d'exception. Dans deux situations, le jeu de la clause d'exception est &#171; &#8239;forc&#233;&#8239; &#187; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Lorsque les conditions de mise en oeuvre de la clause d'exception sont satisfaites (la loi d&#233;sign&#233;e pr&#233;sente des liens &#233;troits), mais que le tribunal d&#233;cide de ne pas la faire jouer, car la loi qu'elle conduirait &#224; appliquer est moins protectrice que la loi d&#233;sign&#233;e par les r&#232;gles de conflit du paragraphe 2.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Lorsque les conditions de mise en oeuvre de la clause d'exception ne sont pas remplies, mais que le tribunal les recr&#233;e artificiellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;33.&#8239;&#8212; Premier type de &#171; &#8239;for&#231;age&#8239; &#187;. &lt;/strong&gt;Pour la Cour de cassation, le fait que le contrait ait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; en langue fran&#231;aise, ainsi que le fait que les salaires soient vers&#233;s en francs fran&#231;ais, sont des liens &#233;troits entre le contrat et la France, au sens de l'article 6 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-12&quot; name=&quot;nh1-12&quot; id=&quot;nh1-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Cass. Soc., 12 novembre 2002, op. cit.' &gt;12&lt;/a&gt;]. La Cour de cassation a &#233;galement jug&#233; que la soumission &#224; une autorit&#233; fran&#231;aise (pouvoir disciplinaire du conseiller culturel &#224; l'Ambassade de France) et le fait que le travail soit accompli dans un &#233;tablissement fran&#231;ais soumis &#224; une r&#233;glementation fran&#231;aise, peuvent &#233;galement caract&#233;riser un lien &#233;troit avec la France [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-13&quot; name=&quot;nh1-13&quot; id=&quot;nh1-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] Cass. Soc., M. X. c. L&amp;#39;association Ecole fran&#231;aise Ren&#233; (...)' &gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cette derni&#232;re affaire (Cass. Soc., 23 mars 2005), la loi za&#239;roise &#233;tait objectivement applicable. La Cour d'appel, approuv&#233;e par la Cour de cassation, a retenu un faisceau d'indices pour mettre en oeuvre la clause d'exception. Mais tous les indices retenus ne sont pas forc&#233;ment pertinents. Ainsi, le fait que le contrat ait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; en langue fran&#231;aise n'est pas repr&#233;sentatif, puisque c'est &#233;galement la langue officielle du Za&#239;re. De m&#234;me, le fait que les salaires soient vers&#233;s en francs fran&#231;ais n'est pas inhabituel pour les contrats de d&#233;tachement en Afrique : il s'agit simplement de distinguer le franc fran&#231;ais du franc CFA.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, la loi za&#239;roise avait &#233;gale vocation que la loi fran&#231;aise &#224; s'appliquer. La pr&#233;sence de la salari&#233;e au Za&#239;re n'&#233;tait pas accidentelle : elle y a travaill&#233; pendant 4 ans. Les juges fran&#231;ais ont &#171; &#8239;forc&#233;&#8239; &#187; la clause d'exception, qui n'a plus rien d'exceptionnel dans sa mise en oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;34.&#8239;&#8212; Second type de &#171; &#8239;for&#231;age&#8239; &#187;. &lt;/strong&gt;La Chambre sociale a jug&#233;, dans un arr&#234;t du 14 mars 2006 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-14&quot; name=&quot;nh1-14&quot; id=&quot;nh1-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] Cass. soc., M. X. c. st&#233;. DCI, 14 mars 2006 ; Legifrance [En ligne] (...)' &gt;14&lt;/a&gt;], que les parties n'ayant pas choisi de loi, un faisceau de rattachements avec la France caract&#233;risait le lien &#233;troit entre le contrat et ce pays. Le contrat avait &#233;t&#233; conclu en France entre une personne morale fran&#231;aise et une personne physique &#233;galement fran&#231;aise. Le salaire &#233;tait libell&#233; en francs fran&#231;ais, le salari&#233; b&#233;n&#233;ficiait de la couverture sociale fran&#231;aise et l'employeur cotisait &#224; la caisse de s&#233;curit&#233; sociale des fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet arr&#234;t est tout aussi critiquable que l'arr&#234;t pr&#233;cit&#233; du 23 mars 2005 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-15&quot; name=&quot;nh1-15&quot; id=&quot;nh1-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Cass. Soc., 23 mars 2005, op. cit.' &gt;15&lt;/a&gt;]. La finalit&#233; du raisonnement de la Cour de cassation est la m&#234;me : il s'agit de &#171; &#8239;forcer&#8239; &#187; l'application de la clause d'exception en retenant des indices qui ne sont pas forc&#233;ment pertinents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;35.&#8239;&#8212; Dans la jurisprudence allemande. &lt;/strong&gt;La jurisprudence allemande retient une interpr&#233;tation &#224; l'oppos&#233; de celle retenue par la jurisprudence fran&#231;aise. Les tribunaux allemands consid&#232;rent en effet que la clause d'exception peut conduire &#224; appliquer une loi d&#233;favorable au salari&#233;, d&#232;s lors qu'elle pr&#233;sente des liens plus &#233;troits avec le contrat que la loi d&#233;sign&#233;e par la r&#232;gle de conflit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une affaire port&#233;e devant la Cour f&#233;d&#233;rale [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb1-16&quot; name=&quot;nh1-16&quot; id=&quot;nh1-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] BGH, 3 mai 1995 ; Iprax 1996.416' &gt;16&lt;/a&gt;], un salari&#233; indien travaillait sur un bateau battant pavillon allemand. Le droit allemand aurait d&#251; &#234;tre appliqu&#233;. Pourtant, les juges allemands appliqu&#232;rent la loi indienne par le jeu de la clause d'exception. Le salari&#233; indien &#233;tait domicili&#233; en Inde au moment de la signature du contrat, qui avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; dans sa langue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] M. GIULIANO ET P. LAGARDE, Rapport concernant la convention sur la loi applicable aux obligations contractuelles, JOCE 1980.1, C 282&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-2&quot; name=&quot;nb1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] V. Guillaume Florimond, La protection du consommateur dans la Convention de Rome (article 5), IntLex.org (2007) [En Ligne] : http://www.intlex.org/La-protection-du-consommateur-dans.html&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-3&quot; name=&quot;nb1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Cass. Soc., M. X. c. Q Invest, 8 novembre 2005 ; Legifrance [En ligne] 2005&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-4&quot; name=&quot;nb1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Cass. Soc., M. X c. Soci&#233;t&#233; Lucas, 23 novembre 2005 ; Legifrance [En ligne] 2005&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-5&quot; name=&quot;nb1-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Arr&#234;t de principe pour la d&#233;finition du contrat de travail : CJCE, Bosman, 15 d&#233;cembre 1995 ; JOCE C-415/93 ; Rec. p. I-4921&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-6&quot; name=&quot;nb1-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] CA Paris, 4 juillet 1996 ; D. 1998.281&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-7&quot; name=&quot;nb1-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] v. supra, n&#176;13&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-8&quot; name=&quot;nb1-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Cass. Soc., M. X et autres c. Sogexpat, 29 avril 2003 ; Legifrance [En ligne] 2003&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-9&quot; name=&quot;nb1-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Cass. Soc., Mme. Briand c. Institut culturel autrichien &#224; Paris, 12 novembre 2002 ; Legifrance [En ligne] 2002&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-10&quot; name=&quot;nb1-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] CJCE, Arblade, 23 novembre 1999 ; RCDIP 2000.710 ; Rec. CJCE 1999, p. I-8453 et CJCE, Mazzoleni, 15 mars 2001 ; JOCE C-165/98 2001 ; Rec. 2001, I-2189&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-11&quot; name=&quot;nb1-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Il s'agit bien d'une loi qui pr&#233;sente des liens plus &#233;troits, ce qui ne signifie pas forc&#233;ment la loi qui pr&#233;sente les liens les plus &#233;troits&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-12&quot; name=&quot;nb1-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Cass. Soc., 12 novembre 2002, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-13&quot; name=&quot;nb1-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] Cass. Soc., M. X. c. L'association Ecole fran&#231;aise Ren&#233; Descartes, 23 mars 2005 ; Legifrance [En ligne] 2005&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-14&quot; name=&quot;nb1-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] Cass. soc., M. X. c. st&#233;. DCI, 14 mars 2006 ; Legifrance [En ligne] 2006&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-15&quot; name=&quot;nb1-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Cass. Soc., 23 mars 2005, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nh1-16&quot; name=&quot;nb1-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] BGH, 3 mai 1995 ; Iprax 1996.416&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La protection du consommateur dans la Convention de Rome (article 5)</title>
		<link>http://www.intlex.org/La-protection-du-consommateur-dans.html</link>
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		<dc:date>2007-05-11T12:21:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Florimond</dc:creator>

<category domain="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html">Droit international priv&#233;</category>

		<dc:subject>Convention de Rome</dc:subject>

		<description>La Convention de Rome de 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles permet aux parties de choisir la loi destin&#233;e &#224; r&#233;gir leur contrat (art. 3). Lorsque les parties n'ont pas choisi de loi, la loi applicable sera d&#233;termin&#233;e par l'article 4. Ce m&#233;canisme g&#233;n&#233;ral conna&#238;t des exceptions. Ainsi, l'article 5 pose une r&#232;gle particuli&#232;re, en mati&#232;re de contrats de consommation, pour prot&#233;ger la partie faible. &lt;br /&gt;Plan &lt;br /&gt;Section 1 : M&#233;canisme de l'article 5 &lt;br /&gt;Section 2 : Articulation (&amp;hellip;)


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&lt;a href="http://www.intlex.org/-Droit-international-prive-.html" rel="directory"&gt;Droit international priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.intlex.org/+-Convention-de-Rome-+.html" rel="tag"&gt;Convention de Rome&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;La Convention de Rome de 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles permet aux parties de choisir la loi destin&#233;e &#224; r&#233;gir leur contrat (art. 3). Lorsque les parties n'ont pas choisi de loi, la loi applicable sera d&#233;termin&#233;e par l'article 4. Ce m&#233;canisme g&#233;n&#233;ral conna&#238;t des exceptions. Ainsi, l'article 5 pose une r&#232;gle particuli&#232;re, en mati&#232;re de contrats de consommation, pour prot&#233;ger la partie faible.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plan&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Section 1 : M&#233;canisme de l'article 5
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Section 2 : Articulation de l'article 5 et de l'article 7 (lois de police)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Section 3 : L'article 5 dans le projet de r&#232;glement &#171; &#8239;Rome I&#8239; &#187;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Section 1.	&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;canisme de l'article 5&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article 5&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrats conclus par les consommateurs&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Le pr&#233;sent article s'applique aux contrats ayant pour objet la fourniture d'objets mobiliers corporels ou de services &#224; une personne, le consommateur, pour un usage pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;tranger &#224; son activit&#233; professionnelle, ainsi qu'aux contrats destin&#233;s au financement d'une telle fourniture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Nonobstant les dispositions de l'article 3, le choix par les parties de la loi applicable ne peut avoir pour r&#233;sultat de priver le consommateur de la protection que lui assurent les dispositions imp&#233;ratives de la loi du pays dans lequel il a sa r&#233;sidence habituelle :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212;si la conclusion du contrat a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e dans ce pays d'une proposition sp&#233;cialement faite ou d'une publicit&#233;, et si le consommateur a accompli dans ce pays les actes n&#233;cessaires &#224; la conclusion du contrat ou&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212;si le cocontractant du consommateur ou son repr&#233;sentant a re&#231;u la commande du consommateur dans ce pays ou&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212;si le contrat est une vente de marchandises et que le consommateur se soit rendu de ce pays dans un pays &#233;tranger et y ait pass&#233; la commande, &#224; la condition que le voyage ait &#233;t&#233; organis&#233; par le vendeur dans le but d'inciter le consommateur &#224; conclure une vente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. Nonobstant les dispositions de l'article 4 et &#224; d&#233;faut de choix exerc&#233; conform&#233;ment &#224; l'article 3, ces contrats sont r&#233;gis par la loi du pays dans lequel le consommateur a sa r&#233;sidence habituelle, s'ils sont intervenus dans les circonstances d&#233;crites au paragraphe 2 du pr&#233;sent article.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Le pr&#233;sent article ne s'applique pas :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a) au contrat de transport ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b) au contrat de fourniture de services lorsque les services dus au consommateur doivent &#234;tre fournis exclusivement dans un pays autre que celui dans lequel il a sa r&#233;sidence habituelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5. Nonobstant les dispositions du paragraphe 4, le pr&#233;sent article s'applique au contrat offrant pour un prix global des prestations combin&#233;es de transport et de logement.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Art. 5 &#167; 1 : champ d'application&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le paragraphe 1 d&#233;finit le champ d'application de l'article 5. L'article 5 s'applique ainsi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ratione materiae&lt;/i&gt; exclusivement aux contrats &#171; &#8239;ayant pour objet la fourniture d'objets mobiliers corporels ou de services &#224; une personne&#8239; &#187; ou aux contrats de financement d'une telle fourniture. Tous les autres contrats sont exclus du domaine d'application de l'article 5. Le domaine ici vis&#233; est beaucoup plus restrictif que celui retenu dans la Convention de Bruxelles [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-1&quot; name=&quot;nh2-1&quot; id=&quot;nh2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] V. l&amp;#39;article 13 (art. 15 du r&#232;glement CE 44/2001) qui (...)' &gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ratione personae&lt;/i&gt;, l'article 5 ne s'applique qu'en pr&#233;sence d'un consommateur. Une partie sera qualifi&#233;e de consommateur lorsqu'elle a conclu le contrat &#171; &#8239;pour un usage pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;tranger &#224; son activit&#233; professionnelle&#8239; &#187;. Ce point est particuli&#232;rement remarquable, vu les nombreux probl&#232;mes qu'a connu le droit fran&#231;ais interne pour d&#233;finir la notion de consommateur. Cette d&#233;finition se retrouve dans la Convention de Bruxelles : les r&#233;dacteurs de la Convention de Rome ont entendu prendre la m&#234;me d&#233;finition, dans un but d'uniformisation du droit. Dans ce contexte et sur ce point, la jurisprudence de la CJCE rendue pour la Convention de Bruxelles est transposable &#224; la Convention de Rome.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s lors qu'il existe un lien entre le contrat et une activit&#233; professionnelle, la personne n'agit plus en tant que consommateur [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-2&quot; name=&quot;nh2-2&quot; id=&quot;nh2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Pour reprendre un exemple qui a &#233;t&#233; pos&#233; &#224; la jurisprudence fran&#231;aise, (...)' &gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La notion de consommateur dans la jurisprudence.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'affaire &#171; &#8239;Benincasa&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-3&quot; name=&quot;nh2-3&quot; id=&quot;nh2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] CJCE, Benincasa c. Dentalkit, 3 juillet 1997 ; JOCE 1997' &gt;3&lt;/a&gt;], une personne avait achet&#233; des marchandises dans le but d'ouvrir un commerce qui n'a finalement jamais vu le jour. Pourtant, la Cour a estim&#233; que l'acheteur avait agi en tant que professionnel : au moment de l'achat, il existait une activit&#233; professionnelle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#224; venir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'affaire &#171; &#8239;Gruber&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-4&quot; name=&quot;nh2-4&quot; id=&quot;nh2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] CJCE, Johann Gruber c. Bay Wa AG, 20 janvier 2005 ; JOCE C-464/01 (...)' &gt;4&lt;/a&gt;], une personne travaillant et vivant dans la m&#234;me ferme avait achet&#233; des tuiles pour en r&#233;nover le toit. Pouvait-il b&#233;n&#233;ficier de l'article 5 en tant que consommateur, alors que les tuiles servaient &#224; la fois au domicile priv&#233; et au lieu de travail ? La Cour a rendu une interpr&#233;tation restrictive de la notion de consommateur : d&#232;s lors qu'il existe un objectif professionnel, l'application de l'article 5 est exclue. Il n'en est autrement que si le lien avec l'activit&#233; professionnelle est infime. En cas d'activit&#233; mixte (professionnelle et priv&#233;e), c'est le caract&#232;re professionnel de l'activit&#233; qui l'emporte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;II. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Art. 5 &#167; 2 : protection du consommateur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le paragraphe 2 de l'article 5 r&#233;duit la port&#233;e de l'article 3 de la Convention de Rome qui consacre la libert&#233; de choix de la loi du contrat [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-5&quot; name=&quot;nh2-5&quot; id=&quot;nh2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Sur l&amp;#39;article 3, v. G. FLORIMOND, Le choix de la loi dans la (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]. Le principe reste celui de la libert&#233; de choix, mais quelle que soit la loi choisie, ce choix &#171; &#8239;ne peut avoir pour r&#233;sultat de priver le consommateur de la protection que lui assurent les dispositions imp&#233;ratives de la loi du pays dans lequel il a sa r&#233;sidence habituelle&#8239; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les dispositions imp&#233;ratives de la loi du pays de r&#233;sidence du consommateur sont donc applicables et pr&#233;valent sur les dispositions contraires de la loi d'autonomie. Cependant, ce m&#233;canisme ne peut jouer que dans 3 cas (alternatifs) limitativement &#233;num&#233;r&#233;s au paragraphe 2 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si la conclusion du contrat a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une d&#233;marche particuli&#232;re du vendeur dans le pays de r&#233;sidence du consommateur&lt;/i&gt;. Ainsi, seul le consommateur &#171; &#8239;passif&#8239; &#187;, qui a &#233;t&#233; sollicit&#233; par le professionnel, est prot&#233;g&#233;. Le consommateur &#171; &#8239;actif&#8239; &#187;, qui a eu l'initiative du contrat et qui est all&#233; solliciter le professionnel &#224; l'&#233;tranger, n'est pas prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si le professionnel a re&#231;u la commande dans le pays de r&#233;sidence du consommateur&lt;/i&gt;. Cette disposition prot&#232;ge le consommateur contre l'opacit&#233; de certaines entreprises qui peuvent envoyer un repr&#233;sentant d&#233;marcher les consommateurs dans leur Etat de r&#233;sidence, sans forc&#233;ment pr&#233;ciser qu'elles sont &#233;tablies &#224; l'&#233;tranger. L'hypoth&#232;se vis&#233;e &#233;tait celle des foires, dans lesquelles les professionnels &#233;trangers tiennent un stand.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.intlex.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b95cf.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si un voyage a &#233;t&#233; organis&#233; par le vendeur (qui a pris en charge le transport du consommateur de son pays vers l'&#233;tranger) dans le but de conclure le contrat&lt;/i&gt;. Ce dernier cas vise la pratique allemande du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Kaffeefahrt&lt;/i&gt;. Ainsi, &#224; Strasbourg, des excursions en For&#234;t Noire sont organis&#233;es, avec visite d'une usine et propositions d'achat des produits vendus dans cette usine. Cette hypoth&#232;se est marginale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Si le contrat de consommation ne remplit pas au moins l'une des conditions, il sera tout de m&#234;me prot&#233;g&#233; par le droit de la consommation interne du pays dont la loi est applicable. Or, en Europe, des directives ont harmonis&#233; le droit de la consommation [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-6&quot; name=&quot;nh2-6&quot; id=&quot;nh2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] V. p. ex. l&amp;#39;article L. 132-1 du Code de la consommation issu de (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]. Les directives communautaires, qui priment sur la Convention de Rome [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-7&quot; name=&quot;nh2-7&quot; id=&quot;nh2-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] V. les arts. 20 et 21 de la Convention.' &gt;7&lt;/a&gt;], s'appliquent d&#232;s lors qu'il existe un &#171; &#8239;lien &#233;troit&#8239; &#187; entre le territoire communautaire et le contrat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;5.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La notion de consommateur &#171; &#8239;passif&#8239; &#187; ou &#171; &#8239;actif &#187; n'est plus adapt&#233;e aux &#233;volutions technologiques. Dans le r&#232;glement &#171; &#8239;Bruxelles-I&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-8&quot; name=&quot;nh2-8&quot; id=&quot;nh2-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] R&#232;glement CE 44/2001.' &gt;8&lt;/a&gt;], il faut que le professionnel dirige ses activit&#233;s vers l'Etat membre du consommateur pour la comp&#233;tence des juridictions de cet Etat soit fond&#233;e. Aucun m&#233;canisme similaire n'est pr&#233;sent dans la Convention de Rome. De toute mani&#232;re, le crit&#232;re de l'orientation des activit&#233;s pose de nouveaux probl&#232;mes : la simple accessibilit&#233; d'un site web suffit-elle &#224; dire que ce site est dirig&#233; vers l'Etat dans lequel il est accessible ? [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-9&quot; name=&quot;nh2-9&quot; id=&quot;nh2-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] V. &#224; ce propos le probl&#232;me qui se pose en mati&#232;re d&#233;lictuelle : (...)' &gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La France est partie &#224; la Convention de La Haye de 1955 sur les ventes internationales de marchandises [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-10&quot; name=&quot;nh2-10&quot; id=&quot;nh2-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Convention de La Haye sur la loi applicable aux ventes &#224; caract&#232;re (...)' &gt;10&lt;/a&gt;] qui ne pr&#233;voit aucune protection du consommateur. Or, la Convention de Rome doit, a priori, s'effacer devant les autres conventions internationales [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-11&quot; name=&quot;nh2-11&quot; id=&quot;nh2-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Art. 21 : &#171; &#8239;La pr&#233;sente convention ne porte pas atteinte &#224; (...)' &gt;11&lt;/a&gt;]. Les Etats parties &#224; la Convention de La Haye ont cependant fait une d&#233;claration commune qui &#233;vince cette derni&#232;re au profit de la Convention de Rome en pr&#233;sence de contrats de consommation. Mais, bien que respect&#233;e en pratique, la d&#233;claration commune n'a pas la valeur juridique d'une convention internationale : elle pourrait tout &#224; fait l&#233;galement &#234;tre &#233;cart&#233;e par un juge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;7.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le rattachement &#224; la loi du lieu de r&#233;sidence du consommateur peut soulever certaines interrogations quant &#224; son opportunit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La loi du lieu de r&#233;sidence du consommateur est-elle celle qui le prot&#232;ge le mieux ? &lt;/i&gt;Les r&#233;dacteurs de la Convention ont r&#233;pondu par l'affirmative, d'une part parce que le consommateur la conna&#238;t mieux que toute autre loi et, d'autre part, parce que la d&#233;termination du contenu d'une loi &#233;trang&#232;re peut prendre du temps et co&#251;ter cher (traductions, expertises).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir directement supprim&#233; la r&#232;gle de conflit, pour appliquer syst&#233;matiquement la loi du lieu de r&#233;sidence du consommateur ? &lt;/i&gt;Les r&#233;dacteurs de la Convention ont entendu donner la possibilit&#233; au professionnel de choisir la loi applicable (contrat d'adh&#233;sion), m&#234;me en pr&#233;sence de consommateurs, quelle que soit la localisation de son cocontractant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi ne pas avoir directement choisi la loi la plus profitable au consommateur ? &lt;/i&gt;Il est parfois tr&#232;s difficile de d&#233;terminer laquelle de deux lois est la plus favorable, lorsqu'elles pr&#233;sentent des avantages diff&#233;rents mais &#233;quivalents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;III. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Art. 5 &#167; 3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le paragraphe 3 &#233;vince l'article 4 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-12&quot; name=&quot;nh2-12&quot; id=&quot;nh2-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Sur l&amp;#39;article 4, v. G. FLORIMOND, L&amp;#39;absence de choix de (...)' &gt;12&lt;/a&gt;] lorsque l'une des conditions pos&#233;es au paragraphe 2 est remplie. Ainsi, dans ce cas, la loi applicable &#224; d&#233;faut de choix ne sera pas d&#233;termin&#233;e selon les dispositions de l'article 4 : ce sera la loi de l'Etat de r&#233;sidence du consommateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement &#224; l'article 4, l'article 5 ne contient pas de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;clause d'exception&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;IV. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Art. 5 &#167; 4 : contrats de transport et de services&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le paragraphe 4 exclut du champ d'application de l'article 5 les contrats les contrats de transport et les contrats de service lorsque les services doivent &#234;tre rendus exclusivement dans un pays autre que celui de r&#233;sidence habituelle du consommateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les contrats de transport sont d&#233;j&#224; r&#233;gis par d'autres conventions internationales (p. ex. la Convention de Varsovie [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-13&quot; name=&quot;nh2-13&quot; id=&quot;nh2-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] Convention de Varsovie pour l&amp;#39;unification de certain r&#232;gles (...)' &gt;13&lt;/a&gt;] pour les transports en avion). De plus, l'un des objectifs du l&#233;gislateur europ&#233;en, &#224; l'&#233;poque de la r&#233;daction de la Convention de Rome, &#233;tait la r&#233;daction de directives sectorielles en mati&#232;re de contrat de transport.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce qui concerne les contrats de services, la raison de leur exclusion est simple : le consommateur ne peut pas avoir l'attente l&#233;gitime que la loi du lieu de sa r&#233;sidence habituelle soit appliqu&#233;e, alors que tous les services sont ex&#233;cut&#233;s &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;V. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Art. 5 &#167; 5&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;10.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Le paragraphe 5 inclut dans le champ d'application de l'article 5 les contrats qui pr&#233;voient une prestation globale de transport et de logement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;VI. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bilan&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La Convention de Rome innovait &#224; l'&#233;poque de sa r&#233;daction. En 2007, elle est largement d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe en effet de nombreux cas dans lesquels un consommateur, tel que vis&#233; au paragraphe 1, ne sera pas prot&#233;g&#233; par l'article 5. Le consommateur exclu de l'article 5 pourra-t-il se pr&#233;valoir des lois de polices de son Etat de r&#233;sidence, sur le fondement de l'article 7 ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Section 2.	&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Articulation de l'article 5 et de l'article 7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article 7&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lois de police&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Lors de l'application, en vertu de la pr&#233;sente convention, de la loi d'un pays d&#233;termin&#233;, il pourra &#234;tre donn&#233; effet aux dispositions imp&#233;ratives de la loi d'un autre pays avec lequel la situation pr&#233;sente un lien &#233;troit, si et dans la mesure o&#249;, selon le droit de ce dernier pays, ces dispositions sont applicables quelle que soit la loi r&#233;gissant le contrat. Pour d&#233;cider si effet doit &#234;tre donn&#233; &#224; ces dispositions imp&#233;ratives, il sera tenu compte de leur nature et de leur objet ainsi que des cons&#233;quences qui d&#233;couleraient de leur application ou de leur non-application.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Les dispositions de la pr&#233;sente convention ne pourront porter atteinte &#224; l'application des r&#232;gles de la loi du pays du juge qui r&#233;gissent imp&#233;rativement la situation quelle que soit la loi applicable au contrat.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;12.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;L'article 7 permet l'application des lois de police d'un pays qui pr&#233;sente des liens &#233;troits avec le contrat, alors que la loi d'un autre pays est d&#233;sign&#233;e par la r&#232;gle de conflit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;13.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Pourtant, l'article 7 intitul&#233; &#171; &#8239;Lois de police&#8239; &#187; ne parle que de &#171; &#8239;dispositions imp&#233;ratives&#8239; &#187;. Que sont ces &#171; &#8239;dispositions imp&#233;ratives&#8239; &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une disposition imp&#233;rative est une disposition &#224; laquelle il n'est pas permis de d&#233;roger. Le droit fran&#231;ais des contrats contient des dispositions imp&#233;ratives qui limitent l'autonomie de la volont&#233; des parties. Cependant, ces dispositions ne sont applicables que si le contrat est r&#233;gi par la loi fran&#231;aise. Un contrat r&#233;gi par une loi &#233;trang&#232;re devra se plier aux dispositions imp&#233;ratives de cette loi, mais n'aura pas &#224; respecter les dispositions imp&#233;ratives de la loi fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les lois de police, la situation est diff&#233;rente. Une loi de police est une disposition imp&#233;rative qui doit &#234;tre respect&#233;e quelle que soit la loi applicable au fond, car sa violation mettrait en p&#233;ril l'organisation &#233;conomique et sociale de l'Etat concern&#233;. C'est la d&#233;finition ici retenue pour les lois de police qui sont des dispositions imp&#233;ratives applicables quelle que soit la loi d&#233;sign&#233;e par la r&#232;gle de conflit pour r&#233;gir le contrat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article 7 pourrait prot&#233;ger les consommateurs gr&#226;ce &#224; l'application des lois de police, alors que l'article 5 les prot&#232;ge par l'application de toutes les dispositions imp&#233;ratives. Or, toutes les dispositions imp&#233;ratives ne sont pas des lois de police. Les lois de police sont, parmi les dispositions imp&#233;ratives, celles qui sont applicables dans l'ordre international. Il en r&#233;sulte que l'article 5 est intrins&#232;quement plus protecteur du consommateur que l'article 7 [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-14&quot; name=&quot;nh2-14&quot; id=&quot;nh2-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] Sous r&#233;serve du niveau des protection accord&#233; par les lois en (...)' &gt;14&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'application des lois de police n'est donc soumise qu'&#224; une seule condition : l'existence de liens &#233;troits entre le contrat et elles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;14.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Une loi de police &#233;trang&#232;re peut donc toujours prot&#233;ger le consommateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais les lois de police de l'&#201;tat de r&#233;sidence du consommateur peuvent-elles &#233;galement le prot&#233;ger alors que les conditions d'application de l'article 5, qui pr&#233;voit leur mise en oeuvre, ne sont pas satisfaites ? Autrement dit, lorsque l'article 5 n'est pas applicable, peut-on recourir &#224; l'article 7 ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque l'article 5 exclut le contrat de mani&#232;re expresse, comme pour les contrats de transport, l'article 7 sera applicable. La solution est de bon sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais qu'en est-il pour les contrats que l'article 5 n'exclut pas de son champ d'application ? Le probl&#232;me se pose en r&#233;alit&#233; pour le consommateur &#171; &#8239;actif&#8239; &#187; : peut-il b&#233;n&#233;ficier de l'application des lois de police de son Etat de r&#233;sidence sur le fondement de l'article 7 ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question varie selon que l'on consid&#232;re que l'article 5 exclut ou n'exclut pas l'article 7.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;II. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Exclusivit&#233; de l'article 5 ? Le probl&#232;me.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;15.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La question de l'application de l'article 5 appelle deux analyses. Il s'agit de d&#233;terminer, dans un premier temps, si le contrat rentre dans le champ d'application mat&#233;riel de l'article 5 (&#167; 1). Il s'agit, dans un second temps, de d&#233;terminer si les conditions d'application de l'article 5, pos&#233;es au paragraphe 2, sont remplies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le premier cas, lorsque le contrat &#233;chappe au champ d'application de l'article 5, il retombe automatiquement sous le coup de l'article 3. Le m&#233;canisme de l'article 7 peut donc &#234;tre mis en oeuvre sans difficult&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le second cas, l'article 5 est applicable &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ratione materiae &lt;/i&gt;mais aucune des conditions pos&#233;es au paragraphe 2 n'est remplie. Peut-on, dans ce cas, appliquer les lois de police de l'Etat de r&#233;sidence du consommateur par le biais de l'article 7 ? La r&#233;ponse d&#233;pend de la conception que l'on se fait de la nature de l'article 5.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;16.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Si l'on retient que l'article 5 est une r&#232;gle de conflit d&#233;rogeant &#224; l'article 3, l'article 7 peut &#234;tre appliqu&#233; comme il l'est lorsque la r&#232;gle de conflit de l'article 3 est mise en oeuvre. L'article 7 serait, selon cette conception, un texte sp&#233;cial applicable par-dessus la r&#232;gle de conflit, qu'il s'agisse de la r&#232;gle de conflit de droit commun de l'article 3 ou de la r&#232;gle de conflit d&#233;rogatoire de l'article 5.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on retient que l'article 5 est une &#171; &#8239;clause sp&#233;ciale d'application des lois de police&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-15&quot; name=&quot;nh2-15&quot; id=&quot;nh2-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Sur ce sujet, v. P. DE VAREILLES-SOMMI&#200;RES, Le sort de la th&#233;orie des (...)' &gt;15&lt;/a&gt;], permettant l'application des lois de police du pays de r&#233;sidence du consommateur et fixant les limites de cette application, l'article 7 concernant aussi les lois de police, il ne pourrait &#234;tre appliqu&#233;. Selon cette conception, le droit commun est constitu&#233; par la r&#232;gle de principe de l'article 3 assortie de l'exception pos&#233;e &#224; l'article 7. L'article 5, constituant le droit sp&#233;cial applicable en pr&#233;sence d'un contrat de consommation, d&#233;roge au syst&#232;me de droit commun &#233;tabli par les articles 3 et 7.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais comment justifier cette derni&#232;re solution d&#232;s lors que la Convention ne pose aucune exception &#224; l'application de l'article 7, lorsqu'il s'agit d'appliquer les articles 3 et 4 ? Si la Convention ne pose pas d'exception dans ce cas, il ne devrait pas non plus y en avoir lorsqu'un consommateur est concern&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, les lois de police se d&#233;finissent par leur volont&#233; d'&#234;tre appliqu&#233;es ind&#233;pendamment de la loi comp&#233;tente au fond. Or, ici, l'article 5 ne cherche pas &#224; savoir si la loi du lieu de r&#233;sidence du consommateur est plus ou moins protectrice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;III. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Solution allemande : l'article 5 est exclusif de l'article 7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A. &lt;/i&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re affaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;17.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;Dans cette affaire [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-16&quot; name=&quot;nh2-16&quot; id=&quot;nh2-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] BGH, 26 octobre 1993 1993' &gt;16&lt;/a&gt;], un contrat financier avait &#233;t&#233; conclu entre un consommateur allemand et un &#233;tablissement &#233;tabli en Autriche. D'apr&#232;s le consommateur, le contrat faisait suite &#224; un d&#233;marchage &#224; domicile effectu&#233; par le professionnel. Dans le contrat, r&#233;dig&#233; par la partie autrichienne, avaient &#233;t&#233; ins&#233;r&#233;es une clause d'&#233;lection de for au profit d'un tribunal autrichien et une clause de choix de loi d&#233;signant la loi autrichienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le consommateur soutint que la clause d'&#233;lection de for, en mati&#232;re de contrat de consommation, &#233;tait interdite par la loi allemande. La question se posa donc de savoir si la loi allemande &#233;tait applicable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'apr&#232;s les juridictions allemandes, les conditions g&#233;ographiques n'&#233;taient pas satisfaites pour l'application de l'article 5 (le d&#233;marchage &#224; domicile n'avait pas &#233;t&#233; &#233;tabli). Selon le BGH, l'article 7 relatif aux lois de police est un texte g&#233;n&#233;ral qui doit c&#233;der la place aux r&#232;gles sp&#233;ciales de protection figurant &#224; l'article 5.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;B. &lt;/i&gt;	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me affaire (dite de la &#171; &#8239;Grande Canarie&#8239; &#187;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;18.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt; Il s'agissait dans la c&#233;l&#232;bre affaire de la &#171; &#8239;Grande Canarie&#8239; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.intlex.org/#nb2-17&quot; name=&quot;nh2-17&quot; id=&quot;nh2-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] BGH, Affaire de la Grande Canarie, 19 mars 1997 1997. V. aussi le (...)' &gt;17&lt;/a&gt;] de d&#233;terminer si la loi allemande, loi du pays de r&#233;sidence des consommateurs concern&#233;s, &#233;tait applicable &#224; deux types de contrats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1) Premier type de contrats : contrats de &#171; &#8239;time-sharing&#8239; &#187;. Affaire port&#233;e devant le BGH.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/i&gt;Selon le BGH, les contrats de time-sharing ne sont ni des contrats de livraison d'objets corporels ni des contrats de fourniture de services. Ils ne rentrent donc pas dans le champ d'application mat&#233;riel de l'article 5 (&#167; 1). Dans un tel contexte, il serait incoh&#233;rent de les faire b&#233;n&#233;ficier de la protection de l'article 7, puisque les r&#233;dacteurs ont pr&#233;vu que la protection des consommateurs ne devait s'&#233;tendre qu'&#224; certains types de contrats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le tribunal f&#233;d&#233;ral n'a pas qualifi&#233; les dispositions en cause de lois de police. Mais cette qualification n'&#233;tait pas n&#233;cessaire puisque, de toute fa&#231;on, le rattachement avec l'Allemagne &#233;tait trop t&#233;nu pour fonder l'application des lois de police allemandes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2) Deuxi&#232;me type de contrats : livraison de biens (literie). Affaire non port&#233;e devant le BGH.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/i&gt;Il s'agit l&#224; de contrats de livraison de biens corporels qui rentrent dans le champ d'application mat&#233;riel de l'article 5 (&#167; 1). Cependant, en l'esp&#232;ce, aucune des conditions pos&#233;es au paragraphe 2 de l'article 5 n'&#233;tait satisfaite. La question se posait alors de savoir si les lois de police allemandes &#233;taient applicables, sur le fondement de l'article 7.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;19.&#8239;&#8212; &lt;/strong&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;pend de la conception que l'on se fait de l'article 7 : concerne-t-il seulement les lois de police de droit public (p. ex. droit de la concurrence) ou concerne-t-il &#233;galement les lois de police de droit priv&#233; (protection du consommateur) ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le premier cas, l'article 5 &#233;puise la question des lois de police : les lois de police ne peuvent intervenir, sur le fondement de l'article 7, que par le biais de l'article 5 ; l'article 5 doit donc forc&#233;ment &#234;tre applicable puisque c'est son applicabilit&#233; qui permet de passer par l'article 7. En somme, pour que l'article 7 puisse fonder l'application des lois de police de l'Etat de r&#233;sidence du consommateur, il faut qu'au moins une des con